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20e Paracha: Tétsavé
- "Tu ordonneras"
Chémote (L'Exode)
27, 20 - 30, 10
Commentaire par le Rav
Yehoshua Ra'hamim Dufour basé sur les livres
de nos Sages
La beauté de l'homme
idéal et son vêtement
Construire le moi juif
Introduction qui ouvre tous
les thèmes de la paracha
Ribbi Chalom Messas, dans Véham ha Chémesh,
attire l'attention sur le fait que le nom de Moché
est absent de cette paracha qui est lue dans la semaine
du 7 Adar qui est l'anniversaire de la disparition de
Moché rabbénou, de sa hiloula (lien
ici).
Ribbi
Moché Abou'hatseira (lien ici) attire notre
attention sur ce fait : il y est mis en valeur dès
le premier mot véata (et toi). Il faut donc en
trouver le sens.
Cette expression est spécialement formulée
à l'égard de D.ieu Lui-même en Né'hémie
9,6 : véata mé'hayé éte coulam
(et Toi, tu les ressuscites tous) et 9, 17. De même,
dans les psaumes: étudiez ces versets des psaumes
3,4 et 22,4 et 22,20 et 32,5 et 41,11 et 50,17 et 55,14
et 54, 24 et 59,6 et 59,9 et 71,7 et 86,15 et 89,39 et
92,9 et 102,13 et 102, 27 et 109,21 et 109, 28 142,4 et
145,15. Vous gagnerez à faire cette recherche comme
je viens de la faire et vous y découvrirez que
c'est une expression typique de Hachém, qui le
définit hors de tous nos défauts et déficiences.
Nous avons intérêt à connaître
ce véata qui nous est dit et nous encourage et
nous soutient.C'est plus que "Toi", c'est "mais
toi". Bien souvent les traductions n'ont pas traduit
ce vé dans véata. Et cette expression montre
que cela nous est confié.
Par l'emploi de ce mot véata également pour
Moché rabbénou, la Torah veut nous montrer
la grandeur et la plénitude de Moché qui
est associé à la Chékhina, présence
de D.ieu auprès de nous. C'est l'enseignement du
Zohar II, 179b. Le ata (toi) est ce qui associe la lumière
d'en-Haut et la lumière d'en-bas; a-t'il déjà
été chose plus belle que cette présence
dans le mot "toi". Ah, si tous les Juifs connaissaient
les splendeurs de leur tradition ; il ne négligeraient
ni la psychologie ni la philosophie mais seraient émerveillés
des merveilles de leur identité et de sa science.
Savaient-ils qu'en chaque "tu" respectueux se plaçait
ainsi la présence divine?
Et cela nous permet de comprendre le second mot : tétsavé
qui donne le nom à la paracha (tu ordonneras).
En effet, d'habitude nous voyons que D.ieu dit à
Moché de parler en tels ou tels termes ; mais ici,
il est indiqué que Moché lui-même
est autorisé à "ordonner impérativement".
Sa grandeur est reconnue, puisqu'il vit associé
à la présence divine, et cela justement
au moment où nous allons voir la description de
l'homme renouvelé qu'est le Grand prêtre,
Cohen gadol, modèle de tout Juif.
Et, en hébreu, le "je" (ani) est l'appelation de
D.ieu par Lui-même. Ensuite seulement, l'homme créé
par D.ieu à Son image et à sa ressemblance
se nomme aussi lui-même, dans le respect :
ani. Peu ont réalisé que le mot par lequel
chacun se nomme est choisi à partir du mot qui
désigne D.ieu Lui-même. Cela devrait être
connu de tous les anthropologues et psychologues. Le moi
du Juif, son self, est formulé dans ce mot qui
a cette dignité et nature si l'on peut dire, en
distinguant.
A partir de là, il est impossible de tomber dans
la dépression totale. Et les premiers mots prononcés
chaque matin par chaque femme et par chaque homme juifs,
sont la prise de conscience renouvelée que le moi
personnel est inséré dans ce grand Ani divin
et de cette qualité même. C'est pour cela
que ensuite, nous disons toutes les bénédictions
qui nous font prendre conscience de cela en chacune de
nos dimensions vitales et nécessaires. Lisez
notre page qui décrit cette phase indispensable
du matin, et comment la faire (lien ici). Et nous
avons ajouté des poèmes pour bien ressentir
ces dimensions.
Le judaïsme est le lieu de la vie pleine "dans" le
moi-toi, dans le TU qui a sa source et sa nature
exactement dans l'union du Créateur et de la créature
qu'Il aime. C'est cela qu'a compris Avraham, découverte
grandiose : le monde est fondé sur la bonté,
et les relations sont "dans" la bonté qu'est D.
Lui-même. Avraham a inventé le "tu" féminin
qui comprend le tout, depuis la première et jusqu'à
la dernière lettre de l'alphabet et il a dit cela
à sa femme ; pour exprimer cela en français,
il faudrait ne pas dire "tu" mais "az" (de A à
Z). Moché y ajoute le "tu" masculin (ata)avec la
présence du hé divin.
Voyez cela dans Béréchite 12, 11 et
son commentaire, paracha
Lékh lékha (lien ici).
Dans le second mot de la paracha
: tétsavé, le verbe tsiva, ordonner,
ne comprend pas ce seul sens, il a aussi toujours l'idée
d'empressement pour la réalisation. C'est un empressement
volontaire et de joie pour le service comme le ferait
le serviteur du Roi. C'est ce que comprend le terme de
mitsva, l'obligation ordonnée que nous avons à
réaliser et il y en a 613 pour le Juif. Mais
ce qui pourrait sembler une simple obligation formelle,
tellement nous sommes près à toujours abimer
ce qui est beau, se lit en hébreu dans l'écriture
du at-bach dans les lettres exactement du Nom appelé
tétragramme, le nom de Hachém. C'est une
union et non pas un acte formel. Il devient nécessaire
parce qu'il a cette grandeur, comme l'amour entraîne
ipso facto des conséquences précises. Sans
lesquelles il est vide et mensonger.
Vocabulaire de la mitsva
tisva : ordonner, décrêter; gazar,donner
l'ordre; donner une consigne natane oraa.
métsouvé : celui qui a reçu
un ordre.
tsav, tsivouï : ordre, péqouda.
mitsva, ordre impératif et moral qui concerne
le bien du monde en général et dépend
de la réalisation d'un acte humain, remis au libre-arbitre
du Juif par la révélation du Sinaï.
Pluriel, mitsvote.
mitsva, acte de bienfaisance, acte de tsédaqa,
acte bon proposé au coeur pour la réalisation.
tariag mitsvote, c'est l'ensemble des 613 mitsvotes,
selon la lecture du nombre indiqué par les lettres-chiffres
en hébreu (tav=400; reich=200; youd=10; guimel=
trois).
bar-mitsva, quelqu'un relevant de l'obligation d'accomplir
telle ou telle mitsva ; par extension, le jeune de 13
ans et un jour, et tout adulte juifs qui ont l'obligation
d'accomplir les mitsvotes de la Torah. Par une erreur
grammaticale, on emploie l'expression "la
bar-mitsva" pour désigner la cérémonie
qui commémore ce passage (lien ici).
hiddour mitsva, l'attitude d'embellissement qui consiste
à réaliser les mitsvotes par amour jusque
dans les moindres détails, et à ne pas se
contenter du minimum ni de l'automatisme, ni du sens de
l'obligation.
mitsva lé-, devoir moral de... faire ceci
ou cela.
mitsvate âssé, obligation de la Torah
exprimée sous une forme positive (ex. aime ton
proche).
mitsvate lo taâssé, obligation de la
Torah exprimée sous une forme négative (ex.
tu ne voleras pas).
mitsva ché ha zémane guérama,
obligation de la Torah située dans une période
précise du temps (ex. la fête de souccote).
mitsvote sikhliotes, obligations de la Torah conformes
à ce que la pensée peut trouver par elle-même
(ex. tu n'assassineras pas).
chévâ
mitsvotes béné Noa'h (lien ici),
les 7 mitsvotes qui ont précédé la
révélation du Sinaï et qui s'imposent
à toute l'humanité, par exemple de construire
des tribunaux pour exercer la justice, etc.
Voir aussi l'exposé de la paracha
Tsav (lien ici).
