51e - 52e Paracha : Nitsavim - Vayélékh
"Tous debout" - "Et il alla"

Devarim (Le Deutéronome) 29, 9 - 31, 30


La  téchouva selon Rabbénou Yaâqov Abou'hatséra
Quelle téchouva  faire, selon le Chla

Ici, retour à la première étude sur la paracha :
Placés tous ensemble face aux choix du bonheur

Ici, retour à l'étude sur la téchouva en Eloul




Présentation du commentaire de Rabbénou Yaâqov Abou'hatséra
sur la paracha Nitsavim dans Ma'hsof ha lavane.

(Entre parenthèses, notre présentation et nos commentaires personnels. Vous assistez ainsi à une étude que je ferais avec vous sur le texte du Rav).

I. Comment entrer dans l'étude du texte de la Torah
(L'étude juive commence toujours par analyser les particularités du texte en utilisant la perspicacité de notre intelligence.
Lisons attentivement le texte précédent en hébreu et en français, sur lequel porte ensuite le commentaire).

1. Question. Il faut préciser dans ce verset pourquoi Moché Rabbénou a eu besoin de donner toutes ces précisions : les chefs de tribus, les anciens, etc.
2. Il eût suffi de dire : vous êtes placés aujourd'hui vous tous devant Hachém, tout membre d'Israël.
3. Réponse. C'est que Moché Rabbénou veut nous enseigner la grandeur de la téchouva et la particularité de son action:
- afin qu'il ne puisse pas entrer dans l'esprit ni dans le coeur d'aucun pécheur le plus grand soit-il que la téchouva n'est pas efficace en son cas et que sa téchouva ne serait pas retenue comme valable, et qu'il ne s'efforce donc pas de faire téchouva.
4. Enseignement. Donc Moché Rabbénou vient faire savoir (lé hodiâ,nom de notre site "Modia") que 
- rien ne résiste à la téchouva (choum davar ôméd bifné ha téchouva) : même si on avait commis les plus grandes fautes et en permanence, la téchouva vient tout effacer.
- c'est sur la téchouva que le monde est fondé (âl ha téchouva ôméd ha ôlam).
- Haqqadoche Baroukh Hou n'a pas créé le monde jusqu'à ce qu'il n'eut d'abord créé la téchouva (lo bara éte ha ôlam âd ché hiqdim éte ha téchouva).

(Suit alors une très longue démonstration montrant pourquoi cela se traduit par le fait que toute la Torah commence par la lettre béit dans le mot béréchite, "en un commencement de...".
Cette démonstration utilise les méthodes du réméz qui se basent sur les multiples combinaisons des lettres.
En effet, la Torah doit être comprise simultanément par le sens du récit, par le sens des lettres, et par la valeur chiffrée de ces lettres. Et ces trois sens sont chacun partiels : ne connaître que l'un des sens est très partiel, comme quelqu'un qui dans une couleur composée de trois ne percevrait que l'une des trois couleurs. Pourtant, chacun des trois sens est vrai mais il doit être complété pour parvenir à sa justesse.
Résumons les fruits de l'analyse qui demanderait une longue formation et n'aurait pas de sens sur un site ouvert à tous sans capacité d'apprécier le niveau des lecteurs).

La lettre béit qui ouvre tout le texte de la Torah représente la bina ou Sagesse d'en-haut qui est la source du bien en ce monde, et y revenir -sens de la téchouva- c'est revenir à cette lettre béit de sagesse. Elle est comme une mère donnant la vie vers qui ses enfants reviennent se nourrir. De là, les phrases dans tout le Tanakh parlant de la mère ou de Ra'hel qui reçoit ses enfants qui reviennent.
Ainsi, la lettre béit est le commencement -réchite- de tout ce qui a été créé. Et elle est elle-même la téchouva.
C'est pour cela que nos Sages disent que là où se tient un baâl téchouva, celui qui fait téchouva, même les justes parfaits, les tsaddiqim, ne peuvent pas se tenir (ba maqom ché baâlé ha téchouva ômédim éine tsaddiqim guémourim yékholim laâmod).
Alors ceux qui font téchouva, les baâlé téchouva, sont nommés réchite ha kol, commencement de tout et au-dessus de tout.

(On pourrait se demander : mais qu'est-ce que "faire téchouva". C'est dans Réchite 'Hokhma du Rav Eliahou Di Vidas (lien ici) que la présentation de ce terme est à la fois la plus claire et la plus élevée en même temps ; en effet il sait écrire pour que le plus simple comprenne et y voie seulement de la morale ou moussar, tandis que le plus instruit y verra des enseignements importants aux niveaux des secrets les plus complexes. 
 

Faire téchouva,  c'est reconnaître D.ieu comme la source de tout, de toute vie, de toute puissance, de toute loi d'existence, et se conformer totalement en conséquence à ce qu'Il a révélé et demandé à Son peuple dans la parole de Sa Torah. C'est le faire concrètement, et non pas en simple adhésion du coeur ou de l'esprit, mais dans la vérité de la cohérence de la pensée, des sentiments et de l'action.

