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14e Paracha : Vaéra - "Je me suis montré"
Chémote (L'Exode) 6, 2 - 9, 35

Commentaire par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basé sur les livres de nos Sages

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Quelle que soit notre appartenance dans le judaïsme, il est indispensable de connaître, respecter et aimer les autres composantes de la famille juive. Les hiloulotes (fêtes lors de l'anniversaire du décès) en sont l'occasion. On les trouve dans le calendrier du mois. La semaine dernière, nous avons vu les courants séfarades.  Par exemple, le 21 Tévète, c'est la hiloula du Rav Mazouz, Ich Matsliah, de Djerba, une occasion pour découvrir tout le judaïsme tunisien, lien ici. Le 24 Tévéte, c'est la hiloula de R. Shnéour Zalmane de Lyady (1745-1813), l'Admor ha zaqén, auteur du Tanya, livre de base des "Loubavitch". C'est l'occasion pour découvrir les courants complexes et les doctrines du 'hassidisme. Fraternité tous azimuths. Tous.


Comment faire réussir le plan divin?

Quatre conditions pour le Juif : 
- connaître  la mission de son peuple,
- sortir d'une terre et entrer dans l'autre
- aider au projet divin
- avoir confiance, bita'hone.


Plan

D'abord, découvrir la haftara pour comprendre la paracha.

1. sortir d'une terre pour entrer dans l'autre

  1. Modèle d'analyse de paracha
  2. Première partie : recherche de la dynamique principale
  3. 1e étape : lecture 
  4. 2e étape : la succession des grandes phases 
  5. 3e étape : analyser l'introduction 
  6. une erreur est souvent commise
  7. 4e étape : recherche de la signification.
  8. 5e étape : application de cette introduction à l'analyse des plaies d'Egypte.
  9. Deuxième partie : analyse des plaies d'Egypte.
  10. Exercices d'intériorisation 
  11. Exercice de mémorisation 

  12. Conclusion.
2. faire réussir le projet divin

3. avoir une confiance inébranlable, bita'hone.

 Entendre et voir la paracha
téâmim askénaziim (Ort)

Entendre la paracha
téâmim séfarades (Alliance)

 Entendre et voir  la haftara
téâmim askénaziim (Ort)

Entendre et voir  la haftara
téâmim séfarades (Alliance)

Etude des règles de Rachi qui apparaissent dans son commentaire de la paracha


En cette paracha, vous pourez réaliser une étude personnelle importante sur le fond, et un grand progrès dans la maîtrise des méthodes d'étude en vous reportant aux  références que vous trouverez ici.



La haftara (Ezéchiel 28, 25-29, 21) 


Elle reprend les thèmes de la paracha dans un autre contexte historique pour bien nous montrer qu'ils sont constants dans l'histoire juive et que nous devons renouveler cette même interrogation par rapport aux puissances environnantes dont l'Egypte est le symbole. 
Elle est tirée du Livre d'Ezéchiel (Yé'hézqel). Même si ce livre se passe environ en -600 avant l'ère commune actuelle, rien ne s'est amélioré depuis dans la région : la Syrie, l'Iraq, l'Egype et l'Iran sont 4 puissances qui luttent continuellement ou s'allient en apparence pour se contrôler l'une l'autre et pour prendre le leadership total sur la région ; et le pays d'Israël est pris en tenaille entre ces voisins spéciaux dont les dieux changent mais non pas les désirs ni les politiques. 
Israël -par contre- est resté la même, fidèle à sa même mission avant et depuis lors. Nous allons étudier en détail cette haftara et la prophétie d'Ezéchiel pour mieux comprendre la paracha.

Etudiez cette haftara avec le livre d'Ezéchiel en mains pour découvrir cette part de notre tradition et son message. Il comprend 48 chapitres.

Dans les 28 chapitres qui précèdent notre haftara, lisez comment 

- le prophète Ezéchiel raconte son appel à la prophétie (ch. 1-3), comme nous avons découvert l'appel du peuple juif.
- le prophète Ezéchiel décrit la condamnation de Yéhouda et Jérusalem (ch. 3) avec de nombreux reproches envers les fautes de sa population (ch. 4-7-11) et la description anticipée du siège que Jérusalem va subir (ch. 4).
- le prophète Ezéchiel montre, a contrario, la beauté divine de Jérusalem (ch 8-10) et de la vie merveilleuse du Temple d'En-haut qui devrait être le lieu de vie et le modèle de vie des Juifs en présence de Hachém.
- le prophète Ezéchiel décrit, devant l'exil d'appauvrissement intérieur où vivent ces Juifs sur la terre d'Israël, l'exil qui se produit de la présence divine dans le Temple ici-bas (fin du ch. 11) et l'exil géographique qui se produit alors de par les ennemis mandatés pour cela (ch. 12). Combien tout cela devrait nous interpeler aujourd'hui si nous avons un coeur, et nous l'avons.

- le prophète Ezéchiel révèle l'un des motfs de ce drame : les faux prophètes qui séduisent le peuple (ch. 13) et l'appui cherché dans de vaines idoles (ch. 14). Aujourd'hui encore, notre peuple est submergé de ces fausses idéologies et fausses propositions de vie selon le dieu dollar ou la technique ou l'économie, sans morale.
- le prophète Ezéchiel dépeint la déception de Hachém qui espère qu'il y aura quelques justes dont la qualité apportera une consolation (fin du ch. 14) en ces malheurs décrits dans des discours imagés d'amour déçu : la vigne qui brûle (ch. 15. pensez au Cantique des Cantiques), la femme mariée qui se livre au plaisir de n'importe quel autre homme (ch. 16), l'aigle qui emporte le meilleur d'un pays ainsi des guides du peuple qui l'ont laissé se perdre et ils seront emportés en exil par le Pharaon de Babylone (parallèle avec la paracha Vaéra en Egypte). Mais Hachém comme un autre aigle viendra sauver en Son peuple ceux qui auront conservé les qualités de l'humilité et de la vérité (ch. 17). Malheur au peuple qui a eu de tels princes de la Torah et qui ont mal guidé le peuple (ch. 19). Alors, nous avons la description des fautes et malheurs d'Israël (ch. 20). Que tous ceux qui ont actuellement un quelconque rôle de guide du peuple méditent sur chacune de ces phrases !
- le prophète Ezéchiel  lui-même est victime de ces malheurs (fin du ch. 24) comme tous les innocents balayés en notre siècle par ces tempêtes.

