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Livre d'or

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La hiloula de Ribbi Chalom Charabi (1720-1777),
dit le Rachach.

Jour de sa hiloula (10 Chévat), Jérusalem.
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
http://www.modia.org



1. Sa tombe et le paysage. 2. Sa vie
Une étude "lé Chém chamayim", gratuite, sans application évidente.


Nous voici près de la tombe du Rachach, Ribbi Chalom Charabi,
le plus grand des caballistes après le Ari, zal. Il a rédigé le siddour de prières
selon toutes les intentions ou cavanotes du Ari et fondé la yeshiva des cabalistes
de Béthel à Jérusalem il y a plusieurs siècles.
Toujours la continuité de notre présence.
Vous voyez combien les femmes se recueillent aussi près de cette tombe de caballiste.
Au premier plan la cabine abritée du vent pour allumer les bougies.


La voici et un pélerin y allume ses bougies.


C'est mon chauffeur de taxi qui m'a amené et pélerine avec moi, il est originaire d'Iraq
Il est ravi, et je l'amène aussi sur la tombe du Ben Iche 'Haï, l'immense commentateur
complet de Torah et de halakha originaire aussi d'Iraq.
Ce fut une communauté splendide qui est la continuité de celle de Babylone.
Tout Juif qui étudie se trouve ici plus que dans une bibliothèque vivante,
mais auprès de tous ces Sages et le Talmud dans le Traité Bérakhote dit qu'ils échangent ici entre eux.


Au loin, nous voyons maintenant les foules qui commencent à arriver, les autobus et les voitures qui stationnent. Devant à droite, des jeunes arabes des villages environnants viennent se promener.
Et nous sommes en direct vers le Mont du Temple. Inoubliable,
et dessus c'est ce que l'on appelle le Chaâr ha chamayim, le portail des Cieux.
C'est là que passent toutes les prières de tous les Juifs du monde
qui se tournent vers ce point pour prier, cela des quatre directions du monde.


Voici cette montée, c'est la photo la plus belle, la plus importante.


Ici, je fais la surprise à notre chauffeur de taxi.
Je lui dis: "La tombe de Ribbi Méïr Abou'hatséra est juste ici à côté, à 100 mètres, je t'y emmènes".
Il me dit: "mais je pensais qu'elle était à Tsfate".
Il est complètement bouleversé et dit: "mais qu'est-ce qui m'arrive aujourd'hui?".
Nous y voici. Quelqu'un prie.
Elle est abritée pour permettre ainsi les prières auprès de ce grand Sage qui est visité régulièrement.


Toujours la proximité et les mains


et votre serviteur, moment de présence à ces Sages de toute la ligne Abou'hatséra.
Au loin, tout la face Sud du Mont du Temple que nous avons visitée ensemble (lien ici) ,
on y voit l'escalier d'entrée au temple qui y monde et les dégats en noir faits
par les autorités palestiniennes sur cette partie du mur qui menace de s'écrouler maintenant.


Nous revenons vers notre taxi, la foule des voitures s'allonge maintenant.
C'est Jérusalem cette concentration, le fait de trouver cela normal d'être orienté à prier vers le Temple
dans la rue, ou de prier et d'étudier même en marchant.
Les gens vivent dans la présence. Il en est qui n'aiment pas cela et veulent vivre autrement...
Chacun ses besoins.


Je revois ces tombes encore saccagées et profanées par les Arabes et qui nous fendent le coeur.


Dernier regard, les ombres commencent à se raccourcir, on le voit sous les arbres ou sur la flèche du mausolée. Cet après-midi, ce sera la très grande foule.




Retour aux pages de l'arrivée à ce cimetière multiséculaire, où abondent les tombes des plus grands Sages du judaïsme de toutes les époques. Nombreuses photos (lien) .

Et, ici, belles photos sur la Yeshiva Beit El à Jérusalem et son environnement.

