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50e Paracha : Ki Tavo
"Quand tu viendras"
Devarim (Le Deutéronome) 26, 1 -
29, 8
Je dédie cette étude à des amis
arrivés sur la terre d'Israël et qui sont désorientés
de leur manque de joie totale après avoir atteint
le but.
Commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos
Sages
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illustrés ce mois-ci, et les grands événements
de ce mois dans l'histoire juive.
Seconde partie de l'étude de la paracha
Le bonheur atteint, Israël doit en respecter la
source
Voici comment.
Plan
1e partie par ce lien
Politique ou amour ?
La lumière et l'amour
L'espace d'amour
Les conditions de l'amour sur cette terre, "quand tu y viendras
(ki-tavo)".
Le chétar ténayim
Ne pas fuir, ne pas disparaître (l'espace d'Israël)
Le début essentiel
Les noms d'espace
Nous sommes dans le grand face à face
Notre fuite dans l'espace est expliquée
Et le couple ?
On n'est pas dans les combats des politiques partisanes.
Nos faces à faces
Exercice
Etude personnelle, en prolongement
|
Plan
2e partie ici
La paracha dans sa suite
Les mitsvotes de la paracha
La recherche du sens
L'étude par le langage qui l'exprime
Après les repères, la recherche de leur sens
Bilan
Rabbénou Bé'hayé
La présence du kavod
Le peuple Cohen
Sens de la déclaration qui accompagne le prélèvement
Concrètement :
La h'ala
La tsédaqa
Le maâssér. Comment le répartir.
Conclusion
Exercices de développement personnel
Lecture, sur la tsédaqa Pour les étudiants avancés
|
La paracha dans sa suite
Le peuple a bénéficié sans cesse de dons gratuits
: la vie, la sortie d'Egypte, le don de la Torah et bientôt l'héritage
de la terre d'Israël. Mais il a reçu aussi le modèle
de la société idéale, ses modes de régulation,
les moyens personnels de vivre heureux, de trouver la complétude
de la néchama (paracha précédente, Ki-tétsé
avec la libération de la prisonnière) et de vaincre les
adversaires (Âmaléq). Tout semblerait parfait ; c'est à
ce moment-là que la Torah vient nous enseigner comme à des
jeunes mariés qui ont eu une belle cérémonie et sont
installés dans leur nouvel appartement (la terre d'Israël)
: le manque de conscience et le mauvais usage peuvent rapidement gâcher
un bonheur qui avait tout pour réussir. C'est en ce point que
nous recevons cet enseignement essentiel pour assurer le bonheur et pour
qu'il ne tourne pas au drame et en malédictions par notre faute.
C'est l'art de bien gérer le bonheur. Comment ? En restant toujours
conscient de sa source et en la reconnaissant. Nous verrons la magnifique
conclusion du Baâl
hattourim.
Les mitsvotes de la paracha
La paracha ne comporte que 6 mitsvotes (606 à 611), contrairement
aux parachotes précédentes. Elles sont groupées comme
ceci :
apporter des prémices selon un rituel précis, en affirmant
à haute voix ce que l'on apporte : " vé panita vé
amarta lifné Hachém... (26, 5) et lé itvadote
âl biour hammaâssérote outéroumote (voir
Rachi, 26, 13)
retirer les parts de certaines récoltes et les donner aux lévites
ou aux cohanim :
l'interdiction de manger certains prélèvements quand
on est dans des conditions particulières de deuil ou autres : "je
n'en ai pas mangé pendant mon deuil", lo akhalti vé oni
mimménou(26, 14) ; "je n'en ai pas prélevé
pendant mon impureté", lo viârti mimménou be tamé(26,
14) ; je n'ai rien employé en l'honneur d'un mort" , vé
lo natati mimménou lémét chmâti be qol Hachém
(26, 14).
l'obligation de marcher dans les voies de Dieu : "tu marcheras dans
Ses voies", véhalakhta bi drakhav (28, 9).
Maïmonide développe ces questions dans le traité Zéraïm
3, 1-10
Le sens du regroupement de ces mitsvotes
Mais cette dernière mitsva ("tu marcheras dans Ses voies") comprend
toutes les autres de la Torah car elle nous prescrit de mettre tout
notre être en cohérence avec le plan de Dieu, de vivre à
Sa ressemblance et d'en être une sorte de résidence ambulante
(merkava).
Se pose donc la question de mener une vie purifiée, sanctifiée,
dans la vie professionnelle et dans le couple, par exemple, et même
dans les actes les plus quotidiens comme la prise de nourriture. Pour
bien en prendre conscience, nous devons prélever une part de
certains aliments et la réserver à D.ieu, c'est la base
de tout.
La méthode par l'étude par le langage qui l'exprime
1. Le Chla
veut nous mener jusqu'à la compréhension du sens de cet
assemblage de mitsvotes. Pour cela, il montre qu'il faut y parvenir en
prétant attention à une particularité des termes
: vélaqa'hta méréchite kol-péri haadama,
"tu prendras des débuts de tous les fruits de la terre".
