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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 
23e Paracha - Péqoudé : Voici les fonctions dans le Sanctuaire
Chémote (Exode) 35, 1 - 40, 38

Bien parler pour respecter et bien aimer à partir de la Torah

Cette paracha est souvent lue en même temps que la paracha Vayaqhel.
Ce commentaire prend la suite de celui du Vayaqhel qui doit être revu en même temps.
Ces pages contiennent des lettres saintes, ne les déposer que dans un lieu respecteux ou dans une guéniza. 

 




Plan

I. Lecture des deux premiers versets 
(transcription et traduction)

II. Règles pour une lecture exacte et respectueuse de ces versets de la Torah
1e règle : éllé féqoudé .
2e règle : hammichkane
3e règle. Exceptions (le métég et les gutturales)
4e règle : bien prononcer
5e règle : les modifications de la lettre vav
Révision ; voir la bonne prononciation du Chant de la traversée de la Mer Rouge, Chirate ha yam ici.

III. Entrainement

IV. Sens de la précision du texte
 
Voir le poème
Pourquoi me taire
et ses photos, sur le double sanctuaire:



téâmim achkénaziim
Entendre la paracha de Péqoudé (Ort)
Entendre

Les deux parachiyotes Vayaqhel et Péqoudé sont indissociables, et sont généralement lues ensemble le même Chabbate. Mais quand on est dans une année comportant un mois supplémentaire, celui de Adar II, on sépare la paracha Péqoudé. Mais, en fait, elle ne fait que préciser l'énumération (c'est le sens du mot péqoudé, comme le dit Rachi dans son commentaire du premier verset) des ustensiles du michkane ou tabernacle. Mais on se souvient que l'on avait déjà abordé ce thème dans les parachiyotes précédentes dont Tétsavé (lien ici) pour les vêtements jusqu'à Vayaqhel (lien ici) . Reportez-vous y.
Cette paracha-ci ne comporte pas non plus de mitsva.Elle nous montre dans le détail comment placer l'amour et la beauté envers Haqqadoche baroukh hou à travers tous ces ustensiles préparés par des gens de coeur.
En effet, Rachi dit ceci sur éllé féqoudé:



"béfaracha zou (dans cette paracha), nimnou (ont été compté) kol michqélé nidvate hammichkane (tous les poids des dons volontaires du tabernacle), lakkéssef vé lazzahav vélanné'hochéte (en argent, en or et en cuivre), vénimnou kol kélav lékhol âvodato (et on été compté tous les ustensiles pour tous les travaux)".
Nous savons que Rachi part de la précision la plus rigoureuse pour nous faire percevoir les niveaux les plus intimes et les plus élevés. Ainsi, ici, il nous montre l'extrême attention à toute chose venant du coeur et qu'elle est prise en compte par Hachém en son travail saint qui est la répartition de la bénédiction. Tout est dit là. Si nous allons vers le Zohar, nous comprenons qu'il ne dit rien de différent que Rachi à travers un langage plus symbolique et poétique mais nous n'aurions pas su le relier au texte sans Rachi. Le Zohar 202a s'appuie, pour exprimer cette idée sur Qohélete (L'Ecclésiaste 1,7): "tous les fleuves vont vers la mer et la mer n'en est pas remplie"; cela veut dire, explique t'il, que les dons du coeur les plus nombreux et les plus petits, tous sont reçus par le grand lieu immense de bénédiction qui aspire à les recevoir.Ainsi du rapport du peuple d'Israël et de Haqqadoche Baroukh Hou. Et les multiples sens du verbe paqad (nommer à une fonction, se souvenir en bien, sauver, attribuer, etc) sont présents en ce verset de la paracha comme ils sont indiqués ailleurs dans la Torah, par exemple dans la promesse que viendra le salut
Reportez-vous au commentaire sur paqod ifqod Eloqim, dans la paracha Chémote (lien ici).
Nous sommes ici dans ce que dit le psaume : "comme la biche aspire (psaume 42)... ainsi..." que nous avons commenté dans la paracha Vaéra (lien ici) ou dans la fête de Yom Kippour. Inscrivez biche dans le moteur de recherche du site en haut de la page d'accueil et vous découvrirez l'importance de ce thème.
Nous avons compris maintenant. Et cette même attention que D.ieu a pour nos dons, nous l'avons dans la précision de la réalisation de ce qui nous est demandé (mitsvotes, Chabbate, prières, étude précise de la Torah en chaque mot et lettre).
La densité et l'étendue de ces parachiyotes précédentes nous permettent donc de ne pas ajouter sur ce que nous y avons vu, et de nous consacrer un instant avec cette précision d'amour venant du coeur aux règles de lecture de l'hébreu qui apparaissent dès le début de notre paracha. Ceci nous explique le motif de ce qui va suivre.