Les mitsvotes
La paracha transmet les mitvotes 99 à 105
:
- la première ordonne
de choisir de l’huile d’olive pour le luminaire permanent
(atavate ha nérote),
- la deuxième demande
de confectionner pour Aharone des vêtements
spéciaux (bégadim méyou'hadim)
d’honneur et de dignité,
- la troisième prescrit
que l’éphod et le pectoral ne puissent se séparer
(lo léhassir na 'hochén mé âl
ha éfod),
- la quatrième décrit
les détails de la robe du Grand Prêtre
pour qu’elle ne puisse pas se déchirer (lo
liqroâ),
- la cinquième lui
demande de manger des offrandes (léékhol
bassar 'hatate véacham),
- la sixième lui
prescrit de brûler l’encens (léhaqtir
qétoréte) deux fois par jour matin et
soir (baboqer ha arévim),
- la septième lui
interdit d’apporter un “encens étranger” (lo
taâlou âlav qétoréte zara),
c’est-à-dire qui n’aurait pas les compositions
requises.
Les sens et l'attention
Différents sens sont ainsi concernés par
ces mitsvotes (regarder, ressentir, porter, respirer...).
Le texte commence par demander que les lampes soient alimentées
en permanence par une huile pure dont on veillera à
bien faire monter la flamme, c'est la hatavate hannérote.
Dans une relation, la flamme la plus belle, la plus chaude
(quelle qu'elle soit, ou quel qu'il soit) demande un soin
extrême pour qu'elle ne s'abîme pas et pour
qu'elle se développe, et cela chaque jour, et de
jour en jour. La délicatesse (âdinoute) est
la règle en tout ce qui touche à l'essentiel.
(Voyez ici l'importance de
l'allumage
des lumières de Chabbate).
Cette attention de grande
qualité situe ce qui va devoir se dérouler
ensuite. Ce seront des gens "ayant la sagesse du
cœur" ('hokhmé lev) qui confectionneront le
vêtement d'Aharone, tâche qui est la 100°
mitsvah de la Tora. On ne parle pas d'experts en haute
couture mais d'experts dans la science du cœur (lév)
car c'est le cœur qui ordonne le corps ; et ce corps lui-même
va être orné de vêtements conformes
à ces dimensions.
Le corps d'un tel homme n'est pas le corps d'un fonctionnaire.
On choisira donc des Sages qui connaissent les 32 sentiers
de la sagesse du cœur ; nous en avons
parlé longuement ailleurs dans le cours sur le
talmud (lien ici) et dans le premier chapitre
du Lév Gompers.
La beauté de participation
(nature d'Israël)
Pourquoi Aharone devait-il être revêtu de
ces vêtements de kavod vétiféréte,
honneur et beauté ?

(image SweetChild)
Connaissons ses vêtements faits avec l'expertise
d'artisans (maâssé 'hochév) et apprenons
ces mots en hébreu et nous serons capables de penser
en hébreu et de suivre des cours qui les utiliseront:
- en haut, la coiffe, ou mitre, ou tiare (mitsnéféte)
formée de bandelettes avec un fil bleu (pétil
tékhéléte). Celle du simple prêtre
(cohen édiote) est un simple turban décoré
paaré migbaote. Voyez ce que dit Rachi en Chémote
28, 36-38. Elle commençait après la position
des téfilines
de la tête (lien ici).
- plus bas, le bande en or (nézér) de deux
doigts de large qui va jusqu'aux oreilles et attachée
par deux rubans d'azur et sur laquelle est gravé
: qaddeche la Chem, consacré à Hachém.
- l'éphod comprend une sorte de tablier non visible
sur le dessin et qui aboutit à des bandes sur l'épaule
où est placée une pierre d'onyx (événe
ha milouim) sur laquelle sont gravés 6 noms des
tribus d'Israël sur chaque épaule. Voyez ce
que dit Rachi en Chémote 28, 6-10 et 27.
- on l'attachait avec le plastron du pectoral appelé
'hochéne constitué d'un carré d'une
demi-coudée de côté, de pierres précieuses
et sur chacune est gravé le nom d'une tribu dans
l'ordre de la fratrie. En Chémote 15-20, on a le
nom de ces pierres sur 4 rangées : rubis,
topaze, émeraude puis escarboucle, saphir, diamant,
puis opale, agate, améthyste, puis chrysolithe,
onyx et jaspe. Il va de soi que nous devons en tirer une
conclusion immédiate qui sera un préalable
absolu dans toutes nos relations avec des Juifs: nous
saurons désormais que tous seront différents
les uns des autres et que tous sont des pierres précieuses
aux yeux de D.ieu et doivent l'être pour nous. Ne
plus jamais sortir de cette réalité face
aux autres communautés (voir
la page qui permet d'avancer sur ce point). Les commentaires
élevés de nos Sages nous démontrent
cela encore à travers la diversité des vêtements
du Grand Prêtre pour exprimer la même présence
du divin.
- dessous, le manteau (méîl)
bleu ciel de l'éphod. Il est bien renforcé
en haut pour l'enfiler par la tête; il n'a pas de
manches. En bas, on y intercale 36 clochettes et 36 grenades
(voyez le commentaire de Rachi sur Chémote 28,
33).
- la ceinture avnét. Elle est très
travaillée (maâssé rokém) contrairement
à celle du simple prêtre (cohen édiote).
Comme les fils du voile du tabernacle, elle est composée
d'azur de pourpre, d'écarlate avec du lin retors.
Selon le Rambam, elle a trois doigts de largeur et trente-deux
coudées de long.
- dessous, la tunique ou chemise, coutonéte.
- dessous, un caleçon de lin pour cacher la nudité
quand il monte à l'autel.
Le service se faisait pieds nus.
Le simple prêtre (Cohen édiote) ne
porte que 4 de ces habits qu'il revêt en cet ordre
: le caleçon de lin blanc, la tunique de lin blanc,
la ceinture brodée, le turban blanc. Le Cohen Gadol,
ou Grand Prêtre a 4 vêtements de plus comme
il est dit dans la Michna de Yoma 7, 5 (et Talmud Yoma
72) : Cohen gadol méchaméche bi chémona
kélim vé ha hédiote bé arbaâ,
bikhtonéte ou minésayim ou mitsnéféte
véavnéte ; mossif âlav Cohen gadol
: 'hochéne vééphod ouméîl
vatits.
Un autre habit est celui du Cohen Gadol, ou Grand Prêtre,
le jour de Kippour ; vêtements blancs et ceinture
blanche.
Relire maintenant Chémote 28, 2-6 ; 28, 31-42
Sens
Le Chla, reprenant le commentaire de Nahmanide sur Chémote
28, 2, nous indique que ce vêtement est essentiellement
parce que Aharaone est celui qui restaure l'homme créé
initialement dans la gloire et dans la beauté d'Adam
et qui était revêtu de la lumière.
Cette beauté de participation réside encore
maintenant dans le peuple d'Israël comme il est dit
dans le psaume 89, 18 : "car la beauté de leur
puissance, c'est Toi, ki tiféréte
ouzamo ata". Cette conception est très claire dans
les textes comme le montre Isaïe 64, 10 : "maison
de notre sainteté et lieu de notre beauté
(beit qodchénou vétifarténou) que
nos pères ont loués". Il est dit aussi dans
le psaume 96, 6 : "force et beauté sont dans Son
sanctuaire, ôz vé tiféréte
bé migdacho", et en Isaïe 49, 3 : "Israël,
en toi Je m'embellirai; ata Yisrael achér békha
étpaar". Ribbi Yosséf Caro réfère
explicitement ces vêtements à la collectivité
d’Israël. Tout Juif conscient de ce qu'il est doit
porter cette conscience dans son vêtement et dans
son port interne et externe.
Précaution nécessaire: des lecteurs me font
état de cours qu'ils auraient suivi dans lesquels,
pour ces motifs du respect de la beauté ou pour
ceux de l'interdiction de la médisance, on devrait
s'interdire de critiquer quoi que ce soit qui se fait
en IsraËl et de la part de nos dirigeants politiques.
Il va de soi que ce raisonnement n'a aucune valeur car
une part immense du Tanakh et de la Torah sont consacrés
à l'examen critique de la gestion politique du
pays par les dirigeants et à l'exhortation et à
la réprimande puis à la condamnation quand
cela s'écarte de la Torah et précipite le
peuple vers le désastre. En fait, c'est une position
d'irresponsables qui cherchent seulement à tenter
de justifier le fait qu'ils restent loin des reponsabilités
à prendre. On a le devoir de construire, d'analyser,
de rectifier et, en même temps, de prier pour les
responsables, de les apprécier comme il vient d'être
dit et spécialement ceux qui ont la charge si importante
du peuple. Cela est simple et clair et il y a tout cela
sur Modia. Faire du judaisme une simple spiritualité
est en faire une sorte de christianisme intemporel et
contraire à la Torah.