Il fait remarquer que l'expression utilisée au verset 26, 2
(méréchite, en tête de) et non pas béat'hala
(au commencement), prend une forme particulière qui doit attirer
l'attention.
Situons le fait. Lisons les deux premiers versets de la paracha (26, 1-2)
: "quand tu seras arrivé dans le pays
que Hachém, ton D.ieu, te donne en héritage et que
tu en hériteras et t'y installeras dedans, et que tu prendras de
tous les fruits de la terre... tu les mettras dans une corbeille,
tu iras à l'endroit que Hachém a désigné
pour y faire régner Son nom et tu diras : je viens reconnaître
que, en ce jour, devant Hachém notre D.ieu je suis installé
ici...".
Nous avons vu combien il a été difficile d'arriver sur la
terre d'Israël, les réticences à sortir d'Egypte, les
méraglim ou explorateurs qui veulent détourner le
peuple de la terre d'Israël. Nous connaissons encore exactement ces
mêmes problèmes aujourd'hui pour tous : même ceux qui
sont montés, pendant combien de décades n'en n'avaient pas
vu la nécessité, les "communautés" locales remplacent
l'univers mental de la terre d'Israël qui devient seulement un état
spirituel de prière, de pensée ou de vacances ou de retraite,
ou d'informations, ou de voyages pour mariages et bar mitsvotes. C'est,
en notre siècle, l'avatar mineur du refus d'entrer en terre d'Israël
chez les explorateurs, les méraglim.
Mais la paracha aborde aussi un autre obstable mental : le Juif, une
fois arrivé sur la terre d'Israël aura encore la propension
à la neutraliser comme terre d'Isra-EL, comme terre
appartenant à El (D.ieu) et non pas une
terre appartenant au peuple pour qu'il en fasse ce qu'il veut.
Nous avons vu longuement dans tout le livre de Vayiqra
et dans celui de Bémidbar,
qu'elle est cette fonction. C'est Eréts haqqodéche,
la 'terre du Saint de sainteté'.
Pour le comprendre, imaginons des amis que vous invitez quelques mois
chez vous dans une portion privée de "votre" maison et qui, très
vite, oublient totalement que "vous" êtes le propriétaire
et qu'ils sont chez "vous", et que c'est un prêt conditionnel. C'est
exactement ce problème en face duquel la Torah veut nous placer
quand elle nous dit : le jour où tu entreras et que tu seras installé,
tu devras faire acte d'obédience chaque fois que tu jouiras des
biens et tu diras avec conscience des mots et actes : moi, aujourd'hui,
je réalise que... et je dis..." . Si la Torah en parle, c'est que
nous bûterons sur cette difficulté de génération
en génération. Non pas certains Juifs mais nous tous.
Pour parvenir à nous faire comprendre ce message de la Torah,
qui sera actuel en chaque génération, il faut entrer dans
l'analyse du langage.
2. Au niveau du pchate, techniquement,
le fait de parler de réchite (en-tête de), cela signifie
de prendre en début de saison le premier exemplaire des fruits
nommés comme spécifiques de la terre d'Israël, Rachi
le précise : "vé lo khol réchite il ne s'agit
pas de toutes les prémices... élla chiveâte hamminim
bilvad,mais seulement des sept espèces qui font la gloire de
Eréts Yisrael, chiveâte hamminim ché nichtabe'ha
vahén éréts Yisraël. Rachi le précise
car, à la seule lecture de Bémidbar 18, 13 (s'y reporter)
on aurait pu penser qu'il fallait faire cette démarche pour tout.
Non, car justement Rachi souligne notre verset qui montre qu'il y a quelque
chose de spécifique ici en Israël, et c'est bien de cela
que la paracha nous parle. On ne vient pas en Israël parce que c'est
"comme ailleurs", ni parce que c'est "comme ailleurs mais en mieux" ;
on doit y venir en Israël parce que c'est différent dans certains
aspects de haut niveau à louanger ché nichtabe'ha,,
c'est ce que montre Rachi. (Lire la Michna 1, 3 de Bikourim et la page
84b du traité Ména'hote sur cette spécificité
digne de louange).
Mais, même en tout cela, nous ne trouvons pas encore là la
raison du recours à cette expression particulière : réchite,
en-tête, car cette exigence eut été la même
avec d'autres mots ; donc nous devons chercher plus loin encore.
3. Recherche des repères
L'écoute des psychologues face à quelqu'un suit cette même
méthode, qui est nécessaire face à la Torah, car
c'est le même fonctionnement de l'être ; nous n'avons pas
à écouter seulement le message global qui est dit, mais
aussi le sens apporté par chaque nuance linguistique : car le sens
du problème est donné là.
