Cette semaine nous allons entrer dans le mois
de Av avec le jour terrible de Tichea
bé Av
Sur ce lien vous verrez que c'est l'anniversaire de multiples catastrophes
du peuple juif et de l'expulsion des Juifs d'Espage, du Portugal, d'Angleterre,
de France et de Gouch Katif. L'horreur unique dans l'histoire: des Juifs à
leur tour, pour la première fois, persécutant et expulsant des Juifs, et choisissant
de le faire précisément
en ces jours qui ont sens. Et cela par des mesures de décision obtenues
par des moyens de corruption reconnus par la justice et par des méthodes
telles même
dénoncées mondialement par le rapport de la Banque mondiale.
C'est exactement l'horreur décrite par la haftara d'Isaïe cette
semaine, à lire et méditer pour faire pénitence,
changer et nous renouveler. Les malheurs qui nous entourent actuellement ne
sont pas étrangers au mal que nous avons accompli, nos textes nous en ont averti
suffisamment. Et notre retour vers le bien, intérieurement en vérité, et dans
les actes en vérité, fera virer la situation vers le bien, comme il est écrit
dans la Torah. Le bonheur est dans nos mains, car toujours D.ieu aide Son peuple
et les hommes.
Etudiez dès maintenant ici le texte de Eikha (Les lamentations)
et son commentaire. Etudiez aussi la très riche haftara, vous
apprendrez beaucoup. Objection: mais c'est trop en une semaine! Réponse:
cette semaine est capitale, grave pour Israël et seule notre
amélioration personnelle intérieure dans la Torah peut sauver
Israël,
bien plus que nos idées politiques et même
que notre action.
Le 6 août, 5 av, hiloula
du Ari, lien ici.
Lire ici tout
sur le mois de Av (très important).
Lo tichmâ él divré hannavi hahou o él
'holém ha'halom hahou
tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de
ce visionnaire
(Enseignement capital envers les diverses religions qui prétendent renouveler la Torah les unes après les autres).
Il est indispensable de lire la traduction en français de
la paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.
1. Le livre précédent, Bémibar 35, 34, se terminait
par un verset où plusieurs sens importants sont liés
:
"Ne souillez pas la Terre (d'Israël) où vous séjournez
- car Je réside dedans
- car Je suis Hachém qui réside parmi les fils
d'Israël".
Nous devons faire un saut intellectuel, sortir de
notre conception politique et économique pour regarder la véritable
réalité de la terre d'Israël
Et notre maître Moché fait, dans cette paracha, la liste
de tous les échecs du peuple en les ramenant à ceci: vous
n'avez pas voulu monter vers la terre d'Israël; et il montre toutes
les catastrophes qui en ont découlé, y compris celle-ci:
lui-même ne pourra pas y entrer à cause de ces fautes. Aujourd'hui,
comme hier, nous utilisons exactement les mêmes faux raisonnements
pour tricher avec ce que nous demande la Torah:
- chaque semaine, des Juifs habitant hors d'Israël me disent "vous
avez peur à Jérusalem", pour se conforter qu'ils n'ont
pas à se mettre dans cette situation dangereuse. Or je leur réponds
à chaque fois: "non nous n'avons pas peur, vraiment, et nous
vivons très bien". C'est la vérité.
- en Israël, une minorité, certes, mais turbulente, agit pour
tenter d'annuler continuellement le caractère juif de l'Etat et
pour haïr les Juifs qui essayent de vivre selon la Torah. Ils n'y
parviendront pas et nous ne devons pas utiliser non plus ces excès
pour faire comme tous ceux qui, autour de Moché, prenaient prétexte
de cela pour ne pas aller vers la terre d'Israël.
- reconnaissons aussi en beaucoup d'entre nous, ce besoin constant de
voyager hors d'Israël.
Tout cela est notre symptôme national depuis des millénaires.
Prions pour que toutes nos communautés aient des leaders comme
Maïmonide, le Rambam, Nahmanides, le Rambane, le Chla Haqaddoche
et tant d'autres, les plus célèbres que tous étudient,
qui sont montés vers la terre d'Israël ainsi qu'il leur semblait
le lire dans la Torah qu'ils enseignaient. Et nous verrons, pour ceux
qui ne pouvaient pas, comme Rachi, combien était grand leur amour
de la terre.
Ce verset de Bémibar 35, 34 nous révèle
- la nature de la terre d'Israël,
- le motif de la présence des fils d'Israël sur cette terre-là
: car elle est la résidence de la sainteté de Hachém
et que Hachém a choisi ce peuple pour y vivre là
selon des fonctions qu'Il a définies. Point final sur ces questions.
- en conséquence, l'interdiction pour les Juifs de la souiller,
cela veut dire de s'y comporter autrement que selon la Torah de Hachém.
Combien alors nous sommes attristés de voir la violation organisée
du Chabbate quand les Maccabiades (organisme officiel juif mondial de
sport) ont organisé les déplacements et compétitions
le Chabbate, ou quand on a facilité délibérement
l'entrée en Israël des masses de souteneurs et prostituées
de l'ancienne URSS qui n'ont rien de Juifs et placent Israël dans
les premiers rangs de la traite des femmes, selon les dernières
recherches publiées, quand une conseillère municipale de
Tel-Aviv célèbre avec l'accord de son conseil municipal
des mariages homosexuels et lesbiens non reconnus par l'Etat, quand nous
apprenons que, contrairement aux usages tenus dans le passé même
par les politiciens laïcs, aujourd'hui au gouvernement on continue
les manoeuvres politiques pendant le Chabbate, etc.
Rachi écrit sur ce verset : "que vous ne Me fassiez pas résider
dans cette souillure" et il ajoute un enseignement du Sifré :"même
à l'époque où ils sont impurs, la Chékhina
réside avec eux". Nous avons les deux tensions que nous ne
pouvons pas lacher.
Il faut toujours recueillir les traditions dispersées pour connaître
la Torah (on peut le regretter mais c'est comme cela) et Rachi dit aussi
dans son commentaire du traité Yoma du Talmud, page 85a : "si vous
souillez la terre, Je n'y réside pas".
2. Le début du livre de Dévarim s'ouvre donc sur une
exhortation sévère (hokha'ha) et nécessaire
pour regarder nos actes et ceux de Hachém. Cela est bonté
comme dit Michlé (Proverbes 28, 23), ce que souligne Rabbénou
Bé'hayé.
Tirons-en les leçons car elle a un objectif: notre vie et notre
bonheur en dépendent comme il est dit et proposé dans
le verset de Dévarim 1, 11 :
"Que le D.ieu de vos pères vous rende mille fois plus nombreux
et qu'Il vous bénisse comme Il l'a promis".
Développons maintenant l'exhortation sévère (hokha'ha).
Voici ce que dit Rachi sur les deux premiers mots (dibbour ha mat'hil),
éllé ha dévarim:
Voici la transcription phonétique:
léfi chéhén divré-tokha'hotes (étant
donné que ce sont des paroles de reproches),
oumana khane kol hamméqomote (et qu'on énumère
ici tous les endroits)
chéhikhîssou lifné Hammaqom bahéne
(où ils y ont irrité D.ieu, qui est Le lieu du monde),
léfikhakh satam éte haddévarim (donc on a
dissimulé les faits)
véhizkiram béréméz (en les évoquant
par simple allusion)
mipné khévodane chel Yisrael (par égard pour
l'honneur d'Israël).