C'est nécessaire pour chacun, et ce sera un rappel utile pour ceux qui lisent habituellement tout haut la paracha. Ce sera un apprentissage pour les autres, spécialement pour ceux qui  vont faire la première lecture publique lors de la bar-mitsva.
On verra à quel point la Tora nous demande une lecture précise par respect pour chaque nuance du texte.
Ces règles s'appliquent également dans la lecture des textes des prières et dans l'hébreu parlé.
Hélas, souvent le texte lu est massacré.
Deux livres de prière sont particulièrement à recommander pour une lecture exacte indiquée par des signes typographiques astucieux :  celui du Rav Mazouz intitulé Iche Matslia'h, et celui du Rav Mordékhaï Eliahou.
Pour ceux qui lisent la Torah, un remarquable livre intitulé Tiqqoune Qoréine hamméfoar Simanim permet de percevoir ces règles dans la pratique de lecture. Il est réalisé par Chmouel Méïr Réa'hi aux Editions du Olam hasséfér hatorani. 

I. Lecture des deux premiers versets 
(transcription et traduction)
Les premiers mots éllé (eux) péqoudé (les ordonnancements)
doivent se lire : 
éllé féqoudé hammichkane, michkane haêdoute 
Tels sont les ordonnancements du tabernacle, résidence du témoignage, 

achér pouqqad âl pi Moshé 
comme elle fut établie par la bouche de Moshé, 

âvodate haLéviyim 
tâche confiée aux Lévites, 

béyad Itamar bén Aharone hakkohén
sous la direction d'Itamar, fils d'Aharone le Cohen.

ouVetsalel bén Ouri vén 'Hour lématté Yéhouda
et Betsalél, fils d'Ouri, fils de 'Hour, de la tribu de Yéhouda, 

âssa éte kol achér tsiva Hachém ét Moshé
exécuta donc tout ce que Hachém avait ordonné à Moshé.
 

II. Règles pour une lecture exacte et respectueuse de ces versets de la Torah
Nous avons souvent vu que le sens de la Torah passe par les précisions de lettres et les nuances qui y sont apportées.
L'étude du pchate s'appuie sur cela aussi bien que celle de l'interprétation symbolique du drache, et aussi bien que les allusion profondes du réméz, de l'allusion, que nous avons rencontrées dans la dernière paracha.

1e règle
Les premiers mots ne sont pas: élé (eux) péqoudé (les énumérations), mais ils doivent se lire : éllé féqoudé, comme ils sont écrits, si vous lisez bien. Pourquoi ?



C'est la règle développée ailleurs (il faut vous y reporter ici dans une longue étude sur la paracha sur la paracha Kitetsé) disant que lorsqu'un mot (comme le premier ici, éllé) se termine par l'une des lettres des deux noms de D.ieu (le tétragramme et le nom Ehié, soit les lettres youd, hé, vav et aleph) et si le mot suivant commence par un dagguéche (un point dans la lettre) qui durcit le son (par exemple, pé au lieu de fé) ce mot s'adoucit sous l'influence de cette lettre venant de ces noms divins et perd son point, dagguéche. C'est ici le cas, donc, les premiers mots éllé (eux) péqoudé (les énumérations)
doivent se lire : éllé féqoudé . Ecoutez l'exemple enregistré en cliquant ici avec les téâmim askénazes, et ici avec les téâmim sépharades.
De même, on lira Ouri vén-'Hour et non pas Ouri bén-'Hour.
Voyez, de la même manière le premier mot de la parawha Chémote: Vé éllé chémote (et voici les noms des fils d'Israël), avec cet enregistrement.