Localisons la source de ce mot réchite. C'est celui qui
commence la Torah, son importance doit donc être particulièrement
grande. Nous savons qu'il faut connaître les localisations
des mots dans la Torah car le sens n'est pas mis là où est
posé le premier poteau indicateur, le sens est dispersé
en plusieurs lieux comme dans un jeu de piste. Le but de cette dispersion
du sens, dans la Torah, est de nous inciter à le chercher.
Ainsi avec toute personne, celui qui ne veut pas découvrir peu
à peu ses particularités en restera à aimer ou détester
la première image qu'il a perçue chez quelqu'un, mais il
n'aura pas encore rencontré la personne. Pour la connaître,
il faut longuement la chercher, l'aimer, la pratiquer, la découvrir
et l'attendre, s'en souvenir et essayer de comprendre ; ainsi de la Torah.
C'est pour cela qu'il est dit : ma ahavti Toratékha, kol hayom
hi si'hati,combien j'ai aimé Ta Torah, tout le jour elle est
sur mes lèvres (psaume 119, 97).
Réchite est repris en Bamidbar 15, 20 pour le prélèvement
de la pâte des pains dits 'halotes.
De même en Devarim 18, 4 pour les prémices du blé,
du vin, de l'huile et du menu bétail. (Allez vérifier).
4. Après les repères,
la recherche de leur sens
Après la découverte de ces repères dispersés,
il faut nous poser des questions sur ces repères pour découvrir
leur sens : en quoi ces commandements des 'halotes et des prémices
seraient-ils plus importants que tous les autres pour qu'ils soient ainsi
reliés directement à la Création du monde
?
Nous savons aussi par le Rachi sur le début de la Torah qu'Israël
est le réchite (début) de la réussite de la
création et que le monde a été créé
pour Israël et pour la Torah. Toutes ces trois indications mises
en réseau vont peu à peu nous faire comprendre le sens de
la paracha.
Un autre apport est l'indication donnée en Béréchite
Rabba 1, 4 par Rav Houna : "le monde a été créé
par trois choses, le prélèvement de la 'hala, le
prélèvement du dixième ou maâssér,
le prélèvement des prémices ; et quel est le sens
de 'au commencement Dieu créa... ?' Il n'y a de réchite
que concernant la 'hala. Il n'y a de réchite que
concernant les maâssér. Il n'y a de réchite
que concernant les prémices". Texte étrange.
5. Nous constatons une fois de plus
que le texte de la Torah n'est compréhensible que si nos Sages
(ici, le Chla, Rachi, Béréchite Rabba) nous en dévoilent
les repères. Il faut donc les lire, ou étudier avec
qui les connait. L'erreur la plus fréquente chez les lecteurs francophones
de la Torah est d'imaginer qu'ils ont saisi une passage d'après
le seul premier sens apparent qui est déjà exact ; bien
souvent, ils commencent à broder sur ce sens apparent des dissertations
philosophiques, politiques ou idéologiques brillantes.
Or, nous avons vu que, non seulement, c'est un non sens par rapport à
ce texte particulier car il ne se dévoile qu'en suivant une longue
piste, mais l'intelligence qui s'exerce ainsi, est finalement une démonstration
d'ignorance qui se satisfait de soi seul ; ces lecteurs eussent été
pourtant capables d'aller apprendre mais il faut un exercice de modestie
et non pas de dire : "je pense donc je suis et cela me suffit" ; il faut
vouloir étudier Sa Torah et non ma torah. C'est très rigoureux,
et c'est un exercice très difficile de modestie. Et il demande
des centaines et des centaines d'heures d'approfondissement.
6. Bilan: après la découverte
des repères, le judaïsme nous place devant un sens pas clair
que nous avons à dévoiler en réfléchissant,
c'est cela l'étude juive.
Maintenant , s'il nous apparait que le problème est bien circonscrit
(rapport de réchite à 'hala-maâssér-prémices),
nous voyons une contradiction nette dans l'usage de la même formule
par ce même maître ("il n'y a que") de Béréchite
Rabba concernant trois choses différentes.
La tradition résoud ces problèmes de la manière
suivante :
1. Le but de la création et d'Israël est que l'homme vive
selon la Torah comme un être saint dans son âme et dans
son corps qui comprend 613 parties (365+248) comme les 613 mitsvotes
;
2. Si le corps est tellement dépendant de ses composantes biologiques,
comment pourra-t-il s'élever au niveau de la Torah ? C'est la
fonction de la nourriture que de relier ce niveau biologique à
celui de la sainteté en l'intégrant dans des procédures
d'élévations progressives, ce que le Chla a développé
dans son traité sur la sainteté qédoucha de
la nourriture à la lettre qouf.
3. En particulier, cette élévation se produit d'abord
par le maâssér qui met le grain des céréales
à un niveau plus élevé ; cela se poursuit en élevant
aussi le produit du grain qu'est la pâte ('hala). Le processus
doit commencer dès le début, voilà pourquoi
on prélève la première apparition du fruit. Et il
doit se poursuivre ainsi d'étapes en étapes jusqu'à
atteindre le ôlam habba, le monde qui vient.