Il ne faut pas se contenter de chercher à comprendre ce que veut
dire Rachi car on le comprendra à une seule condition: il faut
trouver le problème que ces deux mots lui ont posé et auquel
il a apporté la solution de sa réponse qui, alors, éclaire
ces deux mots. Reportez-vous
à la page de la méthode des commentaires de Rachi (lien
ici). On est aidé en connaissant la source de Rachi et les
différences qu'il donne entre la source et son commentaire qui
est une copie élaguée de la source pour mettre en relief
ceci ou cela. Sa source est dans le Sifri. Sa difficulté était
que les deux premiers mots annoncent une liste et on trouve au contraire
des endroits où Moché n'a pas parlé pour exposer
un programmme (même procédé en Chémote 35,
1). Rachi se demande quel est le motif de cela et en fournit l'explication
donnée par le Sifri : ce sont des réprimandes (tokha'hotes)
comme il est dit en Dévarim 32,15: "vayichmane Yéchouroune
vayivâte, Yechouroune, Israël s'engraisse et regimbe".
Les noms d'endroits ne sont qu'une allusion à cela, donc
procédé de pudeur par amour quand on indique publiquement
une remontrance. Mais nous ne devons pas faire comme
si nous n'entendions pas la remontrance dite avec délicatesse.
Et Bartenoura indique que, plus loin, la Torah fera la remontrance avec
clarté (1.26): "oui, elle est bonne la terre que Hachém
notre D.ieu nous donne, mais vous avez refusé d'y monter et vous
vous êtes rebellés contre l'ordre de Hachém
votre D.ieu". J'ai donc dû citer quelques faits pour faire
comprendre de quelle gravité d'évenements contraires à
la Torah on parle. Alors Rachi met immédiatement les points sur
les i dès le premier commentaire de ce livre Dévarim. Examinons
donc cette mise en garde de Hachém.
I - Le 5e livre de la Torah
Nous entrons dans le 5e livre de la Torah, Devarim (le Deutéronome).
Ce 5e livre est bref, le quatrième sur cinq en taille :
| |
LETTRES |
MOTS |
VERSETS |
SECTIONS |
| Torah |
304 805 |
79 847 |
5 845 |
187 |
| Beréchite |
78064 |
20 512 |
1 534 |
50 |
| Chemote |
63 529 |
16 723 |
1 209 |
40 |
| Vayiqra |
44 790 |
11 950 |
859 |
27 |
| Bamidbar |
63 530 |
16 368 |
1 288 |
36 |
| Devarim |
54 892 |
14 294 |
955 |
34 |
II - Le sens de ce 5e livre
Sens général du livre : "ne rien ajouter et ne rien
supprimer à la Torah"
Ce livre de la Torah termine la révélation écrite.
Il nous enseigne d'abord que celui qui respecte la parole de D.ieu n'en
supprime rien et n'y ajoute rien. Il n'en fait jamais un ancien testament
qui trouverait son sens accompli dans un nouveau testament. Cette idée
n'a aucun sens À L'INTÉRIEUR MÊME DE ce que
nous dit la Torah qui est la parole de D.ieu.
Qu'il y ait d'autres religions avec leurs dieux, la Bible le reconnait,
et elle dit simplement : "ils ont leurs dieux"; il faut aller lire Michée
4, 5: "les autres peuples marchent chacun au nom de son dieu mais
nous nous marcherons au nom de Hachém, notre D.ieu, toujours
et toujours". Et la Torah n'est pas en conflit avec elles ni avec
eux ; mais la parole de D.ieu elle-même, remise au peuple juif,
telle qu'elle est ne peut pas être annulée par l'homme qui
chercherait un "nouveau" projet à l'intérieur de cette
parole, où l'homme se définirait comme "nouveau" prophète
ou a fortiori comme D.ieu. S'ils avaient étudié et compris
ces textes de leur Torah, des Juifs n'entreraient pas dans ces propositions
"nouvelles" qui tentent de refaire une lecture de la Torah à partir
d'un "nouveau prophète". Mais la Torah a condamné d"avance
cette éventualité.
Une autre forme mineure, mais aussi réelle, se rencontre quand
des Juifs minimisent l'enseignement de Moché lui-même et
de la chaîne de ses immenses disciples pour dire qu'il y a ici ou
là un rabbin charismatique qui, lui seul, a compris le message
divin qui était resté obscur jusqu'à aujourd'hui
pour tous. Cela témoigne de l'ignorance d'abord, et ensuite de
cette même tendance à vouloir refuser la Torah en la changeant
à notre propre dimension, caractéristique des sectes. Le
Rambam a répondu dans son cantique: "il n'y a pas comme Moché".
Ce sont les 3 derniers versets de toute la Torah, écrits par Yehoshua
dans la Torah. Allez les lire.
La Torah est explicite sur ces points ; c'est même parce qu'elle
connaît la propension des hommes à se laisser fasciner, et
que cela sera constant dans l'histoire juive, qu'elle nous l'enseigne.
Nous ne pourrons pas dire que nous n'avions pas reçu l'aide avant
d'avoir reçu la tentation.
Elle nous donne même l'exemple a suivre : le livre Dévarim
commence en disant que Moché, lui, "s'est conformé en tout
à ce que lui a commandé Hachém, kékhol
achér tsiva Hachém" (1, 3).
Ce n'est donc pas moi, mais c'est le chapitre 13 de ce 5e livre qui met
en garde explicitement à l'avance, en chaque génération,
les hommes sensibles aux dimensions religieuses contre ces tentatives
qui seront proposées de vouloir modifier la parole de D.ieu
:
lo tosséf-âlav vé lo tigrâ miménnou
"tout ce que je vous prescris, n'y ajoute rien et n'en retranche
rien (de la Torah)".
Mais,
1)
- comme les hommes sont sensibles au merveilleux ou aux arguments
miraculeux qui existent en toute religion,
- comme surgissent sans cesse des rénovateurs veulant utiliser
des miracles comme preuve fascinante pour dire que la Torah parlait
"d'eux" et non du seul message terminé de Moché ;
- comme ces faux prophètes (par ailleurs moraux) posent ensuite,
à partir de cela une nouvelle lecture de la Torah "autocentriste"
et rétroactive pour montrer que partout la Torah parlait d'eux
comme l'achèvement et la fleur des promesses, |
2)
face à cela, la Torah apporte deux précisions définitives
:
a- une affirmation positive :
vé lo qam navi ôd béisrael ké Moché"
Il n'est plus apparu en Israël un prophète tel que Moché"
(34, 10). La révélation est terminée après
Moché, et TOUT ce dont nous avons besoin y est transmis par lui.
b- une preuve en sens inverse (13, 2-4) :
"ki yaqoum béqirbékha navi o 'holém 'halom
s'il s'élève au milieu de toi un prophète ou un
visionnaire,
vé natane élékha ote o moféte
t'offrant pour caution un signe ou un miracle,
ou va haote véhammoféte achér dibbér
élékha...
quand bien même s'accomplirait le signe ou le miracle qu'il
t'a annoncé...
lo tichmâ él divré hannavi hahou o él
'holém ha'halom hahou
tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de
ce visionnaire" .
Donc, tout Juif, mû par un profond sens religieux, et séduit par
les propositions missionnaires directes ou déguisées à
travers les tendances messianniques ou des mouvements "Juifs pour X ou
Y"
1) devrait connaître ces textes,
2) devrait les respecter impérativement puisqu'il veut être
fidèle à la parole de D.ieu,
3) devrait donc refuser ipso facto tous les pseudo-arguments de démonstration
à partir des lectures "X-centriques" que leur fournissent ces missionnaires
(leur tactique est toujours la même : "vous souhaitez le Messie,
X l'est, il a fait des miracles, et la Bible parle de lui en tel ou tel
verset").
Quand je pars au travail et traverse la station d'autobus centrale de
Jérusalem (ta'hana hammerkazite), il m'arrive d'y voir ces
missionnaires chrétiens explicitement à l'ouvrage. Bible
en mains, ils cherchent un jeune soldat sans kippa qu'ils estiment donc
sans culture religieuse et ils commencent exactement le discours selon
ce scénario.
