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Un Grand Rabbin francophone en Israël
le Rav Albert (Avraham) Hazan, zal.

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
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Après le décès du Rav Achér Dov André Neher, du Rav Léon Askénazi, voici celui du troisième membre de ce trio qui a marqué une génération en France puis en Israël. Le vendredi 25 avril 2003, 23 Nissane, paracha a'haré mote, à Jérusalem.

On ne peut pas séparer ces amis très proches les uns des autres qui ont fait un long parcours ensemble. Ils ont été trois formateurs de cadres pour une génération de l'après-guerre et ont aidé le judaïsme français à se reconstruire, à intégrer l'apport des Juifs d'Afrique du Nord, et à faire le passage en Israël.
Ils avaient une caractéristique identique, avec des caractères et formes d'esprit différents, c'était la capacité de relier la culture française et son mode de pensée avec le monde de la Torah dans une relation humaine chaleureuse. C'est ce qui a facilité l'écoute de ceux qu'ils formaient et qui furent très nombreux.

Voici André et Rina Neher (lien ici) qui, avec lui, ont organisé la montée des jeunes Juifs d'Algérie vers l'Alsace où ils ont reçu un enseignement solide en yahadoute et amour d'Israël avant que beaucoup montent eux-mêmes en Israël ainsi que ceux qui les ont formés.



Voici Albert Hazan présidant une conférence donnée par Rina Neher au Centre Yaïr fondé par le Rav Léon Askénazi où elle a longtemps enseigné l'histoire juive aux jeunes.



et le voici avec son autre grand ami le Rav Léon Askénazi (lien ici).


Ces documents sont tirés du volume d'Hommage au Rav Yéhouda Léon Askénazi, réalisé par Michel Koginsky (Editions Ormaya), superbe ouvrage aux centaines de photos de 340 pages grand format.

Le Rav Albert Hazan, originaire d'Algérie, a vécu à Gériville et a épousé son épouse Raymonde, ils ont 7 enfants et de nombreux petits-enfants et arrières petits-enfants.
Il a publié un recueil de poèmes-prières lors de la guerre de Kippour.
Il était aumonier des forces militaires françaises, fut en service au Maroc puis en Alsace où il fonda avec le Docteur Aimé Bensmihen le Comité séfarade qui eut une grande activité sportive en particulier, et il anima en rabbin le Comité Léo Cohn où le Rabbin Roger Touitou lui succéda avant de partir pour la Synagogue des Tournelles à Paris.

Il monta ensuite en Israël en 1968 et devint Grand Rabbin de la police et des prisons.

C'est là qu'il trouva son apport le plus marquant, par la création d'une nouvelle méthode de réadaptation des délinquants dans la gamme des nombreuses méthodes existantes en Israël en ce domaine. C'était l'entrée en yeshiva dans le cadre de la prison, en une aile totalement indépendante. Cette méthode, favorisant l'acquisition des valeurs juives, la discipline spontanée, et l'entrée dans un milieu de vie protégé et assuré pour le temps d'après la peine, s'est montrée particulièrement efficace avec un taux très faible de récidive, tant que l'ancien délinquant ne reprenait aucun contact avec son milieu antérieur.
Parallèlement, à sa sortie, l'ex-prisonnier était aidé financièrement par une Fondation (le Qéréne hatéchouva) pour monter son foyer.

Le Rav Hazan s'est également consacré aux immigrants de France et était actif dans le cadre de l'UNIFAN, Union des immigrants francophones. A ce titre, il agit également dans le cadre du Conseil supérieur des Français de l'étranger avec Emmanuel Racine et d'autres.

Ses émissions de commentaires de la paracha étaient fréquentes sur Qol Israël en français. Elles insistaient toujours sur la valeur et l'intégrité d'Erets Israel.

Et il gardait un contact étroit avec ses compatriotes d'origine.
Il habitait 19 Dérekh Beit Lehem à Jerusalem.

On trouvera, sur l'excellent site du Judaïsme d'Alsace, ici une page de ses mémoires dans le style imagé qui le caractérisait.
Ici, une conférence sur les coutumes d'Afrique du Nord, et sur l'opération de sauvetage des jeunes Juifs d'Afrique du Nord vers l'Alsace. Vous y trouverez tous les détails concrets.
La famille Hazan a des liens avec la famille Farhi.

Voici un texte poétique qu'il avait inséré en post-face dans Jérusalem et l'Homme-Bible, le recueil de 146 poèmes que mon épouse Yémima et moi-même Yéhoshua avions écrits, et qui fut publié en 1993 deux ans après son décès. Plus que dans ses conférences qu'il parsemait d'images, il y laisse cette fois exprimer ses résonances poétiques entre la Torah, la connaissance des personnes dans le souvenir et le retour d'anniversaire, sans souci d'enseigner ni de faire passer un message simple et univoque. Que cette prose certainement caractéristique de lui-même, soit lé ilouï nichmato, fasse germer les graines qu'il avait semées et incite les lecteurs à découvrir son livre poétique sur la Guerre de Kippour:



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Dufour