La beauté de participation
(nature d'Israël reliant le bas et le haut)
Il faut se souvenir que le Sanctuaire d’en-bas a son parallèle
dans les mondes d’En-Haut, pour comprendre que les vêtements
de beauté sont tellement une expression de la beauté
de Hachém Lui même que les commentateurs
les mettent en rapport direct avec les lettres des noms
saints de Hachém (voir toute l'oeuvre du Ari et
des Sages qui s'en inspirent); de plus, ils soulignent
le fait que l'éphod ne pouvait pas être séparé
de l'autre vêtement pour garder la conscience de
la relation continue à la source de cette beauté.
Toute beauté doit être perçue comme
reliée à la source de l'intériorité
(pnimioute). Cela est exprimé également
par la forme des fenêtres du Temple de Salomon (I
Rois 6, 4) qui étaient plus étroites à
l'intérieur du Temple qu'à l'extérieur,
afin de montrer que le rayonnement vient de l'intérieur
et non pas de l'extérieur.
La beauté de participation
de notre être
L’importance de ces vêtements doit nous donner une
vision moins banale de ce qui nous vêt. Pour cela,
il faut toujours nous resituer dans la réalité
profonde de notre être fait à l’image du
Créateur, devant vivre avec Lui dans Sa lumière.
Adam, avant la faute, avait une peau de lumière,
cela veut dire que l’âme lumineuse irradiait totalement
à travers le corps jusqu’à l’extérieur
sans opacité, sans couche créant l’obscurité
et l’arrêt. Avec la faute, une occlusion s’est produite
et de or (écrit alef, vav, reich: lumière),
la séparation de l’être avec l’extérieur
est devenue ôr (écrit âyine, vav, reich:
peau).
Le vêtement de Moché
Pour bien le comprendre, sachons que Moché Rabbéinou
n’était vêtu que d’un léger vêtement
lorsqu’il construisait le tabernacle car il était,
et lui seul, presque dans la pureté de l’Adam primaire.
Il n’avait pas besoin de vêtements particuliers
car il était presque antérieur à
la chute de niveau.
Le vêtement du Cohen
Par contre, le grand prêtre qui représente
l'homme d’aujourd’hui en cours de rénovation et
se rapprochant le plus possible de l’état idéal
ancien,
- d'une part, revêt ce qui nous caractérise
tous,
- mais, d'autre part, il nuance au maximum ce vêtement
par des caractéristiques qui peuvent enseigner
et manifester et éveiller l’état antérieur
ravivé.
Le vêtement du juif
Le Juif, fonction de l'homme qui travaille à sa
propre rénovation (tiqoune), doit donc porter son
vêtement (béguéd) comme ce qui, à
la fois, manifeste ce qui est commun et en être
différent : cet état est la forme de sainteté
nommée qédoucha, terme qui veut dire “séparé”.
Pour sanctifier ainsi le corps, il faut être
séparé de la banalité actuelle pour
manifester avec kavod vétiférét (dignité
et beauté), la véritable distinction de
l’Adam lumineux.
Donc, Aharone et ses descendants qui nous représentent,
nous vivifient et nous transforment sont, pour cela, séparés
dans les lieux, les tâches, les moments, la nourriture
et le vêtement.
Réflexion sur le vêtement
du Juif en fonction de lumière
Tout cet ensemble nous mène à plusieurs
réflexions :
- en raison de ce que nous avons dit du Cohen, est également
vrai du Juif parmi les nations où il doit être
lumière intérieure manifestée (or
la goïm, cohen la goïm) : nos rites alimentaires
sont différents, par exemple.
- le Juif portera donc une attention particulière
à la tsénioute, dignité pudique du
vêtement qui doit orienter vers la rencontre avec
la valeur vécue de la lumière.
- de plus, il va de soi que le vêtement du Juif
devrait être particulièrement autre, rayonnant
de beauté, de propreté, de distinction,
de pudeur, de noblesse et de lumière.
Le vêtement du juif
qui doit être lui-même sanctuaire
Nous savons par la paracha précédente que
Hachém veut habiter parmi Son peuple comme dans
un sanctuaire et que c’est Son peuple qui doit être
la manifestation de Sa gloire et de Sa beauté comme
un sanctuaire splendide, comme un vêtement de la
mariée révèle la beauté de
ce qui se passe. Le psaume 89, 18 le dit : "la parure
de leur force, c’est Toi, et dans Ton ratsone, Ta volonté,
s’élève notre puissance". Qui connait
la beauté d’Israël et veut la vivre dans le
réel peut dire avec le prophète Isaïe
49,3 :
“Tu es toi Mon serviteur Israël, par qui Je suis
embelli,
Li âvdi ata Yisrael achér békha étpaar".
Un vêtement porteur
de pierres de lumière
Il faut relire les versets suivants, et les références
que donne le Chla
(lien ici): Isaïe 64, 10 ; 60, 7 et 13.
Il faut lire aussi tout le psaume 45 que l’on dit lors
du mariage, que l'on considère comme un moment
réel ou optatif de l'accès de l'être
à la lumière.
Aucun Juif ne devrait ignorer cette construction splendide
de l’homme dans la lumière divine qui nous est
dévoilée en ces textes.
Nous comprenons maintenant
pourquoi le Grand Prêtre portait sur son vêtement
les pierres précieuses différentes représentant
les tribus d’Israël. Chacune était enchassée
dans un chaton d’or brodé michbétséte
zahav.
C’est dans cette perspective que j’ai dit à mon
maître Ribbi Moshé Yossef Zénou (lien
ici) où notre échange très simple
touchait immédiatement tous ces niveaux dans le
dialogue, le jour de la mise en terre de son épouse
vénérée partie dans le sanctuaire
d’En-haut dans la douceur facile d'un baiser divin, mitate
néchiqa : "quand je vois autour de vous les élèves
que votre sagesse a formés, ils sont comme ces
pierres chacune enchassée dans la michbétséte
zahav, lettres initiales de Moshé Zénou".
Je savais qu'il avait compris tout cela dans le coeur
et que cela l'illuminait intérieurement malgré
la douleur totale.
Avec celui qui connait cela et le vivait depuis longtemps
dans la modestie, il est possible de parler ainsi. Avec
d'autres, qui ne vivent pas dans ce regard, c'est difficile;
le dire serait le plus souvent incompris, perçu
comme éthéré ou porteur de compliments
aux intentions troubles.
On comprend aussi le sens du devoir de vêtir de
beauté son épouse (vêtements et bijoux)
auquel s'est engagé le mari en signant la kétouba
(lien ici) du mariage. Les poèmes du Chabbate
chantent les bijoux et vêtements de la Chékhina.
Lisez aussi le superbe cantique que l'on chante avant
le repas de Chabbate, Echéte 'Hayil (Proverbes
31, 10-31). Il parle de cela sans cesse. Donc, en conclusion
simple et brute: impossible et interdit pour le Juif d'être
vêtu de vêtements laids et sales.
Rôle éducatif
des Cohen
Il s’ensuit qu’il y a à adopter une conception
du vêtement qui, selon ces enseignements, soit l'expression
de la beauté de Hachém qui devrait nous
illuminer : les Cohanim, justement, nous rappellent par
leur bénédiction que ces dons d'honneur
et de beauté de Hachém nous sont acquis,
sont en nous et devraient rayonner : "Hachém fera
rayonner sa face sur toi et qu'il te soit bienveillant,
Hachém dirigera son regard sur toi et t'accordera
la complétude" (Bamidbar 6, 22-27). Les descendants
d'Aharone, les Cohen, ont cette fonction de nous rappeler
ce rayonnement. Des siècles de pauvreté
dans l'exil où le Juif a dû se camoufler,
ne doivent pas éteindre cette expression capitale
puisqu'elle concerne non seulement notre condition initiale
mais aussi notre être-même qui est fait à
l'image du Créateur et en exprime la lumière.
Et la fidélité aux ancêtres est à
cet enseignement et non pas à l'attitude humiliée
où nous ont placé nos ennemis.