Je reçois aussi, comme tous, par courrier ou par distribution dans
la boîte aux lettres ces démonstrations, pourtant condamnées
d'avance par la Torah elle-même. Ensuite, ces missionnaires utilisent
les Juifs dits messianiques pour impressionner davantage ceux qui n'ont
pas étudié.
Des associations juives comme Yad la a'him (main tendue à
nos frères) luttent contre cette nouvelle forme de Shoa qui est
menée, allant de pair avec les discours officiels des Eglises parlant
de dialogue. Il est vrai et sincère que la Déclaration sur
les activités missionnaires de l'Eglise du Concile du Vatican,
par exemple, parle explicitement du "devoir" missionnaire "à commencer
par Jérusalem" comme condition du salut général.
Peu importent les discours de dialogue quand ces actes continuent comme
une nécessité de la foi de ces groupes.
Voici le texte de l'article 174C du Code pénal israélien
qui a été proposé par Moché Gafni du Parti
orthodoxe pour l'Unité de la Torah et par Moché Nissim du
Parti travailliste :
"Interdiction de l'incitation à la conversion religieuse.
- toute personne qui possède, contrairement à la loi, ou
imprime ou reproduit ou diffuse ou distribue ou imorte des tracts ou publie
des choses qui sont une incitation à la conversion religieuse est
punissable d'un an d'emprisonnement.
- toute sorte de littérature ou de publication qui est une incitation
à la conversion religieuse sera confisquée".
Il faut comprendre le traumatisme historique de ces suites de shoa et
le réalisme actuel pour réaliser que la Knesset ait pu proposer
cette loi par des membres aussi différents.
Avertissement pédagogique de la
Torah
La Torah nous a donc enseigné à l'avance que ces événements
se produiront avec les 5 caractéristiques précisées
ici :
- un prophète,
- un visionnaire,
- du milieu du peuple,
- des miracles,
- ces miracles utilisés comme argument apologétique et
missionnaire.
Effectivement cela s'est produit de multiples fois dans l'histoire,
et a mis en mouvement de nouvelles religions qui, toutes, se prétendent
de la même manière, par ces caractéristiques décrites
dans la Torah, être
- l'accomplissement et le développement de la Torah,
- la véritable compréhension de la Torah
- qui n'aurait fait que les annoncer en précurseur.
Face à cela, la Torah en appelle à l'amour et à
la fidélité :
lo tichmâ él divré hannavi hahou o él
'holém ha'halom hahou
tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de
ce visionnaire (13, 2-4).
"Tu n'écouteras pas", explique le Talmud, signifie ne se mettre
en aucune des situations où on peut recevoir le message, explicitement
ou de façon détournée.
Sens de ces événements dans l'histoire : l'épreuve
d'amour
Dans sa bonté, la Torah va plus loin : elle nous en donne le
sens, au verset 13, 4 :
"ki ménassé Hachém Elokékhém
étkhém ladaâte ha yichekhém ohavim...
Hachém votre D.ieu vous met à l'épreuve
par là pour constater si vous l'aimez...
békhol lévavékhém ouvékhol nafchékhém
réellement de tout votre coeur et de toute votre âme".
Cela, donc, nous dit que ceux qui se laisseront
séduire,
- le seront par leur amour de D.ieu
- qui sera imparfait, n'allant pas jusqu'à un amour total. L'intention
est bonne.
La Torah nous enseigne donc que ceux-là ne savent pas que l'amour
doit NORMALEMENT passer par cette épreuve pour parvenir
à un stade plus grand et plus élevé qui est celui
du "tout" :
comprenant cet enseignement de la Torah qu'ils ignorent
- ils comprendront alors comment ils ont été fascinés
et trompés, victimes des autres et d'eux-mêmes,
- ils comprendront alors comment, dès la première tentation
normale placée sur leur passage, ils ont abandonné la parole
qu'ils pensaient aimer davantage.
- ils parviendront, par leur retour à leur peuple, à un
amour qui sera dépouillé des enthousiasmes incontrôlés,
des projections personnelles sur ce qu'est D.ieu, des confusions entre
la rigueur de la Torah et les illusions-visions-miracles.
Comme un époux, qui après l'erreur comprend alors tout
l'ensemble de ce qui s'est produit, et revient entièrement à
son épouse. Les prophètes emploient sans cesse cette image,
au nom de D.ieu.
Ils sont nombreux les Juifs qui se sont égarés en ces parcours;
la Shoa a plusieurs formes (psychique, culturelle et physique et souvent
les trois). les Juifs sont des victimes en marche à l'intérieur
de ce parcours comme l'explique Moché, en épreuve.
A l'instar des Juifs du désert, ceux qui ont traversé cette
épreuve peuvent relire les versets 1, 29-31 :
"lo taârétsoune vélo tireoune méhém
ne tremblez pas et n'ayez pas de crainte devant eux :
Hachém Eloqékhém haholékh lifnékhém
Hachém votre D.ieu, qui marche devant vous,
Hou yila'hém lakhém
Lui, combattra pour vous,
tout comme Il l'a fait avec vous en Egypte à vos yeux et dans le
désert où tu as vu que Hachém ton D.ieu t'a
porté comme un homme porte son fils, sur toute la route que vous
avez parcourue jusqu'à votre arrivée en ce lieu".
Et le peuple juif est entouré de ces nombreux
faux-amis qui utilisent toutes les tactiques pour sortir quelques
Juifs de leur peuple. Le dispositif missionnaire a toute la gradation
des fonctions pour parvenir à cette fin : ce n'est donc pas la
seule qualité de telle personne qui compte, ni son discours ni
ses actes ni son amabilité ni son dévouement ni son amour
des Juifs, ni son aide à Israël, mais la finalité ainsi
organisée du dispositif entier dans lequel elle a foi et mission,
et dont elle est un rouage efficace; cela est très important.
Je connais un chauffeur de taxi à Jérusalem qui m'a raconté
une extraordinaire histoire : enfant, il a été recueilli
dans un couvent en France comme d'autres petits Juifs, et il me dit ;
"maintenant mes anciens camarades juifs sont curés. évêques
ou bonnes soeurs, moi une tante avait cousu mon nom dans l'ourlet d'un
vêtement et elle m'a cherché et retrouvé après
la fin de la guerre et a pu retrouver le vêtement et me faire sortir
de là, les autres ont été emportés dans la
filière" : deuxième Shoa juive. On ne les a sauvés
de la première que pour les emporter dans la seconde.
La dérive : tuer le témoin génant
Ce problème peut devenir tragique dans l'histoire réelle
pour un autre motif, car celui ou celle qui délaisse son amour
précédent veut parfois le tuer pour s'éviter toute
culpabilité, l'autre devient alors le bouc émissaire à
éliminer. Ainsi, les religions qui ont émergé depuis
l'intérieur de la Torah, comme le décrivait la Torah et
qui n'ont pas respecté ce chapitre 13 de la Torah de "ne rien
ajouter et de ne rien enlever", ont-elles été conduites
par amour absurde envers D.ieu à tuer des Juifs d'âge
en âge.
