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51e - 52e Paracha : Nitsavim - Vayélékh
"Tous debout" - "Et il alla"

Devarim (Le Deutéronome) 29, 9 - 31, 30

4 Etudes
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos Sages
http://www.modia.org 
Les études sur cette paracha sont dédiées pour la santé de Mila bat Hava.


Placés tous ensemble face aux choix du bonheur

et, dans notre nuit, conscients de nos fautes et de nos faiblesses, nous nous orientons tous ensemble à nouveau vers la lumière offerte et nous y parviendrons à Roch ha Chana et au Kippour. Je l'exprime par ces deux photos prises depuis ma fenêtre dans la nuit.

 

 

(Cette page, comportant des caractères saints de  la Torah, les respecter en la plaçant en lieu décent ou dans une guéniza).

Cliquez ici. 1e étude sur la paracha. I - LES BASES DE LA PARACHA

Cliquez ici. 2e étude sur la paracha II - LA TECHOUVA SELON RABBENOU YAAQOV ABOU'HATSERA - III - LA TECHOUVA SELON le Chla ha qadoche.

Plan
I - LES BASES DE LA PARACHA

  • Un problème : amour ou malédiction ?
  • Les deux mitsvotes : l'union et l'adhésion
  • Sens de la 1e mitsva. Le peuple
  • Sens de la 2e mitsva. Le Séfér Torah
  • Le peuple comme la terre : supports de La Présence
  • Le lien comme tension
  • La tension dans l'amour
  • L'aujourd'hui

  • II - LE DÉPLOIEMENT DES BASES DE LA PARACHA

  • Toute la Torah est-elle accessible ?
  • Le pouvoir de l'homme
  • L'équilibre humain dans les voies de la connaissance
  • Néant ou Ra'hamim, d'où nous viendra le salut
  • Les "règles du jeu" de l'existence
  • Le triangle indissociable
  • Israël maintient la vie du monde
  • Un peuple-création
  • La joie du Juif importe aux nations
  • Les négateurs
  • L'union de la joie et de l'être
  • L'union banale
  • Il faut voir l'être intérieur profond
  • La sensibilité à tous
  • Nouveau POEME : OÏ OÏ, QUEL PRIX !

  • III - UN CRI PATHÉTIQUE

  • Notre réponse
  • Perspective
  • Souhait
  • Exercices de développement personnel
  • Lecture

  • Pour les étudiants avancés

    Cliquez ici. 3e étude : la haftara

    Cliquez ici. 4e étude : les fêtes prochaines, Roche ha chana


    Audition de la paracha Nitsavim
    (askénaze. Lien Ort)

    Audition de la paracha Vayélekh
    (sépharade. Alliance)  

    Audition de la haftara de Nitsavim et Vayélékh (ORT.askh.)

    Audition de la haftara lue par les séfarades
    (Vayélékh. Lien Alliance)
     


    Régles de la lecture de l'hébreu
     

    Vocabulaire de l'hébreu classé par thèmes



    De nombreuses années, pour les motifs d'organisation du calendrier juif (voir ici), les deux parachiyotes Nitsavim et Vayélékh, sont groupées. Ce qui le permet, c'est que leur sens est relié et nous allons ainsi parler globalement des deux parachiyotes. 
    Le texte de cette étude est long et difficile pour plusieurs motifs :
  • nous atteignons les niveaux les plus élevés de la Torah, avant sa clôture. Il ne reste plus ensuite que 2 parachiyotes.
  • l'insistance y est mise sur les dimensions qui mettent en cause les axes de notre façon de vivre et nos choix essentiels. Nous le voyons dès les premiers mots ci-dessus.
  • cela ne peut pas se traiter à la légère en un aide-mémoire condensé ou allusif : il faut beaucoup de mots pour comprendre quelqu'un, et pour entrer vraiment dans l'intimité et dans les enjeux profonds. Ici de même.
  • il faut absolument lire la paracha, même en français, avant de lire cette étude. Et lire aussi la haftara.
  • dans ce type d'étude de la Torah, il faut accepter de ne pas tout comprendre immédiatement, accepter de perdre le fil logique du plan, de ne pas se souvenir de tout. Cela n'est pas négatif : notre néchama (âme) comprend, elle, même quand l'intellect étroit ne saisit pas encore. Et cette étape s'avérera, ensuite, avoir été très efficace comme fondation du bâtiment. Donc, il faut continuer sans inquiétude. 

  •  

    I - LES BASES DE LA PARACHA

    Un problème : amour ou malédiction ?
    La paracha revient sur les malédictions et les exigences, tandis que la haftara (lien ici) en Isaïe 61 et Hochéâ 14 est d'une tonalité remarquablement heureuse qui va nous faire comprendre la lecture juste de la paracha. Elles nous montrent les promesses de Hachém à Jérusalem, et Lui en est le garant. Donc, espoir et optimisme, même dans la difficulté.