Une anthropologie juive de
l'être et du regard
- Une conception esthétique
de soi-même devrait donc être une base
de l'anthropologie juive, et la laideur, la saleté
ou la vulgarité devraient particulièrement
être ressenties comme un voilement de la beauté
du Créateur et une atteinte directe à
Son image.
- Le vêtement ne
doit pas seulement être référé
à l'image d'un milieu, d'une fonction, d'un
âge, d'un sexe, ni à la beauté
du corps de celui ou de celle qu'il habille, mais
à la source de sa beauté.
- De même que le
Grand Prêtre ne portait ses plus beaux vêtements
que pour le service, il faut retrouver une hiérarchie
des vêtements différents suivant les
moments, mais sans jamais descendre du niveau de ce
que nous sommes intérieurement et que nous
devons faire rayonner. D'où l'importance particulière
des vêtements du Chabbate qui doivent être
portés en leur beauté dans la montée
de sainteté qui se fait depuis la veille jusqu'après
l'office de min'ha. Ce n'est pas un moment où
on se néglige comme parfois en vacances.
- Un travail personnel
est nécessaire à ce sujet comme dit
le psaume 57, 9 : "oura khévodi, éveille-toi
ma gloire”, ou comme Ribbi Yo’hanane qui appelait
ses vêtements “ma gloire, kévodi" (Traité
Chabbate, 113). Nous comprenons maintenant pourquoi.
Les deux personnes dans le couple doivent s'aider
pour y parvenir.
- C'est une approche peut-être
subtile des individus et très éloignée
de la brutalité des nombreuses relations humaines,
mais le judaïsme n'est pas seulement subtil dans
l'intelligence analytique, il l'est autant en ce qui
concerne l'inter-relation et le port du corps.
- L'être humain peut
et doit être remarqué et apprécié
dans sa beauté, mais ce message visuel doit
être perçu comme venant d'une source
qu'est Hachém Lui-même, c'est ce que
l'on appelle la bérakha, flux des bénédictions
qui est venu de la source.
- Alors, percevoir la beauté
de créatures, spécialement de l'autre
sexe, devrait faire obligatoirement s'élever
une bénédiction : "c'est ainsi dans
Son monde, pour Lui, à Son image" et non pas
: "c'est ainsi pour le plaisir vulgaire et superficiel
de mon regard sur autrui". La tradition nous rappelle
que cela demande une vigilance constante car ce qui
est reçu par le regard atteint sans défense
les zones les plus intérieures et les plus
pulsionnelles : c'est pour cela que c'est le même
mot âyine qui désigne en hébreu
l'oeil et la source. (Relire ce que nous avons écrit
sur la bénédiction dans la
fête de Tou bi Chevate, lien ici).
C'est en ce sens qu'il est dit, en Chémote 23,
20 : "voici, J'envoie devant toi Mon messager pour te
conduire au lieu que J'ai préparé pour toi,
él hammaqom achér hakhinoti".
Et Rachi dit, dans le sens qui nous est familier à
propos de la résidence de Hachém :
"kévar méqomi nikar kénégdo,
c'est l'endroit auquel correspond le lieu où est
Ma résidence ;
vé zé é'had mine hammiqraote,c'est
un des textes
ché omérim ché beit hammiqdache chél
maêla, qui montrent que le sanctuaire d'En-Haut
mékhouvane kénéghéd béit
hammiqdache chél mata,correspond au sanctuaire
d'En-bas".
(La source de Rachi est dans Tan'houma 18 ; voir aussi
le splendide Rachi de Chémote 15, 17).
En résumé, l'autre
individu, dans son apparence d'honneur et de beauté,
doit être perçu comme un lieu de demeure
de Hachém, et cette demeure apparente doit nous
conduire à la source et à la demeure invisibles.
Il faudrait penser à ce Rachi dans toute rencontre
sociale aussi bien qu'affective.
L'importance de la beauté,
de la lumière et des parfums (béssamim,dernier
mot du Cantique des Cantiques) dans le sanctuaire et,
de là, dans le judaïsme, relèvent de
cette conception.
Et, pourtant, tout le monde
n'est pas porteur de la beauté du Grand Prêtre,
le Cohen Gadol ; tout le monde n'est pas non plus Cohen.
Mais nous sommes Israël, dont le Cohen Gadol
manifeste la beauté. Nous sommes aussi pierres
de beauté sur le vêtement du Cohen Gadol.
Et, dans Sa bonté, le Créateur a dit
aux Cohanim de nous transmettre directement de l’extérieur
aussi cette beauté divine qui devrait imprégner
notre visage :
yaér Hachém panav éléikha
vi’hounéka
"Il fera illuminer son visage vers toi et Il te sera doux
et favorable".
Pédagogiquement, tout
cela nous est rappelé dès
le matin, chaque matin (lien ici), et accordé
par la bénédiction de “vêtir ceux
qui sont nus” (malbiche âroumim).
Comprenons bien que cette bénédiction n'est
pas une demande ni un souhait mais elle est dite au présent
comme une concrétisation effective.
Il y a ainsi une esthétique
et une cosmétique juive qui sont l'extériorisation
effective de la lumière intérieure dans
la peau, le port, le parfum et le vêtement.
C'est ce qu'exprime le Cantique des Cantiques ou les descriptions
de la Reine Chabbate vêtue d'argamane (pourpre).
Pour traduire mnémotiquement tout ce que nous avons
retransmis ici des enseignements de nos Sages, les textes
le condensent en disant que le mot A.R..Ga.Ma.Ne
rappelle les noms des 5 anges qui enroulent la beauté
de la Chékhina, la présence divine
; ils sont dans l'ordre les initiales des lettres hébraïques
du mot argamane : Ouriel, Raphaël, Gabriel, Mikhael,
Nouriel.
La fête de Pourim
qui se produit souvent en cette période veut aussi
nous rendre sensibles à toutes ces dimensions par
le déguisement qui est proposé de rechercher
pour atteindre une autre approche et dévoiler le
bon et l'horreur dans le quotidien, afin d'assurer la
victoire de la bonté, de la beauté et de
la bénédiction.
Ce déguisement concerne dont bien plus encore la
pédagogie des adultes que celle des enfants. Il
faut oser. Il faut oser reconnaître que la beauté
intérieure doit émerger, et nous en donner
l'autorisation. Il faut apprendre à le vivre et
que cela reste bénédiction.
C'est pour cela que le mari
s'engage, par la kétouba
du mariage, à assurer à son épouse
la possibilité de resplendir de lumière
par le vêtement et les bijoux, au même titre
qu'il s'y engage aussi à lui assurer le plaisir.
Les femmes du peuple juif dans le désert sont louées
pour être restées à ce niveau et n'avoir
pas fait de leurs parures de beauté un apport
pour construire le "veau d'or", mais elles ont donné
avec empressement leurs miroirs où elles apprêtaient
leur beauté afin de réaliser la fontaine
de purification. Tout cela est cohérent ; il est
grandiose de voir que l'ensemble des femmes savaient tout
cela avant que nos plus grands Sages nous le transmettent.
Les 24 livres composant le
Tanakh (la Bible) sont appelées aussi pour cela,
des "bijoux" (tarchitim) de la Chékhina.
L'audace de la relation du
Juif à D.ieu lui permet d'aller jusqu'à
dire : "Il est mon D.ieu et je L'embellirai" (zé
Eli vé anevéhou. Chémote 15).
La beauté juive est une beauté de pureté,
et une beauté de permanence comme nous l'indique
la jonction de ce thème avec celui de la qualité
de l'huile pure qui commence la paracha.
C'est cela que manifestait parfaitement le 'Hida et, pour
cette manifestation, son passage en Europe au 18e siècle
fut très remarqué: il portait la présence.
Moussar (morale)
Les applications concrètes et morales de tout cela
sont nombreuses.
1. Elles placent le Juif ou
la Juive dans une relation au corps, au vêtement
qui ne sont pas ceux que la civilisation contemporaine
développent. L'exhibition continue du corps dénudé
dans la publicité pour exciter un désir
brut ne place ni la vedette utilisée ni le spectateur
dans un contact avec le niveau idéal et réel
des êtres, niveau par lequel nous sommes constitués
à l'image et à la ressemblance du Créateur.
Nous vivons dans ce monde, mais le Juif doit apprendre
à piloter son regard hors de ces erreurs, à
rectifier l'orientation de son niveau intérieur
quand il est touché, à se relier à
la source de la beauté par une bénédiction
pour ne pas voler l'usage à son profit personnel.