2e règle
Nous avons écrit ces premiers mots éllé (eux) féqoudé (les ordonnancements) hammichkane (du sanctuaire) et non hamichkane. En effet, l'article ha (le) qui précède le mot michkane entraîne toujours un doublement de la consonne du mot qui le suit. On doit prononcer clairement ce doublement : hammichkane et non pas hamichkane.
Nombreux sont ceux qui commettent une erreur sur ce point dans leur lecture de la Torah, ce qui est grave, et dans l'hébreu parlé. Pourtant, la plupart diront bien baroukh habba (et non baroukh haba) qui veut dire "béni celui qui vient". Les Juifs sépharades qui viennent directement des pays de langue arabe et parlent arabe ont gardé cette prononciation exacte de l'hébreu. En ce sens, nous vous branchons pour la lecture sépharade de cette paracha sur un lien avec le site de l'Alliance qui donne l'excellente lecture de Hervé Benjamim Houzi. L'index des autres lectures des parachiyotes se trouve ici.
Dans notre texte, on le trouve également "le Cohen" (haccohén) dans la fin du premier verset : Itamar, fils d'Aharone le Cohen. On doit lire haccohén et non pas hacohen. Il faut doubler le "c".
De même, le premier mot comporte un daguéche dans le lamed et doit donc se lire éllé et non pas élé.
On remarquera que les lettres alef, hé, 'heit, ayine, reich ne comportent jamais ce daguéche de doublement qui serait normal après l'article défini, le ou la ou les (ha).
 

3e règle. Exceptions (le métég et les gutturales)
Une première exception
Selon la règle que nous venons de donner nous devrions lire haLLéviyim(les lévites) en doublant le l du début du mot après l'article. Or, nous avons écrit haLéviyim sans doubler, pourquoi ? Vous avez le motif dans le texte hébraïque de la paracha car il y a un petit trait placé sous l'article ha. C'est un métég (prononcer métégue) qui casse la règle précédente et l'annule. Cela est expliqué dans notre page de la règle du métég avec exemple sonore.

Une autre exception :
les lettres suivantes dites gutturales ne sont pas doublées après l'article défini : alef, hé, 'hét, âyine, et reiche. Au 5e mot, on dira haêdoute et non pas haêêdoute. On ne doublera pas le âyine.



Résumons en lisant,
- au premier mot, il y a un daguéche qui double en prononçant dans le laméd de vééllé,
- au troisième mot, il y a un daguéche qui double en prononçant dans le mém de hammichkane,
- par contre, au quatrième mot, michkane également, il n'y a pas ce daguéche car il n'y a pas l'article: "ce sont les énumérations du tabernacle, tabernacle du témoignage".

4e règle : bien prononcer
Toutes les lettres doivent être bien prononcées :
- chaque hé comme un souffle qui sort de la bouche, comme quand on dit un hêtre et non pas un être. Aharone (le h est légèrement soufflé) et non pas Aarone.
- chaque âyine doit se lire avec un mouvement de gorge dur rendu ici graphiquement par l'accent circonflexe (comme dans haêdoute, ou dans âl-pi, ou dans âvodate, ou dans âssa).

5e règle : les modifications de la lettre vav
La lettre vav veut dire "et", et elle a comme base générale le son vé. %ais il y a des variantes, regardes-les dans le début de la paracha Chémote: 1. vé dans vééllé, 2. ou dans ouvéito; 3. vi dans viyouda. 5. va dans vayéhi. Continuez à lire.