On comprend que nous mobilisions ces trois niveaux dans nos études sur Modia).

Voilà pourquoi celui qui "fait téchouva", revient à la puissance de la source créatrice qui trouve en lui un réceptacle.  Ce n'est pas quelqu'un qui est remarquable par ses propres qualités, c'est quelqu'un qui se laisse emplir par LA  qualité qui crée le monde à chaque seconde. Voilà pourquoi il est dit que "celui qui fait téchouva crée le monde". Il est participant du mouvement de don de D.ieu qui crée le monde, et la lettre béit du début de la Torah l'exprime qui est à la fois cette sagesse créatrice et cette téchouva. Il faudrait ajouter que cette lettre est la seconde de l'alphabet et a la valeur du chiffre  "2" ; elle est donc un couplage et ce mouvement de téchouva n'a sa plénitude que dans le couple, ce qui est exprimé par la première phrase de la Torah qui parle du couple des cieux et de la terre comme symbole de cela, entre autres).

C'est pour cela que la lettre beit est aussi la lettre du mot bérakha, la bénédiction, car elle crée constamment le monde.
Celui qui fait téchouva, donc, est la tête de tout (baâl téchouva hou roche ha kol).
Remettons ici ces citations du Zohar qui deviennent maintenant toutes compréhensibles par le mérite de Rabbénou Yaâqov Abou'hatséra (que son mérite nous protège) :
 

Livre I 
  - Adam dit : elle est tellement grande la force de la téchouva et je ne le savais pas. Immédiatement, il commença à louer son Créateur. Zohar I 54b. 
  - quand Haqqadoche Baroukh Hou créa le monde, il ne put subsister jusqu'à ce qu'Il créa la téchouva. Zohar I 90a. 
 - à l'endroit où se place le baal techouvah, le juste complet ne peut pas se mettre, parce qu'il est plus proche de Haqqadoche Baroukh Hou,  car c'est par le coeur et avec une grande force qu'ils sont unis.Zohar I 129b et II 106a. 
 - Haqqadoche Baroukh Hou dit à la téchouva : Je veux créer l'homme dans le monde de façon à ce qu'il puisse revenir de ses fautes, sois donc invitée pour lui pardonner et réparer ses fautes. Zohar I 134b. 
 - Haqqadoche Baroukh Hou est lent à la colère envers les pécheurs pour qu'ils reviennent à la téchouva complète et  qu'ils existent dans le monde.Zohar I 140a. 
  - il n'y a pas de faute qui n'ait sa téchouva, si ce n'est celle qui porte atteinte à l'alliance. Zohar I 219b. 
 - si quelqu'un revient en téchouva et tienne bon devant Haqqadoche Baroukh Hou, c'est comme s'il n'avait pas péché. Zohar I 202b. 
  - les 'hassidim examinent leurs actes et leur coeur chaque jour comme s'ils allaient mourir et ils font téchouva devant  leur Créateur.Zohar I 220a. 

  Livre II 
 - c'est par la téchouva que l'on sait que Hachém Lui est notre D.ieu. Zohar II 26b. 
 - quand l'homme revient en  téchouva, Haqqadoche Baroukh Hou est haussé en gloire. Zohar II 184a. 
 - il n'est pas de péché qui n'ait sa téchouva. Zohar I 219b. 

  Livre III 
 - il faut que l'homme examine ses actes et les corrige pour que Haqqadoche Baroukh Hou soit nommé Miséricordieux et pardonnant et accueillant pour ceux qui reviennent. Zohar III 13b. 
  - à chaque heure, la téchouva est invitée devant les hommes. Zohar III 69b. 
  - s'il donne son âme et revient en téchouva, tout est réparé là-haut, et il est réparé lui-même et l'ensemble du monde. Zohar III  122b. 
  - quand un décrêt terrible est pris là-haut et que Israel revient en téchouva, alors Haqqadoche Baroukh Hou appelle les justes, tsaddiqim, qui se tiennent devant Lui et les informe et ils annulent les décrêts et Haqqadoche Baroukh Hou pardonne à Israel. Zohar III 183b. 
 - la téchouva est une forteresse forte. Zohar III 202b. 
  - Il n'y a pas d'amour envers Haqqadoche Baroukh Hou dans le monde si ce n'est chez celui qui revient de son péché. Zohar III 304b. 

  Tiqouné Zohar 
 - quand Israel revient en téchouva et pleure, alors immédiatement il lui est pardonné. Tiqouné Zohar 26b. 
  - si le corps ne revient pas en téchouva, l'âme s'éloigne de lui et il disparait des deux mondes. Tiqouné Zohar 76a. 
  - qui peut permettre de tenir dans une longue galoute, exil, seulement une forte téchouva. Zohar Nouveau 21b. 
  - par la téchouva, l'homme est sauvé des rigueurs du jugement et de l'accusation. Tiqouné Zohar 94b. 
  - les larmes de la téchouva percent les cieux, franchissent les portails et entrent devant Haqqadoche Baroukh Hou.  Zohar Nouveau Ruth 98a. 