Ce n'est pas facile dans l'ère de la prostitution
banalisée par les médias.
De là découle
aussi ce que l'on appelle la tsénioute, la pudeur,
qui consiste à ne pas faire dévier autrui
dans ces usages du corps et du vêtement. Puisque
le regard touche immédiatement la source interne
sans aucune protection possible (l'oeil est nommé
en hébreu âyine et la source maâyane,même
composante), les zones sensibles du corps ne devront pas
être exposées envers qui cela ne convient
pas. L'extérieur ne doit jamais porter atteinte
à l'intérieur. D'où une conception
de l'habillement qui ne doit rien enlever de la beauté
ni de la féminité par exemple, mais qui
ne présente pas les formes corporelles (pas de
nudité ni de tissus collants). Tout cela ne repose
pas sur une conception étroite et rigide mais,
au contraire, sur la conception large qui a été
présentée plus haut et qui ne peut être
expérimentée que dans une cohérence
des différents niveaux de l'être. Et toute
la maison doit être en ce sens.
2. Bien que le Temple soit
détruit, le rappel de la lampe perpétuelle
est réalisée dans les synagogues par une
lampe qui brûle en permanence. Elle est souvent
placée actuellement devant l'armoire des rouleaux
de la Torah (aarone ha qodéche) pour faire référence
au Temple.
3. Les Juifs des pays qui
disposaient d'huile pure d'olive ont continué,
en ce sens, à privilégier cette huile pour
la pureté des lumières de Chabbate, en liaison
avec cette plénitude du Temple. D'autant que la
maison, autour du couple, est appelée un miqdache
qatane, un petit sanctuaire. Aujourd'hui, où cela
est très facile de se procurer cette huile pure
qui donne une clarté incomparable et rappelle le
Temple, et son rayonnement de lumière et de bénédiction,
le sens intérieur est évident lors de l'allumage;
et il est ressenti toute la journée par la vision
de l'huile et de la flamme. Et la combustion tient ainsi
facilement tout le jour de Chabbate. Des petits ustensiles
qui permettent à la mèche de tenir sur l'huile
se trouvent dans toutes les librairies ou épiceries
juives. C'est une expérience heureuse que je connais
bien quand la flmma à l'huile d'olive des lumières
de Chabbate continue encore quelque temps au début
de la semaine, ainsi que nous nommons les jours suivants
(1er jour dans le Chabbate, second, etc.).
Les niveaux plus élevés encore des commentaires
de nos Sages (Ma'hsof halavane) font remarquer que les
lettres finales hébraïques de chéméne
zaïte zakh, huile d'olive pure sont les lettres de
Tanakh (Bible, en ses trois parties Torah, Néviim
et Katouvim).Ils développent cela avec d'autres
textes à l'appui, et à partir de cette approche,
s'est développée la lecture chaque matin
du 'Hoq Israël, un recueil de textes qui permet d'étudier
chaque jour une partie de la Torah, des prophètes,
des écrits, de la michna, du talmud et de la qabale
par le Zohar).
4. Pour tous les motifs décrits,
les Juifs ont toujours accordé une importance aussi
à ce qui pouvait les distinguer des autres peuples
dans le vêtement, et marquait leur propre identité.
Nos textes disent que les Hébreux, même sous
l'esclavage d'Egypte, n'avaient abandonné ni leur
noms juifs, ni leurs vêtements juifs. Certes, les
vêtements ont évolué suivant les époques
et les régions mais en gardant une spécificité,
spécialement dans les périodes ou région
de persécution. Mais aussi pour marquer la fidélité
à la transmission des ancêtres. Cela explique
la caratérisque du vêtement des Juifs d'Europe
centrale, qu'il serait inintelligent et méprisant
de qualifier simplement en disant qu'ils ont pris et gardé
les vêtements de leurs persécuteurs. Le fait
que, en plus, les antisémites ont voulu imposer
aux Juifs un signe de honte et de tristesse dans le vêtement
est un tout autre problème à ne pas confondre
avec le précédent. Il faut nous renouveler
et ne pas perdre la beauté du vêtement des
diverses traditions.
Pour une étude avancée
sur les sources halakhiques
Rambam, Michné Torah, Avoda.
Choul'hane Aroukh, Ora'h 'Hayim, 264, 8
Exercices
1. Noter les axes indiqués ci-dessus auxquels vous
avez été sensibles, concernant ce que l'on
pourrait appeler le "moi" juif, et relire la paracha avec
précision pour les y découvrir.
2. Echanger avec des proches sur ces découvertes
et sur les questions que cela pose à la vie ou
à notre être.
3. Vérification de la connaissance des mots d'hébreu
présents dans cette paracha.
4. Lire les textes cités.
5. Voir les sites qui décrivent tout ce qui concerne
le Temple de Jérusalem ; ils sont indiqués
en
bas de la paracha précédente.
Mots d'hébreu indiquant la beauté
- yofi, noï, péer
- beauté gracieuse : 'héne (psaume 45, 3)
- beauté rayonnante : hadar, ziv, tiféréte
- beauté parfaite : kélil yofi (Ezékiel
28, 12)
- beauté morale et physique : yafé (Béréchite
39, 6, Chir ha Chirim 6, 10).
- objets d'embellissement: qichoute.
Lire le Cantique des Cantiques pour cette beauté
dans la relation d'amour. Si nous avons bien compris tout
cela, nous saurons lire les secrets placés dans
les lettres de la Torah avec nos Sages nous montrant que
les initiales des mots décrivant Aharone allumant
les lumières chaque soir (éte hanérote
béine haârbayim) forment le mot ahava, amour
(voyez dans le dernier paragraphe de la paracha). Tout
est dit. Une fois de plus on découvre la vanité
vide de ceux qui ont enseigné que le judaïsme
n'est pas une relation d'amour mais de crainte et qu'il
fallait une nouvelle révélation, la leur.
C'étaient simplement des ignorants qui ne savaient
pas lire la Torah et ne l'avaient pas reçue de
la tradition des Sages. Torturant ainsi la Torah, ils
en sont venus naturellement à torturer le peuple
de D.ieu, croyant le faire au nom de D.ieu lui-même,
tout cela suffirait à qualifier l'entreprise.
Qui n'a pas étudié auprès des Sages
qui montrent ainsi le sens essentiel et combien il est
exprimé jusque dans tous les jeux des lettres lit
peu à peu ces lettres de la Torah comme une partition
musicale. Et il y voit les moindres détails, par
milliers, et donnés depuis Moché depuis
le Sinaï, comme ces glissements du masculin au féminin
qui traduisent les unions safa yiyé léfiv,
au lieu de safa tiyé léfiv, Chémote
28,32). Quand on n'a pas fini de recevoir tous ces milliers
et milliers d'enseignements, on n'a vraiment pas le besoin
de chercher des codes par les logiciels d'ordinateurs
sur les événements journalistiques contemporains
dans la Torah!
Important d'apprendre tout le vocabulaire hébraïque
de ce commentaire.
Lire la haftara de cette paracha
Tetsavé en Ezéchiel 43, 10-27.
Pour comprendre qui est le prophète Ezéchiel,
lire ce lien-ci.
Pitoum ha qétorète,
et sa place dans les prières quotidiennes
On ne peut pas terminer cette étude et oublier
le passage de l'encens (qétorète) du Cohen
qui est présenté par nos textes comme
plus important même que tous les sacrifices (voyez
le Zohar Paracha Vayaqhel 219a). Il y est dit que tous
les sacrifices qu'a offerts Israël ne sont pas
comparables à la qétorète (éinal
'hachouvim kaqétorète). Et la prière?
Elle corrige ce qu'il faut (ha téfila hi tiqoun
létaqqén ma ché tsarikh) et la
qétorète (le texte des parfums) fait plus
(qétorète poélète yoter),
elle répare plus, réunit plus, éclaire
plus (métaqénéte véqochéréte
qécharim ou méira bahém yotér
min ha kol). Elle purifie le sanctuaire (métaérète
éte ha michkane)". De là, le Zohar
explique la succession des parfums et des sacrifices.
Cela est si important que nous devons lire chaque jour
ce passage des parfums, avec leur recette précise.