Nous ne sortons pas sans nous asseoir pour prier, comme on doit le faire dans une synagogue.
Et nous nous retrouvons dans les petites rues du vieux quartier (rovâ).
A l'angle, la porte d'entrée de la Yeshiva Beth-El qui depuis des siècles a été celle des plus
grands caballistes venus d'Iraq et d'autres pays, ou de Safed.
Elle continue à enseigner la caballe.
Sa porte d'argent et or est splendide.


Elle représente des portes de Jérusalem dans la muraille.


La Porte de Sion déjà vue, et à droite La Porte des Lions.


La Porte des Achpote près du Kotel, et à droite La Porte des fleurs.


La Porte de Chkhém (ou Damas), et la Porte de Yaffo.


et le fronton de la porte de la Yeshiva où il est écrit en haut:
Yéchivate hamméqoubalim, qehal qadoche 'hassidim (assemblée sainte de 'hassidim).
Et, en dessous:
Vé té'hézéina êinénou béchouvékha létsione béra'hamim
Et fais voir nos yeux en Ton retour à Sion avec miséricorde.

Voir la page sur la hiloula, et celle de nombreux Sages. (lien ici)


2. La vie et l'enseignement du Rav Chalom Charabi.
Chalom Mizra'hi est né en 5480 (1720) à Charab ou Chana au Yémén, où son père était rabbin. Carte moderne avec Sanaa (ici) et carte de l'époque, ici.
Là habitait la tribu des Addane.
Son nom Charabi lui vint plus tard en raison de sa ville de naissance. Mais il est aussi nommé le Réchach ou Ha Chéméch (le soleil) par les initiales de son nom: Chalom Mizra'hi Charabi. Il signait: Chalom Mizra'hi di Ydiya Charabi.
Bien qu'il fut un grand sage, son père continua à travailler comme simple colporteur allant vendre dans les villages environnants; cette conception de la Torah pratique influença le fils dans les années suivantes et dans sa modestie (ânava) exceptionnelle.
Quand il était encore enfant, son père décéda prématurément et Chalom dût arrêter de pratiquer le Talmud Torah où il était particulièrement brillant, pour accorder tout son temps au travail rémunérateur car il devint alors le seul support de la famille. Il prit la succession dans le métier paternel et continua souvent seul les études une fois la journée fatigante terminée, et ses nuits furent courtes avant de reprendre le travail difficile. Son niveau devint rapidement remarquable et il réussit à l'élever jusqu'à l'étude du sod, de la caballe.