La lettre vav est placée en préfixe, comme dans ouvétsalél : "et Bétsalél". Il y a plusieurs variantes dans la prononciation de la lettre vav, les voici.

- 5a. La  lettre vav devient va, souvent quand elle réunit deux mots mis en duo de sens : yomam va laila, jour et nuit. Comme lorsque Hachém accompagne les Hébreux dans le désert pour "aller jour et nuit, lalékhéte yomam va laïla" (Chémote 13,21).




- 5b. Quand le mot commence par une des lettres dites bégadkéfate (beit, guimel, dalet, kaf, pé, tav),  ce dagguéche tombe et le son devient doux, c'est pourquoi on lit ici après le vav : vétsalél  et non pas bétsalel.

- 5c. De plus le vav se lit "ou" quand il précède les lettres dites boumaf (beit, mém, pé) ; donc en appliquant ces deux dernières règles, on lit "ouvétsalél" (et Betsalél) et non pas vébétsalel dans le verset du début de notre paracha.

On dira également, devant la lettre mém de Moché : Aharone ouMoché et non pas Aharone véMoché.

- 5d. Le vav ne se lit pas vé quand il prend le son des voyelles complexes qui le suivent, par exemple  on dira ate va ani (toi et moi). On parle d'une assimilation des sons: sous la lettre alef il y a une voyenne composée du trait du pata'h et des deux points verticaux du chévâ; par la rencontre du chévâ du vé et de celui du alef, celui du vé tombe et devient assimilé au a de ani et il prend le même pata'h. Cela semble compliqué lors de l'explication, mais c'est automatique dans la façon de parler. On dira vaani.


- 5e. Le vav ne se lit pas vé mais vi quand il précède un mot commençant par le son yi sous la lettre youd. On dit "et Jérusalem"  virouchalayim et non pas vé yérouchalayim. Il y a là une contraction des deux sons en un seul. Ainsi, pour dire "Lévi et Yéhouda" (début de Chémote), on ne dit pas vé Yéhouda mais viHouda. Le vé est assimilé par le youd (i) qui commence le mot Yéhouda et la voyelle é tombe.




III. Entrainement

On ne parvient pas à une lecture correcte de l'hébreu de la Torah ou de la prière sans s'entraîner. Le mieux est de se mettre à deux ou plusieurs et de prendre des textes de base (début de la paracha, birkate hammazone, bénédictions du matin, échéte 'hayil, etc.) et de réviser quelques unes des règles principales exposées sur la page de récapitulation, puis de lire chacun son tour une phrase. On corrige chaque erreur en revoyant la règle, et on reprend à chaque fois au début de la phrase quand il y a eu une erreur. L'amélioration sera immédiate et stable. Vous serez surpris du nombre de fautes. Que diriez-vous si vous parliez ainsi le français avec d'énormes fautes de prononciation  (dire Péri au lieu de Paris, par exemple) ?
C'est une question d'affection et de respect envers Hachém. Vous serez heureux de ce dialogue, et de vos progrès.  Vous serez très vite à même d'aider vos enfants ou des enfants qui préparent leur bar-mitsvah. Alors vous aurez accompli la mitsva de l'étude qui comprend à la fois "lilmod ou lélamméd", étudier et enseigner. C'est une obligation pour tout Juif.