    Les deux mitsvotes : l'union et l'adhésion

    Il y a deux mitsvotes dans la paracha Vayélékh, et ce sont les deux dernières de la Torah : 

    • la mitsva 612 (Devarim 31, 10-12, haqél éte ha âm) prescrit de" rassembler tout le peuple" pour qu'il entende la Torah, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, tous ensemble, toutes catégories sociales confondues ; 
    • la mitsva 613 (Devarim 31, 19 kitvou lakhém éte ha chira hazzote), la dernière de la Torah, prescrit d'écrire soi-même un Séfér Torah (un rouleau de la Torah).
    Le Chla va nous faire découvrir le lien qui existe entre ces deux mitsvotes. 

    Sens de la première mitsva. Le peuple
    La première mitsva rejoint les premiers mots de la paracha Nitsavim ; elle insiste sur le fait que tout le peuple est un seul corps, comme il est dit de la famille de Jacob arrivant en Egypte, qui est présentée comme un seul néfèche, une seule personnalité, au singulier (kol hannéféche, lire Béréchite 46, 26). Et, quand Moché rassemble le peuple, même ceux qui ne sont pas là physiquement y sont présents, c'est-à-dire tous ceux qui seront intégrés au peuple au cours des âges par la conversion (vé éte acher éïnénou po imanou hayom,"et avec ceux qui ne sont pas ici à côté de nous en ce jour", dit le texte, en Dévarim 29, 14). C'est que "tout le peuple est une partie de Hachém", dit un verset audacieux que le Chla reprend continuellement dans son œuvre pour le commenter, ('héléq Hachém âmo, Devarim 32, 9).

    Sens de la deuxième mitsva. 
    Comme le peuple, exactement, le Séfér Torah est également une unité ; pour cela, si une seule lettre lui  manque, ou même n'est pas parfaite, l'ensemble du séfer Torah n'a plus aucune valeur et ne peut plus être utilisé jusqu'à correction. 
     

    Ainsi en est-il de notre peuple : la moindre personne, perdue ou reconnue, donne ou enlève valeur à tout l'ensemble. C'est dire le respect que doit y recevoir chacun, et également les candidats à la conversion qui sont compris éventuellement dans cet ensemble; et la gravité de refus traités à la légère, c'est comme bafouer le Séfer Torah. 

    De plus, chaque partie a également les caractéristiques de l'ensemble, si bien que le verset cité ci-dessus concernant la collectivité s'applique aussi à chacun, dans sa particularité que l'autre ne possède pas.

    Il importe donc, ici, de réfléchir aux applications concrètes de cela dans notre regard vers autrui, dans chacune de nos relations, dans les relations quand nous évitons tel Juif ou telle partie de la communauté.

    La Torah s'ouvre sur la lettre (le béit, de valeur chiffrée 2) pour nous montrer que toute réalité a deux composantes, comme un couple ; ainsi, ces deux dimensions apparemment contradictoires des deux mitsvotes (Torah et peuple) ne peuvent pas être dissociées, c'est pour cela que la Torah doit être à la fois entendue en collectivité, et que chacun doit l'écrire selon le propre style de son écriture.

    Le peuple et la terre : supports de LA présence
    L'image du char (merkava) supportant la présence divine comme dans les chapitres 1, 8 et 10 du prophète Ezéchiel, dit le Chla, se comprend mieux à partir de ces deux mitsvotes. Un char ne peut pas fonctionner si ses quatre roues ne sont pas, chacune, en parfait état et en coordination

    Il ne s'agit pas seulement d'égalité, c'est une égalité qui porte la présence importante : l'homme et le divin sont reliés ; voilà pourquoi, dit le Chla, le sol de la terre du Saint (adama) et le nom de l'homme (adam) sont de la même racine. 

    Ajoutons que la lettre qui termine le mot adama, sol, réfère davantage à la Présence divine, peut-être parce que la passivité apparente de la nature réfère davantage au Créateur tandis que cette Présence divine n'est apparente dans l'homme que s'il lui donne librement place, c'est le thème de notre paracha. 

    Donc, le trio essentiel (Torah-peuple-terre comme lieux de la présence divine) n'est pas une idéologie récente du courant sioniste religieux actuel. C'est la base commune de la Torah, quand elle s'ouvre comme un éventail pour nous montrer tout son enseignement.

    Le lien comme tension
    On retrouvera cette dynamique double et coordonnée, dans la paracha Vayélékh, dans Haazinou  le Cantique de Moché, quand il dira (32, 5) : chi'héte lo lo banav moumam, "a-t'il condamné ses enfants, Lui ? Non, leur indignité" ; l'hébreu amène un jeu de sons (lo lo, où le premier signifie "Lui" et le second signifie "non", pour bien montrer cette tension si proche et acceptée entre la présence et le refus, entre la vie et la mort, entre le bonheur et le malheur. Bien plus, le passage de l'un à l'autre sera l'enjeu de l'aventure de tout Juif.

    La tension dans l'amour
    Dans ce contexte, Rabbéinou Bé'hayé avait ouvert son commentaire de la paracha sur la nécessité de la remontrance morale quand on aime. Car, seule, elle permet à l'amour de s'améliorer et de ne pas s'étioler, mourir ou se pervertir. Cette nécessité permet de comprendre les malédictions qui ne sont pas une action nocive de menace ou de mauvais œil, mais un simple éclairage qui avertit l'homme sur les conséquences certaines et néfastes de certains comportements qui détruisent la graine qui porte en elle les fleurs ou la moisson. Il faut retourner lire ici le commentaire de la paracha Êqév.