Aujourd'hui encore, nouvel avatar de cette destruction
indirecte, cela s'exprime dans le nouveau concept de la lutte organisée
contre la "judaïsation de Jérusalem", argument actuel déguisé
du meurtre du Juif. Ce concept, élaboré dans un Congrès
des Eglises du Moyen Orient à Beyrouth avec la collaboration de
l'OLP et le message de soutien de la Secrétairerie du Vatican vient
de prendre la suite de celui qui a été utilisé pendant
quelques décades et qui a échoué, celui de "l'internationalisation
de Jérusalem" (voir les actes officiels de ce Congrès publiés
ouvertement dans La documentation catholique, n. 143 du 4-8 août
1996). L'un comme l'autre ont une stratégie : la disparition du
judaïsme et des Juifs. Ainsi, même,
de groupes dits évangéliques fondamentalistes très
engagés pour la défense d'Israël ou pour aider
la alyah ou pour soutenir par leur présence ou leur argent, le
font parce qu'ils s'appuient sur de leurs textes disant que lorsque les
Juifs seront regroupés à Jérusalem alors ils se convertiront
à cette nouvelle croyance. Ils oeuvrent donc, honnêtement
selon leur foi, pour accélérer ces étapes qui seraient
notre destruction et "leur" réussite. Tragique destin
recouvert de peaux de moutons, mais la Torah nous a avertis, mis en garde,
et assuré de la protection.Et, souvent, ce sont nos seuls amis!
Les formes deviennent de plus en plus policées mais la stratégie
reste la même.
Entrons maintenant dans les marches de ce nouveau livre de la Torah.
III - Thèmes de la paracha
Le résumé-suivant n'est qu'un guide pour découvrir
la logique du texte lors de la lecture de la paracha que chacun doit
réaliser, même en français.
Dans le chapitre 1 et jusqu'en Dévarim 2, 16 Moché
dresse un long rappel des rebellions du peuple malgré les
bontés répétées et les promesses de Hachém
qu'ils posséderont la terre promise. Le résultat de ce comportement
fut l'extermination de toute cette génération dans le désert.
Ensuite, à partir de Dévarim 2, 17, un déplacement
des acteurs se fait : le peuple se comporte bien et parle de paix aux
voisins mais eux n'en veulent pas et cela tourne à leur désastre.
La paracha se termine par plusieurs promesses qui appliquent ces
leçons :
- vous atteindrez votre repos "après" tous ces périples
difficiles ;
- vous prendrez possession chacun de votre héritage que Hachém
a donné ;
- Il agira ainsi à l'avenir comme Il a agi envers les premiers
ennemis ;
- vous ne craindrez pas, car Hachém votre D.ieu, Lui,
combattra pour vous.
Il est peut-être rassurant pour nous de constater que nous ne
sommes pas les premiers dans notre histoire à être aux prises
avec ces deux dynamiques :
- le refus personnel
- et le refus de nos voisins ; cela s'est produit en chaque génération,
dès la première génération il y a plus de 3000
ans, et la Torah qui connaît "ses Juifs" leur fournit une analyse
précise de ces dynamiques et du traitement approprié. |
Prise de conscience concrète
pour notre génération
1. Depuis lors, et maintenant dans le peuple juif, continue ce mouvement
interne de ne pas vouloir nous rendre en terre d'Israël alors
que Hachém dit que c'est possible (ne parlons pas des vacances
ni des retraites car ce n'est pas de cela dont parle la Torah !). Elle
parle de monter jusqu'à la terre d'Israël pour y "vivre" (ti'hiyou)
non pour y passer quelques jours les pieds dans l'eau ; mais parce
que c'est "notre héritage (yéroucha)" pour y réaliser
quelque chose de précis.
2. Nous ne sommes pas les premiers à nous laisser séduire
par les faux prophètes.
3. Nous ne sommes pas la première génération à
être entourés d'ennemis qui utilisent toutes les stratégies
y compris celles des séductions pour empêcher cette réalisation.
Dans la Torah, après avoir utilisé la guerre et avoir été
vaincus, les voisins ont alors utilisé la stratégie de la
paix par l'amour, et alors la Torah nous apprend que nos ancêtres
ont failli succomber aux charmes, et se suicider en abandonnant leur héritage
promis.
N'oublions aucun des enseignements de la Torah de vie.
Elle existe pour nous aider en chaque "aujourd'hui" de chaque génération.
Priorité : l'attitude personnelle face à la terre
Ce livre Dévarim est aussi nommé michné Torah,
c'est-à-dire une "répétition abrégée
de toute la Torah" pour nous faire nous souvenir et pour nous mettre en
garde. Il est donc remarquable que le premier thème soit celui
que nous venons de mettre en évidence, (c'est donc dire son
importance première) : la foi dans la promesse avec, pour conséquence,
la mise en actes avec la montée en Israël pour y vivre selon
la Torah.
La formulation-choc
Le talmud Kétouvote 110 b reprend ces enseignements avec une
force qui nous impressionne et qui veut nous mettre véritablement
en
état de choc, quand il dit sous deux formes (positive et négative)
:
- "ché kol haddar béérets yisraél domé
kémi ché yéche lo éloqa
tout (Juif) qui habite sur la terre d'Israël est semblable à
celui qui a Eloqa (un D.ieu)
- vékhol haddar bé 'houtsa laaréts, éine
lo éloqa
tout (Juif) qui habite hors de la terre d'Israël il n'a pas pour
soi Eloqa comme il est dit :
chénéémar "latéte lakhém
éte éréts kénaâne liyote lakhém
lééloqim"...
pour vous donner la terre de Canaâne et pour être pour
vous Eloqim (D.ieu)" ;
et tout (Juif) qui n'habite pas la terre d'Israël il n'a pas pour
soi de D.ieu (Eloqa) ; et cela n'est écrit pour rien d'autre
que pour t'enseigner ceci : celui qui habite hors d'Israël c'est
comme s'il est un pratiquant de l'idolatrie (ôvéd âvodate
kokhavim)".
Je vous écris cela simplement en le retransmettant, car
je ne suis ni un militant, ni un agent de l'Agence juive. Nous étudions
seulement la Torah.
Il faut beaucoup de courage et de sincérité intellectuels
pour étudier la Torah, car elle détecte tous nos faux-fuyants.
En cela, elle est dure à entendre. Parfois, des Juifs affectés
intérieurement et profondément par ces exigences, attaquent
les messagers et facteurs, et les traitent alors d'extrémistes
ou de fanatiques, simplement parce qu'ils transmettent la Torah telle
qu'elle est en vérité.
Le texte explique par là que celui qui vit dans un pays intègre
fatalement la culture ambiante de ce pays, ses références,
son "génie" comme on dit, ses "dieux" et celui des Juifs n'est pas
le D.ieu ni le génie de ces peuples.
Donc, celui qui ne fait pas le choix du D.ieu du pays d'Israël
a fait un autre choix, puisque l'imprégnation du
pays a une puissance contre laquelle on ne peut pas se défendre,
ce que l'on appelle aujourd'hui, "l'inévitable
assimilation". Et le talmud l'appelle: dieu.
Le talmud en tire la conclusion "il vaut mieux habiter sur la terre
d'Israël dans une ville à majorité non-juive que hors
d'Israël dans une ville à majorité juive et cachére".
Il répond ainsi par avance à tous ceux qui diraient
qu'ils peuvent vivre toute la Torah dans un milieu bien organisé
hors d'Israël.
Rachi, le maître qui est la base de tout notre enseignement, reprend
strictement ces termes dans son commentaire sur Vayiqra 25, 38 :
haddar béérets yisraél, ani lo lééloqim,
vékhol hayotsé miménna ka ôvéd âvodate
kokhavim
"celui qui habite sur la terre d'Israël, Je suis pour lui Eloqim,
et tout (Juif) qui en sort est comme un idolâtre qui adore les étoiles".
Note sur la prononciation : des noms divins. Dans la prière,
ils sont prononcés comme ils sont écrits. Dans un texte
lu ou en parlant, on modifie une lettre pour respecter le nom divin. On
dira Eloqim au lieu du nom où la syllabe "qim" est
écrite "him".