4. Cela doit être un exemple du processus continu et incessant
par lequel nous devons aller avec D.ieu et Lui ressembler dans toutes
nos voies. Cette adhérence à Lui dans ce que nous vivons
de mieux, est ce qui assure notre richesse car c'est Lui qui diffuse
alors en nous.
5. Voilà pourquoi Rachi dit (en Devarim 2, 7) "nous n'avons
jamais manqué de rien, et voilà donc pourquoi nous ne devons
pas nous considérer nous-mêmes comme des pauvres mais, au
contraire, nous voir comme riches et nous comporter comme tels"
: lo tikhpou éte tovato léharote kéilou atém
âniim, élla hareou âtsmékhém âchirim.
De là découle cette caractéristique juive,
la tsédaqa, la bienfaisance spontanée, généreuse
et obligatoire envers ceux qui sont dans le besoin.
6. La conscience de cela entraine la bénédiction (bérakha)
et la joie (sim'ha) qui accompagnent les mitsvotes obligatoires
et qui découlent de cette conscience de l'abondance. C'est cet
état vécu qui est décrit dans la liste des bénédictions
(bérakhote).
7. Par contre, la situation tourne à ce que l'on appelle les malédictions
(klalote) quand l'homme ne se situe plus rigoureusement dans
ce processus de la Création ayant un but, processus final d'élévation
A ce moment, les relations entre les choses n'étant plus hiérarchisées
selon le bien, il s'ensuit toutes les horreurs que la paracha dépeint.
8. En décrivant précisément le processus et ses
conséquences, en insistant sur la nécessité de tout
appliquer, la Torah veut nous faire comprendre combien ce système
complexe de la Création est un tout interdépendant et quel
est le pouvoir de l'homme qui peut en faciliter le fonctionnement
de vie ou l'anéantir par le non-respect de ses règles naturelles
de sainteté, et de toutes ses mitsvotes.
Rabbénou
Bé'hayé
1. Il développe la question du prélèvement et sa
fonction que nous venons de présenter, non seulement aux fruits
mais à l'argent dans la tsédaqa. Celui qui donne,
va réellement se priver, dit-il, mais c'est cela qui va le sauver
de la mort car il se rapproche de Dieu à qui il donne à
travers la personne qui reçoit. Il prend conscience aussi, en donnant
le commencement de ce qui lui indispensable, que le véritable
commencement, antérieur à tout ce qui commence dans l'apparence,
c'est Dieu, commencement de tout commencement, réchite kol
réchite.
2. C'est aussi le rôle des Lévites (par la musique et le
chant) et des Cohanim que d'assurer cette élévation du
peuple, par degrés progressifs jusqu'en Haut, là où
est simultanément la présence de Hachém et
de Sa joie, dans le lieu de Sa résidence, son mâone.
Il ne faut pas accuser le peuple de ne pas s'élever comme on entend
souvent des Juifs de diaspora l'affirmer ("je ne peux pas monter en Israël
car je ne trouverai pas le niveau spirituel de ma communauté"),
c'est une conception égoïste et parasite alors que celui qui
sait ce qu'est la Torah doit s'élever et élever les autres
par l'éducation ; cette attitude serait donc une contradiction
même sur le plan spirituel.
3. Ainsi, le Juif vit sur cette terre ici-bas mais, par elle, il se relie
à une terre qui existe en parallèle dans le monde d'En-Haut.
Tout cela est exprimé par la lettre chine dont les trois
antennes vont témoigner de notre relation au monde d'en haut avec
la Chékhina (résidence de Dieu parmi nous).
On peut dire alors que la Chékhina habite ici parmi nous
comme il nous a été demandé : "sanctifiez-vous et
j'habiterai vé chakhaneti parmi vous".
La présence du kavod
C'est ce que l'on appelle la présence du kavod de
Hachém comme elle l'était sur le premier Temple,
ou comme il est dit dans le Lékha dodi (chant du vendredi
soir) : kévod Hachém âlaikh nighla, "la gloire
de Hachém sur toi s'est dévoilée", et comme
dit la haftara : kévod Hachém âlaikh zara'h,
"la gloire de Hachém sur toi a rayonné". La haftara
nous permet de faire le lien avec le projet de la création car
elle nous montre que l'unité et le rassemblement du peuple se referont
alors, et les nations viendront également se joindre à nous.
La lire, en Isaïe 60.
Le peuple Cohen
Ainsi, par ce travail précis, minutieux et fidèle d'élévation
progressive par les mitsvotes, les membres du peuple de la Torah auront
réuni les deux mondes et, par eux, alors, la lumière
de Hachém éclatera pour la joie de tous. C'est la fonction
du judaïsme dans le monde d'être ainsi une bénédiction
pour le monde, ce que l'on appelle son rôle de cohen des nations.