    L'aujourd'hui, hayom
    Une autre insistance est manifeste dans la paracha : le choix du bien n'est pas une adhésion à une morale théorique, c'est un choix concret que l'on doit faire dans un "aujourd'hui" (hayom) précis immédiat et permanent, dans l'existence (lire Devarim 30, 16-18). 
    Cette expression hayom, en ce jour-ci, est un concept fondamental du judaïsme ; elle apparaît 435 fois dans la Bible sous cette forme, sans compter les formes dérivées ; dans notre paracha voyez au chapitre 29 les versets 9, 11, 12, 14, 17, et dans le chapitre 30 les versets 2, 8, 11, 15, 16, 18, 19. La présence divine n'est pas virtuelle mais se manifeste ici et maintenant dans une rencontre concrète soutenue par les mitsvotes et les mots et les intentions du coeur. Ainsi, le lien à Hachém est une relation de contact et de vie qui se joue continuellement.
     

    II - LE DÉPLOIEMENT DES BASES DE LA PARACHA

    Toute la Torah est-elle accessible ?

    A partir de là, se comprennent divers points sur lesquels la paracha insiste : 

  • toute la Torah est proche et applicable dans l'existence,
  • elle ne fait pas partie de choses ésotériques et cachées (celles-là sont à D.ieu mais ne sont pas dans la Torah qui est ici, totalement, avec nous jusque dans ses secrets). Le Rambane traite de cette question dans son introduction à la Torah. Vous pouvez vous y reporter.
  • Les Sages ont essayé d'aller très loin dans la compréhension de ce qui est dit dans la Torah à partir de points auxquels il est fait allusion et qui ne sont pas évidents (la résurrection des morts, le messie, le monde à venir, etc.) et leurs thèses divergent alors ; mais ces divergences ne sont pas l'important, car elles servent à mettre ainsi en valeur toute la richesse des mitsvotes à réaliser dans la pensée, dans le cœur et dans l'action. 
  • Et chacune de ces mitsvotes comporte plusieurs niveaux de compréhension qu'il est possible d'atteindre par l'étude, du plus simple et apparent au plus élevé et au plus subtil ; il en est de même pour ce qui y est dit des noms de Dieu inscrits dans la Torah.
  • En résumé, tout ce texte de la Torah se passe de notre côté, pour notre compréhension, même quand il touche les niveaux les plus sublimes.

  •  

    Le pouvoir de l'homme
    La paracha nous montre quel est le pouvoir de l'homme qui, dans son action la plus concrète, dans ses pensées les plus précises ou dans les divers sentiments de son cœur ou de sa prière, peut détruire ou, au contraire, intégrer la présence divine qui est source et foyer du bonheur. 

    L'équilibre humain dans les voies de la connaissance
    Un exemple le fera saisir et, seul, l'hébreu peut faire comprendre visuellement.

    1. il est dit : mi yaâlé lanou hachamayima, "qui montera pour nous aux cieux ?" (30, 12). Cette phrase met en cause la tendance des hommes  (j'y reviens souvent) à fuir la réalisation du bonheur personnel, du bonheur communautaire et divin sur cette terre en prétextant la recherche continue de nouveaux saluts idéologiques.

    2. la réponse est donnée par les lettres qui ouvrent et ferment ces mots : en effet, les lettres initiales de cette phrase forment le mot mila (MIaâlé Lanou  Achamayima, circoncision) et les lettres finales (youd, q-é, vav, q-é)composent le tétragramme, Nom le plus élevé de D.ieu à notre portée. Cela veut nous montrer que -parallèlement à nos aspirations, utopies, philosophies ou doctrines politiques qui pourraient nous conduire à des faux messiannismes dangereux ou nous éloigner de la Torah- nous avons dans cette Torah l'indication des voies les plus concrètes et corporelles (mila) qui nous permettent de vivre en contact réel avec les dynamiques divines qui structurent le monde et les êtres : cela nous enseigne que la seule entrée, pour l'homme, qui rend possible la compréhension véritable de la Torah est la mila, circoncision.
    Ainsi, qui a étudié avec le même sérieux les règles de la Torah et les règles de la psychologie de l'homme comprend combien elles vont de pair ; cela donne des outils autant pour l'analyse que pour la pédagogie.

    Néant ou Ra'hamim, d'où nous viendra le salut ?
    Cependant, la paracha attire notre attention sur le fait que, même si nous faisons tout cela, nous devons encore en appeler à la Miséricorde de D.ieu (Ra'hamim) : cette forme d'expression de Sa bonté entre en jeu quand les mérites de l'homme ne sont pas suffisants.

    Alors la source de la bénédiction s'ouvre d'elle-même si l'homme a fait ce qu'il a pu, et il est étonné de voir que c’est de l'intérieur même de son angoisse que vient le salut, comme un retournement du mal en bien ; c’est ce que dit le psaume 121 : (méayine yavo êzri) qui se traduit simultanément par "d'où me viendra mon aide" et également par "du néant (ayine) viendra justement mon aide" (par Sa miséricorde) car ce niveau, inatteignable, est celui de la "source" (ayine) de toutes les bénédictions, celle du ratsone et celle du nom Ehié, comme l'indique le Rav Guiqatilia dans Chaâréï Ora

    Les "règles du jeu" de l'existence
    - A la fin du cinquième livre de la Torah, Dévarim, cette paracha synthétise ainsi pour nous les "règles du jeu" de l'existence et du bon usage de la Torah elle-même. 