Fleurs de Rachi
Son enseignement sur la terre d'Israël
Dans cet axe, prolongeons pour explorer tout ce que dit Rachi de la terre
d'Israël; nous n'aurons pas besoin de le commenter : chacun trouvera
le sens et ses applications en méditant :
- sur Béréchite 16, 3 (séjour d'Avram en Kanaâne)
: "ceci indique que les années de séjour hors de la terre
(d'Israël) ne sont pas prises en compte. D.ieu ne lui a dit : Je ferai
de toi un grand peuple, que lorsqu'il est entré sur la terre d'Israël".
- sur Béréchite 47, 29 (ne m'enterre pas en Egypte) :
"Egypte dont la terre deviendra un jour vermine (lors des plaies), et de
plus les morts qui sont hors de la terre d'Israël vivent dans la souffrance
des migrations souterraines qu'il leur faudra pour rejoindre la terre d'Israël
lors de la résurrection" (voir Béréchite Rabba 96).
- sur Vayiqra 18, 28 : que cette terre ne vous vomisse pas : "Eréts
yisrael éina méqayéméte ôveréi
âvéra... ainsi la terre d'Israël ne conserve pas
ceux qui pratiquent des transgressions (ici Rachi utilise le même
verbe ôssé qu'en 25,38 ci-dessus) ; le Targoum rend
cela par le terme de vider, de s'en débarrasser".
- sur Vayiqra 28, 12 : lors du rêve de Yaâqov, Rachi met
en valeur le principe que l'on ne redescend pas de niveau dans la qéddoucha
(baqqoddéche maâline véla moridine, Zohar III;
162 b), en disant : "les anges qui l'avaient accompagné sur la terre
d'Israël ne pouvaient pas sortir de la terre d'Israël, alors
ils montaient au ciel, sur l'échelle".
On ne doit pas s'éloigner de la terre d'Israël ; et les
Sages discutent longuement pour savoir si celui qui y habite a le droit
ou non d'en sortir pour des voyages qui ne soient pas pour la diffusion
de la Torah. De nombreux spécialistes en halakha analysent et précisent
comment cela se joue concrètement aujourd'hui. Leurs "réponses"
(téchouvotes)
sont
publiées en livres, continuellement.
- sur Bamidbar 13, 17, : Rachi prévient qu'on verra d'abord ce
qui est moins bon d'Israël et qu'ensuite le très bon se révélera
(on ne doit pas oublier cet enseignement à l'heure où on
utilise l'argument de ce qui n'est pas bien dans la vie israélienne
et qui y existe de fait pour se dispenser d'aller y vivre) : "dirigez-vous
de ce côté, dit Moché : c'est la méthode des
commerçants qui montrent d'abord la marchandise de moindre valeur
et ensuite ils font voir celle de grande qualité".
- sur Devarim 11, 10 : Rachi dit que la ville la moins belle d'Israël
est plus belle que la plus belle d'Egypte (il est évident qu'il
ne parle pas d'abord du paysage visuel). Il dit sur le verset "n'est pas
comme le pays d'Egypte : meilleure".
- sur Devarim 33, 13 : "à partir du moment où Jérusalem
a été choisie comme lieu de résidence de la Chékhina,
celle-ci n'a plus résidé ailleurs".
- sur Devarim 46, 6 : "Yaâqov disait : les biens qui viennent
d'en dehors de la terre d'Israël ne me conviennent pas".
- en ce sens, Rachi dit sur le livre de Yehoshua 15, 3 : "Jérusalem
est plus haute que toute la terre d'Israël".
- en ce même sens, il dit sur Isaïe 30, 2 : "la terre d'Israël
est plus haute que tous les pays" (voyez aussi Béréchite
45, 9 et Bamidbar 1, 25).
- sur Isaïe 45, 8 : "la
terre d'Israël que je préfère à toutes les autres".
- sur Ezékiel 36, 2 : "la terre d'Israël qui est le point
le plus élevé et le plus beau de tout l'univers".
- sur le prophète Yoél 2, 21 : "la terre d'Israël,
si j'y reviens par repentance".
- sur le psaume 24, 1 : "kaChel haaréts; à Hachém
est la terre : la terre d'Israël".
- sur le psaume 132, 6 : "le béit hammiqdache (le Temple)
est plus haut que toute la terre d'Israël".
- sur Job 5, 10 : "il donne la rosée à la terre : à
la terre d'Israël".
- sur Qohéléte (l'Ecclésiaste) 1, 4 : "tous les
justes (tsadiqim) de la terre d'Israël sont appelés
érets, terre".
Les nations et la terre d'Israël
Il ne s'agit pas de faire, à partir de là, de la politique
à
la petite semaine par la Torah, mais on ne peut pas non plus comprendre
ce qui se passe en ce lieu qui fascine le monde depuis des siècles
(la terre d'Israël), et en permanence, si nous n'utilisons pas
la science de nos Sages.
Ainsi, Rachi apporte un éclairage sur cette implication constante
de toutes les nations envers notre terre d'Israël :
sur Dévarim 33, 17 (aux extrémités de la terre)
il dit : "est-il possible que tous les 31 rois vaincus par Yehoshua aient
tous régné sur la terre d'Israël ? Mais c'est pour t'enseigner
qu'il n'y a pas de roi ni de gouverneur qui n'y ait acquis pour soi-même
un palais ou un terrain sur la terre d'Israël car elle avait du prix
pour chacun d'entre eux".
Il dit aussi que les rois se battaient pour donner chacun des noms aux
lieux différents sur la terre d'Israël ; ainsi, la coutume
des donateurs de poser des plaques à leur nom fait toujours rage
en Israël. Rachi dit que "cela est à la louange de cette terre".
Donc cette préoccupation compulsive et constante des nations au sujet
d'Israël ne doit pas être perçue seulement comme une
forme de la persécution permanente et du double jeu des chefs d'Etats
"amis" d'Israël ; c'est aussi, réellement, une orientation
des nations vers la valeur particulière de ce lieu.
Cette polarisation externe et générale devrait être
pour les Juifs un stimulant pour leur prise de conscience de Juifs devant
monter
vers la terre d'Israël et d'y vivre selon la Torah :
les Arabes montent chaque semaine par dizaines de milliers sur la montagne
du Temple à Jérusalem et s'incitent les uns les autres à
y monter, jusqu'à 200 000 à 300 000 parfois ; allez regarder
combien de Juifs viennent prier près de cet endroit vers lequel
se dirigent toutes leurs prières du monde entier par ce chaâr
hachamayim, portail du ciel, avant de s'élever. Allez
regarder, et votre coeur sera ému et vous parlera de l'intérieur.
N'ayons aucune haine contre ces peuples, au contraire ils sont un stimulant,
un aiguillon et un exemple pour notre propre fidélité.
Il faudrait lire cette paracha Devarim avec l'espoir qu'y mettaient
Moché et Yehoshua, ces pionniers.
Pensons aussi avec émotion à la peine de Moché
devant
le paysage d'Eréts Yisraél qu'il a vu sans, lui, pouvoir
y pénétrer alors que nous, sans mérite aucun, cela
nous est donné et pouvons y pénétrer en quelques heures.
Voilà pourquoi nous avons inséré, sur ce site consacré
à l'étude de la Tora ces images
de la terre d'Israël et ce grand annuaire
immédiat des multiples sites d'une vie concrète en Israël.
Cela est partie intrinséque de la Torah qui est divine, terre et
peuple indissolublement.