Mais l'histoire ne se répète pas indéfiniment comme cela car Hachém aime amoureusement et conjugalement Son peuple. Et Il se prend de colère contre les nations qui estiment avec le droit de châtier Israël pour ses infidélités réelles à Hachém (ch.25 à 32). Aujourd'hui, toutes les nations qui se liguent continuellement contre Israël, et qui bien souvent se disent appartenir à la civilisation chrétienne ou islamique qui se revendiquent de la parole de ce D.ieu, devraient lire ces chapitres où D.ieu leur refuse le droit à jouer le rôle de bourreaux. Il faut lire ces chapitres de colère divine en ces termes précis. Ces nations de désinformation paieront donc cher de la part du Ciel cette horreur commise.

Nous arrivons ainsi au chapitre 28 de la haftara de Vaéra où Hachém réaffirme
- qu'il va rassembler Son peuple dispersé (ch. 28, 5),
- qu'Il sera sanctifié en Ses enfants aux yeux de ces peuples ennemis,
- que Ses enfants demeureront en sécurité sur cette terre qu'Il leur a promise.

Combien il est bon de lire tout cela en ces jours-ci où même quand l'ennemi palestinien délégué par ces nations pour abattre Israël est dévoilé comme tel par les attentats ou par un navire plein de munitions, Israël est encore accusé par ces nations dites civilisées et amies sous le prétexte entièrement mensonger que ce navire n'était pas destiné à ces ennemis  soutenus par l'Occident (Arafat et complices) mais à de vagues ennemis lointains.
Alors, il ne nous suffit pas de repenser au lointain sauvetage de l'Egypte par Moché et Hachém, mais le prophète nous apprend à voir que ce scénario est le même dans l'actualité proche. Et que nous y avons aussi :
1. la proximité de l'amour de Hachém,
2. l'assurance qu'Il va nous sauver de ces perfides,
3. l'assurance que Ses promesses se réaliseront 
4. en paix 
5. et sur notre terre, 
6. nous qui sommes Son peuple pour qui Ses promesses sont réelles 
7. aujourd'hui.

Et le prophète Ezéchiel nous demande même d'avoir le culot et l'outrecuidance de remettre ces pseudo-puissances à leur véritable dimension de tigre de papier comme l'était Pharaon.
Ces nations s'écrouleront et se détruiront l'une l'autre ou par les fléaux apparemment naturels. Par contre, Israël sera restaurée en toutes ses prérogatives qui n'ont jamais été perdues, et cela non pas de façon spirituelle ni de façon où d'autres peuples se subtitueraient à elle en une nouvelle alliance ou en un nouveau testament, tout cela est mensonger par rapport à la parole de D.ieu. C'est Israël, peuple précis sur sa terre précise avec sa Torah précise et sa Jérusalem précise qui sera magnifiée en gloire. 

On peut refuser ce programme, certes, mais non pas au nom de la parole de D.ieu car c'est le texte de la Torah et c'est le texte du prophète Ezéchiel depuis notre haftara jusqu'au dernier chapitre. Lisez les chapitres 47 et 48 et vous retrouverez les noms comme dans Chémote, et il est dit et redit : c'est leur part des fils d'Israël et le nom de Jérusalem sera alors pleinement : Hachém chamma (Hachém est là). C'est le dernier verset 48, 35 d'Ezéchiel.

Voilà où est notre sécurité.
Certes, nous avons des leaders politiques mais ils ne portent pas ce message, souvent ne le connaissent même pas, certes nous avons des guides spirituels et nous avons besoin qu'ils enseignent (publiquement jusqu'à être entendus par ces leaders et par notre peuple) le message de l'histoire de notre peuple, le message de son avenir et celui de son présent effectif.

Faites comme nos Sages, comparez ces textes qui montrent que tout se passerait mieux s'il y avait la reconnaissance de l'ordre bon du monde
 

Chémote  7, 5 et 17 Ezéchiel 28, 26
Chémote  8, 18 Ezéchiel 29, 6
Chémote  9, 29 Ezéchiel 29, 9

Un jour, nous n'y sommes pas encore tout-à-fait, les nations reconnaîtront avec humilité la place d'Israël : (Ezéchiel 29, 13-16 et 21).
Cela ayant été compris, nous pouvons entrer dans l'étude précise de la paracha.



1. sortir d'une terre pour entrer dans l'autre

Il est souhaitable de lire le commentaire de la paracha Chémote avant celui-ci qui le complète.

Résumé : la paracha est de début de l'épopée qui va aboutir à la sortie d'Egypte. Cet épisode est si important que c'est une mitsva de s'en souvenir et de se la rappeler chaque jour (Dévarim 5, 15). Dix événements historiques seulement ont ce statut. La sortie d'Egypte est même évoquée chaque fois que l'on évoque la droiture qui est exigée dans notre comportement (ne pas avoir de faux poids ni de fausses mesures) car D. a été droit et fiable (néémane) envers nous et nous a sauvés comme Il l'avait promis . 
La paracha va nous enseigner combien il nous est difficile d'avancer vers le bonheur, alors qu'il tient seulement à l'ouverture et à la confiance. Combien l'homme veut constamment saboter ce bonheur offert.
Nous devons nous souvenir de ces épisodes comme l'application d'un ordre reçu, une mitsva, et nous souvenir également de Jérusalem comme nous le dit le psaume 137 que nous disons au moment de la cérémonie du  mariage. Nous comprendrons en fin d'étude comment ces deux épisodes sont reliés en un seul dans nos défis quotidiens.
Nous allons découvrir ce que cela veut dire : nous souvenir de la sortie d'Egypte et quelle est la fonction de ce souvenir.


Modèle d'analyse de paracha

Nous allons faire de cette paracha un modèle de base pour l'étude précise de toute paracha. Cela sera très utile, en particulier, pour les débutants.
Ils vont parcourir les étapes que franchissent les Sages dans leur analyse.

Première partie : recherche de la dynamique principale

1e étape : lecture rapide de l'ensemble de la paracha dans la langue où cela est le plus facile.

2e étape : essayer de distinguer par soi-même la succession des grandes phases différentes de la paracha. Chacun pourra trouver un plan différent.

Lire seulement ensuite la liste des thèmes que je propose.
 