    - Ce qui semble être des bénédictions et malédictions a un rôle fonctionnel : elles montrent à l'homme comment il peut, librement, ouvrir ou fermer lui-même le flux de la bénédiction que Dieu met à notre disposition avec toutes les précisions sur le bon usage des différentes dynamiques de l'homme.

    - La haftara nous montre le versant positif de ce bon usage et le bonheur qui en découle. Davantage encore, elle nous dépeint le processus de renversement de situation quand l'homme, comprenant ce fonctionnement, parvient par cela à mobiliser les dynamiques de vie.

    Relions cet ensemble à ce que dit le Chla de la prière. Il choisit de commencer tout son commentaire du Siddour, le livre des prières, par une affirmation étonnante dont il fait la base de toute la prière. Le grand Nom de D.ieu (Hachém) qui se manifeste en quatre lettres dans la Bible et dans la Création se module en quatre écritures, quatre Noms. La clef d'ensemble de cette présentation du Nom divin, sa guématria, est exprimée par le chiffre de 232, qui est la somme numérique de l'ensemble des lettres contenues dans ces quatre Noms. Ce "chiffre", comme l'on parlerait d'un chiffre en langage codé des diplomates, manifeste en lui la puissance et la diversité des processus créatifs qui maintiennent notre monde dans l'existence. Le Juif qui prie retrouve là ce qu'il a apprit dans l'étude de la Torah et il sait que lorsqu'il prie sur les divers noms du Créateur, il travaille activement à la maintenance des mondes par la prière.

    En liaison avec notre paracha, la force de ce que le Chla dit et qu'il place ainsi en tête (rechite) de tout son commentaire, c'est que ce chiffre de 232 est, simultanément, celui de deux dynamiques que l'on trouve par la guématria de deux autres versets, selon la tradition la plus établie :

  • celle de la Torah de Création elle-même de notre monde, car les lettres de la première parole créatrice de D.ieu (yéhi or, "que la lumière soit") constituent également le même chiffre de 232,
  • celle de la présence indéfectible de Dieu dans son peuple Israël : (âmi léolam vé iadatem ki béqérev yisrael ani véani Hachém éloheikhem veéin ôd, "Mon peuple pour toujours vous saurez que Hachém est votre Eloqim et il n'y en a pas d'autre", verset du prophète Yoël, 2, 26-27). En effet, de la même manière, les lettres initiales de ces mots forment ce chiffre de 232. 

  • Le triangle indissociable
    Par cela, le Chla veut nous montrer ce triangle indissociable dont les points sont imbriqués : 1) le Nom créateur de D.ieu, 2) l'action Créatrice dans la lumière et 3) Israël. Trois points comme ceux de la voyelle ségol (de son : é), pourrions-nous dire, et n'oublions pas que le peuple Israël est âm ségoula, le peuple du ségol dit le Zohar et que, par ces trois points, il tient à la fois le passé, le présent et le succès du futur, comme il est dit en 3 temps dans la prière : Hachém mélékh (Hachém règne), Hachém malakh (Hachém a régné), Hachém yimlokh (Hachém régnera).

    Israël maintient la vie du monde
    Cette conception qui relie le peuple à la Création du monde, nous laisse entendre que le peuple Israël (dans son ensemble, klal, peuple composé de chacun des fils d'Israël que sont chacun des Juifs d'aujourd'hui, de l'aujourd'hui de Hachém), est la plateforme de maintenance de l'univers en sa permanence, ce qui le maintient dans la vie

    Il ne s'agit pas ici seulement de bénédictions ou de malédictions concernant l'individu ou son peuple juif, mais de la maintenance des structures d'existence physique et matérielle. Car il s'agit surtout du lien à la source de la vie et aux différentes sources de vie dont notre monde a le pressentiment dans ce que nous appelons les "valeurs" qui donnent la saveur et la ligne de sens à l'existence. 

    C'est, ainsi, une maintenance de re-Création continue. De là, il est dit que les étudiants de la Torah maintiennent le monde en existence, et maintiennent la paix dans le monde.

    Les peuples l'expriment en utilisant à notre endroit l'expression de peuple "élu", mélange de respect et de jalousie tournée en mépris, mauvaise traduction de l'expression âm ségoula (peuple trésor) comme nous venons de le voir ; mais on ne peut pas le reprocher leurs erreurs à ceux qui ne connaissent pas la grandeur des fonctions de ce peuple, ni les richesses de la Torah ; de plus, ils n'ont pas toujours l'exemple du meilleur comportement de chaque Juif qui devrait manifester cette gloire. Un jour, dit le prophète, les peuples comprendront et saisiront chaque Juif par leur vêtement pour leur dire : "initiez-moi à votre connaissance qui est si importante".