 Après cette base claire, revenons à l'étude du texte de Rabbénou Yaâqov Abou'hatséra :

La force supplémentaire à notre disposition
Ce retour primordial à la Création est remis dans nos mains comme quelque chose qui modifie tout. 
C'est le motif pour lequel  la lettre youd est rajoutée, sans justification grammaticale, dans le verset méqimi mé âfar dal ("il redresse l'humble couché dans la poussière". Psaume 113, 7) et dans le verset lé hochivi îm nédivim ("pour le placer à côté des grands de son peuple". Psaume 113, 8), et dans le verset mochivi âqéréte ha bait, ém ha banim sémé'ha  "(il fait trôner dans la maison la femme stérile, devenue une mère heureuse de fils"...psaume 113, 9). 
(Cette gratuité étonnante est rendue par la gratuité de la lettre youd qui est en surplus et c'est aussi la première lettre de la descente du Nom du tétragramme comme la source du flux des bénédictions. Cela dit la grandeur, la force, et l'amélioration sur-naturelle que fait la téchouva ou que fait celui qui revient à sa source).
Comme pour les malades la téchouva produit une re-création de la vie en dépît de notre faiblesse.

La condition
Il est clair qu'il s'agit en tout cela d'une vraie téchouva sincère et nette, complète. Le passage se fait alors de l'état de dal (pauvre) à l'état de créatif et de participant à LA sagesse d'en-haut qui est la véritable terre de vie (éréts ha 'hayim) et la source de la vie (méqor 'hayim). (C'est la terre d'Israël qui est l'image ici-bas de cette terre créatrice d'En-haut. Ceux qui n'ignorent pas l'enseignement de notre tradition juive comprennent alors quel est le vide intellectuel et l'irresponsabilité de ceux qui sont prêts à donner cette terre de la bénédiction et veulent y supprimer la présence juive, en cherchant avec l'adversaire toutes les formules possibles pour s'en débarrasser.C'est omme s'ils voulaient supprimer le coeur de quelqu'un ou son cerneau pour le donner. Il est aberrant que ce soient les plus ignorants qui osent ainsi gérer les affaires de cette importance. Heureusement, le peuple a une sagesse profonde et sûre, enracinée dans la tradition profonde -même chez ceux qui ne pratiquent guère tous les rites- et ce peuple ne se laissera jamais manipuler).

Le Rav dit que Moché informe tout Israël, justement pour que les ignorants et les grands pécheurs reviennent de leurs erreurs en toute confiance; c'est le sens des mots du début de la paracha atem nitsavim (vous, soyez fermes sur cette position). Le Juif qui réalise cela branche sur ce monde-ci toute la force créatrice du monde d'en-haut. (Voilà pourquoi, même si nous sommes actuellement dans une période de destructeurs acharnés de notre tradition, le retour véritable à la Torah dans le peuple rendra vaine cette tentative de destruction car la source de la vie passera; et cela a été mis entre nos mains. Aucun sot, aucun ignorant, aucun petit chef politique n'est plus fort que la source de vie révélée à nos Pères). Le Rav dit que cette téchouva a valeur de  qiyoum, "existence". Le Juif est ferme et stable, yatsiv, nom de la paracha.



Objection : mais alors pourquoi ces malheurs si longs de l'exil ?

(Ribbi Yaâqov Abou'hatséra s'adresse alors aux passifs, et aux pessimistes).
Pourtant, nous voyons que notre peuple est dans un exil qui n'en finit pas (réé orekh ha galoute ha zote ha a'harona ché hi mitarékhéte béyotér). (Il faut renverser la façon de poser le problème : beaucoup s'en lamentent et supplient ou accusent le silence de D.ieu. Le problème se pose dans les termes suivants).
Ce n'est pas d'abord nous qui souffrons de l'exil et prions sans succès pour sa fin. 
C'est la présence de D.ieu dans le monde, la Chékhina, qui est en état de souffrance par cet exil qui n'a pas de fin. Moché nous enseigne en cette paracha que cette situation est dans nos mains et dépend de nous (orékh ha galoute talouï bé yad béné Yisrael).  Bien plus, c'est nous qui sommes les facteurs qui déclenchons (hém gorémim) cet état de choses et cette souffrance de D.ieu dans Sa présence souffrante de la Chékhina.
Ce sont uniquement nos fautes qui allongent l'exil, la galoute, car D.ieu n'avait prescrit qu'un exil de mille ans comme il est dit en Eikha 1, 13: nétanani choméma kol ha yom davé (il a fait de moi une désolation, tout le "jour" souffrance). Or "un jour" à nos yeux est mille ans dans la pensée divine (Psaume 90, 4) et, ainsi, tout ce qui s'est ajouté au compte de ces mille ans d'exil n'est que le résultat de nos fautes.
Ne croyons pas au "silence de D.ieu" ; au contraire, c'est d'une souffrance de D.ieu qu'il faudrait parler, par la Chékhina, Sa présence : elle crie, elle gémit et hurle sur les souffrances de cet exil, de cette galoute (ha Chékhina tsoêqéte ou mitraâméte âl tsaâra ba galoute).
On sait que c'est la prière de minuit qui est la plus efficace pour consoler si l'on peut dire, cette souffrance de la Chékhina et demander la fin de cette galoute. Elle est appelée Tiqqoune 'hatsote, la réparation de minuit (voir ce lien).