Comparer votre liste personnelle écrite, avec mes 14 thèmes, et voyez la liste qui vous semble la plus pertinente (ce peut être la vôtre !).

1. La 1e formulation du message de Hachém à Moché pour qu'il annonce au peuple sa délivrance (Chémote 6, 1-8).
2. Le refus du peuple (9).
3. Le recul de Moché qui invoque sa faiblesse dans la parole (12) ; l'adjonction de Aharone (13).
4. La situation de Aharone et Moché dans la chaîne de leurs ancêtres dont on nous donne les noms et la durée de vie, ainsi que leur descendance (14-28).
5. La 2e formulation du message de Hachém.
6. La nouvelle objection de Moché (30).
7. La 3e formulation très détaillée par Hachém de son message et de ce qui va se dérouler (7, 1-5).
8. L'acceptation par obéissance de Moché et Aharone (7, 6). L'âge de Moché et Aharone quand ils interviennent (7, 7).
9. Première intervention de Moché et Aharone devant Parô (Pharaon) ; les verges et les magiciens (7, 8-12). 
10. Les premières interventions utilisant le nom de "Hachém" (7, 16...)
11. Les diverses plaies.
12. Le cri de Moché envers Hachém concernant les grenouilles (8, 8).
13. La suite des plaies
14. La réaction de Parô qui persiste à refuser ce que demande Hachém (9, 35).
3e étape : analyser l'introduction de la paracha qui, nous l'avons vu dans la paracha précédente, donne la clef de la paracha. 

Dans le passage de 6, 2 à 6, 8 écrire personnellement la liste de tous les points différents que Hachém précise.

Ensuite comparer votre liste à celle-ci où il y a trois étapes : 

a) l'essentiel du judaïsme :

  • définition par Hachém de son identité.
  • avertissement sur la nouvelle étape dans la définition.
  • rappel de l'alliance,
  • elle porte sur la terre.
b) conséquences logiques de ces bases :
  • J'ai entendu vos souffrances,
  • Je me souviens de mon alliance,
  • Je suis Hachém,
  • Je vous délivrerai,
  • Je deviendrai votre D.,
  • résumé : Je suis Hachém, Je suis votre D., Je vais vous retirer de l'Egypte,
c) avenir logique :
  • Je vous ferai entrer dans la terre promise,
  • Je vous la donnerai comme possession héréditaire,
  • tout cela par Moi qui suis Hachém.
4e étape : recherche de la signification.

1e point

Nous le voyons, dans cette paracha il ne s'agit pas d'une libération simple d'un esclavage, comme on en fait souvent la présentation. 

Le sens est ici défini : tout cela est la révélation de ce qu'est notre D., et Sa volonté : un peuple qui Le connaît, Le reconnaît dans sa réalité spécifique non de D. mais de "Hachém", et qui donne à qui Il veut une terre, Sa terre, comme le dit Rachi dans son premier commentaire de toute la Torah, et cette terre sera la possession constante de ce peuple qui y vivra dans la reconnaissance et la connaissance de ce qu'est Hachém, en fonction de Lui. 

C'est cela la base du judaïsme.

Nous voyons avec précision que ces questions sont totalement actuelles simplement parce qu'elles sont constantes et concernent toute génération. Ce n'est pas de la politique mais de l'anthropologie et la structure des mondes.
Toute la suite de la paracha n'est que la réalisation de ce programme de "laissez Mon peuple monter vers la terre d'Israël pour y connaître totalement son D.
 
 


Une erreur capitale est souvent commise :
ne pas voir cette présentation du programme qui est le motif de l'argumentation de tout le dialogue de Moché et Parô et passer directement à la description des plaies comme une simple description de l'endurcissement du coeur de Parô avec la défaite finale du dictateur avec la fuite dans le désert.

Au contraire, dès le début trois points sont indissolublement liés

- sortir
- adhérer à D.
- s'introduire dans la terre promise.

Qui minimise l'un quelconque de ces 3 points annule et falsifie tout le judaïsme. 
Le judaïsme n'est pas seulement une sortie du mal (1e étape de la promesse) pour vivre une spiritualité (2e étape de la promesse) ; ces deux phases n'ont de sens qu'en fonction de l'accès à la 3e étape (la terre) qui est la source du bien et le lieu où il se vit vraiment et pleinement car c'est le sanctuaire divin de la rencontre et de la bénédiction.

De plus, chaque étape est une condition de la suivante : c'est âl ténaï disent nos Sages ("à condition de "). Ainsi, la génération du désert n'a pas observé la Torah qu'elle a reçue (2e étape de la promesse) et, donc, elle n'a pas pu entrer en terre d'Israël (3e étape). Tous les hommes, non les femmes, sont morts dans le désert et seuls Yehoshua et Caleb sont entrés en terre d'Israël.
Les prophètes ont redit maintes fois cet enseignement prouvé par l'histoire : ne croyez pas que les alliances de paix avec les peuples environnants vous sauveront si vous ne pratiquez pas la Torah, si votre société n'est pas juste envers l'habitant et envers l'étranger. La paix (chalom) n'est que l'achèvement de la juste construction, sa complétude finale (chélémoute), de même que la bénédiction  du chalom est la dernière des 19 bénédictions de la âmida. La paix pour Israël ne peut pas être anticipée sans la Torah.
L'enseignement pour nous est clair : nous ne garderons ni la terre ni la paix par la force des armes, de l'économie ou du peuple, ni par les alliances apparentes avec les voisins ou les anciens ennemis, ni par le soutien des nations, ni par des idéologies politiques. Tout cela s'effondrera totalement si le peuple ne vit pas sur la terre selon la Torah, individuellement et collectivement et étatiquement. Car, disent les prophètes sur la base de la Torah, cette terre vomit le peuple d'Israël quand il la profane car elle est qédoucha, sainteté dans sa nature même, différemment des autres terres qui peuvent relever d'autres dynamiques pour la paix. 
Cela est la Torah, à prendre telle qu'elle est, et prouvée par l'histoire du peuple telle qu'elle est. On ne peut pas découper la Torah avec des ciseaux pour  prendre seulement ce qui nous convient.
Je ne fais ici que dire ces enseignements et non  pas développer une thèse personnelle , ni celle d'un courant du judaïsme. Cela est résumé dans Dévarim 27, 3 : "et tu écriras toutes les paroles de cette Torah dès que tu auras passé, pour mériter d'entrer dans le pays que Hachém ton D. te destine, pays ruisselant de lait et de miel, comme te l'a promis Hachém, le D. de tes pères".