Ce peuple juif a été choisi pour cette belle tâche,
c'est le sens de l'expression : âm ségoula, peuple
choisi (et non pas peuple élu au détriment des autres,
comme le voudraient les antisémites qui falsifient le sens noble
de la Torah). Quelle erreur de vouloir simplement ressembler aux autres
et y voir un progrès, la fleur de l'intelligence, et considérer
cette pédagogie sophistiquée du judaïsme comme du primitivisme.
C'est toujours l'attitude des ignorants de se croire supérieurs.
Certes, ce peuple est distingué des autres, il ne suit pas leurs
modes de pensée et de vie concrète, mais c'est uniquement
pour être témoin de l'ordre bénéfique qui mène
le monde, afin d'y faire circuler la bénédiction pour tous.
C'est une fonction exigeante, noble, altruiste, bénéfique,
un service : sens du mot cohen.
Sens de la déclaration qui accompagne le prélèvement
Le texte de la paracha dit : "quand tu seras rentré dans le pays...
tu prendras des prémices de tous les fruits... tu viendras vers
le Cohen qui sera en fonction et tu lui diras (véamarta)
: je déclare (higadti) en ce jour envers Hachém
ton Dieu (éloqékha) que...".
- Plusieurs questions se posent là ; abordons seulement la première
question : la différence entre les verbes (tu diras, je déclare)
et le fait que celui qui apporte ne dise pas "mon D.ieu" ni "notre D.ieu"
mais "ton D.ieu".
- Concernant les verbes, Rachi est très bref et laconique : "et
tu lui diras (véamarta) : que tu n’es pas ingrat".
C'est la conscience, l'aveu et la reconnaissance. Rachi tire son
apport du Sifré : "tu diras (véamarta)
au Cohen que tu ne manques pas de reconnaissance envers les faveurs dont
Hachém t’a gratifié dans le passé...". Le verbe higadti
(je déclare) est fort et marque une affirmation concernant des
faits ou des actes reconnus, ce n’est pas une simple formule ni une intention
légère.
- C'est que la question de la reconnaissance rappelle ce qui s’est passé
entre les ancêtres et Moché comme le rapporte le traité
Âvoda Zara page 5 a-b : "Hachém dit : mim-yitén
vé haya lévavam lahém lé yirea oti, si
seulement ils avaient toujours ce même coeur pour me craindre (Dévarim
5, 26). Moché dit aux fils d’Israël : ingrats, fils d’ingrats,
vous auriez du répondre alors : donne-nous ce coeur...".
Rachi y fait allusion (sur le verset Devarim 2, 7 disant : car Hachém
ton D.ieu t’a béni dans toute l’oeuvre de tes mains, il a veillé
sur ta marche à travers ce grand désert, voici quarante
ans que Hachém ton D.ieu est avec toi, tu n’as manqué
de rien (lo 'hassarta davar) quand il dit : "car Hachém
ton D.ieu t’a béni, c’est pourquoi ne vous montrez pas ingrats
envers Sa bonté en vous comportant comme si vous étiez pauvres,
mais agissez en riches" lo tikhpou éte tovato léharote
kéilou atém âniim, élla hareou âtsmékhém
âchirim.
On comprend mieux maintenant pourquoi Rabbeinou Be’hayé centre
son introduction de toute la paracha sur la tsédaqa sur
la base du verset 3, 9-10 des Proverbes : "Honore Hachém
avec tes biens, avec les prémices de tous tes produits, alors tes
celliers regorgeront d’abondance...". Il reprend par là les thèmes
ouverts dès la paracha Réé sur la distribution
de la tsédaqa et il dit "le manque qui résultera
de la tsédaqa sera efficace car il le sauvera de la mort...
et celui qui donne la tsédaqa aux pauvres, c’est à
Haqqaddoche baroukh Hou qu’il la donne. Et cela correspond
aussi au don du réchite des récoltes et biens car
le Cohen est réchite et Hachém est réchite
de réchite, commencement de tous les commencements".
Concrètement, comment pratiquer ces mitsvotes :
Les précisions étant nombreuses suivant les cas différents,
il faut apprendre à consulter un rabbin, c'est son travail que
de traduire la Torah en démarches concrètes (halakha)
:
1. La 'hala
C'est actuellement une mitsva dite dérabbanim (prescrite
par les rabbins) car le Temple est détruit mais nous la pratiquons
pour ne pas l'oublier. Elle s'applique seulement sur cinq céréales
majeures (blé, orge, avoine, épeautre, seigle), pour la
consommation humaine, avec bénédiction sur un minimum de
1560 ou 1667 grammes de farine (suivant les Sages), et sans bénédiction
sur moins ; on la prélève après avoir pétri
et on brûle au feu. Après avoir prélevé on
dit : baroukh ata A-donaï Eloh-hénou Mélékh
ha-ôlam achér qiddéchanou vé mitsvotav vé
tsivanou léhafriche 'hala térouma. En dessous de la
quantité indiquée, on dira seulement : haré zo
'hala, cela est la 'hala.
