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celle de la 46e Paracha : Eqév "A la suite de..." Devarim (Le Deutéronome) 7, 12 -
11, 25
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour http://www.modia.org Quand l'amour doute de Hachém... Le contexte dans le désert Après le 9 av, arrivent 7 haftarotes de consolation (lien ici) depuis la paracha Vaét'hannane. N'oublions pas que la trajectoire de nos parachiyotes est d'arriver en terre d'Israël pour y vivre la Torah : c'est l'enseignement de Moché et cette tâche rencontre le doute, l'angoisse, la peur dans le peuple qui utilise alors mille motifs pour y échapper, et ils invoquent toujours la force des autres nations et leur besoin de paix par une autre voie que celle de la Torah. Ils présentent toujours à Dieu leurs souffrances. Après une phase de colère et d'exhortation avant le 9 av,
D.ieu essaie maintenant de reprendre en main son peuple par la douceur
et la manifestation de l'amour, la consolation et l'encouragement. C'est
le commentaire de la paracha Eqév. Le contexte constant, expliqué par Isaïe Les haftarotes doublent exactement le texte de la Torah. C'est le même message mais (alors que la Torah est très condensée et demande des méthodes précises d'étude comme nous le voyons dans les commentaires de la paracha), dans la haftara, le prophète explique ce message dans le contexte de l'actualité, il le montre pour le faire comprendre à l'intelligence et, surtout, aux sentiments et aux coeurs. Mais c'est le même message exactement. Isaïe, prophète du 8e siècle avant l'ère commune, parle à ses concitoyens qui ont eu beaucoup de guerres avec l'Assyrie qui a occupé la Samarie, menacé Jérusalem qui fut délivrée selon ses conseils. Il évoque ce qui adviendra quand ils seront emmenés en exil à Babylone, vers l'an 586 avant le compte de l'ère commune. 50 ans d'épreuves et l'espoir renaîtra : Cyrus, roi de Perse, attaquera Babylone, la fera tomber et autorisera les Juifs à rentrer à Jérusalem. 50 ans de dur combat intérieur pour tenir, et la fatigue les guettera ; au point que peu de Juifs voudront bien rentrer au bercail. Et pourtant, ils seront en bute à toutes les attaques (il faut lire absolument Isaïe 41, verset 17 ; et 51, versets 7, 13, 22-23). Combien cela parle à nous, Juifs d'aujourd'hui, fatigués et désespérés de l'hostilité environnante continue, et des nations amies qui encouragent et applaudissent quand il s'agit d'accepter les exigences de l'autres, mais qui se retournent et abandonnent avec précision dès que c'est l'heure précise de la menace réelle envers nous. C'est le découragement et le désespoir qui conduiraient à abandonner les plans de Hachém et à s'en remettre à n'importe quel plan humain par ceux d'entre nous qui jettent l'éponge. Le prophète connait bien ces discours qui proposent de recourir à d'autres plans que ceux de la tradition (44, 10 ; 48, 5). Isaïe connait bien la réalité et notre peuple qui ne change pas de siècles en siècles : il faut lire les versets 40, 30 ; 44, 20 ; 46, 12 ; et 49, 14 dans notre haftara. Le prophète Isaïe ne peut pas encore rappeler au peuple sa véritable mission : vivre dans la lumière de Hachém et ainsi être pour le monde entier une lumière qui rayonne (ch. 60) et apporte la justice et la vérité sur la terre qui attend son enseignement (42, 1-4). Pour l'instant, il a en face de lui des êtres blessés, enfermés dans la souffrance et qui doutent du bonheur et commettent en conséquence la pire erreur : dire non au bonheur. Le prophète ne fait que reprendre le cri de la Torah : j'ai placé devant toi la vie et la mort, choisis la vie ! (Devarim 30). Le contexte étant bien dressé (et qui ne s'y reconnaÎtrait
peu ou beaucoup), analysons notre haftara.