Les Sages ont reçu cet enseignement depuis Moché et la preuve de cela dans les termes des versets 6, 7 et 6, 8. Rabbénou Bé'hayé aussi bien que le Or ha 'hayim montrent que ce programme conditionnel est inscrit dans l'expression ki ani Hachém,car Je suis Hachém (6, 7) et dans l'expression moracha, héritage (6, 8).
Et ils en trouvent l'expression dans le chant de David qu'est le beau et long psaume 105, dans les derniers versets  (42-45) : "Sa promesse... il fit sortir Son peuple... Il leur octroya des terres... afin qu'ils observent Ses préceptes et Ses lois. Allelouya".
Ce programme est enseigné chaque jour au Juif dans la bénédiction après le repas (birkate hammazone) où le lien est absolu entre la nourriture reçue, la Torah et la terre. Le traité Bérakhote 48b l'explique.
Celui qui ne prendrait qu'un tiers de ce corps vivant (soit promesse, soit Torah, soit terre), avec la plus belle idéologie du monde, ne porterait qu'un cadavre amputé. Au contraire, celui qui étudie avec sincérité la tradition retrouve ce même éclairage dans la transmission de la Torah, dans la lecture des événements à la lecture de cette Torah par les prophètes, dans l'ordonnancement des prières par les Sages, dans le chant spontané de la prière par les psaumes et dans l'effort de construction de la vie personnelle ou du peuple dans son pays. 

La résistance au bonheur
La Torah nous aide en nous montrant aussi la résistance continue qui tente les hommes envers ce bonheur qui se déroule selon cette triple dynamique :
la génération du désert a saboté l'avancée en ne voulant pas quitter l'Egypte (seul 1/5 en est sorti), en voulant repartir en arrière, en construisant le veau d'or ; ce sont les tentations continues dans le peuple juif ; les Sages autour de Moché ont tenté de dissuader le peuple d'aller vers la terre promise (et ce discours dure encore parfois), puis une part des intellectuels ont toujours tenté de substituer la Torah des autres nations à celles de Moché une fois  arrivés sur la terre et à établir les alliances de sécurité avec les autres principes plus qu'avec la Torah. Nous en sommes encore là exactement. Le combat y arrive même à son paroxysme. Mais le peuple mène son histoire et non seulement les politiciens et les medias ; "en effet, Il ne sommeille pas et il ne dort pas le gardien d'Israël" (psaume 121, 4 : hiné lo-yanoum vé lo yichane chomér Yisrael). Il n'y a aucune raison d'avoir peur : Yaâqov, père du peuple, tient ferme jusqu'à l'aurore.

Le motif de la surdité
La Torah (6, 9) fournit les deux motifs qui expliquent la surdité d'une partie du peuple : le souffle court (qotsér roua'h), et la fatigue qui résulte de la dure servitude (âvoda qacha). Rachi précise  que c'est un refus des consolations et du bonheur (lo qibélou tan'houmine).
Qu'est ce que c'est ce "souffle court " ? C'est refuser de voir loin en arrière dans notre tradition pour en apprendre, et de voir loin en avant sur la même trajectoire. Avraham, modèle et père de notre peuple n'avait pas ce souffle court mais il voyait loin et de loin (Béréchite 22, 4) : il voir le lieu dans le lointain (vayare éte hammaqom méra'hoq). Et ce lieu c'est, également, et Jérusalem, et D. Lui-même dont le Nom est maqom, lieu de tout. Le prophète est celui qui "voit" ainsi.
Rachi dit aussi que celui celui qui est dans l'angoisse n'est pas capable  d'allonger sa respiration (eïno yakhol léhaarikh bénéchimato), et en hébreu cela veut dire aussi de faire continuer son âme.
Le peuple qui voit ainsi est nommé peuple "ségoula", explique le Zohar car il est triple comme les trois points de la voyelle ségol, un vers le passé, un au présent et un vers l'avenir. C'est cela que les antisémites politiques ou religieux  nomment peuple-élu, c'est leur problème et pas le nôtre.

