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Le Cantique des Cantiques,
de Chélomo (Salomon)
"Chir ha Chirim"
2er Cours
et commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos
Sages
Pour notre peuple, Bat Israël, ha yafa bannachim, "la
plus belle des femmes".
Trop de haine continue contre Israël, hors d'Israël, pour
l'exterminer; et, maintenant, même quelques uns parmi les fils
d'Israël prêtent main aux ennemis en collabos de la campagne
internationale qui vise à détruire Israël par les
médias.
La réponse à ces horreurs ne peut suffire sur le seul
plan politique, ni par la lutte seule contre la désinformation.
La seule réponse exacte est de rappeler l'immense amour du Ciel
qui a fondé Israël et qui le fonde à chaque instant.
Israël en est la preuve, ainsi que toute son histoire. Le Chir
ha Chirim le décrit en 8 courts chapitres et éclaire la
Création, l'histoire, les errances, les retours, et la recréation
continue qui se fait aussi par ceux et celles qui suivent la voie d'Avraham
et Sarah d'âge en âge et, comme Ruth qui a fait enfanter
David, réactualisent sans cesse les forces d'amour et de confiance
absolue dans le peuple.
Nous pouvons en crever si nous continuons aussi à nous entredéchirer
en dehors de la règle qui a créé notre monde et
qui a fondé notre peuple.
Ce commentaire complète l'amour qu'a découvert et vécu
Avraham dans la
paracha Lekh lékha (lien ici).
http://www.modia.org
© Les textes de Modia sont mis gratuitement à
votre disposition par l'auteur, selon la mistva obligatoire pour le Juif
qui est d'etudier et d'enseigner simultanement. Vous pouvez donc
imprimer et dupliquer ces textes pour l'etude personnelle et de groupe,
ou pour l'enseignement. Bien entendu, selon la Torah, en ne supprimant
pas le nom de l'auteur et l'adresse du site. Les sites ne peuvent
faire qu'un lien vers ces textes sans les capter.
Voyez les
règles du Copyright.
Ne pas oublier que, sur votre version imprimee ou polycopiee,
vous perdez tous les liens qui renvoient aux autres textes de Modia. Or,
ils sont indispensables dans l'etude.
Toutes les photos sont de l'auteur, prises à Jérusalem,
sauf celle de l'Ile aux Aigrettes.
|
Plan
1. De l'extérieur à l'intérieur du Chir
ha Chirim
2. La méthode de Rachi est la base de toute interprétation
et étude du Chir ha Chirim, nous l'étudions sur
le texte même de Rachi.
(suite de ce cours: à venir)
3. Le regard sur l'histoire d'un amour qui a mal tourné
et la nostalgie.
Et le retour à l'amour.
Mais surtout parvenir à voir cela dans le texte, surtout
le ressentir, surtout en être modifiés.
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Traduction:
Chir, chant, cantique.
ha, le, les, des.
Chirim, pluriel de chant, cantique.
achér, qui, que
lé, li, signifie à, appartenant à,
fait par.
Chélomo, Salomon.
Pour la prononciation de Chélomo
et non pas Chlomo, voir ce lien.
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3. Le regard sur l'histoire d'un amour qui a mal tourné
et la nostalgie.
Continuons la lecture de l'introduction de Rachi.
Même si vous lisez avec facilité l'hébreu, regardez
les transcriptions car nous avons soigné les doublements des
sons dus au dagguéche ou la prononciation exacte en
é de certaines voyelles chéva, etc.
Il faut toujours lire les introductions des Sages, on y trouve les
clefs essentielles.
Relisons chaque section de ce passage
véomér ani chéraa chélomo béroua'h
haqqodéche
et je dis, moi, qu'il a vu Chélomo, dans l'inspiration sainte...
...
chéâtidine Yisrael lghlote gola a'har gola
qu'à l'avenir Israël sera dispersé de dispersion
(galoute) en dispersion
'hourbane a'har 'hourban, ouléhitonén békhaloute
zé âl kévodam harichone
de massacre en massacre, et il gémira dans cette dispersion
sur son honneur premier
...


vélizkor 'hibba richona achér hayou sékhoulla
lo mikkol-hâmmim
et il se souviendra de la tendresse première qui étaient
particulières envers lui plus qu'envers tous les peuples.
...
lémor; élka véachouva él-ichi harichone
ki tov li az méâtta
comme il est dit: "allons, revenons à notre premier époux
car j'étais plus heureuse alors qu'aujourd'hui".
C'est dans le prophète Hochéâ (Osée 2;9).
Et il faut TOUJOURS aller lire le contexte dont Rachi tire un extrait,
c'est pour cela qu'il le place, non pas pour la coquetterie de placer
une citation.
Commentaire: prenons conscience de ceci, combien sont rares aujourd'hui,
dans la dispersion, ceux qui regardent avec tristesse et nostalgie
leur présence sur la terre d'Israël et la possibilité
d'y vivre les mitsvotes.
Ce que nous entendons dans la sincérité, c'est le pinallage
sur les justifications pour être ou on est ou pour soupeser
où ailleurs on sera encore mieux que là où on
est, dans quelle autre dispersion. Et le pinallage sur les motifs
à invoquer pour ne pas aller vivre sur la terre d'Israël.
Je l'entends de tellement de leaders ou de rabbins de communautés
de la dispersion qui me le disent dans la sincérité
de leur coeur.
Prenons conscience que nous sommes loin, très loin, de la naïveté
de Rachi qui sait, lui, ce qu'est le Cantique des Cantiques, et pourquoi
les Sages l'ont placé comme essentiel au milieu de tout le
Tanakh, comme un drapeau.
Nous voyons notre bien-être, nous pensons vacances, voyages,
biens, retraites, etc. rien du tout de ce qu'avaient nos Sages pendant
des millénaires et nous sommes anesthésiés envers
l'essentiel: l'amour. Pour Rachi, cet amour est évident, ce
couplage entre D.ieu et Son peuple là où on est dans
la chambre nuptiale comme l'époux et l'épouse, cela
lui est évident, sensible, il en souffre, il y voit tout le
judaïsme, toutes les aspirations, toutes les trahisons. Nous
n'entendons plus cela. Nous sommes repliés pour ne pas entendre,
surtout ne rien entendre,
Une très légère culpabilité dont on sent
bien qu'on ne peut pas être réellement fiers. On se replie,
on se faits beaux et satisfaits, dans un malaise diffus dont on ne
veut pas prendre conscience.
Alors, au mieux on parle politique "pour Israël", ou
"solidarité", ce que veut dire: on est loin, on y
reste et on vous envoie un télégramme de solidarité.
Et on se dit: "bizarre, il y a un beau cantique d'amour dans
la Bible" et on clos l'affaire.
On ne sait plus que l'on s'est carapacé, et en plus on se camoufle,
on ne veut pas savoir, comme cette tortue qui veut se fondre sous
l'eau parmi les feuilles de nénuphar.