2. La tsédaqa
Elle est une obligation même pour les pauvres. Son minimum est le
dixième de nos biens (le mâassér). Elle doit
être immédiate devant le nécessiteux, devancer le
besoin en prétant, le faire avec discrétion (matane béssétér)
et si possible par intermédiaires pour ne pas humilier et pour
le faire avec désintéressement, donner avec joie, réfléchir
à l'ordre des priorités, les proches ont priorité
sur les lointains, les fiancés pauvres et les étudiants
pauvres de la Torah doivent être aidés, la femme a priorité
sur l'homme et le prisonnier sur tous (voir notre étude sur "Libérer
les prisonniers"), a fortiori la prisonnière. Dans chaque communauté,
des personnes ou des associations animent la bonne gestion de la tsédaqa.
3. Le maâssér
Il concerne (térouma guédola et maâssér
richone) le dixième de tous les produits de la terre d'Israël,
qui allait au Lévi, et que l'on brûle ou jette après
les avoir enveloppés. Le dixième de cette partie, ou mâssér
min ha maâsser allait au Cohen (Bemidbar 18, 21). Il faut se
rappeler que ces deux catégories ne possédaient pas de terres.
Le maâssér chéni doit être consommé
par son propriétaire à Jérusalem (Dévarim
14, 22-27) et peut avoir été reconverti en argent pour éviter
le transport. Il y a aussi le maâsser âni ou du pauvre
(Dévarim 14, 28-29 et 26, 12) que l'on symbolise par une petite
pièce que l'on détruira la veille de Pessa'h de la
4e et de la 7e année de la chémita, ou repos de la terre.
Par analogie avec ces biens de la terre, on consacre à la tsédaqa
comme maâssér, le minimum du dixième
de nos biens (un maximum du cinquième).
Nous devons donc
- commencer par établir ce bilan de nos biens,
- puis en distribuer le dixième au départ,
- enfin prélever systématiquement de façon continue
le dixième des revenus à donner en tsédaqa.
Cela est consacré aux pauvres proches en priorité et aux
oeuvres de diffusion de la Torah.
| C'est une pratique réellement réalisée par
les Juifs pratiquants, et elle est en plus de la tsédaqa
reliée affectivement au souvenir du service du Temple. |
Nos Sages ont toujours considéré comme généreux
celui qui donne le quart, moyen celui qui donne le cinquième de
ses biens et avare celui qui en donne moins que le cinquième. Celui
qui ne fait pas cela et ne donne pas ainsi aux pauvres est considéré
par les Sages comme un gozél,dépouilleur de ce qui
revient au pauvre.
Un produit acheté à un commerçant ne connaissant
pas bien les règles de prélèvement (on le nomme âm
haaréts, ou inculte) est nommé douteux, démaï.
Celui qui achète dans ce cas dit une formule (ou maâssér
âni haré hou vé dromo vé haréni mafqid
nékhassaï vé zokhé vo, je le considère
comme maâssér du pauvre et j'y consacre de mes biens et en
mérite). Si un aliment n'a eu de prélèvement
il est nommé tével et ne peut pas être consommé.
Le Juif qui connait bien toutes ces questions est dénommé
'haver.
Le traité Yévamote 86b parle aussi de prélèvements
imposés aux Léviim pour le fait qu'ils ne montaient pas
en terre d'Israël. Cela reste dans le sens de la paracha.
Il faut poser les questions concrètes au rabbin car il y a des
dates à respecter pour les prélèvements (1e Tichri,
Tou bi chevate), les règles sont différentes certaines des
années du cycle de 7 ans (chémita). Quand on habite
hors d'Israël on peut faire porter son don par un chalia'h mitsva,
un délégué.
On n'est pas contraint de faire ces prélèvements si on ne
bénéficie pas de ces bienfaits, mais il faut les faire si
on les utilise ; aucune coutume de dispense n'existe et ceux qui agissent
ainsi doivent suspendre cette façon de faire (yéche lévatel
minhagam). Le problème est différent quand il s'agit
de produits cultivés uniquement par des non-Juifs sur leur propre
terrain en Israël ou de produits importés en Israël.
Concrètement
Tout Juif a le devoir et l'obligation de donner de ses biens et de ses
revenus en bienfaisance, en tsedaqa. Cette part obligatoire était
auparavant donnée au Lévi qui en redonnait une part au Cohen.
C'est-à-dire à ceux qui orientent nos vies vers D.ieu
et donnent leur temps pour cela. Cette pratique se nomme le maâssér.
Aujourd'hui, cette part qui était donnée dans le
Temple va surtout aux oeuvres d'enseignement de la Torah, aux pauvres.