    Un peuple-création
    Il va de soi qu'Israël ne possède pas cette fonction de maintenance et de création ni comme un titre, ni comme un capital immobilier, ni comme une valeur déposée dans un coffre-fort, ni comme un livre dans une bibliothèque ; il ne la possède vraiment que dans la mesure où il respire intensément au rythme de ces dynamiques constructives, où la vie interne du peuple est la scène continue de cette création. 

    Mais, même lorsqu'il en perd quelque peu la conscience vive ou lorsqu’il choisit d'autres valeurs, son Créateur ne l'abandonne jamais

    Cependant, les Juifs ont pu, alors, avoir mis en mouvement la dynamique éducative, automatique et terrible de la malédiction, par leurs erreurs.

    Par là, nous comprenons aussi que la prière, telle qu'elle est organisée avec précision dans le rythme quotidien et dans les mots, intentions, positions corporelles du siddour est cette partition que suit ce peuple artiste pour maintenir et intensifier l'ordre optimal de cette existence commune et répandre la bénédiction sur le monde. Voilà peut-être pourquoi beaucoup de psaumes (lien ici) du roi David commencent par ce mot La ménatséa'h qui signifie "au chef d'orchestre" tandis que la traduction " au chef des chantres" ne rend pas du tout l'action d'orchestation bénéfique.

    La joie du Juif importe aux nations
    Cette même conjonction précise, complémentaire et unifiée (Dieu-peuple-individu-Création) qui débouche en joie et en bonheur est parfaitement exprimée par le verset du psaume 96, 11 que tout juif a chanté : yismé'hou hachamayim vétaghél haarets, "que les cieux se réjouissent et que la terre jubile".

    Il est remarquable que les Juifs qui se définissent comme non-religieux chantent également ce verset ; il est universaliste, au sens Juif. C'est que la joie de chaque individu juif importe à l'ensemble du peuple, des nations et de la Création. Et le Juif qui ne le sait pas, le pressent encore avec son âme confuse de Juif, pétrie de tant de générations de science véritable et d'amour du plan de Hachém.

    Que disent les mots de ce verset, en même temps que la joie commune ressentie dans ce "haquél", chant commun rassemblé ? Ils disent que Hachém est présent en tout cela, même si l'homme ne le voit pas, ne le sait pas, ne veut pas le savoir. 
    Comment nous est-il dit que Hachém est ici en cette joie commune ? Par les initiales de chacun de ces mots du psaume 96, 11 car ils composent le nom même de Hachém ; alors, nous pouvons dire : 
    "Heureux l'homme qui sait qu'il vit ainsi en Ta maison" (acheréï yochevéï véitékha ; Ps 84, 5).

    Les négateurs
    Mais qu'importe à l'homme -à celui qui s’attribue une forme d’intelligence étroite qu’il nomme non primitive- cette présence invisible dont ce que nous savons de sûr c'est qu'elle a la forme d'une absence ? Cette question ne vient pas seulement du doute qui imprègne toute l’existence, elle vient aussi de la même vulgarité qui est chez celui qui n'entend pas que quelqu'un l'aime ou que quelqu'une l'aime, celui qui voit seulement là un homme ou une femme avec les simples "usages" quotidiens que l'on peut en faire ; notre expérience de psychologue nous a montré que, hélas, cela est très fréquent. Voilà pourquoi nous devons répéter sans cesse : "écoute, écoute Yisraël"...

    L'union de la joie et de l'être
    Celui qui n'est pas sensible profondément à l'amour de l'autre envers soi, ne sera pas non plus sensible à l'amour que Hachém a pour nous, ni à la beauté qu'Il a mise dans la nature ou dans le visage d'un être. 

    Pourquoi dis-je cette affirmation si forte et qui peut sembler trop puissante ? Parce que, si les lettres initiales de ces mots de joie (yismé'hou hachamayim vétaghél haarets, "que les cieux se réjouissent et que la terre jubile") disent la présence affirmée de Hachém dans cette joie de ce qui est simplement l’existence, nous voyons aussi que les lettres finales, dans l'ordre opposé, à partir de la dernière lettre, disent le mot tsalmo ("à son image") en référence à notre Création comme homme (femme et homme en un seul être) fait à l’image de son Créateur.

    L'union banale
    Cela veut nous dire que pour celui qui est sensible à la vie de Hachém depuis l'instant de Sa Création jusque dans le "aujourd'hui" du "maintenant" où Il renouvelle à chaque instant Sa création, alors sa joie et son être même sont pétris de la réalité même de Hachém. C'est un peu ce que l'on essaie de laisser dire par des poèmes ou des photos surgis d'une vibration minuscule de cette présence.

    Evidemment, cela se vit dans la banalité du quotidien, avec la même simplicité que le glissement du soleil dans le ciel ; c'est ce que dit le Chla quand il répète sans cesse : ‘héléq Hachém âmo (c’est une part de Hachém Son peuple).

    Il faut voir l'être intérieur profond
    Certes, cela est invisible également, encore plus invisible et plus pudique que la présence de Hachém, comme l'exprime le retour invisible et anormal des lettres finales ; face à chaque juif, de l'extérieur, on ne verra qu'un juif sociologique avec des caractéristiques que l'on aimera ou auxquelles on est indifférent, ou que l'on n'apprécie pas spontanément, mais il faut aller voir l'être intérieur profond, car cela est une partie de la connaissance que je peux avoir de Hachém, une partie de l'être humain global créé à Son image.