Au coeur, nous avons l'obstination de l'espérance: même si on me dit que cette orange ne fleurit pas,
j'ai pris cette photo.

(composition et photo de l'auteur)


Le Rav explique alors pourquoi Israël, qui a le pouvoir de mobiliser la bénédiction créatrice dans le monde, ne le fait pas.
Voici ses termes très éclairants :
- hém bé éméte maaminim ché yavo mélékh ha machia'h (eux, vraiment croient que viendra le roi messie).
- aval éinam mitôrérim laâssote téchouva chéléma ché âl yada yavo (mais ils ne s'éveillent pas pour faire une téchouva complète par laquelle il viendra).
- raq omérim béfihém  (ils ne font seulement que dire des mots par leur bouche).
- vé ha îqar 'hassér mé hém ché hi ha téchouva (mais l'essentiel manque en eux qui est la téchouva).

- et c'est probablement d'eux qu'il est dit en Hochéa 11, 7 : vé âmi télouyim limchouvati...,"oui mon peuple se complait en rébellion contre moi, il a beau les inviter à regarder en haut, ensemble ils refusent de s'élever".
- éine bé fihém nékhona : ce n'est pas exact ce qu'ils disent sur leurs lèvres.
- ki éinam nigualim bli téchouva : car ils ne peuvent pas être sauvés sans téchouva.

Le Rav réfute ce qu'ils disent pour justifier leur passivité de ne pas revenir à la Torah ni à la terre d'Israël : ils disent 
- que le salut dépend des mains de Hachém (omérim ché téchouâ zo télouya bé yad Hachém).
- qu'Il nous fera miséricorde (ché Hou yéra'hem âlénou) et qu'Il nous retirera de la galoute (vé yipadnou mi tokh ha galoute.
(Il ajoute beaucoup d'arguments de ce type que nous utilisons constamment, sans réaliser que nous nous dupons nous mêmes et nous maintenons ainsi dans une voie sans issue et il termine crûment) : vé éine ha davar kén,  et la vérité n'est pas en cela. LA vérité est qu'ils remuent des idées pour ne pas faire téchouva, pour ne pas revenir car ils ne sont pas d'accord pour faire ce qui sauverait.
Et c'est de cela, d'eux et de nous, dont parlait Moché quand il dit que les âmes de ceux qui ne sont pas ici avec lui sont cependant  présentes (Dévarim 29, 14) car nous avons tous reçu cet enseignement clair.

Appel poignant
Et le Rav s'adresse à nous tous où que nous soyions en cette génération :
vé zé ha davar talouï bidékhém atém béné ha gola, et ce programme est entre vos mains et dépend de vous, vous qui êtes dans la dispersion, car c'est par cela et ces fautes que vous faites en cela que la galoute se prolonge (ché bé âvonotékhém ha galoute mitarékh. Vé zé kol iche Yisraël) et c'est tout cela qui est dit par ces mots du premier verset de la paracha : "et tout (kol) membre du peuple d'Israël".
Il insiste encore en disant : le chiffre 50 du mot "tout (kol)" le prouve encore qui est le chiffre de "hagola" (la dispersion), en comptant l'unité du mot. Pour cela, Israël en ce moment est nommé iche ha gola, l'homme de la dispersion.
Et il termine par ces mots poignants que sa grandeur ne nous permet pas de contester ni de rester sourd à leur impact:

Ani omér ché titôrérou vé tédêou
Je vous dis de vous réveiller et de savoir

ché ha tsaâr ché mitstaêréte ha Chékhina
que la souffrance dont souffre la Chékhina

bichvilékhém hou
est à cause de vous, pour vous.

Vé tachouvou bi téchouva chéléma kédé chéyitqayém ma ché katouv :
Et revenez par la téchouva complète pour que soit réalisé ce que dit le verset (Isaïe 1, 27) :

Tsiyone bé michpate tipadé vé chavéya bitsédaqa
"Sion sera sauvée par la justice-miséricorde, et ceux qui font téchouva seront sauvés par la tsédaqa"
.


Commentaire après l'étude

Souhait
Que cela se réalise enfin en cette année nouvelle pour chacun de nous, 
pour tous ceux que nous aimons qui sont près de nous ou qui sont encore loin de nous,
en Israël ou dans la dispersion,
pour les malades qui aspirent au retour de la santé,
pour les guérim (convertis) qui entrent en Israël dépourvus de tout,
et pour chacun des membres du peuple d'Israël,
spécialement pour ceux qui nous gouvernent 
et qui ont non seulement à préserver l'héritage mais à le promouvoir
pour qu'alors il y ait enfin la justice dans le peuple
et l'accord des nations pour reconnaître enfin notre droit à l'existence
afin que nous ne soyions que bénédictions pour tous les autres peuples.
Amen kén yéhi ratson.)