Quelle fidélité que celle des Juifs lisant
ainsi ces recettes depuis des millénaires. C'est
que nous savons l'importance des choses pour le bonheur
du monde. Nous ne serons plus surpris, après
tout ce commentaire de découvrir que ce passage
quotidien commence par ce Ata! Voici la beauté
de ce texte (le placer dans un lieu plein de respect)
sur lequel je le lis chaque matin, écrit à
la main sur parchemin comme la Torah en caractères
achouri, pour être en vrai contact, comme il est
souhaitable (mais non obligatoire):
La douceur du parchemin et du dessin,
avec les taguim au dessus des lettres élèvent
la prière plus facilement. Et le Zohar dit :
"si les enfants d'Israël savaient combien
est importante la paracha du sacrifice des parfums (pitoum
ha qétorète) devant Ha Qaddoche baroukh
Hou, ils en prendraient chaque lettre et et en feraient
des couronnes sur leurs têtes (II 218a)".
Et on doit dire ce passage avant la prière car
elle enlève l'impureté et la prière
peut alors monter.
Le Choulkhane Aroukh (Orah Haim 132) nous dit qu'il
faut le lire et non pas le dire par coeur, pour y être
très présent, étant donnée
son importance. C'est un moment de lien (qétorète)
entre nous le haut comme l'encens qui monte. C'est un
moment de rencontre comme cet acte de le brûler
dans la partie intérieure du Temple et non pas
dehors comme les sacrifices. C'est une union, comme
le dernier mot du Cantique des Cantiques qui est béssamim,
parfums.
Les Middrachim nous racontent comment toute la région
était parfumée par l'offrance de ces parfums.
On les dit matin et soir dans la prière. Ecoutons
ce que dit le Zohar du sacrifice des parfums (pitoum
ha qétorète), je ne me permettrai pas
de commenter, cela est explicite:
- Le sacrifice des parfums (pitoum ha qétorète)
relie tout (III 37b), il relie à la émouna,
la foi confiante (III,11a)
- il est plus haut que tous les sacrifices et par lui
sont bénis les êtres d'En-haut et ceux
d'en bas (III,5b)
- il suscite la joie dans tous les mondes et diffuse
la bénédiction (II 219a)
- il est une joie pour D.ieu seul et c'est pour cela
qu'il est situé à l'intérieur (II,219a).
- Rien n'est plus agréable à D.ieu que
cela (II 218b)
- on l'appelle l'autel des parfums bien qu'on n'y sacrifie
pas mais parce qu'il annule tout le négatif (II
219a), il purifie la colère (I 70a), celle d'En-haut
et celle d'en bas (III 112b)
- il éveille l'autel d'en Haut (I 254b) et quand
le Cohen y sacrifiait, cela créait la joie en
Haut (III 149a) et le Cohen voyait monter les lettres
du Nom de Hachém avec la colonne des parfums
(II 218b)
- il ne doit se faire qu'aux moments précis et
en cas d'épidémie dangereuse (III,33b)
- il éloigne l'esprit d'impureté (Tiqouné
Zohar 56a)
- il brise la force du yetser ha râ, de l'instinct
du mal (Zohar Hadach sur Chir ha Chirim 83a), annule
la sorcellerie, et expulse de la maison ce qu'il y a
de mauvais (II 218b), annule les épidémies
et les désastres meurtriers collectifs (I 230a),
annule l'ange de la mort qui ne peut plus dominer ni
juger (II 219b), ainsi que tous les accusateurs (I 230a),
et rien n'en est capable autant que cela dans tout le
monde (II 218b)
- en lui est concentré tout le culte envers Ha
Qaddoche baroukh Hou (III 58b) et il soutient l'existence
du monde (II 219a)
- nous avons reçu cet enseignement que lorsqu'on
prie bien, avec intention et coeur ce passage du sacrifice
des parfums (pitoum ha qétorète) rien
ne peut dominer en négatif, ni les épidémies,
ni aucune nuisance, ni les nations, sur ce lieu (II
219a), et au contraire ils dominent là où
on ne le fait pas. Et cela procure le bien en ce monde
et en l'autre.
- celui qui est en ces difficultés doit y recourir
et faire téchouva, changer sa conduite, et s'il
le fait c'est une évidence que les rigueurs s'éloigneront
de lui.
- et cela est plus agréable à D.ieu que
toutes les prières et tous les sacrifices.
Sans commentaires. A déguster.
Comprendre le passage du sacrifice des parfums dans
les offices de la prière.
Le premier motif en est que la prière, et surtout
la prière collective, tient place des rites qui
se déroulaient dans le Temple; cela depuis la
destruction du Temple. Et nous prions les trois prières
quotidiennes encore maintenant dans la direction du
Saint des Saints (Qodéche ha qodachim) au centre
du Temple, d'où montaient et montent toutes les
prières vers le ciel par ce canal qui est le
lieu d'union du Créateur et de Sa création.
Même s'ils occupent le sommet du Mont du Temple,
les Musulmans ne se tournent pas vers ce point, ni vers
ce lieu mais vers La Mecque et à 50 mètres
au Sud de ce Mont, ils lui tournent le dos chaque fois
qu'ils prient. L'Eglise catholique est "romaine",
ce qui est clair. Nous seuls sommes depuis près
de 4000 ans tournés sans aucune discontinuité
vers ce point.
Nous disons donc le passage du sacrifice des parfums
(pitoum ha qétorète) dans la prière
de Cha'harite (matin) et dans la prière de min'ha
(après-midi, à la proche de la tombée
de la nuit). Lisez la fin de la paracha Tetsavé
(Chémote 30,1-10) pour la description précise
de ce rite sur l'autel des parfums (mizbéa'h
qétoréte) qui sont en combustion (qétar).

Laissez votre coeur ressentir les symbolismes
des formes et couleurs et matières.
Il faut y ajouter le symbolisme de l'emplacement car
cet autel est situé, comme nous le précise
Rachi sur Chémote 26,35, dans le sanctuaire lui-même
et non à l'extérieur comme l'autel des
sacrifices (il est donc dans l'intime de l'échange
secret entre la Présence de D.ieu et Son peuple),
devant le voile, dans l'axe entre le chandelier (ménorah)
et la table des pains et en retrait à l'Est.
Comme ceci.Derrière le voile, il y a l'arche
d'alliance surmontée des chérubins (kérouvim)
et les deux barres qui portent l'arche font légèrement
saillie sur le voile, comme les seins d'une femme disent
nos middrachim.
(Ces illustrations ont été
mises à votre disposition par l'Institut du Temple,
24 rue Misgav Ladach, près du Kotel à Jérusalem,
par l'intermédiaire de son Directeur pour l'Europe
Mr Jean Marc (Haïm) Rosenfeld (tel direct 972.2.5635240).
L'Institut possède un site. Explorez aussi les
nombreuses pages et images de http://templeinstitute.org/
Ces deux images sont publiées dans le magnifique
livre: Le Tabernacle, par Moché Lévine,
en toute bonne libraire juive.)
Nous devons donc nous placer
en imagination dans ce lieu d'intimité divine lorsque
que nous disons le texte des parfums deux fois par jour.
Et, dans la vision du prophète (Ezékiel
8,11) nous trouvons également notre terme (ânane-ha
qétoréte ôlé, le nuage d'encens
monte).Et vous pourrez juger de la puissance de ce rite
en lisant le sauvetage du peuple réalisé
par Aharone avec ces cendres de cet encens (Bémidbar
17,11-12). Cette prière intime et dauvetage du
peuple par la puissance d'En-haut est indispensable aujourd'hui,
à l'heure où notre peuple, en Israël
et dans le monde par conséquence, court les plus
grands périls selon ce que des supporters américains
nomment le "plan d'Auchswitz" qu'ils considèrent
comme un plan régional réduisant Israël
à une unité territoriale délibérément
organisée comme indéfendable (lien
ici, à lire absolument).Ce péril de
mort relève exactement de l'urgence de ce rite
spirituel. Nous nous plaçons à l'essentiel
et non pas dans une perspective politique ou d'opposition
ni d'agressivité. Nous parlons uniquement de ce
combat spirituel mais réel vécu par Israël,
selon nos textes historiques. Nous devons connaître
cela, si nous voulons connaître la Torah et le projet
juif.