Révision de lecture:


4 précisions à rendre (doubler le lamed, dire le fé, souffler le ha, doubler le mi)

-----------


Ces 4 précisions plus deux autres: souffler le ha de ha êdoute, bien prononcer le ayine).
Maintenant que vous avez bien intégré ces mots et ces règles, nous pouvons les lire dans un Séfer Torah, j'ai été prendre cette photo pour vous dans un lieu très dense de sainteté, dans le beit knésset (la synagogue) qui se trouve dans la salle située entre la tombe de notre Patriarche Avraham et la tombe de notre Matriarche Sarah à Hévrone. Chaque jour, avant de faire l'étude sur la Torah, ne pas oublier la bénédiction qui se trouve sur ce lien.
Voici le commencement de la paracha, à la 3e ligne à gauche:



Comme vous le voyez, une ligne est marquée sur le support, par pression et sans encre, et le haut des lettres atteint cette ligne. De là l'expression, "lire entre les lignes".
Le texte est celui du Séfer Torah de gauche, où les deux tiges (nommées ets 'hayim ou arbre de vie) qui portent le rouleau écrit sont très protégées par le boitier dur,



de nombreuses communautés orientales placent ainsi les rouleaux dans ces boitiers, alors que les communautés askénazes et celles du Maroc les gardent dans l'enveloppe en tissu brodé comme le Séfer Torah de droite.On voit dessus le doigt en argent (yad) avec lequel on suit la lecture de la Torah pour ne pas poser le doigt sur les caractères. Ces rouleaux sont placés dans le Arone ha qodéche (l'armoire des rouleaux de la Torah).

http://www.photozion.com/category.asp?category_cd=11&page;=6 http://www.photozion.com/category.asp?category_cd=11&page;=6
Ici, dans ce lien, les boitiers en bois et le Arone ha qodéche des Juifs de Tunisie.
Ici, un Séfer Torah espagnol du temps de l'Inquisition (800 ans)
Séfer Torah achkénaze au Kotel
Un Séfer Torah à Shanghaï
Un Arone ha qodéche après le passage de nos ennemis en Europe
Un Arone ha qodéche profané
Arone ha qodéche de Tykocin en Pologne
Arone ha qodèche splendide en Italie





IV. Sens de la précision du texte


Nous avons vu souvent combien les précisions du pchate ouvraient au sens profond, intime et lumineux, le Chla nous le montrait à partir de Rachi.
Nous avons vu, de plus, dans la paracha précédente combien les précisions du texte s'éclairaient par les précisions de mots et lettres, ce que l'on appelle le rémez.
Nous allons encore avancer dans ce type de commentaire en cette paracha Péqoudé qui continue Vayaqhel.
Elle termine le livre de la sortie d'Egypte et le peuple acquiert le dispositif de sainteté par le sanctuaire afin qu'il reste au niveau de qahal comme nous l'avons vu dans la paracha précédente.
Notre paracha dit : "ce sont là les énumérations du sanctuaire, sanctuaire" éllé fiqoudé hammichkane michkane.




Ce ne sont pas des réglements administratifs mais les articulations nécessaires de la relation d'amour et de don entre le Créateur et le peuple qu'Il  s'est choisi.
Le texte comporte deux fois le mot michkane, montrant par là que cette union est à deux niveaux en haut et en bas, et cela de même. En bas, ce n'est pas du "matériel", mais c'est la présence divine dans le concret, ce que l'on appelle la Chékhina ou la malkhoute, la royauté divine se réalisant, aussi réelle et importante, mais dans l'état de pauvreté qui nous caractérise.Et pourtant en immense beauté comme nous l'exprimons dans le poème "Pourquoi me taire".
Ribbi Yaâqov Abou'hatséira rapporte la tradition des Sages indiquant que michkane a la même guématria que chémâ, ce texte du chémâ qui dit l'union parfaite entre Israël et le Créateur. Cela est encore exprimé davantage quand ce mot chémâ est composé du mot chém (le Nom) et de sa réalisation dans les 7 dimensions de l'espace d'ici bas empli de bénédiction que sont les 7 jours comme nous l'avons vu dans la paracha précédente; et quand chacun arrive à son maximum de 10, cela constitue la lettre 70 ou ayine du mot chémâ.

On sait que le texte entier du  chémâ est constitué du même nombre de mots que le nombre des organes du corps dans la représentation juive. Cela indique que l'union s'accomplira en toutes les fibres de notre être.
Cela nous montre aussi que c'est par notre prière et par notre action corporelle et concrète que ce programme se réalise, comme la paracha Vayaqhel le disait déjà.