Comment vivre sur la terre d'Israël,
selon Rachi
En Vayiqra 20, 2 on trouve l'expression qui a souvent une connotation
très négative pour indiquer des "ignorants absolus" (voir
le Lév Gompers, pages 266 et 269) : âm haaréts
(le peuple du pays). J'ai vu un jour quelqu'un voulant injurier un étudiant
de la Torah qu'il savait consacrer beaucoup de temps à la Torah
et le traiter de âm haaréts pour l'humilier gratuitement
en public; de fait, celui-là parût très blessé
; mais, comme nous l'avons analysé dans l'épisode de Bileam,
l'agresseur ne savait pas qu'il était au même moment contraint
par l'action de Hachém de dire une grande louange envers
cet étudiant et de lui souhaiter le plus grand bonheur à
travers cette expression : âm haaréts "peuple membre
de la terre du Saint". Comme dit le dernier verset de la paracha, même
à travers les mots vicieux de l'ennemi Bileam, "D.ieu combat pour
vous".
Ainsi, de nombreux ennemis d'Israël, dans les guerres, leur attaque
se retourne en désastre pour eux et en progrès pour Israël.
C'est que cette expression âm haaréts comporte aussi un
sens qui est totalement différent; Rachi commente :
âm chébéghino nivréte haaréts,
âm ché âtidine lirache haaréts âl-yédé
mitsvote allalou, "âm haaréts,
"c'est le peuple par le mérite de qui le pays fut créé,
ceux qui hériteront du pays par ces mitsvotes".
C'est ce que l'on peut souhaiter de mieux aux habitants de cette terre
qui sera pour eux le sanctuaire promis. Amen.
Rachi nous répond par là à la question que beaucoup
se posent sur la construction du pays
- à l'heure où après les fondements posés,
l'édifice commencé semble s'ébranler et vasciller,
- à l'heure où les structures pionnières ne parviennent
plus à transmettre leurs propres valeurs et n'ont pas les valeurs
de la tradition à transmettre,
- à l'heure où sont nombreux ceux qui ont de l'influence
et du pouvoir (souvent soutenus par des responsables de la diaspora) et
qui sont prêts à une forme de paix définie par les
adversaires et qui reposerait sur une liquidation de l'héritage,
- à l'heure où des défis donnant le vertige sont
devant les électeurs et les responsables.
Rachi nous donne là deux messages :
- ceux qui construisent la terre d'Israël, c'est comme s'ils l'avaient
créée; respectons-les.
- ceux qui assureront aussi la véritable acquisition de l'héritage
seront ceux qui y vivront selon les mitsvotes.
Donc, les deux fonctions sont indispensables, comme deux membres d'un même
corps.
Rachi reprend ce que dit le Vayiqra Rabba 36, 4: "les cieux et la terre
n'ont été créés que par le mérite d'Israël,
car il est écrit 'au commencement Eloqim créa les cieux
et la terre', or on sait que "commencement" se réfère à
Israël", comme l'explique longuement Rachi dans son premier et long
commentaire de toute la Torah qu'il faut relire.
Pouvoir gigantesque de l'homme et du Juif dont D.ieu fait un associé
direct dans Sa Création.
Si Rachi ouvre tout ce qu'il a à dire sur la Torah par ces mots,
c'est qu'ils sont d'une importance capitale. Nous comprenons mieux maintenant
pourquoi Moché commence ce résumé de toute la Torah
qu'est le livre Dévarim par ces questions également.
Le Rambane
Ribbi Moché ben Na'hmane, dit le Rambane
ou Na'hmanide (voir sur cette page la vie de cette gloire du judaïsme
sépharade 1194-1270), dans le même sens que tout cet ensemble,
ouvre son commentaire du livre Dévarim par ces mots : tout cela
"pour qu'un homme ne puisse pas dire : je ne pourrai pas prendre possession
de la terre (d'Israël)".
Le Rambane, répond à des questions graves que nous nous
posons ainsi que toutes les générations :
- pourquoi est-il si difficile de vivre en paix sur la terre d'Israël
?
- pourquoi y avons-nous toujours des ennemis ?
- pourquoi les autres peuples convoitent-ils cette terre qui est la
nôtre ?
- pourquoi y est-il si difficile d'y faire la alyah ?
Il va y répondre en prenant le relais des positions affirmées
de Maïmonide dans Michné Torah, dans le dernier volume, au
chapitre de la halakha concernant les rois (Hilkhote mélakhim,
6). Voici ce que dit Maïmonide :
"les habitants d'autres peuples peuvent vivre sur la terre d'Israël
mais ils ne peuvent pas s'élever contre le gouvernement d'Israël,
et deux conditions leur sont posées simultanément, ils doivent
payer les impôts et obéir au gouvernement, travailler pour
l'Etat par leur travail et par leur argent. Nous ne les écouterons
pas jusqu'à ce qu'ils acceptent ces conditions".
Il faut imaginer l'audace et le courage pour affirmer de tels propos
sur la base de la Torah quand le pouvoir dominant et totalitaire et persécuteur
était l'islam. Maïmonide paya très cher tous ses propos
vis à vis de l'islam. Quel leader juif, religieux ou politique oserait
avoir une telle attitude digne qu'ont tous les Etats envers leur indépendance
et les règles qu'ils fixent aux autres habitants ou citoyens.
La position du Rambane se trouve exposée à l'occasion
de la paracha Massé sur les
versets de Bémidbar 33, 52-53 qui sont la base de la position de Maïmonide
et qui disent :
vé horachtem éte kol yochevé haarets miénékhem
vous chasserez devant vous tous les habitants de ce pays,
véibadtém éte kol maskiotam
vous anéantirez tous leurs symboles...
véhorachtem éte haarets vichavtem ba
Vous conquerrez le pays et vous vous y établirez
ki lakhem natati éte haarets laréchéte ota
car c'est à vous que je donne le pays pour en prendre possession".
Il est important de ne pas penser que ce sont des mots extrémistes.
Tout Etat se fonde sur la conscience de son unicité et de ses
droits intangibles.
Mais le peuple d'Israël est le seul qui a reçu de D.ieu
une terre en tant que peuple.
Chaque humain a reçu le maximum de bonté qu'est la vie
de la part du Créateur, mais aucun n'a reçu une terre, une
existence en tant que nation de Sa part et avec une constitution précise
pour y vivre. C'est cela la particularité du judaïsme. Que
cela gêne certains à l'intérieur ou à l'extérieur
n'est pas le problème, ne change en rien la réalité
qui a été tenue en tous siècles par les Juifs.
Seuls en notre génération, perdant la conscience d'elle-même,
des chefs ou des groupes veulent de l'intérieur détruire
ce patrimoine. Premièrement ils n'y parviendront pas. Deuxièmement,
ils ne perçoivent pas, dans leur identification pathologique à
l'adversaire, que les adversaires eux-mêmes gardent intégralement
leurs droits envers leur héritage, et leur dignité.
Qu'en dit donc le Rambane ?
Il le précise dans la liste des commandements de Maïmonide
qui n'a pas inscrit ce verset dans sa liste. Le Rambane dit : "lé
déati, zo mitsvate âssé hi, à mon avis,
c'est une mitsva positive. D.ieu a prescrit à Israël de s'établir
dans le pays et d'en prendre possession. Car c'est à lui qu'il a
été donné : il ne doit pas dédaigner la part
que lui attribue Hachém".
Sur la base grammaticale, le Rambane voit la mitsva dans la seconde
partie de la phrase :
vous conquerrez le pays parce que vous avez l'obligation de vous
y établir.
Cette version repose sur l'enseignement que l'on trouve dans le Traité
Kétouvote 110 b et 113 du Talmud, déjà cité,
où il est dit explicitement que celui qui vit hors d'Israël
est comme s'il n'avait pas de D.ieu (car il adopte ceux des autres peuples
même involontairement) et pratique l'idolâtrie ; de là,
souligne le Or
ha'hayim (lien ici), on dit que "ha kol maâline lé
erets yisrael", tous montent vivre en erets yisrael.
