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Lecture du Chémâ Yisraël

Chém Yisraël Hachém EloqénouHachém E'haD

Rappel
Les bases de toutes les prières: http://www.modia.org/priere/
Les bases de la prière du matin et les heures du Chémâ Israël: http://www.modia.org/priere/expliq1.html

L'étude approfondie du Chémâ: http://www.modia.org/tora/devarim/vaethanane.html#chema

Explications pour les débutants en hébreu

On lit l'hébreu, à partir de la droite.
Note technique : pour bien voir tout l'ensemble du Chémâ Yisraël,
et le voir en gros caractères afin de bien regarder la forme des lettres,
la phrase peut être plus large que les petits écrans, il faut alors faire glisser la page.

Premier mot
Les lettres du premier mot sont chine mém âyine
et ce mot ce lit Chémâ.
Seules les consonnes chine mém âyine sont écrites, sans leurs voyelles qui ne sont pas écrites.
Ces voyelles, si on les écrivait, ne seraient pas des véritables lettres,
contrairement à ce qui se passe dans la plupart des langues. Elles sont beaucoup plus "spirituelles".
Il a un encore un élément plus "spirituel", ce sont les taguim ou surélévations placées de façon
particulière sur certaines lettres. Elles ont des significations de niveau plus élevé encore.

Deux lettres sont en plus gros caractères, la 3e ayine et la dernière daléte.
Elles forment le mot Êd, témoin.


 

Rappel : on lit l'hébreu, à partir de la droite.

Second mot
Le second mot commence par la petite lettre youd qui se lit: i.
Si elle a dessous une voyelle, on lira, suivant la voyelle , le son ya, ou yo, ou , ou yi,
ici on lira yi.
puis la seconde lettre, nous la connaissons déjà, le sine, donc nous lisons ces deux lettres : yis.
puis la 3e lettre est le réche (r), qui a sous elle la voyelle a que l'on ne voit pas ici, donc nous lisons ra.
Relisons : Yisra.
Ensuite, la 4e lettre, le aléph qui ne se prononce pas
mail il y a en dessous du aleph la voyelle é que l'on ne voit pas ici .
Elle est suivie de la 5e lettre, le lamed, donc les deux dernières lettres se lisent él.
Le mot se lit donc Yisra-el.
Relisons les deux premiers mots :
Relire de nombreuses fois Chémâ Yisra-el jusqu'à la lecture assurée.

Attention de ne pas lire Israel comme en français, mais Yisra-el,en formant bien le son Yi
puis en faisant une légère pause entre Yisra et  el.


Entrons dans le sens du Chémâ
Pour y parvenir, nous devons repérer que tout commence par le mot Chémâ (écoute). On l'a tellement entendu qu'on ne l'entend plus. Essayons de parvenir à l'entendre à nouveau.
Prenons un exemple: entre amis ou parents ou dans le couple, on peut se parler sans cesse mais ne parler que de ce que l'on a fait ou pensé. Le temps passe dans ce genre de dialogue, le plus souvent. Finalement, ainsi, on ne s'est jamais parlé de l'un à l'autre vraiment.
Une autre forme de dialogue, plus intime est de se parler des espoirs et des peines, des sentiments, de ce qui est important pour soi. Cet échange est beaucoup plus rare.
Très rarement, les personnes se disent vraiment ce qu'elles sont, ce sur quoi leur vie est basée, ce qui les fait vivre, leur relation exacte à l'avenir, au passé, à D.ieu. C'est le noyau essentiel, c'est un secret, le vrai de vrai, et on veille bien à le caché, il est séparé des niveaux précédents. Alors, on ne se rencontre jamais vraiment, car on ne s'est pas dit vraiment l'un à l'autre, puisqu'on n'a pas entendu vraiment l'un et l'autre.