Aujourd'hui en Israël, comme en chaque génération et plus encore, des mouvements politiques veulent détourner la réalisation d'Israël de toute référence à son histoire et à sa Torah pour la fondre dans l'identité générale et remettre sa terre à d'autres peuples, hors de toute référence à cette triple dynamique. 
Ne nous étonnons pas que, en ce même temps,  l'injustice sociale augmente, le respect de l'étranger dans la rémunération du travail diminue et alors, comme il est dit dans la Torah et dans les Prophètes, la pression des nations augmente pour destituer le peuple d'Israël de sa terre-sanctuaire au lieu de l'aider à en faire un lieu d'enseignement et de prière pour le monde comme il est dit dans les prophètes. Ceux qui montent en masse à Jérusalem, ce ne sont pas ces juifs obnubilés par le refus de leur tradition mais les autres peuples qui voient la place laissée vide (plus de 300000 mille musulmans parfois en un seul jour sur le mont du Temple en acte politique de conquête, et combien de Juifs au Kotél ?).
Il importe de bien connaître notre tradition face à la concrétisation de la tactique mise au point par la Conférence de Beyrouth sur Jérusalem (14-17 juin 1996 entre le Conseil des Eglises du Proche-Orient, les Etats arabes, l'OLP  et la secrétairerie du Vatican pour le concept très précis et défini de la "déjudaïfication de Jérusalem" quand ils affirment que "notre foi ne saurait trouver de réconfort tant que Jérusalem est en captivité... aucune puissance au monde n'a le droit de judaïser Jérusalem (!)...". Aucun de ces termes n'est de moi, les actes officiels de ce Congrès officiel important sont publiés intégralement dans l'organe officiel catholique "La documentation catholique, no 2143 du 4 et 18 août 1996, pp 732-743".
Même nos gouvernants ne pensent qu'à visiter les capitales étrangères pour y recevoir les directives et combien d'Israéliens sont pris d'une frénésie de mouvement giratoire autour de la planète hors du "lieu" de l'identité propre, cherchant le sens ailleurs. Rien de cela n'étonne quand on voit la perte de connaissance de la tradition dans une part importante du peuple. Mais une fois encore, rien de nouveau en cela, et nous avons les enseignements qui nous apprennent comment redresser le courant de la fidélité, comment prolonger notre âme depuis le fil de nos patriarches jusqu'à le transmettre à nos descendants, sans défaillance et sans trahison ni personnelles ni historiques.
Je précise formellement que ce combat se joue en chacun de nous et non pas en des parties différentes du peuple ; et chaque membre fragile est une souffrance de tout le corps. Nul ne pourra gauchir ma pensée sur ce point. Et les membres de notre peuple qui n'ont pas reçu l'enseignement ne sont pas responsables, bien moins que ceux qui savaient et n'ont pas partagé.  L'héritage est à tous. Le souffle court concerne donc autant ceux qui ne partagent pas que ceux qui ignorent.
Allons plus loin encore : les uns et les autres, en un même corps, sont un enseignement vivant de la Torah et nous pouvons reprendre envers tous ce verset de Chémote 15, 17 (mis en liaison par nos Sage avec notre paracha) : "Tu les  as amenés, fixés sur ce mont, Ton domaine, résidence que Tu T'es réservée, Hachém, sanctuaire, Seigneur, préparé par Tes mains. Hachém régnera à tout jamais".
Que cet éclairage nous donne la consolation sur l'heureuse issue, la confiance et la certitude du retour de tout le peuple à son héritage pour son bonheur et celui des autres nations. Amen! 
Ici, il faut lire le résumé de tout cet enseignement qui est donné dans Dévarim 4, 1-40 : chaque verset est à méditer. Le Ari zal (Ets 'Hayim 32, 3) dit que la juste attitude pour vivre en conséquence est celle du verset de Dévarim 4, 4 : 
vé atem haddévaqim ba Hachém Eloqékhém, 'hayim coulakhem hayom
"et vous qui adhérez à Hachém votre D., vous êtes tous vivants aujourd'hui.
Cette phrase est dite chaque matin quand le juif compte le nombre de cercles fait par les téfillines autour de son bras, c'est l'union d'amour entre lui et son D. qui emplit les sept dimensions de ce monde -ci comme les 7 spirales autour de son bras. Le Ari appelle cette orientation du coeur, l'union de Ra'hel et d'Israël et il dit que cet état est la nature de la terre d'Israël. Ce n'est pas de la mystique, c'est l'enseignement du judaïsme sur sa terre depuis la Torah, c'est ce qui a tendu toutes les générations vers cette terre, c'est ce qui ramène chaque année par dizaines de milliers des Juifs vers leur terre. Ceux qui veulent briser cette alliance et s'en déssaisir ne réussiront pas, le peuple ne bafouera pas son histoire qui est l'amour le plus puissant. Notre génération ne fera pas cela, elle n'a aucun mandat face à toutes les générations pour le faire.



Tout cela repose sur une réalité qu'il faut étudier : la terre d'Israël n'est pas une terre géographique comme les autres, sa nature est différente, plus haute disent les middrachim ; elle est sanctuaire, lieu particulier de la présence divine qui crée le monde et elle est plus que toute autre à l'image du sanctuaire d'en-haut. C'est cela qui justifie ce qui a été dit dans la Torah plus haut. Des pages du site développent ce point en transmettant l'enseignement de la Torah sur ce qu'est la terre d'Israël.


2e point : face à cette révélation (6, 9-12), essayez de préciser :
  • qui, le premier, a refusé face à Hachém ?
  • qui, le premier, a refusé face à Moché ?
  • quel en est le sens ?
  • à votre avis, quel est le sens de l'introduction de la généalogie familiale justement en ce point ? Rachi semble donner une solution : "celui qui est dans la détresse ne voit pas loin, n'est même plus capable d'entendre les consolations, il a le souffle court et il est bon de rappeler la solidité de la corde de l'alliance au long des longues années, jusqu'aux enfants de Moché et Aharone sans interruption" ; jusqu'à nous. Voyez les commentaires de Rachi.
Essayer de mémoriser les noms des parents, épouses et enfants de Moché et Aharone, les âges.
 
 

5e étape : application de cette introduction à l'analyse des plaies d'Egypte.

Nous sortons donc de la conception habituelle qui consiste seulement à voir dans les plaies un moyen de coercition jusqu'à la capitulation de Parô. Sans nier cela, nous y voyons maintenant, des moyens de pressions qui veulent faire ouvrir les yeux de tous sur la révélation de Celui qui est au delà de toutes les forces scientifiques (devins ou savants de l'époque) ou politiques (Parô) ou théologiques (D.ieu, au lieu de Hachém) pour faire admettre la réalité de "Hachém" et faire accepter son plan.

Nous constatons que cette révélation et ce plan lui-même sont l'objet d'une réticence ou d'un refus généralisé (également à des degrés divers chez Moché, dans le peuple, et chez Parô).
Combien comptez-vous de refus au chapitre 6, versets : 9 et 12 et 30 ; au chapitre 7, versets 13 et 14 et 22 ; au chapitre 8, versets 11, 15 et 28 ; au chapitre 9, versets 7 et 12 et 35 ?
Nous ne voyons pas ce refus chez Aharone. Il est même dit que des serviteurs de Parô répondaient positivement à la proposition de Hachém (9, 20), ils révéraient sa parole, et avec précision en tant que "Hachém" ; cela doit nous donner un grand respect envers tout ceux qui ne semblent pas être du peuple juif et dont l'essence en est, et dont il n'est pas étonnant qu'ils rejoignent ensuite le peuple quand leur heure est venue. Nos Sages disent que c'est une des raisons de l'exil que de ramener de partout ces étincelles égarées qui se reconnaissent au contact des juifs. La tradition dit que leurs âmes étaient au Sinaï dans la vision totale qu'a eu tout le peuple.
 
 

Maintenant que nous avons compris l'enjeu de la paracha, suivons donc l'évolution de la saga du nom "Hachém" dans toute la paracha : versets 5, 17, et 6, 2 et 6, 6 et 6, 7 et 8, 4 et 8, 20 et 9, 27-28. Et la conclusion : 9, 35.

Quelle évolution voyez-vous ?


Deuxième partie, secondaire : analyse des plaies d'Egypte.

Relire la paracha et répondre à ces questions :

1. à quels versets sont les plaies suivantes et dans quel ordre : grêle, bétail, sang, poussière, vermine, grenouille, animaux . 