Objection de lecteurs
Tout cela est très beau mais, même quand Son peuple revient sur Sa terre et essaie de bien y vivre, nos malheurs continuent et, si nous prions, nous sommes quand même malades. Ne faut-il pas simplement attendre avec confiance sur place?

Réponse
La réalisation au présent par le Juif
Il y a plus. Au nom de toute la tradition, Ribbi Yaâqov Abou'hatséra nous rappelle combien le salut est entre nos mains, dans la mesure où nous faisons une adéquation réelle entre notre être et notre croyance. Alors se REALISE le flux de la bénédiction qui donne la vie, et qui nous a été enseigné. C'est pourquoi il est dit dans le Tanakh plus de 500 fois hayom (en ce jour-ci) et 433 fois âta (maintenant). Car c'est "maintenant" que se "réalise", voilà les deux termes qui définissent le Juif en sa fonction humaine. Sa tâche est d'actualiser la diffusion de la bénédiction qui donne la vie. S'il le fait, cela est plus fort que tous les plans adverses, que la puissance des armes, que le prestige des techniques, que la force des empires qui sont illusion derrière leur masque. Voilà pourquoi dans le bulletin des informations significatives, je décris les forces nocives mais, en plus, l'espoir invincible. Les Chinois décrivent justement cela : ces ennemis sont des tigres de papiers.
C'est nous qui leur laissons leur fausse puissance si nous ne sommes pas des tuyaux (tisnorotes) de diffusion de la vie créatrice, des réceptacles et récipients  (kélim) de cette eau vivante.

Entrainement pratique
Pour bien prendre cette attitude dès le matin, nous les Juifs commençons la journée 
- par un mot au présent,
- par un mot qui est une attitude,
- par un mot qui est acceptation et reconnaissance.
Ce mot est modé (pour les hommes) et moda (pour les femmes). Il signifie : je reconnais, j'accepte, je loue, j'avoue.
Il indique notre acceptation totale de la puissance de vie malgré notre fatigue, notre engourdissement, notre lassitude, notre peur, notre paresse.
Et pour insister encore, le pronom personnel "je" est mis ensuite pour que l'attitude de réception soit première et non pas le moi habituel ;  le "je" se coule ensuite dans cette attitude et devient lui-même cette attitude : modé ani, moda ani.  Comme on dirait, en français : "reconnais, je" au lieu de "je reconnais".
Reportez-vous ici à mon commentaire sur la prière du matin (lien ici) pour se former à ces attitudes de la prières dès le commencement de la journée.
Vous y verrez comme ce ne sont pas des demandes que nous formulons dès le matin mais des "reconnaissances" (dans tous les sens du terme), des prises de conscience de la vie qui descend, qui guérit, qui ouvre les yeux, qui redresse, qui donne de la force, qui arme pour la journée, qui fait resplendir en beauté, qui nous rend conscient de notre identité.
Et cela est dit en affirmation : ce que nous prononçons se réalise "maintenant". Nos Sages disent: c'est pour cela qu'après avoir dit la bénédiction sur le fait que Hachém nous a donné la Torah, nous disons encore la bénédiction sur le fait que Hachém nous donne (au présent) la Torah.
Il importe donc de dire lentement ces bénédictions du matin pour nous placer en cette attitude sur chaque mot afin de sentir que nous devenons ce que nous disons.
Combien courent trouver ces exercices de force dans des méditations non-juives, dans la musique étrangère, dans des voyages continus autour de la planète ou dans vacances ou week-end répétés et insatiables, et pour les riches dans des achats sans fin, alors que nous avons dans notre propre culture la pédagogie qui nous transmet cela chaque jour. Mais ils ne le savaient pas. Ils couraient ainsi partout aussi pour ne pas trouver.
Le malade (nous le sommes, chacun) trouvera ici et maintenant l'irradiation de vie au présent, en réalisation effective.

La prière au présent
Ribbi Yaâqov Abou'hatséra nous a appris qu'il faut ainsi être présent aux mots de notre prière avec notre être. Il va de soi que cela est possible seulement si nous prions lentement, au rythme où 
- nous pouvons penser et sentir ce que nous disons.
- où nous pouvons y être présent avec tout notre être, simplement à la fois pensée-sentiments-corps d'action.
Si nous "revenons" (sens du mot téchouva) ainsi à notre source dans la prière, alors nous essaierons plus facilement d'être cohérents dans la journée pour vivre selon la Torah dans nos actes, nos pensées et nos sentiments. Cela ne veut pas dire seulement agir selon les prescriptions pratiques de la Torah, mais selon la diffusion de vie de la Torah.
Cette attitude atteint son maximum lors de la récitation du Chémâ Yisraël (voir ce lien). L'écoute qui est le premier mot (Chémâ), fait que les 248 mots imprègnent ainsi nos 248 membres. Ensuite, nous disons 15 mots reliés l'un à l'autre  qui résument bien cette attitude de présence de nous même, présence de nos mots à la vie divine présente :
- éméte, c'est vérité,
- vé yatsiv, et c'est stable (sens de la paracha nitsavim),
- vé nakhone, et c'est exact,
- vé qayam, et c'est existant,
- vé yachar, et c'est droit,
- vé néémane, et c'est fiable,
- vé ahouv, et c'est aimé,
- vé 'haviv, et c'est préféré,
- vé né'hmad, et c'est agréable,
- vé naîm, et c'est doux, 
- vé nora, et c'est grandiose,
- vé adir, et c'est supérieur,
- ou métouqan, et c'est rectifié,
- ou méqoubal, et c'est accepté et reçu,
- vé tov, et c'est bon,
- vé yafé, et c'est beau 
haddavar hazzé âlénou lé ôlam va êd, cette chose sur nous pour toujours.