Pourquoi parle-t-on alors d'énumérations dans le sens de ordonnancements ?
On sait que le message de la Torah se trouve en allant dans une autre partie du texte qui éclairera et qui comporte le même mot. C'est comme un jeu de relais de signifiants. C'est dans le livre de Job 5, 24 que se trouve ce repère :


vé yadâta ki chalom aholékha
"et tu connaîtras d'union que la complétude est dans ta tente

ou faqadta navékha vé lo té'héta.
tu veilleras sur ton épouse qui est ta demeure et tu ne trouveras aucun défaut".
(Connaissant bien les règles, vous avez repéré le ou et le f de oufaqadta).

Les Sages découvre le sens du mot fiqoudé de notre paracha, à partir de la similitude du mot fiqoudé qui est ici placé dans un contexte conjugal: fiqoudé léchone zivoug,  "le mot fiqoudé (énumération, ordonnancements) est un mot qui a le sens d'union conjugale".
Et ils continuent en ce sens en interprétant le lieu de rencontre (michkane ha êdoute, tabernacle du témoignage) comme fait des lettres de daâte du verset ci-dessus, et qui en hébreu est la connaissance tant intellectuelle et spirituelle que morale et conjugale. C'est le mot utilisé pour dire que Adam "connut" sa femme (eut une relation conjugale avec elle.
Celui qui a construit le Sanctuaire (Bétsalel) vivait dans l'ombre de D.ieu, comme le dit son nom. Cette ombre est celle de cette vie d'union dont l'image est l'union conjugale idéale dont il est dit qu'il la connaissait parfaitement en tout. Cela nous est dit pour notre enseignement et pour que nous marchions dans ces voies.

Nous avons décidé de ne pas ajouter davantage par la démonstration sur chaque mot de cette paracha. Cela suffit pour nous interroger sérieusement sur la grandeur de tout ce qui aurait pu sembler très terre à terre et ustensiles dans notre vie ou dans le judaïsme.



Pour atteindre le tableau de toutes les règles de lecture: lien ici.




Vous vous posez ces questions! ;-))


Le Mois de Adar II

Pourquoi double-t'on parfois le mois de Adar?
Quand est le passage au second mois? Pourquoi a-t'il seulement 29 jours? et beaucoup d'autres questions! Les réponses sur ce lien-ci.
Le renouvellement de la lune est important dans le judaïsme. Cet élément féminin qui reçoit et diffuse la lumière est à l'image d'Israël ou de Yehoshua dans le peuple aux commencements de la nation. C'est fragile, modeste mais sûr. Il est important d'apprendre à regarder ces nuances et à savoir les repérer dans le ciel, non pas comme des signes d'astrologie mais pour la réalité spirituelle que le Créateur a ainsi placé dans l'espace pour nous guider dans notre évolution pour améliorer notre monde.
Quand la nouvelle lune apparaîtra, une première lueur émergera alors de l'obscurité (ainsi dans nos vies ou dans l'humanité perdant souvent sa lumière) et elle prendra vite la forme d'un très fin croissant à droite en bas de son globe imaginé. Voyez une belle suite de photos de ces séquences au long du mois sur ce lien-ci. Elle sera à plus de 343.000 kilomètres de nous et le soleil à plus de 148 millions de kilomètres de la terre, quel jeu de projecteurs auquel nous assistons! On ne verra guère plus de 2,5% de sa surface illuminée à nos yeux mais cela suffit comme espoir dans le noir complet. Sa zone éclairée sera ) 107 degrés, et à l'ombre à -153 degrés. Elle se déplacera à la vitesse de Et si vous regardez bien, chaque jour, avec de simples jumelles, nous verrez facilement sa géographie apparaître. Facilement on peut la connaître comme les rues de son village, et c'est sympathique de retrouver ses ruelles aux noms si fantaisistes. Pour les paresseux, vous pouvez voir ces phases quotidiennes. Je vous donne le nom de ces ruelles pour qu'elle vous soit familière: vous verrez d'abord apparaître en toute logique la "mer des crises" (pas "la mère des crises) mais la lumière sera déjà là et bientôt le calme, regardez sur la carte, c'est ce que l'on voit de loin comme l'oeil droit de la lune quand elle pleine comme un visage: la "mer de la fécondité" puis "la mer de la tranquillité" et la "mer du nectar", trois beaux noms dont les initiales forment "nataf", ce parfum que nous nommons dans chaque prière de cha'harite et de min'ha pour les sacrifices dans le sanctuaire. Et enfin, la "mère de la sérénité". Vous voyez que vous aimez déjà ce paysage. Nous sommes presque arrivés à la fin de la première semaine et découvrons jusqu'au centre de la lune lumineuse. Suivez le reste en vous aidant de la carte que j'ai dessinée maladroitement.