2. est-ce que chaque plaie a été précédée d'un avertissement à Parô de la part de Moché ?

3. A quelles plaies les magiciens de Parô réussirent à accomplir le même prodige que Moché ? A quelle plaie échouèrent-ils ? A quelles plaies ne sont-ils plus présents ?

4. Analysez les trois interventions suivantes de Parô en les situant par rapport à la plaie et au développement du processus concernant "Hachém" : 

  • verset 8, 4 : "sollicitez Hachém pour qu'Il écarte les grenouilles de moi et de mon peuple ; je laisserai partir le peuple hébreu, pour qu'il sacrifie à Hachém".
  • verset 8, 21 : "allez sacrifier à votre Eloqim"
  • verset 9, 27-28 : "j'ai péché, je le vois cette fois, que  Hachém est le tsaddiq (le juste), et moi et mon peuple sommes des réchaîm (méchants). Implorez Hachém...".
5. Pourquoi alors y a-t-il cette conclusion : "Et Parô persista à ne pas renvoyer les enfants d'Israël, comme Hachém a parlé par la main de Moché".


Exercices d'intériorisation

1. Avant même de nous limiter au récit des plaies, avons-nous bien conscience de tout ce qui est indiqué dans l'introduction de la paracha comme programme contenu dans le nom de Hachém et autour du nom de Hachém (versets 6, 2-8).

2. Avons-nous consience que cela nous est décrit comme l'essentiel du judaïsme et son programme éternel, qui s'impose donc aujourd'hui à nous également ?

3. Avons-nous conscience (comme dans la paracha) de nos mouvement de réticences devant ce programme comme cela s'est manifesté dès le début dans notre peuple quand il était inséré comme aujourd'hui dans l'assimilation aux puissances positives de l'époque ? (le talmud dit qu'on adopte automatiquement les dieux du lieu où on habite).

4. Avons-nous conscience de la fidélité absolue dont parle Rachi dès le début pour expliquer ce que veut dire "Je suis Hachém" (6, 2) : 
Ani Hachém : néémane léchalém sakhar tov lamithallékhim léfanaï.
"Je suis Hachém, on peut me faire confiance... pour accomplir jusqu'au bout les paroles que J'ai dites aux premiers patriarches et payer le bon salaire promis à ceux qui marchent devant moi". 

C'est le sens du verset que j'ai mis auprès de l'image de la lune, en cliquant le logo central du site : ce qui a commencé comme grossesse viendra à terme comme la lune cassée devient pleine ; ouvrir cette image et réfléchir à ce symbolisme. C'est la même confiance que j'ai voulu exprimer par le verset que vous verrez en cliquant la rose , en page d'accueil. Un jour... tout se réalisera si nous "marchons devant Lui", dans la joie de tous les peuples qui se réjouiront de ce que nous apporterons alors au monde, et ils exigeront les premiers que nous puissions jouer notre fonction de lumière qui se diffuse en bénédiction.

(Sur la compréhension de Ani Hachém qui est le dibbour hammat'hil de Rachi voir l'article qui explique l'importance de ce procédé).

Tout cela nous est dit dans un "aujourd'hui", comme on le dit dans la Haggadah de Péssa'h : "aujourd'hui, je sors d'Egypte".
Il importe donc de relire toutes ces phrases de la paracha qui définissent les bases du judaïsme comme un discours qui s'adresse aujourd'hui à chaque juif, en tous ces termes, où qu'il soit.

Comme il est dit dans la Haggadah : 
"à toute époque, nous devons nous considérer comme sortis d'Egypte" : 
békhol dor vador 'hayav adam lirot éte âtsmo kéilou hou yatsa mimitsrayim.

Il est dit encore : "ce ne sont pas seulement nos pères que Haqqaddoche Baroukh Hou a sauvés mais même nous il nous a sauvés avec eux".
Maintenant, sur cette base, pour ceux qui ont accès à l'hébreu, ils comprendont sans difficulté le commentaire du Chla sur la paracha dans Chné Lou'hote habbrite.



Conclusion de la 1e partie :

Nous pressentons maintenant ce que veulent dire nos Sages quand ils disent que Hachém "veut" vraiment une union avec Son peuple, qu'Il "veut" se faire connaître à lui, qu'Il "veut" qu'ils soient eux-mêmes Son sanctuaire, Son trésor, et que leurs relations entre eux -spécialement dans le couple- doivent être à l'image de cette intimité qui est d'un niveau plus heureux et plus élevé que toutes les dimensions habituelles dénommées "dieux-éloqim" ou "puissances-Egypte". Et Il dit : "Je le protégerai car il connaît Mon nom (Psaume 91, 14)". 
La force de l'union du peuple juif à son D. et à la terre viendront de la force de cette itdabeqout que l'on peut traduire l'auto-adhérence, cohésion et colle entre chacun et son D. d'Israël. C'est là que se jouera le destin sur la carte du monde dans la réalité.

Vous comprenez mieux aussi le choix du nom Modia ("je fais savoir") pour le site et l'urgence de sa tâche éducative : Hachém fait savoir Son plan, Son désir. Il est écrit, il est démontré dans l'histoire racontée par nos textes y compris dans nos échecs, il nous suffit de l'étudier, puis de le vivre.

Cet état optimal qui nous est proposé est décrit dans les derniers chapitres du livre d'Isaïe. Je le souhaite à chacun des lecteurs, maintenant dans leur vie, en particulier à nous tous qui peinons également dans ces attachements de Mitsrayim (Egypte) qui nous empêchent d'accéder au bonheur promis.

Que notre avancée vers la fête prochaine de Pessa'h soit une véritable libération pour chacun pour une vie meilleure. Ensemble.

Beaucoup de lecteurs s'associent à ce souci de Hachém de diffuser (Modia) comme Hachém le fait envers nous ; ils diffusent ces commentaires dans les communautés, organisent des groupes d'études chez eux. Plus encore, nombreux, par centaines, sont les isolés qui sont touchés directement par cette proposition et rejoignent la source de ce beit middrache qui coule depuis Jérusalem dans nos textes avec le guidage de nos Sages.



2e PARTIE. AIDER A LA REALISATION DU PLAN DIVIN.