Le Rambane prend appui sur la tradition admise en halakha et dit que cela
est obligatoire car cette terre leur est donnée à eux et
ils ne mépriseront pas l'héritage que leur donne Hachém
et, ajoute-t'il, "s'ils vont habiter ailleurs, yaâvérou
âl mitsvate Hachém, ils transgresseront une mitsva
(un ordre et un commandement) de Hachém".
Le Rambane a répondu à l'avance à tous ceux qui
, même parmi des grands d'Israël, voudraient voir seulement
en Israël une "promesse", un beau "symbole", une "métaphore",
seulement une "aspiration", seulement un "idéal ou une cible". Le
Talmud indique que même le seul fait d'habiter sur la terre d'Israël
est déjà accomplir quelque peu toutes les mitsvotes alors
que, ailleurs, elles ne sont pas mitsvotes au plein sens du terme mais
seulement pédagogie pour ne pas les oublier quand on arrivera sur
la terre d'Israël.
A tel point, dit le Rambane, que la halakha est celle-ci : une femme qui
refuserait d'aller vivre en Erets Yisrael quand son mari le souhaite est
ipso facto une femme moredete qui reçoit le texte du divorce,
et il en est de même en ce qui concerne l'homme. Il ajoute, cela
est prouvé en de nombreux endroits de la Torah comme en Dévarim
1, 8 dans notre paracha : "voyez, je vous ai donné devant vous
la terre, venez et recevez-la cette terre que Hachém a juré
de donner à vos pères et à leurs descendants après
eux".
Donc la mitsva est de "venir" y vivre car c'est là que se fait
la rencontre avec Hachém, en sa demeure et présence.
Le Rambane y insiste encore davantage dans son bref commentaire sur
la liste des 613 mitsvotes du Rambam (4) : il dit que ces deux termes (en
prendre possession et y résider) est une
- mitsva obligatoire
- pour chacun
- en chaque génération,
- même pendant la situation difficile de l'exil
- comme l'enseigne le Talmud en de nombreux endroits.
Terminons cette analyse de ce que nous dit la Torah avec ce texte du Kouzari
de Ribbi Yéhouda Hallévi (1075-1141). Devant expliquer la
Torah au roi du pays dans lequel il habite pour obtenir le respect vital
de la part de ce roi, le Rav y a exposé tout ce que nous venons
de dire et qui est la Torah. Le roi a écouté et objecté
pendant de nombreuses pages puis il a été convaincu et il
dit alors au Rav (2, 23-24) : "mais s'il en est ainsi, tu trangresses
ta propre Torah en n'y vivant pas et en n'en faisant pas ta maison de
vie, et tu ne consoles pas Sion, et tu n'y fais pas revenir la Chékhina".
Il continue longuement à mettre en cause le Rav au nom de la Torah
elle-même qu'il vient de comprendre.
Alors le Rav lui dit : "c'est bien vrai, tu as trouvé mon point
faible et mon péché, car j'interdis ainsi aux promesses
du D.ieu de bonté de se réaliser, Lui qui veut tout restaurer
dans son projet initial. A chaque époque jusqu'à maintenant,
la majorité et même des grands d'Israël ont agi ainsi,
préférant la dispersion et l'esclavage dans la culture des
étrangers plutôt que de vivre cela. S'ils avaient le même
coeur pur que nos pères, ils seraient gratifiés du même
salut qu'à la sortie d'Egypte. Nous disons beaucoup de mots dans
nos prières concernant le retour à Sion et sur la sainte
montagne comme des perroquets sans véritable foi, comme tu l'observes
justement, Prince des Kazars."
Que le mérite de ces Sages, et que le courage qu'ils ont eu
à garder l'espoir de siècle en siècle, nous aident
tous en ces heures cruciales pour la terre d'Israël. Nous ne pouvons
pas dire : c'est le destin, ah ! si D.ieu intervenait pour sauver Israël.
Son salut dépend de notre présence en Israël car, alors,
la présence divine sera vécue en Son dessein dans Son peuple
sur Sa terre ; cela fera ipso facto que les autres peuples découvriront
la beauté, la lumière de ce peuple. Cela est dit et redit
sans cesse dans la Torah.
Parfois des lecteurs me parlent d'un autre projet, plus cosmopolite
pour Israël et ce projet justifie leur éloignement.
Je n'ai rien à en dire ni à en discuter. Je transmets
simplement ce que les Sages nous disent être la Torah : la Torah
de la Torah et non pas la Torah revue et corrigée pour plaire à
soi-même ou aux autres qui nous entourent.
Sur quoi serons-nous jugés envers la terre
d'Israël ?
Le Traité Chabbate 31a, en bas de page, pose la question autrement
: non plus "que dit la Torah" mais "finalement sur quel essentiel
serons-nous jugés ?". Là, on ne peut faire des pirouettes.
Rabba pose ainsi le problème et fournit la réponse qui nous
montre bien que la position sur la terre d'Israël n'est pas celle
que nous pourrions nous bâtir selon notre propre philosophie ou
conception politique : "à l'heure du jugement (bé
chaâ ché makhnissim adam la dine) , on voit s'il s'est
bien comporté, s'il a vécu dans la foi confiante, s'il s'est
marié et a voulu avoir des enfants, s'il a étudié
la Torah chaque jour à heure fixe, s'il a réfléchi
sérieusement sur la Torah orale, et s'il a désiré
le salut d'Israël : tsipita lichouâ".
Cela veut dire : s'il a vraiment été pris de l'intérieur
de lui-même pour faire réaliser ce qui sauve Israël
sur sa terre réelle. Mais, s'il n'a vécu que des mots externes
à ce sujet (et dans les prières que nous disons sans cesse
où nous demandons de construire Jérusalem), alors il n'a
pas la "crainte de D.ieu" (yireate Hachém) et n'avait qu'une
Torah vide.
En effet la crainte de D.ieu est de prendre au sérieux ce que dit
la Torah avec l'intérieur de nous-même (yireate Hachem
hi otsaro, Isaïe 33, 6).
Ribbi Yanaï le précise clairement (Traité Chabbate
31b) : "quel malheur, haval, tu n'as pas de cour intérieure
et tu t'es fait une façade comme si tu avais cette cour intérieure
!".
Tout est clair.
Voilà pourquoi le
Ram'hal termine sa prière sur la terre d'Israël : lichouâtékha
qiviti, en Ton salut j'ai espéré.
De plus, sur le plan de la méthode, nous découvrons une
fois encore qu'il n'est pas possible de comprendre le sens de la Torah
sans être guidé par nos Sages dans les sens dispersés
dans tout le Tanakh et dans la Torah orale, le Talmud.
Soyons logiques et cohérents: ce que nous demandons, le C.iel
nous l'accorde et nous demandons la force de le réaliser. Voici une phrase
dans l'office de moussaf:
ché taâlénou bésim'ha léartsénou,
vétitaênou bighvoulénou
(que Tu nous fasses monter dans la joie vers notre terre, et que Tu nous
assures bien dans nos frontières).
et dans la prière d'après le repas:
(deux dernières lignes: ouvérakhta éte Hachém
éloékha âl haaréts hattova achér natane
lakh. Baroukh ata Hachém, âl haarets véâl ha
mazone. Et tu béniras Hachém ton D.ieu pour la
bonne terre qu'Il t'a donnée. Béni es-Tu, Hachém
pour la terre et pour la nourriture.). Quand on dit "la terre",
il s'agit précisément de la terre d'Israël.
Second niveau, avancé
L'espoir et le bonheur à portée de regard
Terminons dans une confidence divine qui nous donnera chaud au coeur.