    La sensibilité à tous
    Il n'est pas de joie si elle n'intègre pas tout le peuple. Il faut l'exprimer dans certaines réunions communes ou collectives. C'est une base d'une conception saine et naturelle de la relation au peuple, à soi-même, à la Création, aux nations et à D.ieu. Quelle erreur, quand des Juifs s'enferment en secte en se construisant un Rav imaginaire qu'ils veulent accaparer pour se dire que "eux seuls, par lui", connaissent La vérité, à la place de Moché lui-même et de tous les autres Sages qui manifestaient ensemble la Torah. Erreur totale, non différente de celle du christianisme.

    Notre sensibilité peu spontanée à cette joie
    Cette joie n'est guère éprouvée collectivement de façon continue. Le Juif n'a pas encore eu le temps de vraiment reprendre une conscience atmosphérique et intime de sa terre en cette dimension de présence et de joie spirituelle, ni de tout ce qu'elle représente en ce sens dans la tradition.

    Il n'est pas étonnant non plus que cette approche de la joie naturelle reliée à Hachém soit éloignée de l'homme moderne : rares, en effet, sont ceux qui sont "sensibles" à la nostalgie intense de la destruction de la chambre nuptiale dont le lieu est sur le Har habbaït (Mont du Temple). La preuve en est qu'après l'avoir reçue par l'échec même de l'adversaire qui nous avait attaqués, on l'a abandonnée à sa stupéfaction à un autre peuple très religieux et rival qui, lui, veut (à juste titre) monter chaque semaine à Jérusalem en masse aux chants de "montons à Jérusalem" pour y honorer D.ieu. Cela ne nous a pas été pris, ce sont nos chefs qui n'en ont pas voulu, inconscients de l'importance. Par contre, de nombreux vendredis dans l'année, les Arabes s'y pressent par dizaines de milliers et, parfois, 2 ou 3 centaines de milliers. Combien de Juifs y a t-il au Mur alors ? C'est un peu comme si quelqu'un laissait se perdre ses lettres d'amour que d'autres lisent et qu'il n'y verrait même pas problème. Combien de Juifs vivent loin de leur terre, alors qu'un autre peuple  venir y habiter en masse ? Qui ne souffre pas de cela, réellement, physiquement n'a pas encore bien lu la haftara de Nitsavim. Israël n'est pas un club méditerranée simplement pour y passer des vacances. Tout cela s'exprime exactement par cette image qui nous fait mal.

    Il nous suffit encore, au mieux, d'aller jusqu'au Mur détruit comme on en garde l'habitude des vingt siècles d'exil. Ceci n'est pas une critique ni aucunement un programme politique, c'est simplement un état psychologique et objectif des lieux, face à ce que disent nos textes et nos Sages dans tous les siècles en leur lecture de la Torah. Face à la conscience vive qu'en ont d'autres peuples dès que notre conscience baisse, ainsi que le disent avec précision nos textes, dans une  régulation parfaite.
     

    III - UN CRI PATHÉTIQUE DEPUIS LE CENTRE DU JUDAÏSME

    1. La paracha est un cri pathétique de Hachém : "choisissez la vie, aimez-Moi puisque Je vous aime ! puisque Je suis votre source et votre joie". C'est -dans la chambre nuptiale- ce cri de la fiancée, mais le fiancé dort, il n'entend pas et va suivre les débats politiques à la télévision. Tout n'est plus qu'un spectacle, que des "informations". Rien de profond.

    Combien ne perçoivent pas que 

  • le centre du judaïsme le plus concret est, dans la réalité quotidienne, ces deux chérubins qui s'aimaient face à face dans le Saint des Saints, 
  • le centre du Tanakh est le Chir hachirim, 
  • le Chémâ Yisrael dont on fait le symbole de tous les âges de toute la vie du Juif est entouré dans le texte  de la prière par les deux mots : "amour". 

  • La Torah va se terminer, Hachém lance cet appel pathétique : Il appelle les cieux et la terre à témoin, ces représentants majeurs de tout couple. Alors, malgré Sa déception, Il devra reprendre tout le chemin depuis le début en reliant la dernière lettre (le l de Israël) de la Torah à la première (le b de Béréchite), pour baser tout -une nouvelle fois- sur le cœur (lév), composé de ces deux lettres laméd et béit, l et b. 
    C'est cette sensibilité que développent nos poèmes.
    Que de temps perdu dans ce couple, comme dans beaucoup de couples. Quel gachis !

    Et Hachém pointe avec précision dans notre paracha (29,18-19) notre double jeu constant qui gâche tout: "cet homme se donnerait de l'assurance dans le secret de son coeur en disant: je resterai heureux tout en me livrant à la passion de mon coeur... Hachém ne consentira jamais à lui pardonner". C'est clair et précis.


    Le Chir hachirim, Cantique des Cantiques, nous décrit cela pour que nous y soyons sensibles, mais on peut aussi ne pas vouloir entendre, et ne vouloir regarder que la beauté de l'amour décrit.