Le fait de la donner aux oeuvres de Torah contribue, plus que tout,
à faire que les pauvres en bénéficieront par l'augmentation
du sens moral global.
Le Talmud abonde en enseignements qui disent que celui qui donne
ainsi, D.ieu le lui rend en abondance, et celui qui hésite
et ne le fait guère se ferme la porte de la richesse (Voyez le
chapitre 3 du prophète Malachie et le Traité Chabbate 119a).
Ces textes considèrent comme généreux celui
qui donne ainsi le 1/4 de ses biens, comme normal celui qui en donne le
1/5 et comme avare celui qui en donne le 1/6. Depuis la destruction du
Temple, cette mitsva n'est plus absolue mais l'usage est de la continuer.
Quand on commence à appliquer cette mitsva, l'usage est celui-ci
:
- on fait tout le bilan de ses biens,
- on peut ne pas compter tout ce qui concerne l'éducation
des enfants et leur assurer une maison, l'installation lors du mariage.
De la même manière, concernant si on le veut ceux que l'on
porte en ce sens et qui se consacrent à l'étude de la
Torah ou à sa diffusion.
- ensuite, la moyenne est d'en prélever le 1/10 pour le
maâssér, ou le pourcentage que l'on estime juste en
fonction de sa fortune, sans avarice et sans être irréfléchi.
Prenez conseil auprès d'un rabbin.
Le prélévement du maâssér doit
se réaliser de façon continue et avec une grande régularité.
Pour étudier cette question, lire dans le Choukhane
Aroukh, Yoré Déa, Hilekhote tsédaqa, chapitres
247-250....
Conclusion
Nous avons reçu le maximum de bienfaits (la vie, être Juifs,
la Torah, la terre d'Israël, les règles de conduite pour le
bonheur), la question est : quel usage en faisons-nous ?
Il est surprenant de voir aujourd'hui une partie des leaders respectables
décider d'eux-mêmes de ces questions du patrimoine d'Israël,
de son abandon ou non sans prendre aucunement en considération
ce que notre tradition en sait. Ils ne prendraient pas de décision
économiques sans les experts. Ils le font pour le bonheur et la
paix ; mais notre tradition a toutes les pièces prouvant que la
bénédiction ou la malédiction ne peuvent pas se dispenser
de ces bonnes règles d'usage. On ne change pas le contrat d'usage
d'une fusée selon des idéologies nouvelles et encore moins
selon des ignorances techniques. L'improvisation selon les modes ne suffit
pas. La Torah nous enseigne qu'il y a un ordre des choses et surtout pour
Israël qui est l'ordonnancement dit dans Sa Torah. A nous de l'étudier.
Nous pouvons maintenant comprendre le sens du bref commentaire du Baâl
hattourim sur le premier mot de notre paracha Ki-tavo qui résume
tout cela (se
reporter ici à sa notice biographique). Chacun de ses mots,
si brefs, est une perle et un phare.
Il remarque que le mot ki a la guémaria de laméd
(30, mais c'est aussi la lettre qui signifie étude et c'est la
seule lettre qui, par sa forme, relie la terre et le ciel dans tout l'alphabet,
comme l'étude). Et tavo, ce sont les lettres de avote,
les pères. De là, dit-il, se basant sur 'Houline 92b, il
n'y a jamais moins de 30 tsaddiqim (justes) en Israël qui
sont dignes comme les patriarches. Expliquons : cette guémara explique
qu'il y a dans le monde Ma (45) justes sur lesquels repose
le monde dont 30 justes sont en terre d'Israël. Cela veut nous montrer
le rôle bénéfique de la terre d'Israël mais elle
ne peut le jouer que par les justes qui y "vivent" et qui savent ce qu'elle
est et s'y comportent en conséquence. Eux apportent le chalom,
pas la masse qui ne voudrait pas reconnaître la spécificité
divine de cette terre et sa mission par le peuple juif. Même si
la majorité et ses élites votaient selon des idéologies
étrangères et vivaient la terre d'Israël autrement
que selon la Torah, il suffirait qu'il y ait ces 30 pour que ce dispositif
saint fonctionne. Le fait que le Tour le dise sur le mot Ki-tavo
(quand tu viendras) montre que la
montée en Israël réalise ce qui est dit de ces
justes, si elle est bien dans cet axe. Cela est confirmé par ce
que dit le grand Ribbi Chimeône bar Yo'haï dans Béréchite
Rabba 35, 2 : "le monde ne peut subsister s'il y a moins de 30 justes
comme Avraham". Remarquez bien, pas 30 justes, mais 30 qui seront comme
Avraham, celui qui a tout sacrifié et tout donné à
Haqqadoche baroukh hou et n'a rien épargné pour monter
jusqu'à Jérusalem. Voila pourquoi le converti, le guér,
devra payer ce prix et il est nommé pour cela "ben Avraham". Ils
sont en bonne compagnie les convertis, même si leur démarche
ne brandit pas des slogans politiques à la mode, car Ribbi Chimeône
bar Yo'haï revendique ceci : "s'il n'y en avait que 2, ce serait
mon fils et moi ; s'il n'y en n'avait qu'un seul (état terrible
de solitude quand 'has vé 'halila le monde irait dans
le mauvais sens concernant la terre d'Israël et son usage), ce serait
moi", dit-il.