Voici la 1e phrase de la paracha : 
"Vayédabbér Élohim el Moshé 
vayyomér élav ani Hachém
vaéra el Avraham el Yits'hak véel Yaâkov bé El ChaddaÏ 
ouchémi Hachém lo nodâti lahém

D.ieu adressa la parole à Moshé 
en disant: "Je suis Hachém.
J'ai apparu à Avraham, à Yits'hak, à Yaâkov, comme Divinité souveraine ; 
ce n'est pas en ma qualité de Hachém que je me suis manifesté à eux".

Maintenant, nous devons comprendre autre chose dans la paracha : pourquoi cet épisode et non pas un autre ; disons autrement : pourquoi doit-on faire ainsi intervenir Moché par la parole, et pourquoi être ainsi tombés dans le piège de l'Égypte.

Nous allons le comprendre par la transmission de la tradition que nous donne Rabbénou Yaâqov Abou'hatséira.
Nous voyons là que l'histoire passe d'une manifestation de D. qui est exprimée par le nom de Eloqim avant d'atteindre un stade optimal qui est la manifestation de D. dans le nom de 4 lettres lu Hachém.
Ce dernier nom est celui qui a créé les mondes et les soutient. Le nom Eloqim manifeste une rétraction et une rigueur par rapport à la plénitude de Hachém.
Bien entendu, en D. lui-même il n'y a aucun changement ni aucune modification mais dans le processus de manifestation de Sa volonté ou de Son être dans le monde de la Création, il y a des ampleurs plus ou moins grandes dans la réalisation du bonheur prévu dans la Création. Tout le livre de Béréchite nous a montré le don initial et le contrat initial de bonheur, puis le mauvais usage réalisé par les hommes face à D., face aux frères, face aux conjoints et entre les peuples. On dit que, en cela, si l'on peut dire, le nom de D. est abîmé.  Il y a eu la tentative de remontée avec Abraham, les patriarches et matriarches puis la constitution d'une famille-peuple qui va prendre en charge la reconstruction du monde idéal. Ses propres déficiences permettront même de mieux redresser le courant. Et la descente en Égypte est la plongée au coeur de la création qui échoue pour la redresser.
A ce niveau, nous comprenons maintenant que l'on puisse dire que le nom de D. est manifesté comme déficient, rétracté et dur. C'est notre verset ; cela s'exprime par le nom Eloqim et par le verbe parler durement : "vayédabbér".
On comprend maintenant que Moché dise qu'il a des difficultés de bégaiement ou d'expression par la parole, qu'il plaide en disant qu'il ne convaincra pas. C'est l'état même et véritable de la Création. Des beaux commentaires disent que le nom Eloqim est alors, si l'on peut dire, réduit aux lettres de élem, muet, tandis que les deux lettres créatives "ya" (comme dans hallélouya) ne parviennent pas à jouer leur rôle de bénédiction.
Dans notre verset le rôle de Moché est une charnière entre cette première partie et la seconde de la phrase : "va yomér élav ani Hachém" (et il lui dit : Je suis Hachém). Ici le mot "dire" (yomér) a, en hébreu, le sens de parler avec douceur comme Rachi le fait remarquer souvent. De même, nous voyons la relation "vers lui-moi". Enfin, la manifestation du nom qui peut véhiculer toute la bonté et beauté divine vers nous : Hachém.

Cela étant compris, nous réalisons un autre enseignement capital du judaïsme. Ce passage de la rétraction à l'épanouissement ne peut se faire que par l'intervention de l'homme (ici Moché).  A partir du moment où D. a voulu créer les mondes pour y placer l'homme au centre, la toute-puissance de D. et Sa volonté et son habitation que l'on nomme "présence ou chékhina" sont limitées par la coopération de l'homme.
On dit même que la chékhina est pauvre, en exil, en galoute. Et que D. aspire comme une biche à recevoir la coopération de l'homme et son élan vers Lui. 
C'est pourquoi, c'est l'homme qui va redresser la Création : l'initiative et la décision de Moché et du peuple juif en Égypte vont faire réussir ou échouer cette correction nécessaire de la Création.

Nous touchons ici un sommet : la part de l'homme est si essentielle  que D. va jusqu'à dire "moi aussi j'ai entendu" (gam ani chamaâti) ; comme si le plus important est que l'homme parvienne à entendre que les choses ne vont pas et qu'il a le pouvoir de les redresser. Voilà pourquoi il fallait un leader comme Moché plein d'initiatives devant le buisson ardent, devant l'injustice de l'Égyptien tortionnaire, osant aller s'opposer à Pharaon. 
Mais il ne s'agit pas d'une seule action syndicale ou politique ("tous à la manif. On va gagner."). Cela ne se réalise uniquement que si l'homme se replace dans la véritable relation avec D. que nous indique le premier verset. Cette relation c'est celle de la vraie rencontre dans la prière, dans l'alliance tellement totale que le coeur et le corps sont également circoncis. L'homme a compris alors le dessein de D., son enjeu, il l'aime et il veut le faire réussir. Ainsi entre deux personnes qui s'aiment et s'engagent vraiment. Cela est si fort dans ce qu'est le peuple d'Israël envers D. que la guématria (chiffre des lettres) du nom Israël est égale à la somme des initiales des 10 séfirotes de descente continue de la bénédiction dans le monde. Également, l'homme et D. réparent le monde dans la jubilation qui est plus forte que tous les pouvoirs de destruction. Cette clef permet de comprendre la suite des versets avec le nom Hachém en action, et aussi que la puissance libératrice de la bénédiction divine peut libérer l'homme : nous avons là, alors, en quatre étapes comme les quatre lettres de ce nom Hachém, les 4 sorties de l'esclavage que l'on célébrera dans les 4 coupes de Pessa'h. 
Si nous entrons bien dans ces commentaires de la Torah par la tradition la plus sûre, alors notre prochain Pessa'h sera vraiment une re-création pour le peuple d'Israël.
Alors, nous aurons compris ce qu'est cette qualité intérieure que le Juif possède et qui lui fait survivre seul à travers les millénaires avec optimisme et réellement, quand toutes les autres civilisations sans exceptions ont pris fin pour laisser la place à d'autres. C'est  la confiance assurée, le bita'hone. Nous allons l'exposer selon nos Maîtres.
Celui qui comprend cela, n'est plus abattu par les événements présents et extrêmes.


3e PARTIE. LA CONFIANCE ASSURÉE, BITA'HONE, MOTEUR DE LA VIE.