Cet encens est composé de 11 éléments
(sémanim ou sémamanim). Pourquoi? Ce n'est
pas le lieu d'en expliquer toute la science car il faudrait
avoir franchi de nombreux degrés de savoir pour
cela; mais disons simplement que ces 11 composants sont
ceux de la lumière qui donne la puissance aux forces
négatives qui vont être ainsi prise en charge
et transmutées en positive en les situant sous
la puissance de bonté de Hachém. L'action
du sacrifice des parfums (ou de sa lecture attentive)
est de séparer cet assemblage de la lumière
et du négatif qui trompe et tue (comme Korah a
voulu le faire, ou comme ceux qui nous bâtissent
toujours un Veau d'or fallacieux ou des paix mensongères,
ou qui prostituent la terre sainte par des abominations
légalisées ou par la haine fraternelle,
ou qui ne respectent pas la justice sociale, ni le respect
de l'étranger), c'est l'enseignement de la Torah
qui n'est pas dans les nuages (lo ba chamaim hi).
Par cette élévation de l'encens, jointe
à notre élévation sincère,
les puissances négatives (nommées qlipotes)
restent sans vie et en cendre, impuissantes, mortes (métim).
C'est cela le vrai combat juif, joint aux combats nécessaires.
Comprenons bien, nous disent nos Sages: il s'agit de déjouer
le stratagème pervers de ceux qui enrobent de beaux
mots la volonté de détruire Israël
et prennent de la puissance par cela; aussi, disent-ils,
il faut séparer leur stratégème de
ce qui est la vraie vie; cela se réalise par ce
rite, car comment lutter par les mensonges de la parole
qui embellit le mal pour mieux tuer ? (Voyez le poème
La
colombe de la paix).
Alors, nos mondes d'ici-bas peuvent effectivement monter
(léhâlote ha ôlamote) et s'élever
mais en vérité. C'est pour cela que nous
récitons ce texte avant les prières pour
que ces forces négatives ne se joignent pas (ché
lo yita'hazou ha qlipotes) à nos pensées
et prières et ne viennent pas détruire notre
peuple de l'intérieur. Nous comprenons maintenant
aisément, disent nos Sages, pourquoi nous disons
encore une fois ce texte à la fin de la prière
du matin: car nous partons dans la journée de travail,
et les forces vicieuses et négatives vont tenter
à nouveau de séduire et d'accaparer la force
qu'a le bien afin de nous détruire en tant que
peuple d'IsraËl. Aussi, nous redisons ce texte encore
une fois, ainsi que la prière Alénou lé
chabéa'h ("nous devons Te louer") qui
a la même fonction, ainsi que cela est explique
sur cette page.
Je vous en supplie, ceci n'est pas un enseignement de
circonstance avec allusions politiques; c'est strictement
l'enseignement traditionnel écrit mot pour mot
depuis des siècles et qui a été synthétisé
exactement en ces termes compréhensibles par tout
Juif de toute époque par le Ari, zal, ainsi que
par tous les Sages qui ont eu le niveau les autorisant
à expliquer ces rites. Je ne fais que transmettre
("ani modia"). Les étudiants avancer
peuvent vérifier l'exactitude de tout cela, mot
pour mot, dans la prière du matin, analysée
par le Chaâr ha cavanotes.Personne ne peut le contester.
Les divers combats pour la survie d'Israël ou pour
la paix sont nécessaires, mais ils resteraient
impuissants et destructeurs s'ils n'allaient pas de pair
avec cette ascèse seule adaptée au peuple
juif, ainsi que nous en avons l'enseignement millénaire
prouvé par tous les dossiers historiques de nos
catastrophes et de nos victoires.
Le Chlah ha qaddoche résume tout cela dans son
siddour de prière en disant que cette prière
tue les qlipotes (écorces qui enferment), tue l'ange
de la mort qui ne peut plus tuer (éin bo koa'h
lé hamite). Nous savons concrètement en
notre génération, par deux fois, à
Auschwitz et par tout le terrorisme favorisé par
les plans sanguinaires qui lui ont ouvert nos portes et
les ont armés, ce que cela veut dire. Nous l'avons
payé de nos vies, ce n'est pas de "la politique".
Si la douleur des familles des victimes avait l'impudeur
de s'élever, le monde serait couvert d'un bruit
effroyable qui ferait fuir les bourreaux et leurs complices.
Nous devons avoir la foi en nos textes qui nous affirment,
avec preuves historiques, que cette émouna a sauvé
notre peuple. Car elle est sincère et toujours
accompagnée de téchouva, repentance qui
commence par la justice sociale et la fraternité.
C'est pour bien manifester tout cela qu'on doit le lire
et avec précision et intention pour ne pas en perdre
une seule syllabe, une seule intention sincère.
Certains élèveront une objection: aujourd'hui
tout cela est dépassé, c'est la démocratie
qui décide par le vote qui est bon ou mauvais,
ce que l'on abolit ou promeut, ce qui est le bien et le
mal. Ainsi est arrivé au pouvoir Hitler, le plus
légalement du monde et il a axécuté
son plan dans la plus grande légitimité.
Non, il y a un ordre des chose, dit le judaïsme;
et les bénéIsraël, les Juifs sont porteurs
d'un plan et d'une fonction qu'ils ne peuvent pas annuler.
Et les peuples le savent qui l'admirent et le jalousent
et veulent se substituer à lui, à son message
et à sa terre pour cela. Seuls les Juifs voudraient
pactiser avec ce qu'ils ne sont pas; mais cette prière
corrige cette tendance inscrite dans la pratique de notre
peuple, chez chacun de nous. C'est ce que dit le texte
de la fin de notre paracha: faites cet autel des parfums
et je serai parmi vous. Et nos textes disent qu'il suffit
qu'il y ait encore un rien de cette tendance de mort et
la mort reprend (bé tokh ha bérourim yech
pessoléte ché lo ouvrar zéhou sam
ha mavéte ha mémite). C'est ce que l'on
appelle l'homme dans le temps de l'épidémie
(ha adam béête ha maguéfa). Ceci est
l'enseignement du Chla nous présentant la Torah.
Chacun peut le comprendre clairement, il en a l'expérience.
Transmettre cet enseignement, mais le faire est mon seul
engagement dans le débat. Il est certainement indispensable
et efficace, et je reste indépendant de toute institution
et de toute source collective d'argent pour qu'il n'y
ait pas de collusion, de mélange, de pression.
Le prix personnel en est cher, la tâche est lourde
mais, après avoir été reconnu au
niveau scientifique incontesté sur le plan de l'analyse
des violences et coexistences, et de la connaissance anthropologiques
de diverses cultures, je pense qu'il était le plus
utile que je transmettre cette perle de vie qu'est la
Torah, huile essentielle pour "tous"; et non
pas entrer dans les "partis". Mais, à
la condition d'être sur le terrain du combat, et
d'en payer le prix même s'il est extrêmement
extrêmement dur. Cela nous est demandé aux
Juifs: "békhol dérakhékha daâé
Hou, en toutes tes voies connais-LE". Et j'ai eu
la chance que mon épouse était de cette
veine, comme Myriam la prophétesse (lien
sur sa vie ici) et m'y a encouragé et même
dit: "fais la guématria de ces mots et tu
verras que c'est la guématria de Yehoshua. Seule
une vraie femme courageuse, une vraie Juive, pouvait découvrir
cela et le poser comme condition nécessaire et
obligatoire pour nous en cette génération
des survivants de la Choa ou de l'Egypte. Comme Myriam
a réveillé son peuple et toute sa famille
et les a propulsés vers la terre d'Israël.
Alors qu'ils disaient, comme des amis chers qui sont rabbin
en exil et me disent: cela viendra mais ce n'est pas encore
le temps pour moi, il faut encore attendre...
Mon épouse était enfant timide quand ses
parents furent raflés par les Français qui
les ont envoyés à Auschwitz en leur prenant
tous leurs biens; elle a dit alors, en un instant: "ils
seront fiers de moi quand on se reverra", et elle
a tenu promesse jusqu'au dernier jour, devenant en un
instant une combattante, intelligente et forte, souriante,
et donnant tout. Pendant la guerre du Liban, elle franchit
tous les barrages et se rendit sur le terrain pour recueillir
l'information et la rapporter en France pour témoigner
contre les journalistes falsificateurs (comme il y en
a encore aujourd'hui, hélas). Quand je l'ai revue
après cette épopée où elle
a risqué sa vie, je lui ai demandé coment
elle a vécu cela, elle m'a dit: "les femmes
avaient très peur et je les aidais en psychothérapeute.
Et tu as eu peur? lui dis-je. Ah, je n'y ai pas pensé".