    2. Déjà, les nations n'avaient pas voulu entendre cet enseignement-là sur la réalité du monde comme jardin d'Êdén d'amour, alors Hachém s'est choisi une petit peuple en lui créant une histoire qui lui ferait comprendre ce message. Nous, dans ce peuple, entendrons-nous cet appel d'amour ? On pourra se mettre des boules dans les oreilles pour ne pas l'entendre mais on ne pourra pas empêcher la Torah de nous lancer cette supplication pathétique de l'amante : "ouvara'hta va 'hayim, choisis la vie (Dévarim 30, 19), choisis-moi". Je dois dire que j'ai souvent eu très mal quand il fallait absolument demander de la tsédaqa pour des personnes dont la situation matérielle et l'honneur ont coulé subitement sans aucune faute de leur part, et m'entendre utiliser des prétextes multiples pour refuser. Ou quand je demande à des gens qui sont repus de multiples connaissances reçues dans la Torah afin d'en donner un peu à ceux qui meurent de faim, et de constater l'insensibilité de riches envers les pauvres. C'est vraiment: "j'ai placé devant toi la vie et la mort, choisis la vie" (Devarim 30, 19). Il ne reste plus que l'humiliation et la tristesse et la souffrance. Et l'insuffisance devra rester souriante aussi. Par contre, combien nombreux sont ceux, dans le peuple juif qui donnent sans discuter quand Hachém met le pauvre sur leur route avec une seule règle: Hachém le veut et Il sait pourquoi, nous ne sommes que des serviteurs.

    3. Pudiquement, les Sages le disent par ces mots : Haqqaddoche baroukh Hou est plein de désir pour les prières des tsaddiqim (Traité Yébamote 64 a) ou Haqqaddoche baroukh Hou est plein de désir pour les conversations des femmes justes, tsidqaniotes (Traité de Jérusalem, Sota 7 a) ou Haqqaddoche baroukh Hou est plein de désir pour les bénédictions des cohanim (Traité Sota, 38 b). 

    4. Avant de mourir, Moché essaie de nous faire encore entendre cet amour et ce besoin d'amour. C'est ce livre de Dévarim, de plus en plus amoureux, de plus en plus poignant.

    5. Le Saint Zohar, poétique, utilise son art pour essayer de faire passer le même message : "Ribbi Chimêone bar Yo'haï dit : la prière de la collectivité monte vers Haqqaddoche baroukh Hou et elle y devient une couronne de plusieurs couleurs sur la tête de Celui qui est le Juste éternel, alors que la prière d'un seul individu ne forme qu'une couronne d'une seule couleur" (I, 167 b). Magnifique !

    6. La haftara utilise également tous les arguments poétiques et musicaux pour nous montrer les avantages de cette vie d'amour avec Haqqaddoche baroukh Hou en collectivité, en rassemblement.

    7. Mais, comme dit la fin du Cantique des Cantiques, que peut faire Celui qui aime et donne tout (Haqqaddoche baroukh Hou), face à celui qui n'aime pas assez et qui donne seulement une partie de son argent mais pas son coeur dans l'étude de vérité (Cantique des Cantiques 8, 7) ; celui-là ne recevra que du mépris, même s'il donnait tous ses biens, car Hachém "veut le coeur". 

    Hachém espère cependant que son peuple se réveille et, prenant consience, dise : karmi chéli léfanaï (ma vigne est devant moi, ibid. 8, 12). 
     

    Notre réponse

    1. Par contre, me semble-t'il modestement, celui qui s'obstine à ne pas choisir la vie continuera à ne voir dans le réel de l'Histoire du monde et dans l'histoire de sa vie qu'un échec (kéchél) par la lutte entre les puissances d'argent ou de politique, il ne verra alors que les premières lettres (kéchél) de ces trois mots karmi chéli léfanaï (ma vigne est devant moi, ibid. 8, 12).

    2. Mais l'homme doit ouvrir son regard, l'élever pour voir le monde avec le regard de D.ieu, depuis Son Lieu, Son maqom, c'est cela que nous enseigne la Torah : éssa êinaï él hé arim méayine iavo ézri, "je lèverai mes yeux vers les montagnes (ou vers les patriarches ou vers les sphères d'En-haut) d'où me viendra mon aide" (psaume 121, 1). Cela semble miser sur le néant, le vide (eïne) mais c'est de cette expérience que vient la vie, non pas du plein de la sensation immédiate. Seule l'expérience du manque et de l'inconnaissance permet d'atteindre à la plénitude. En tout cas, elle aiguise la conscience.

    3. On comprend maintenant avec précision pourquoi Hachém disait à Avram (Béréchite 13, 14) : sa na einéhkha ou réé mine ha maqom achér ata qham tsafona vanégva vaqédma vayama, ki éte kol haaréts achér ata roé lékha aténéna ou lézarâkha ad olam. Hachém nous demande (nous paraphrasons) : "élève ton regard, depuis l'endroit précis où tu vis en l'étendant sans quitter le tien jusqu'au lieu qui est la source du tien véritable, c'est-à-dire Moi, et à partir de là regarde toute l'existence en toutes les dimensions et directions, et reliant ainsi ce que tu vis et Ma vie, toute cette terre que tu vois deviendra ce que Je vois aussi et tu la possèderas dans sa vie véritable, et alors tu auras la science de pouvoir le transmettre aussi à ta descendance". Aller lire la traductiion littérale de Béréchite 13, 14.