Quand son rôle fut moins indispensable, à 18 ans, il entreprit le voyage périlleux à l'époque de partir pour la terre d'Israël. Il entra alors dans la Yeshiva de Beth-El à Jérusalem, yeshiva des caballistes, fondée un an plus tôt en 1737 par le Rav Guédalia 'Hayoune qui l'a dirigeait et resta dans ce poste jusqu'à ce que le jeune Chalom atteignit l'âge de 31 ans -en 5511 soit 1751, nous verrons comment se fit cette succession. La prière des étudiants se faisait selon l'enseignement du Ari.
Chalom espérait ainsi avancer jusqu'à un haut niveau. Il passa par Damas où il y avait de nombreux manuscrits du Ari (rédigés par ses différents élèves et non seulement par le Rav 'Hayim Vital, le plus célèbre de nos jours), comme nous le savons par le Chla qui rapporte qu'il les étudia là-bas avant d'arriver dans la terre d'Israël.
Suivant les qualités que nous lui connaissons déjà, il souhaita continuer ses études de caballe mais sans renoncer au travail et à la modestie. Il ne révéla pas son niveau et se proposa pour le rôle de chamach (garde qui maintient la yeshiva en ordre), ce qui lui donnait la possibilité de continuer les études sans se faire remarquer.
Sa vie changea lors des circonstances suivantes. Le Rav Guédalia 'Hayoune enseignait à ses étudiants le livre de base du Ari, intitulé Ets 'hayim et un jour il ne parvint pas à expliquer l'un des passages et se ressentit en position très inquiétante. Comme d'habitude, Chalom remit en ordre la salle d'études où il avait, de l'extérieur, entendu l'enseignement. Et la nuit il plaça dans le livre du Rav, à la page concernée, un papier sur lequel il écrivit la réponse à la question insoluble, sans mettre son nom.
Le lendemain, le Rav trouva la réponse, la communiqua comme exacte à ses étudiants et leur demanda qui l'avait écrite. Tous déclarèrent qu'ils n'en étaient pas l'auteur. L'incident se reproduit plusieurs fois au long des cours. Un jour, comme dans un beau conte, 'Hanna 'Hayoune, la fille du Roch Yeshiva aperçut Chalom Charabi en train d'écrire la bonne réponse à une question non résolue; et rapporta le fait à son père. Un beau film? La réalité a de tels événements qui sembleraient de l'apologie facile envers les grands personnages, mais qui constituent les faits réels de beaucoup d'histoires d'amour connues des seuls intéressés, chacun dans son univers.
Le Roch Yéchiva appela Chalom, le somma de lui dire la vérité; et, consterné car cela brisait la ligne modeste qu'il espérait suivre dans la vie, il dût avouer qu'il avait rédigé toutes les réponses, révélant ainsi son niveau très élevé dans l'étude. Le Rav Guédalia 'Hayoune, comblé de joie, l'informa qu'il devait renoncer à ce style de vie, accepter de prendre le poste même de Roch Yechiva. Et le plus beau de l'histoire, mais fait véridique, 'Hanna 'Hayoune devint bientôt son épouse!
Il fut vite considéré comme le dirigeant le plus élevé de tous les grands caballistes de Jérusalem, représentant aussi les Juifs auprès des autorités islamiques qui persécutaient souvent les Juifs.
Ne se contentant pas d'enseigner et commenter les oeuvres du Ari, et de les pratiquer dans la prière, il accepta de rédiger un Siddour, livre de prière, pour ses étudiants dans lequel il plaça exactement à l'endroit précis les intentions (cavanotes) exactes sur chaque mot de la prière tel que cela était indiqué ou suggéré à travers les livres du Ari, zal. Et, pour ceux qui n'y parvenaient pas, il leur dit: "si un jour vous êtes accablé de tourments, 'has vé chalom, qu'à D.ieu ne plaise, venez prier sur ma tombe en faisant téchouva et votre prière adressée au Ciel ne sera pas sans effet".
Il publia aussi des commentaires des oeuvres du Ari, zal, dont Nahar ha chalom, Eméte vé Chalom, Ré'hovote ha nahar. Ils sont considérés comme le commentaire essentiel de l'oeuvre du Ari et sont insérés dans les oeuvres du Ari, en bas de page, en commentaire ou complément. Depuis le Ari, zal, aucun Sage n'a atteint son niveau, ne voit ce qu'il voyait, et aucun ne se permettrait de modifier son enseignement. Seul le Rachach pouvait ainsi, avec autorité incontestée réajuster les lectures difficiles ou erronées qui se produisaient car il y avait de nombreuses erreurs dans l'écriture rapide des notes lorsque les étudiants du Ari captaient son enseignement.
Il organisa un groupe de caballiste, une association sainte dénommée Ahavate Chalom. Et aujourd'hui, à Jérusalem, il y a une grande yeshiva portant ce nom, animée et dirigée par le Rav Yaâqov Moché Hillel, un très grand caballiste ayant écrit de nombreux livres de caballe (siddour, haggada de Pessah, sidour de Pourim, commentaires nombreux sur l'oeuvre de R. Chalom Charabi, etc). Et l'un de ses livres est traduit en français sous le titre La foi, la caballe et la folie, traduction de Tami tiyou qui met en garde sur les mauvais usages de la caballe. Le Rav Yaâqov Moché Hillel est le petit-fils du Président du tribunal rabbinique de Bavel, le Rav Avraham Moché Hillel.
Le 'Hida, Ribbi 'Hayim Yossef David Azoulaï,
(1724-1806), sépharade, qui naquit à Jérusalem, était en relation avec lui et avec le Rav Guédalia 'Hayoune; sa place est importante sur Modia. Ecrivez son nom dans le moteur de recherche en haut de la page d'accueil et vous le découvrirez. Il est l'arrière petit-fils de Ribbi Avraham Azoulaï de Féz (1570-1643) qui vint à 'Hévrone. Il étudia auprès de Ribbi 'Hayim ben Âttar (s'y reporter). Sa personnalité est très particulière et brillante en de nombreux domaines. Il fut au même titre le grand talmid 'hakhamde sa génération, estimé et vénéré par tous, commentateur de nos sources, responsable communautaire et impliqué dans des disputes locales, caballiste, décideur dans la halakha, bibliophile, quêteur dans le monde pour les communautés de la terre d'Israël et la Yéchiva de 'Hévrone (Hébron), grand voyageur, enquêteur sur les communautés de la dispersion et sur le monde non juif, anthropologue sur les coutumes juives dans les diverses communautés du bassin méditerranéen, et écrivain sur ses voyages. Son passage à la cour de Louis XIV est resté célèbre, tant sa prestance et son rayonnement naturels impressionnèrent chacun. Ses livres les plus connus sont Birkhé Yosséf (qui est un commentaire sur le Choulkhane Âroukh de Rabbénou Yosséf Caro), ses enquêtes de voyages (Zikhrone maâssiyote vé nissim), son répertoire des noms de sages (Chém haguédolim), son  commentaire des psaumes centré sur la relation de David à Bat Chévâ (Téhilote Yosséf). Il est enterré à Jérusalem.