Voilà les Myriam, les Yéhoudit, les 'Hanna.
Aujourd'hui encore, elles sont nombreuses ces femmes et
mères en Israël.J'en connais beaucoup. Et
elles sont heureuses, d'une force incalculable. C'est
cela Israël. Et elles ont l'art de distinguer entre
ce qui produit la mort et ce qui produit la vie, le pitoum
ha qétorète leur est spontané. Mais
nous, les hommes, toujours tentés de nous justifier
par les idéologies politiques nous avons plus que
jamais besoin de cette prière obligatoire sur la
purification par les parfums.
Voici le texte traduit:
"Toi Lui Hachém notre D.ieu, c'est à
Toi que nos Pères ont brûlé devant
Toi l'encens des parfums au temps du Temple quand Tu le
leur as ordonné en mitsva par Moché Ton
prophète comme il est écrit dans Ta Torah:
(Chémote 30,34-36)
Et Il dit Hachém à Moché: prends
pour toi des parfums, du nataf (baume), du ché'héléte
(ongle aromatique), de la 'helbéna (galbanum),
des samim (parfums), et de la lévona, encens pur,
en parts égales ce sera.
Tu en feras un encens de parfumeur, bien mélangé,
pur et saint. Tu le moudras en poussière, et tu
en donneras devant le Témoignage dans la Tente
de rencontre où Je te rencontrerai là. Sainteté
de sainteté, ce sera pour vous.
(Chémote 30,7) Comme il est dit: C'est sur lui
(l'autel des parfums) que Aharone fera brûler les
parfums chaque matin et chaque matin lors qu'il améliorera
les chandelles il fera brûler l'encens. Et quand
Aharone fera monter les lampes vers le soir, il y fera
brûler l'encens, encensement perpétuel devant
Hachém pour toutes vos générations.
(Kéritoute 6) Nos rabbins ont enseigné:
la composition des parfums comment la prépare-t'on?
368 parties il y avait dedans. 365, selon le compte de
chaque jour de l'année solaire. On en utilise une
moitié de part chaque jour une le matin et une
demie part le soir. Et 3 parts restantes de ce nombre,
le Grand Prêtre les plaçait à Kippour
dans le Saint des Saints. Et il plaçait dans le
mortier la veille au soir de Kippour pour accomplir la
mitsva de le fin le plus fin du fin possible.
Et les 11 composants de parfums sont: le tsori (benjoint)
et le tsiporéne (l'oeillet), et la 'helbéna
(galbanum), et la lévona (une résine particulière),
mor (la myrrhe), la qétsiâ (la cassie), la
chibolète nérd (sorte de lavande), le karkoum
(le safran), le qocht (la coste), la qiloufa (écorce),
le qinamone (cinnamone).
Une question souvent posée: pourquoi onze? C'est
le Ari, zal, qui l'explique dans son Portail des intentions
de prière (Chaar ha cavanotes) quand il commente
ce passage. Expliquons-le simplement sans entraîner
dans des sommets dont nous ne sommes pas capables de comprendre
ni la grandeur ni la complexité. Il se base sur
ce qu'en dit le Zohar dans la paracha Vayaqhel page 219b.
Voici. Comme dans un fruit, le meilleur est à l'intérieur
et est protégé par des écorces (qlipotes)
souvent dures, amères et piquantes. Cette image
permet de situer la présence du négatif
et du mal dans le monde, qui luttent pour tout détruire.
Ces écorces (qlipotes) n'existent que parce qu'elles
reçoivent leur vie de la lumière suprême
sans quoi elles sombrent dans le néant. Notre tâche
est de séparer ces écorces comme nous le
faisons des fruits, et de faire monter le meilleur, la
lumière qui est dans le monde; c'est ce que nous
faisons par la prière et celle-ci a cette fonction
précise. Et cela doit être le modèle
de notre vie.
Nous prions (et agissons) pour que le mal se sépare
du bien auquel il s'allie pour le détruire et pour
tout détruire. Nous voyons cela quotidiennement
dans le monde.
J'ajoute ici ce que nous trouvons dans d'autres endroits
des commentaires: le mal fait cela jusque dans le meilleur
et, surtout, plus il y a de meilleur, plus il s'y accroche.
Ne nous étonnons donc pas de voir ce combat s'intensifier
là justement où on s'attendrait à
trouver la révélation de la pureté
et de la lumière: sur la terre d'Israël. Nos
Sages disent que plus on se rapproche de Jérusalem
et du lieu le plus saint, plus ce combat est intense.
C'est bien ce que nous voyons. Ne vivons donc pas Israël
comme un lieu de farniente mais comme un lieu de laboratoire
où nous avons à faire ce travail de tri,
très activement. Cela est demandé au peuple
juif. Certes, nous en aurons des tracas, des pertes, mais
nous n'avons pas à déserter; au contraire
nous devons connaître ces règles et aller
combattre par ces armes de la pureté. Un très
dur combat où nous devrons sans cesse le commencer
sur nous-même, contrôler notre agressivité,
et ne pas confondre autrui et le mal. Cette précision
était essentielle.
Donc, quand nous verrons le mal s'agiter au coeur de notre
peuple, de notre terre, chez nos dirigeants de qui nous
attendons le meilleur, comme la fait Aharone, c'est le
moment de sauver le peuple, c'est notre fonction. Notre
Torah nous indique clairement qu'il ne s'agit pas simplement
de faire de la lutte politique, ni de nous diviser en
"partis" en disant que le nôtre est le
bien tandis que le "parti" de l'autre (mots
de division très claire) serait le mal, ce ne sont
pas les moyens de la Torah; mais il faut mener un combat
qui soit celui de la distinction du bien et du mal avec
finesse, avec pureté, par ces qualités des
parfums et de la prière, c'est le rôle de
ce passage. Et cela en toute forme d'action privée
ou publique. En effet, le mal s'infiltrera toujours dans
le bien pour s'allier à sa force et tromper. Il
suffit de le savoir. Cela est si fort que, même
après être montés aux sommets de la
prière après la âmida nous redisons
encore une fois ce passage des parfums, car le mal devient
encore à la charge même à ce niveau.
Donc, ne soyons pas dupes envers notre soi-disant pureté
ou sagesse en Torah, ou en qualité de peuple, ou
de fonctions d'éducateurs ou de politiciens dans
ce peuple. En effet, plus nous les Juifs nous assumerons
les hautes fonctions données par Hachém
sur notre terre ou selon la Torah, même simplement
l'étude, plus le mal s'infiltrera; mais c'est pour
que nous gagnions ce combat dans le monde afin que ce
soit une bénédiction pour tous les peuples.
Mission très complexe et subtile et donnée
à tous dans le peuple, sans exception. Il n'y a
pas des bons et des mauvais.
Autre précision. Notre tâche n'est donc nullement
de déserter et de rechercher l'endroit dans le
monde le plus éloigné du champ de bataille
où nous pourrons nous planquer en soi-disant étudiant
la Torah. En effet, la Torah est pour la vivre et réaliser
sa tâche, non pas pour s'y enfermer comme dans un
somnifère. Les Principes des Pères sont
clairs là-dessus. Ne désertons pas.
Le Ari explique alors le nombre de 11 composantes du parfum.
Il y a 10 étincelles de la lumière de sainteté
(qédoucha) qui donnent la vie à ces écorces
comme à tout ce qui existe. Et il y a une composante
supplémentaire qui se divise en dix encore. C'est
par cette différence que la prière peut
intervenir pour déconnecter la vie de ces écorces
et les empêcher de continuer à s'associer
au bien. Le mal reste alors impuissant. Je suis incapable
de vous en expliquer la technique, et les seuls rares
qui sont à la fois les plus élevés
dans leur âme et les plus instruits peuvent comprendre
cela; sachons simplement le principe, cela suffit. Qui
veut étudier davantage, après la Torah,
après la michna et après le Talmud, pourra
s'approcher de cette compréhension s'il en a le
niveau. Ce n'est pas un savoir caché mais il faut
simplement étudier jusque là, si on en est
capable. Il nous suffit à notre petit niveau de
savoir cela. Et puis de prier ainsi pour Israël.
Et d'agir en conséquence, sans mentir. Essayer.
Tous ensemble dans le peuple juif, à Jérusalem;
ou partout où nous sommes, tournés vers
Jérusalem dans la prière et dans notre coeur
sans cesse.
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