C'est la part que je souhaite à chaque lecteur, à chaque
homme ou femme qui s'élève soi-même en "montant" en
Israël, et surtout à chaque militant ou responsable politique
juif, de toute coloration
D'où le sait-on qu'il s'agit de 30 ? Du mot yiyé
dont la guématria est 30 (explication de Béréchite
Rabba 49, 3) sur le verset de Béréchite 18, 18 qui dit
: "Avraham ne doit-il pas devenir une nation grande et puissante, et que
toutes les nations de la terre soient bénies en lui ?!".
Ainsi nous retrouvons la cohérence de l'ensemble qu'il fallait
cerner avec nos Sages pour situer les pratiques qui nous sont demandées.
Sans eux, il est impossible de comprendre la Torah ; mais ils sont disponibles,
leur "table est préparée" (sens du titre du livre le Choulkhane
Âroukh).
C'est cela le judaïsme et nos Sages nous l'expliquent : une anthropologie
du bonheur. Il n'est pas meilleure "politique" ; les autres nations
ont leurs idéologies, nous avons la Torah. Mais un manuel de bonne
conduite est indispensable, comme pour les pilotes d'engins de prix.
Exercices de développement personnel
- Relire toute la paracha dans cet axe.
- Bien résumer les étapes de la méthode de l'étude
qui a été décrite ici.
- Expliquer les étapes du sens de : "le monde a été
créé par trois choses, le prélèvement de
la 'hala, le prélèvement du dixième ou maâssér,
le prélèvement des prémices ; et quel est le sens
de 'au commencement D.ieu créa... ?' Il n'y a de réchite
que concernant la 'hala. Il n'y a de réchite que
concernant les maâssér. Il n'y a de réchite
que concernant les prémices".
- S'interroger
- sur notre sens des biens : est-ce que nous les orientons spirituellement
vers Hachém, à travers les règles précises
de la tsédaqa et du maâssér ?
- sur notre gestion du bonheur, sur notre éveil continu de la source,
sur nos attitudes de reconnaissance,
- sur la liaison que nous faisons ou non de notre bonheur à Celui
qui en est le seul créateur et la seule source,
- sur l'usage que nous faisons ou non de la terre d'Israël comme
cadeau magnifique reçu, utilisé ou délaissé
comme une épouse ,
- sur notre respect (si nous y habitons, y vivons-nous en nous y comportant
selon les règles du maître de maison),
- sur la réalisation concrète et systématique de
cela en Lui remettant une part du don reçu, qui ira à la
tsédaqa pour les pauvres multiples, et en particulier pour
les pauvres qui continuent à étudier la Torah, ou pour les
oeuvres qui diffusent la Torah et l'enseignent (priorité de la
tsédaqa définie par les Sages).
- sur le compte exact et régulier de nos prélèvements
de tsédaqa.
- Echanger avec des proches sur toute cette étude.
Lecture, sur la tsédaqa :
Béréchite 18, 19
Vayiqra 25, 36
Devarim 15, 8-10
Isaïe 32, 17
Lire tout le chapitre 3 de Malachie.
Lire également le commentaire de la paracha Vayékhi.
Pour les étudiants avancés
Traité Chabbat 119 a, 151b, Soucca 49b, Kétouvote 67b...,
Baba Batra 8b-10a.
Rambam : Hilkhotes Matanotes Âniyim ch. 7-10,19.
Choulkhne Aroukh Yoré Déâ 247-257
Représentation des 100 parties du maâssér
(chaque signe *
est égal à 1 % de la récolte)
La térouma guédola, un petit prélèvement
remis au Cohen seul.
/
Le maâssér richone (10%) remis au Lévi
*********(*)
dont il en remet 1 % au Cohen : (*)
téroumate maâssér ou maâsser
dé maâssér.
La partie de la récolte que l'on peut utiliser (81 %) après
déduction du reste
**********
**********
**********
**********
**********
**********
**********
**********
*
Reste le maâssér chéni ou maâssér
âni (9 %).
*********
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Aujourd'hui, deux conditions n'existent plus pour réaliser parfaitement
ces rites :
- les Cohanim ne sont plus en état de pureté nécessaire,
- le Temple n'existe plus
donc les deux parties qui étaient destinées au Cohanim (environ
1 %) ne leur sont pas remises mais sont détruites. Il faut cependant
que l'on soit sûr que cela a été réalisé
avant de consommer, c'est l'une des tâches des services de contrôle
de la cachroute qu'il faut rémunérer.
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