Il importe de savoir que le judaïsme a une véritable science de la psychologie mais aussi une science de l'importance pondérée des dynamiques principales.
L'une d'elle qui sous-tend notre paracha est la confiance absolue qui maintient la création depuis son commencement jusqu'à sa réussite à travers tous les avatars terribles de l'histoire. Elle sous-tend aussi la vie de tout homme à travers les crises et épreuves inévitables dans la confiance que D. veille sur nos vies pour notre bonheur.
La source principale sur ce thème est 'Hovote hallévavote (Devoirs des coeurs). C'est le nom d'un livre de moussar (morale de vie) de Ribbi Ba'hya ben Yosséf ibn Paqouda, sépharade (16e siècle). Il est lu dans toutes les communautés pendant le mois de Eloul pour revenir au juste regard sur la vie et faire pénitence avec Roche Hachanna. Ce livre est une prise de position contre une conception étroite du judaïsme qui regarde d'abord les obligations des actes à poser, alors que les mitsvotes des coeurs sont aussi importantes et donent leur sens à toutes les autres. Les chapitres sont : 
- l'unité de Dieu (ha yi'houd), 
- la contemplation (ha bé'hina), 
- le service de Dieu (âvodate haEloqim), 
- la confiance (ha bita'hone),
- l'unité dans l'action (yi'houd ha maâssé), 
- la soumission (ha kéniâ), 
- le retour (ha téchouva),
- l'examen de conscience ('héchbone ha néféche), 
- l'ascèse (ha périchoute)
- l'amour de Dieu (ahavate Hachém).

L'autre source est Réchite 'Hokhma (Commencement de la sagesse). C'est un ouvrage du Gaone et 'Hassid Rabbi Eliahou Moché Vidas (16e siècle). Ce livre, vénéré dans tout le judaïsme, est considéré comme l'un des piliers de base de la littérature du moussar (morale de vie) et de la 'hassidoute.  Il a la particularité d'avoir été écrit, à la suite de l'expulsion d'Espagne, par l'un des sages de Safed au 16° siècle, élève de R. Moché Cordovéro et du Ari, zal. Il y fut terminé l'année de la mort de Rabbi Yossef Caro. Il est basé sur les enseignements de l'Ecole de Safed et des expulsés d'Espagne. Il fait le lien et la synthèse entre l'étude, la vie intérieure, la prière, l'action et l'éducation. 
Comment procède-t-il ? 
- il se base avec précision sur les sources essentielles : la Torah, la guémara, le middrache, les premiers écrits et le Zohar ; 
- en 5 grands chapitres (crainte, amour, téchouva ou retour, qéddoucha ou sainteté, ânava ou humilité) il éclaire sur ce thème: "comment vivre le programme de la Torah dans l'action avec le coeur, la pensée et toutes les forces pour connaître Hachém dans toutes nos voies d'action et de vie". Comme la plupart des livres de moussar, il est écrit dans un style limpide. 

Synthétisons en quelques phrases, l'enseignement de ces deux maîtres sur la confiance assurée, bita'hone.
L'assurance n'existe que si elle repose sur la croyance avec foi confiante, émouna.
Sa base est la puissance de la proximité d'adhésion à D. nommée dévéqoute.
Le point central est que toutes les causes ne reposent que sur une cause qui est D.
Ensuite, que nous sommes reliés à Celui qui nous voit constamment et qui voit notre confiance.
Ne pas se fier à nos propres forces, connaissances, mérites, actions les meilleurs fussent-ils.
N'accorder aucune importance aux forces diverses ni aux magiciens de toutes sortes même les plus logiques apparemment.
Réaliser que celui qui ne possède pas ce bita'hone n'aura d'autre solution que de s'épuiser pour réussir, mais en vain, car il ne respecte pas la réalité. Il ignore qu'il a du pain et il s'inquiète du lendemain. Il s'appuie sur des illusions et sur le vide.
Celui qui vit sur le vrai bita'hone, vit l'amour, il fait la volonté du Créateur et le Créateur fait sa volonté. Il ne fait tout qu'en fonction de la présence de D.
Celui-là s'éloigne de la peur, de la crainte, de la honte. Le mal n'a pas de prise sur lui.
Pour cet homme ou pour ce peuple, tout se résume en ce verset du psaume 84, 13 qui scande toutes nos prières :
Hachém Tsévaote, achré adam botéa'h bakhe.
Hachém Tsévaote, heureux l'homme qui a confiance en Toi.
Sur ce mot "confiance", lire les psaumes 13, 6; 21, 8; 22, 5-6; 25, 2; 26, 1; 28, 7; 31, 7; 31, 15; 33, 21; 52, 2,12; 118, 8-9; 125,1; 143, 8; etc.

Allez en haut de la page d'accueil et écrivez dans la case du moteur de recherche Google le mot bita'hone et vous aurez ainsi toutes les pages de Modia qui en traitent... Et vous aurez fait la découverte de ce merveilleux moteur de recherche sur Modia.


Exercice de mémorisation 

1. Nom des premières plaies. 
Apprendre les traductions et la liste 

  1. sang : dam (7, 20).
  2. grenouille : tséfardéâ (8, 2).
  3. vermine : kinim (8, 13).
  4. bêtes féroces : ârov (8, 20).
  5. peste : dévér (9, 3).
  6. ulcères : ché'hine (9, 9).
  7. grêle : barad (9, 22).
Pour réciter la liste des plaies en hébreu, retenir le moyen mnémotechnique qui est donné dans la Haggadah de Péssa'h par Ribbi Yéhouda, selon les initiales des mots hébraïques : détsakh, âdache, b(éa'hav).
Nous trouverons les 4 dernières plaies (éa'hav) dans la paracha suivante.

2. Apprendre :
"à toute époque, nous devons nous considérer comme sortis d'Egypte" : 
békhol dor vador 'hayav adam lirote éte âtsmo kéilou hou yatsa mimitsrayim.

Ani Hachém : néémane léchalém sakhar tov lamithallékhim léfanaï.
"Je suis Hachém, on peut me faire confiance... pour accomplir jusqu'au bout les paroles que J'ai dites aux premiers patriarches et payer le bon salaire promis à ceux qui marchent devant moi".

Hachém Tsévaote, achré adam botéa'h bakhe.
Hachém Tsévaote, heureux l'homme qui a confiance en Toi.



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