Je dis bien "dans une confidence" car la Torah nous met "dans" l'échange
divin entre le Créateur et Son peuple qu'Il aime sur Sa terre
qu'Il aime. Ne soyons pas comme ces couples où l'un parle d'amour
et l'autre n'entend pas car il est ailleurs, devant la télévision
pour voir autre chose, ailleurs.
Nous savons que le message de la Torah passe
- par 1 étude d'écoute de tout l'être qui comprend
la circoncision pour l'homme qui est mila, comme le "mot" se dit
mila.
- par la réception des 2 formes qui ont une seule unité
: la tradition transmise par l'écrit et la tradition transmise
de façon orale qui, seule, l'explicite en vérité.
- par l'étude de 3 composantes graphiques : séfér
(les lettres), sippour (le récit) et séfar
(les chiffres des lettres hébraïques).
- par 4 niveaux de lecture indiqués par les initiales composant
le mot pardés (pchate, réméz, drache, sod).
- par le passage de l'étude à l'action et à la halakha.
- par les multiples étincelles qui émergent dans les middrachim.
- etc . (Le site transmet progressivement cela par les
liens de la page des méthodes).
Tant que nous n'avons pas étudié ainsi un verset, nous n'aurons
approché qu'une miette de ce gâteau, comme quelqu'un qui
aurait saisi une couleur de ce qui est un liquide composé
de multiples couleurs. Soyons modestes. Avançons seulement.
Ajoutons donc un enseignement essentiel au niveau du séfér
(les lettres). Ribbi Yaâqov Abou'hatséra dit que le livre
de Dévarim est plus que la répétition de la Torah,
il en est l'aboutissement de son projet ; cet état se nomme en
hébreu malkhoute (royauté). Ceux qui ont étudié
cette notion comprendront. Vous vous souvenez aussi du travail
personnel que nous avons accompli pendant le Ômér pour parvenir
à cette
"complétude royale" de malkhoute. On peut s'y reporter.
Cela est montré par le fait suivant :
- les 2 premiers mots de la paracha disent : éllé haddévarim
(voici les choses, ou voici les paroles).
- les 5 mots suivants : achér dibbér Moché
él kol Yisrael (que dit Moché vers tout Israël)
ont une particularité qui synthétise un enseignement important
; la somme de leurs lettres finales (guématria des lettres
finales, ou sofé tévotes, avec le collél
ou ensemble) fait 496 qui est le mot malkhoute, complétude
royale.
- De plus, les lettres du mot Yisrael veulent dire aussi
-entre autres- li roche "pour moi cette tête", ce qui veut
dire que le peuple d'Israël est le projet de D.ieu sur le monde et
le laboratoire de la reconstruction du monde dans la ligne du projet moral
et de bonheur, aventure en cours. Or, cela est dit par ce même média
de la méthode de séfér (les lettres), sippour
(le récit) et séfar (les chiffres des lettres hébraïques)
; en effet, roche a la guématria de hammalkhoute,
qui est 501. Ce sens est donc "chiffré" dans le texte, comme on
parle du chiffre du code diplomatique.
Il va de soi que ces significations sont transmises par la tradition
et que nul ne peut jouer à se fabriquer des guématriotes
ou des codes farfelus sur la Torah, avec ou sans logiciel d'ordinateur.
Tout cela pour nous montrer que, si nous savons lire la Torah, nous aurons
vu dès la première phrase de notre paracha Dévarim
que nous sommes si près du but de la complétude que nous
espérons tous et chacun, dans nos vies, dans le peuple d'Israël
et dans la réalisation de la Création. La Torah nous est
donnée aussi pour nous apprendre à voir le bonheur qui est
souvent invisible pour ceux qui ne voient pas avec le coeur, ou
pour ceux qui n'ont pas reçu encore le trésor de leur tradition
juive. "Modiâ, je fais savoir", dit Hachém
qui nous transmet Sa Torah.
Ne dites pas que cela est trop loin (Dévarim ch.30), la chose
est déjà donnée et qui veut peut l'étudier.
Nous en avons reçu la tradition. Etudions le bonheur. Si vous voulez.
Exercice de mémorisation :
connaître par coeur ces phrases très importantes :
1
lo tosséf-âlav vé lo tigrâ miménnou
N'y ajoute rien et n'en retranche rien (de la Torah).
2
Eréts yisrael éina méqayéméte
ôveréi âvéra
La terre d'Israël ne conserve pas ceux qui pratiquent des transgressions.
Relire toute la paracha dans cet axe.
Echanger avec nos proches sur tout cela.
Aller voir dans le texte les commentaires de Rachi indiqués
et les méditer. Vous les lirez certainement avec votre coeur et
tout votre être, comme cela a été écrit par
nous et par tous ceux qui ont transmis ces commentaires.
|
Un enseignement psychologique essentiel sur la haine dans la paracha
Le peuple juif est affronté à la haine. Il la reçoit
continuellement et, aussi, certains Juifs ont une haine de soi,
de leur pays, de leur religion, etc.
Mais, également, la haine est un phénomène
constant dans la vie politique; la démocratie n'est que la
régulation de cette haine, on le voit dans les périodes
électorales où le concurrent devient le démon.
La vie professionnelle ou fraternelle ou conjugale tombe dans ce
problème.
Dans notre paracha nous apprenons sur cette dynamique psychologique.
Il est écrit (Dévarim 1,27); "vous avez récriminé
dans vos tentes, vous avez dit: par haine de Hachém
pour nous, Il nous a fait sortir d'Egypte". Le monde quotidien
est fait de ces horreurs que l'on entend.
Mais la Torah nous enseigne, elle ne fait pas que constater. Que
nous enseigne-t'elle? Rachi l'explique:
Béssinate Hachém itanou, par haine de Hachém
pour nous.
Vé Hou haya ohév étkhém, alors
au contraire qu'Il vous aimait
atém soneim oto, c'est vous qui le haïssez!
machal édiote omér, un simple proverbe le dit
bien:
divélibékha âl ra'hamakh, ce qui est
dans ton coeur contre ton ami?
ma dibélibé alakh, (tu dis que) il l'a dans
ton coeur contre lui.
Rachi reprend là ce qui est enseigné dans le Traité
Qidouchine du talmud page 70q:
"kol ha possel, bé moumo possel, toute personne qui
disqualifie quelqu'un, c'est sa propre imperfection (moum) qu'elle
disqualifie"..
Notre Torah a toujours connu parfaitement les mécanismes
de la projection que Freud a bien mis en évidence.
Et ils montraient combien nous sommes inconscients de ce que nous
faisons quand nous attaquons autrui et lui attribuons des torts
ou de mal agir envers nous.
Ne nous étonnons pas que Freud, dont le père était
toute imprégné de cette tradition, et lui-même
également, ait gardé des bribes de cette science,
lui qui disait étudier le psychisme humain et la parole de
l'homme comme le texte sacré. C'est un sujet que je pourrai
traiter longuement mais ce n'est pas le propos en ce moment.
Une grande différence, parmi d'autres, entre la psychanalyse
et notre Torah, c'est que la Torah dévoile ces mécanismes
comme collectifs et organise la morale sociale à partir de
là.
Application: examiner ainsi notre part dans ce que nous reprochons
à autrui, pour y découvrir si nous n'avons pas ce
défaut que nous projetons sur lui.Même s'il l'a aussi
par ailleurs, parfois.
Examen essentiel dans toutes nos relations! Et quand cette irritation
d'un défaut chez autrui s'accompagne de colère ou
d'intolérance de notre part, alors c'est l'indice sûr
que nous sommes furieux de ce miroir placé devant nous qui
révèle le défaut que nous n'aimons pas chez
nous. Et nous attaquons ce miroir...
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