Il faudrait garder toujours cette attitude en chacun de nos mots, en chacune de nos écoutes des mots de l'autre, c'est le sens de mon premier livre (Ecouter le rêve. Robert-Laffont éditeur). C'est le secret de celui qui parvient à aider professionnellement autrui en l'écoutant bien.
C'est parvenir à garder le mot et l'écoute dans ce béit dont il est parlé plus haut, où on est deux dans une maison commune (béit veut dire "maison", en hébreu). C'est cela qui se passe simplement dans des instants d'amitié ou de rencontre amoureuse. Disons-le en un poème pour que chacun retrouve en soi l'expérience de ce qui nous est demandé par la Torah comme façon d'être continuelle. Ce poème pourrait être dit par chacun, ou par Israël à son Créateur.

J'espère que, cette fois, nous tous, malades sur certains plans, aurons compris davantage ce que j'essaie de transmettre de la tradition juive qui nous demande de dire avec confiance "béni es-Tu Toi qui guéris (maintenant, au présent) les malades, Toi qui redresses (maintenant, au présent) les courbés, Toi qui donnes (maintenant, au présent) la force". Il suffit de savoir écouter et recevoir, avec confiance amoureuse.

Note. Pour les parents, amis et soignants, sur la façon d'aider les malades,
voir mon livre : Dufour, La relation avec le patient. ESF Editeur. Paris.


Mise en garde dans le retour, dans la téchouva.

Celui qui décide ainsi de "revenir", de "faire téchouva" et qui évite les paradis qui lui sont offerts par la Thaïlande, les Indes ou tel ou tel hobby moderne pour trouver ce bonheur dans la Torah, rencontre souvent un autre obstacle. Des magiciens d'Egypte venus accompagner ceux qui sont sortis d'Egypte sont là encore pour le séduire, comme ils l'ont fait avec le peuple par le Veau d'or. Ils lui disent: "ne perds pas ton temps à croire que la Torah est longue à acquérir, tu vois bien que les autres n'ont pas trouvé, même dans ta tradition, viens chez nous, dans notre secte, nous nous avons les secrets sûrs, rapides, les messages de tel ou tel rav qui seul a compris toute la Torah, qui est l'accomplissement de tout, et quand tout le judaïsme aura accepté son message, tout le monde sera sauvé". Rien n'est en cela différent de ce qu'ont dit les constructeurs du christianisme et dans leur discours, on n'entend plus que leur petit maître, ni Moché Rabbénou qui est le seul qui nous transmis la Torah, ni tous les Sages, ni même, souvent, Ha Qaddoche Baroukh Hou. Ils utilisent un grand maître vénéré pour en faire leur gourou gigantesque qui devient le début et la fin de tout. Et ils font une autre erreur totale: car chacun est, dans sa néchama, relié par sa tradition à "une" mise en valeur de la Torah et il a à la développer dans le monde, en complément de tous les autres, comme dans le désert chaque tribu manifestait au milieu des autres, sous son propre drapeau différent, l'ensemble de l'unité du Nom divin (voir le commentaire de Bémidbar). C'est tout le début de la lettre du Rambane en commentaire des Proverbes 1,8 et l'Introduction du Ari dans Chaâr ha téfila dans Péri Ets 'Hayim. Par le mariage seulement, une femme sort de sa tradition pour rejoindre celle de son mari.

Alors, dans notre téchouva, retournons vers notre propre tradition, les Sages existent aujourd'hui qui nous l'enseigneront et nous serons le maillon dans la chaîne de transmission, maillon indispensable. Et aimons et, en même temps, connaissons et révérons aussi et également "tous" les autres Sages. On voit cette écoute de tous les Sages dans les commentaires divers de Modia. Et dans les pages qui nous décrivent la vie de tous ces Sages, 'hassidiques comme askénazim et sépharades et autres et des siècles différents.


Poème

par Yehoshua Ra'hamim Dufour
Mots vrais, mots sincères
 

Tous, un jour, ont dit : "je t'aime"
mais mon "je t'aime"
nul ne l'a jamais dit de même.
Tu y as bu une sève
que tu connaissais dans tes rêves.

Tous ont dit : "tu es belle"
mais dans mes yeux,
tu as vu le ciel ouvert,
et ta source et nos douces rivières,
et le chemin qui nous mène à demain.

Dans tes mots, je goûte la prière,
un parfum qui s'élève
et nous emporte ensemble au Ciel.
En un seul de tes mots,
en chaque lettre,
j'ai entendu tout l'arc-en-ciel.