    C'est ce que Avraham a su faire, ayant compris la leçon, dès la âqeda : il voyait au loin et voyait déjà la véritable réalité de l'endroit (Jérusalem, Béréchite 22, 4), lieu de la vision complète qui est simultanément celle de Hachém et celle de l'homme. Tandis que ses serviteurs (Béréchite 22, 5) ne voyaient rien de spécial dans cet endroit.
     
     

    4. Aujourd'hui, tous ces enjeux sont plus clairs que dans les siècles précédents, le Juif est ici sur sa terre d'Israël, à nouveau ; mais la question reste la même : y voit-il, entend-il, aime-t-il, choisit-il LA vie, cette vie décrite dans Sa Torah ?

    5. Avraham a montré que cet axe de vision est juste et efficace : il a découvert que le monde est fondé réellement sur le bonheur et l'amour, le 'hésséd et non pas sur le jeu des forces économiques, physiques, historiques dont la brutalité et la superficialité crée une illusion que l'on appelle réalité et dont tous nos Sages nous ont dit que c'est, vide, vanité. (Voyez le poème, les trois soleils).

    Etant branché ainsi sur la vraie réalité qui est amour, Avraham prototype du Juif a renouvelé le processus de création même du monde physique et non seulement des relations humaines (béhibaram, Avraham).
     

    Perspective

    La question qui est posée au Juif est : "j'ai placé devant toi la vie et la mort, choisis la vie" (Devarim 30, 19). "Être" (au sens fort et plein du terme, et non pas "exister") ou ne pas "être" (au sens plein du terme), c'est la seule question, avait bien compris Shakespeare. Cela veut dire, pour le Juif : "être" en chacune de nos dimensions (soi double, peuple, création, Hachém) simultanément.

    C'est un défi pour lequel chacun n'a aucune aide car il n'y a pas un autre exemplaire que lui au monde pour résoudre cette équation, cette tentative, cette couleur qui va jouer parmi les autres couleurs.

    Cela est exprimé parfaitement par notre modèle, notre père Avraham, le reCréateur du monde, dont il est dit (Ezéchiel 33, 24) :
    é'had haya Avraham vayirache éte haaréts
    ce qui veut dire : "Avraham était seul (un, ou isolé) et pour cela il a hérité de la terre".
    Cela n'a rien à voir avec le régime du choix par la majorité démocratique.

    La tradition dit qu'il était ya'hid à la fois unifié, unique, relié et seul. La Torah nous a donné en Avraham le modèle que nous avons à suivre chaque jour. Voilà pourquoi nous le décrivons dans ses luttes dès le début de la prière du matin (lecture de la Aqéda, Béréchite 22), voilà pourquoi nous le nommons encore au sommet de la prière dans la Âmida (Dieu d'Avraham, Eloqé Avraham).
     

    Souhait

    Souhaitons-nous, à chacun, d'atteindre cette unité complexe,
    et ces niveaux unifiés de l'amour (Hachém-Torah- peuple-nous-mêmes).
    Que cette unité, en chacun, soit reconnue et aimée par les autres,
    au moins par ceux dont nous avons besoin dans notre néchama.

    Alors, cette intimité sera harmonieuse avec les autres couleurs,
    comme ce bleu du saphir qui va en continuité de nous à la mer, puis à l'horizon, jusqu'au ciel et jusqu'au Trône, ainsi qu'il est décrit dans le traité 'Houline 89 a.

    Car Celui, qui dit dans Sa Torah qu'Il nous aime, a fait toute la Création rien que pour cela.

    Que la plénitude soit sur tout Israël.

    Ici, suite de l'étude: la téchouva


    Exercices de développement personnel
    1. cette paracha demande une réflexion profonde sur de nombreux points essentiels. 
    Chacun pourra les noter pour soi, les approfondir, et les échanger avec ses proches.
    2. Quelques interpellations de la Torah, par rapport auxquelles on doit ici se situer :

    • qu'en est-il du bilan de notre orientation vers la vie, ou vers la mort ?
    • ce que la Torah appelle la vie, est-il au centre de notre expérience de vie ?
    • notre regard sur les différentes composantes du peuple d'Israël les intègre-t-il tous en un même corps, ou sommes-nous loin intérieurement de certaines sensibilités du peuple juif ? Les connaissons-nous réellement ? Prononçons-nous des réflexions dévalorisantes vers des parties du peuple ? Essayer de formuler en quoi cela porte atteinte au Séfér Torah, à Hachém.
    Lecture :
    Relire la paracha après l'étude. Se reporter à toutes les citations.
     

    Pour les étudiants avancés
    Lire l'introduction du Rambane à son commentaire sur la Torah.
    Se reporter aux sources citées.

    Suite du commentaire de la paracha

    Concernant le 'Hesséd, la voie de vie et la voie de mort, voir le poème et le tableau :

    Une nuit pour trois soleils.
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