et pour les humoristes voici les noms latinistes:



Ce renouveau de la lumière est si important, c'est ce que la Torah peut apporter au monde si nous le voulons bien.
C'est pour cela que cette phase de la renaissance est placée sur la page d'accueil, et vous la découvrez en lumière quand vous cliquez sur le paysage de la mer en cercle.


La couleur de départ est bleue, avant de cliquer, parce que nos textes disent que ce bleu-ciel, tékhéléte, est comme un fil qui va jusqu'à la mer, puis l'horizon et monte jusqu'à la pierre de saphir qui est au Trône de la Gloire.C'est immense, mais nous n'avons pas le choix, tout cela nous a été donné et notre peuple a "vu ces voix" au Sinaï. Voilà de quoi nous essayons un peu de nous rapprocher et d'étudier.
Pour en savoir plus sur la lune: lien ici. Ses mers, ses volcans et ses cratères.
On comprend mieux l'importance de la fête de Roche 'hodéche.
C'est pour cela aussi que le jour de Roche 'Hodéche, on rend visite à son Rav avec qui on étudie. En effet, il nous transmet la lumière de la Torah. Et d'où savons nous qu'il y a cette coutume?
Il y a plusieurs sources:
- dans le traité Roche Hachana du talmud 17b, il est écrit: "vé amar Ribbi Yits'haq: 'hayav adam léhaqbil péné rabbo baréguél (chacun a l'obligation de rendre visite à son rav les jours de fêtes), ché néémar: madouâ ate holékhéte élav hayom lo 'hoddéche vé lo chabbate (comme il est dit: "pourquoi tu viens vers lui aujourd'hui , ce n'est pas le jour de Roche 'hodéche ni le Chabbate" (II Rois, 4,23). Il s'agit d'une femme de grande qualité qui n'avait pas d'enfant et le prophète Elie, pour la récompenser lui a assuré qu'elle aurait un enfant d'ici un an, ce qui se réalisa, puis il mourut et, désespérée, elle vient lui demander des comptes et de le ressuciter. Elichâ (Elisée), le serviteur d'Elie, lui a dit cette phrase, puis tenta de le ressusciter, échoua et le prophète Elie lui rendit son fils vivant.

Se reporter à la page de Roche 'Hodéche pour y découvrir toutes les coutumes. On dit qu'en Adar la joie redouble, a fortiori quand le mois de Adar se double encore. Que cela soit réalisé pour le peuple d'Israël, pour chacun de vous, et pour toute la Création et tous ses peuples. Il est dit que la joie des repas de Roche 'Hodéche fait disparaître les maladies. Amen.
Et n'oublions pas ce que dit le Ari, zal: à Roche 'Hodéche, le féminin monte plus que le masculin (ha néqéva ôla yoter mine hazakhar), et seule elle monte (raq ha néqéva, hi lévada ha ôla mi madrégua lé madrégua), voilà pourquoi, dit-il, la femme est dispensée de lourdes tâches ce jour-là et non pas les hommes.

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