Et tu m'as dit : "je l'ai senti ;
nous sommes un seul être".
Et, si un jour, je partais en exil,
je garderais toujours
cet émoi de ta vie.

Une comète est passée,
comme tous les mots que tu m'as dits.
Elle a filé à tout jamais
mais je le sais :
elle est entrée par ma fenêtre
et je l'ai bien gardée.


"Quelle" téchouva faire ? 16 principes.
Réponse du Chla ha Qadoche

Le Chla expose cette question dans son ouvrage essentiel Chéné Lou'hote habbérite, dans son commentaire du traité talmudique Roche ha Chana dans la 3e partie consacrée aux applications concrètes dans la vie.
Le Chla résume toute la tradition juive et  définit 16 principes ou règles (klalim) dont il faut tenir compte pour bien piloter ce retour à D.ieu et au judaïsme.

1e règle
Prise de conscience pour chacun de l'éminente place de celui qui fait téchouva.
Nous avons vu dans les commentaires sur le livre de la Torah intitulé Bémidbar (lien ici) que chaque membre du peuple, différent des autres, avait trouvé sa place spécifique et coordonnée dans la sainteté globale du peuple réuni dans le désert ; chaque tribu avait son endroit, son drapeau, ses lettres des noms divins, ses fonctions. Ainsi, de même, chacun a une place et un degré spécifiques dans le niveau optimal qu'il peut atteindre ; ainsi, tout Israël a une part du monde à venir. 
Dans ce contexte, ceux qui font une véritable téchouva complète atteignent un degré qui est encore au delà de celui des tsaddiqim guémourim, les justes parfaits, qui ont toujours vécu dans la connaissance de la Torah et dans la pratique exacte des valeurs et des prescriptions juives :
ba maqom chébaâlé téchouva ômédim, afilou tsaddiqim guémourim éïne yékholim laâmod (Traité Bérakhote 34b).

2e règle
Au dessus du tsaddik parfait (qui le serait ?!), il y a un niveau de plus grande qualité, c'est le 'hassid. Il ne s'agit pas ici de groupes sociologiques ni de groupes idéologiques, que cela soit bien clair, et aucun habit ne fait le Juif ni le 'hassid, même s'il l'aide. Le 'hassid peut se traduire par le mot "amant" ; c'est celui qui ne fait pas "parce qu'on doit le faire" mais qui le fait "par amour", et qui en fait plus que le minimum demandé parce qu'il aime", ce que fait toute personne qui aime.  Il va de soi que serait un faux 'hassid, celui qui s'imposerait des voeux, des obligations supplémentaires et qui ne ferait pas exactement et d'abord les très nombreuses mitsvotes précises et dans leur temps prescrit par la tradition, et qui déciderait seul ou avec son groupe que tel nouvel et beau usage est plus important que ce qui est prescrit par la tradition. Cela est clair mais très important, parfois oublié.
Il ne s'agit pas là de se définir soi-même mais de comprendre les principes pour nous repérer comme auprès des étoiles ou des phares dans la nuit.
Il s'agit, ici, de comprendre que D.ieu souhaite notre retour (téchouva) comme des parents souhaitent  le retour de l'enfant vers eux; c'est pour cela qu'il est dit "chouvou banim" (revenez enfant, fils); on parle d'enfants parce que chaque enfant est différent et chacun est aimé et désiré, choyé, préféré comme il est. Il est dit aussi "im, si (vous revenez)" et ce mot im a la même écriture que le mot ém,  "mère", en ce sens.
Alors, 
- dans cet ordre de l'amour, 
- si nous revenons sérieusement et complétement, 
- même nos fautes ont été faites délibérément, elles seront considérées comme des fautes faites par inadvertance et, plus encore, elles seront transmutées en mérites par notre retour. C'est l'enseignement de Reich Lakiche précisé par Rachi.

3e règle
Nous devons bien analyser notre volonté de faire téchouva pour y discerner des degrés de qualité très différentes; et, pourtant, ils seront tous acceptés par D.ieu.
- le meilleur degré est la téchouva qui se fait immédiatement après la faute ou après l'éloignement; nous devons viser à agir toujours en ce sens.
- ensuite, vient la téchouva non immédiate mais après une certaine période de temps; on se complait dans le mal et on ne veut pas réagir tout de suite. Et, finalement, on revient quand même.
- ensuite, ce qui nous fait revenir, c'est la honte de notre comportement aux yeux des autres personnes et on revient, mais dans  un calcul entre l'intérêt et la volonté sincère.
- ensuite, moins bien encore, nous revenons parce que nous pensons que cette voie du mal finirait par nous attirer des malheurs répétés. C'est la téchouva des gens de Ninive dans le livre de Jonas.
- plus bas encore, la téchouva de celui qui revient seulement quand la force de son instinct à agir mal a faibli par la vieillesse.
- plus bas encore, c'est la téchouva de celui qui attend de se sentir proche de la mort et de ne plus avoir d'espoir de vivre et donc de vivre mal pour son plaisir.
Mais chacune de ces formes de téchouva est pourtant acceptée par D.ieu quand elle est sincère et complète.