Le Chémâ Yisraël est à ce niveau total et intime.
En effet, il y a des récits dans la Torah, des pensées, des prescriptions, il y a aussi des passages émouvants. Mais, en cette phrase du Chémâ, c'est l'intime de D.ieu et de Sa relation à nous, et il nous la communique. Il souhaite que, cette fois, on ne mette pas cette rencontre et cette expression sur l'être au même niveau que tout le reste.
Alors, il nous demande: "Ecoute. Ecoute car tu vas savoir l'essentiel. Ecoute, car tu vas vivre ce moment où tu vas recevoir la communication de Mon être et de Mon amour envers toi". Et cela va être un moment exceptionnel, celui de cette révélation unique. Comme lorsque tout l'amour se dit.
Voilà pourquoi le mot ahava, amour, précède et suit cette phrase du Chémâ Yisraël.
Nous avons réussi, enfin, à nous placer dans la vérité unique de cet instant.


Hachém nous dit qu'Il est avec nous, qu'il s'est révélé en tout Son être à nous: Hachém Eloqénou.
Et il nous emmène en ces niveaux d'unité: Hachém E'had.
Il nous révèle que nous sommes là, cela, en Israël.

Et il continue donc: "et tu aimeras Hachém ton D.ieu, de toutes tes forces, etc".

Bien sûr, même au moment qui précède la mort c'est cela que nous dirons
car, si nous ne l'avons pas compris jusque là, il serait temps enfin de ne pas mourir idiot, injuste et goujat.
Bien sûr, un tel amour sera "toujours", sera jusqu'à la mort s'il le faut
car l'amour est plus fort que la mort. Et nous le dirons avant la mort.
Et nous devons être prêts à vivre un tel sacrifice de nos médiocrités fermées
pour atteindre ces immensités d'un tel amour.
En somme, ce que l'on dit de façon classique sur les intentions présentes en disant le Chémâ que nous sommes prêts au sacrifice suprême du qiddouche Hachém, se comprend à l'intérieur de la douceur de l'écoute et de l'amour, et non pas simplement indépendamment.

Et même si un Juif semble n'avoir rien saisi de cette symphonie et quitte la scène en se suicidant,
on lui accorde certainement, ou probablement, qu'avant d'en finir il aura eu un éclair de conscience et aura découvert cette union et ce bonheur
et fera repentance et pénitence, téchouva immense.
Rappel qui concerne surtout les educateurs, psychologues, conseillers, etc:Une longue etude psychologique sur le suicide dans la tradition juive: http://www.modia.org/publications/suicide.html
http://www.modia.org/publications/suicide.html


Pour cela, j'écris ce poème, sur un drame qui s'est passé cette semaine.

Poème après le suicide d'un adolescent

Quand, en cet instant, maintenant,
la lumière du Ciel
pleine des présences
transparentes,
descend, souriante
comme deux ailes incessantes,
je suis un point d'aiguille
si petit et fragile,
et pourtant, comme une forêt géante,
l'amour m'entoure.

Comme l'air, je ne peux le prendre,
je ne peux écrire ma demande.
Il y a D.ieu, il y a tes yeux bleus
près de Sa pierre bleue.
Il y a... le dire je ne peux.

Il me reste ici à finir
à planter un jardin de sourires
et dire, sans avoir l'air de le dire,
que tout est seulement Ton amour
et Ton désir, notre union infinie.

Le reste est du bruit
pour nous séduire et nous détruire.
Ils voudraient nous changer
en clients, en adhérents, en ennemis,
nous contraindre à les acheter, à les choisir.

Je ne croirai jamais
qu'à la rencontre des yeux,
aux mots vrais qui sont ancrés aux Cieux,
à deux mains différentes
infinies de présence.

L'univers n'est qu'un baiser
qui n'en finit pas de s'achever
et vous voulez me proposer de voter,
d'acheter, d'écouter vos sornettes.
Vous valez moins que le vent et la poussière.

Il est mort, cet enfant,
mort de désespérance,
parce qu'il a cru un instant
qu'il était ce que vous êtes:
un néant, deux néants, des millions de néants
qui se ressemblent.

Il vous a cru,
perdu,
trop pur.
Ah! S'il avait vu
que son coeur et l'azur
sont du même bleu
pur
et sûr!

Nous ne mentirons plus à ces enfants.
L'amour est immense comme leur espérance.
Ecoute, Israël.
Je t'aime,
Un,
avec toi,
éternels.

Pourquoi ne pas oser
le dire
à ces enfants immenses
comme l'univers immense
qui les attend ?
Pour y vivre
leur amour infini.