Etude de notre haftara Il faut d'abord la lire en entier : Isaïe 49, 14 - 50, 3. Cette étude-ci fournira simplement un guide de lecture
pour mieux percevoir les rythmes du texte et la particularité
de chaque phase d'enseignement.
Quatre parties dans la haftara
ANALYSE DE LA PREMIÈRE PARTIE (49, 14-26): le doute du peuple, par souffrance, et la défense de Hachém par lui-même (de 49, 14 à 49, 26). 1. L'amertume du peuple sioniste (oui ! le mot est précisément écrit) est exprimée crûment : Hachém nous délaisse et nous oublie (49, 14). C'est le résumé de toute la situation et la base à prendre comme "un problème à résoudre". Comment agir en conséquence ? 2. La défense de Hachém par lui-même (de 49, 14 à 49, 26). a) Hachém répond par 3 arguments :
c) De même que tu ne comprends pas ton délaissement et ta dépression actuels, tu ne comprendras pas quand tout virera ainsi en bonheur (21). d) Que se passera-t-il entre Hachém et les persécuteurs ? (20-23).
4. Hachém qui connait bien son peuple 4a soulève lui-même l'objection : tu penses que celui qui t'oppresse et garde tes biens en butin est trop fort pour Moi. 4b Hachém répond :
Nous découvrons que tous les détours de nos sentiments et de la réalité sont bien pris en compte, décrits et éclairés par la Torah. Nous découvrons aussi la constance de ces dynamiques qui font donc partie du combat continu que nous avons à mener. Nous découvrons enfin, que les états d'âme personnels doivent certes être analysés sur un plan strictement individuels mais aussi replacés dans le cadre d'une conception plus large de la vie d'un juif. Parenthèse Pour ceux qui, comme moi, exercent dans des tâches de conseiller
et de soutien, sous de multiples formes professionnelles, il est indispensable
de connaître ces analyses et propositions juives.
DEUXIÉME PARTIE (50, 1-3) : Hachém renverse les rôles Il présente une liste d'arguments qui ne permettent de prétendre
à l'abandon de sa part.
TROISIÉME PARTIE (50, 4-11) : le modèle du Juif en ces situations 1. C'est un Juif
La fin de la haftara règle bien le sens de tout ce passage : il ne s'agit pas d'un cours de morale, ni d'une consultation de soutien psychologique de "pensée positive en deux temps rapides" (avant : abandon et dépression - après : youpi tout est rose). La clef est donnée : tout cela est ainsi parce que vous-mêmes êtes taillés dans une certaine nature
1. Nous avons voulu montrer toute la stratégie déployée par le prophète dans la haftara pour nous faire comprendre le message de la paracha, quand il donne une lecture sensible du message. 2. Pour l'atteindre, il faut en faire une analyse aussi précise que celle que nous réalisons dans la paracha et ne pas en rester à une impression globale et confuse d'un texte lu dans la fatigue de la fin d'un office long le samedi matin. 3. La haftara nous met en évidence le caractère relationnel qui n'aurait pas été évident pour nous dans la paracha. En effet, le débat est placé ici dans une relation, dans une relation passionnelle chargée de sentiments intenses et divers. 4. Surtout, il est bien dit qu'il ne s'agit pas d'une philosophie de la vie, d'un enseignement, d'une Torah, mais de -si l'on peut dire avec les précautions nécessaires- de Quelqu'un qui se met en relation de présence personnelle avec notre être et notre existence dans ce qu'ils ont de plus essentiels : Moi (anokhi) Je ne t'oublierai pas (49, 15)..., Mes mains, Mes yeux (16)... comme Je suis vivant (18)..., Moi Hachém (23) je ne déçois pas..., Moi Hachém ton sauveur (26)... 5. Après cela, le commentaire sur l'amour qui est écrit
sur la paracha Eqév prend maintenant davantage de sens.
Exercices 1. S'interroger avec ce texte
3. A l'avenir, ayant compris cette méthode, lire également la hatara pour mieux comprendre la paracha. Et la bénédiction viendra sur toi. Tavo âlékha uâlaikh habbérakha.
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