4e règle
Il faut comprendre que la hakhnaâ (soumission) est l'essentiel de la téchouva. Il ne s'agit pas de faire téchouva (retour au judaïsme) avec arrogance dans le style extérieur. Hachém le dit en Isaïe 66, 2 : "ceux que J'aime, ce sont les humbles". Revenir, c'est abandonner "mon" auto-pilotage dans la mesure où il ne tient pas compte de l'ordre du monde ni de son Créateur et choisir désormais de se soumettre à cette Volonté de bonté. Il serait facile de discuter avec cette notion en la défigurant pour mieux la rejeter.  Mais il est simple et honnête de bien prendre ce qu'elle veut dire de profond. Ce retournement est l'essentiel. Travailler sur la téchouva personnelle, c'est oser regarder cette question avec sincérité et en tirer les conséquences qui vont changer notre vie.

5e règle
Rien ne résiste à la téchouva, même le style de vie le plus superficiel, le plus prétentieux, le plus orgueilleux, le plus méprisant, le plus vulgaire, le plus méchant ; même si l'on avait commis toutes les fautes qu'il y a dans le monde, on peut revenir si on le fait vraiment ; et on est alors accueilli et transformé. 

6e règle
La meilleure téchouva (ha téchouva ha méoula) est de réparer exactement en qualité ce que l'on a abimé. Faire l'inverse de ce mal précis (raq ché yaâssé maâssim héfékh âvérote ché âssou).

7e règle
La téchouva doit se réaliser progressivement (ché iâssé ha téchouva béhadraga), sans anticiper sur ce que l'on n'est pas capable de faire (ché lo yaqdim ha méou'har) et sans retarder ce qui est possible (vé lo yéa'her ha mouqdam).

8e règle
Il faut bien se représenter que l'on ne fait pas une téchouva globale concernant une faute qui s'est répétée souvent mais il faut réparer pour chacune, même s'il s'agit de la même faute (ché 'hayav laâssote téchouva âl kol a'hat vé a'hat) et c'est une question très grave devant le Ciel (ché zé dine gamour hou). Ainsi, un homme qui aurait fauté plusieurs fois avec la même femme ou avec diverses femmes, ne peut pas se contenter de dire qu'il a modifié et corrigé  pour l'ensemble de ces fautes, mais la correction qu'il fait doit prendre en considération une réparation pour chacune.

9e règle
Si la réparation est bien faite de cette façon, c'est une erreur que de s'affliger moralement ou corporellement en s'imposant des peines excessives et au delà de ce qui est nécessaire (ché lo lé tsorékh). Que l'on ait accompli des écarts immenses ou petits, il faut faire une téchouva complète mais, une fois faite, le coeur doit être apaisé et calme, confiant dans le fait que la faute a été éloignée, et n'avoir aucune suspicion sur cela.

10e règle
La téchouva ne doit pas se faire seulement pour les fautes graves mais aussi pour les écarts légers et pour chacun d'eux.

11e règle
La téchouva doit s'exercer même envers les écarts pour lesquels nous aurions un doute de les avoir accomplis. Rien n'est pis que l'habitude pour nous faire oublier nos travers et nos fautes que l'on ne ressent plus.

12e règle
On ne doit pas faire connaître à autrui les fautes que l'on a accomplies envers le Ciel.

13e règle
Celui qui a humilié quelqu'un, en fait ou en paroles, il ne suffirait pas qu'il lui donne une maison pleine d'or et d'argent, il doit encore demander pardon, vouloir regretter sincèrement, réparer et il n'aura le pardon du Ciel à jamais que lorsqu'il l'aura fait et que l'autre lui aura pardonné. Cela indique la gravité de cette offense.

14e règle
Celui qui fait téchouva avec cette volonté, cette sincérité et intériorité est appelé "chofar". Pourquoi? Parce que le chofar demande une extrême attention et intention pour parvenir à bien sortir les sons, parce que cela prend depuis dedans et parce que la mot chofar vient de la racine qui veut dire améliorer, léchappér, comme le veut celui qui répare.

15e règle
Toute cette démarche est différente de celle des autres hommes dont la règle est souvent la seule violence. C'est pour cela que le psaume 17, 4 dit : "guidé par les paroles de Tès lèvres, j'observe les actions des hommes et les voies des gens violents". Il ne suffit donc pas de s'améliorer soi, il faut encore observer, analyser, méditer autour de soi pour être lucide sur ce que l'on veut choisir.

16e règle
Le retour par la téchouva, et par la téchouva intérieure et complète n'est pas seulement une tâche individuelle, elle doit également être attentive à autrui et éclairer autrui pour l'aider à avancer en ce sens également vers la source de la vie. C'est ce que dit le psaume 51, 15 qui est le psaume de la téchouva
alamméda focheîm dérékhékha vé'hataim éléikha yachouvou
"je voudrais enseigner Tes voies aux pécheurs, afin que les coupables reviennent vers Toi".
(à suivre. Il y a déjà beaucoup à méditer, intégrer, modifier. Voir le psaume 51).

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