Dans (Chém haguédolim), il témoigne et définit Ribbi Chalom Mizra'hi Charabi en ces termes: "E'had qaddoch bédorénou, méqoubal moufla... héêmid kavanote ha Ari ké sidrane vé hil'hatane. Haya mékhavén kol kavanote ha Ari, etc: un sain dans notre génération, caballiste brillant, il a établi les intentions de prières du Ari selon leur ordre et selon la halakha. Il priait selon ces kavanotes, intentions"...
Le Rav Chalom Charabi décéda à 57 ans (en 1777), laissant une oeuvre brève en volumes mais incomparable et inégalée en contenu.

Pourquoi dire tout cela? Pour connaître notre judaïsme, savoir en quoi consiste la science de la Torah. Car la connaissance de la Torah comprend les quatre niveaux de pchate (sens littéral simple), du rémez (sens allusif et symbolique), du drache (sens par la recherche logique et imaginative), du sod (secret). L'auteur du Chouk'hane Aroukh, Marrane, Rabbénou Yossef Caro dit même que l'étude et la connaissance de ces 4 niveaux sont obligatoires, sinon on n'a que les initiales de péred, le mulet infertile. Mais, car il y a un mais: chaque niveau suivant doit être bien bâti sur les niveaux précédents comme les niveaux d'une maison, sinon tout s'écroule dans l'erreur et la folie. Qui veut aller loin ménage sa monture et il faudra patienter de nombreuses dizaines d'années d'études pour atteindre peut-être un tout petit peu ces niveaux; et, encore, à condition d'avoir après auprès d'un maître compétent, et non pas seul. Mais tout cela est possible et offert.
Enfin, n'oublions jamais que tout Israël est une seule néchama, une seule âme et que c'est l'ensemble qui réalise toutes les mitsvotes et non pas chaque individu en particulier.
Que le mérite de tels géants nous élève et apporte le salut à Israël qui en a toujours besoin.
Je ne place pas de photocopies de ses pages car elles comportent uniquement des noms saints qui seraient ainsi profanés.
Des éditions de fac-similés manuscrits existent actuellement de ces types d'oeuvres, mais pour les lire il faut connaître l'écriture site sépharade des générations précédentes, et vous avez une formation pour cela sur Modia! Lien ici.
Si vous voulez quand même entendre des enseignements en direct de Grands Sages d'IsraËl, cliquez ici.
Avant tout, la première qualité de ces Sages c'est qu'ils sont modestes. Soyons-le aussi à notre hyper-simple niveau! C'est cela la sagesse disent nos textes, et la joie.

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Dufour