Rachi nous réveille. On ne peut contester Rachi qui connait
toute la tradition, tout ce que dit vraiment la Torah et il nous le
dit.
Continuons à l'entendre. Il nous surprend par le mot "hiba",
tendresse, qui ouvre presque tous ses commentaires sur la Torah.
Et il crie: "réveillez-vous, regardez vraiment le texte
tel qu'il est, eh là-bas!":
Ce sont les mêmes Juifs qu'il redresse.
Je prends ces images, comme les Juifs des siècles anciens dessinaient
la Haggadah des oiseaux pour exprimer ce que dit la Haggadah.
Un commentaire doit prendre le coeur. Rachi l'a dit: "mon coeur,
libi". Continuons.
Rachi nous demande de prendre au sérieux les mots du Chir ha
Chirim et de leur donner l'envol qu'ils ont concrètement, comme
ce lourd corbeau près de moi a pris son envol avec une force
si puissante de son effort qu'il s'est envolé légèrement:
Saisissons, comme nous le demande Rachi, la matérialité
du mot et aussi tout son envol.
Nous arriverons alors très vite à nous souvenir, à
partir des mots du Cantique des Cantiques, de toute la beauté
et de toute la force de l'amour, combien il était lumineux,
du miel éblouissant pénétrant jusqu'au fond de
l'intimité:
et toutes les preuves d'amour de HaQadoche Baroukh Hou deviendront
évidentes, et non plus des biens que nous aurions acquis par
notre compétence.
La vie deviendra ce qu'en dit Rachi: RIEN que des souvenirs de toutes
les bontés:
Après cet effort pour bien entendre Rachi, revenons à
ses mots.
 

vayizkérou éte-'hassadav vééte-maâlam
aché maâlou
et ils se souviennent de sa bonté et leur forfaiture qu'ils
ont accomplie (Vayiqra 26,40).
Rachi secoue très fort. Et il revient aux bontés.

vééte-hattovote achér amar latét lahém
béaharite hyamim
et les bonheurs qu'il a dit qu'il donnerait à la fin des jours.
Rachi a décrit le contenu, maintenant il va décrire
les autres codes: les acteurs que le texte apporte et qui nous représentent.


vayassad séfér hazzé béroua'h haqqodéch
et ce livre a établi dans le souffle saint

biléchone icha tséroura almenout 'hayoute
dans le langage d'une femme séquestrée continuellement,
en état de veuvage perpétuel
Rachi essaie de nous faire prendre conscience que le texte saint
nous parle de notre état hors de la terre d'Israël et
loin de Celui qui y réside comme un malheur total.

michtotéqéte âl baâlah
pleine de désir nostalgique envers son mari (Rachi essaie
d'éveiller aussi ces sentiments qui sont écrits dans
le texte)
mitrapéqéte âl dodah
qui languit après son bien-aimé
mazkéréte ahavate néouréya élav
qui se souvient de l'amour de jeunesse envers lui.
(Rachi a l'air d'exprimer avec brièveté exactement
tous ces sentiments qui sont écrits dans le texte, pour que
nous ne puissions pas en éteindre la force quand nous le lirons).
 

oumoda âl pichâh
et elle avoue et reconnaît son forfait.
(Rachi nous met ici au pied du mur. Le texte n'est pas un chant
que l'on admire ou que l'on ronronne avant chaque Chabbate avec routine,
il doit entraîner quand nous le disons une prise de conscience
mais surtout un aveu après lequel on ne peut plus continuer.
Nous devons être stupéfaits par nous-même, et cela
sérieusement et en face à face devant le Créateur
présent).
Alors, seulement, apparaît une autre dynamique: la réciprocité
de la part du Créateur amant:
af dodah tsar lo vétsaratah
Mais son Aimé a Lui aussi l'angoisse pour ses tourments à
elle.
(Allez lire ici Isaïe 63,9: "dans toutes leurs souffrances,
Il a souffert avec eux").
oumazkir 'hassdé néouréya
Il se souvient des tendresses quand elle était jeune,

yaféya vékhichrone péâléya, achér
bahém niqchar imma
et sa beauté et l'excellence de ses actions, que pour elles
Il est relié à elle.
(Rachi, ici, nous montre dans le texte que, malgré toutes
nos fermetures et nos fautes,
D.ieu a envers Son peuple un regard d'amour qui -jamais- ne s'éloigne
des beautés et bontés et dons de ce peuple).
Il nous enseigne encore là sur une attitude que nous n'avons
pas souvent. Nous utilisons sans cesse les aspects négatifs
qui se manifestent dans le peuple pour le condamner comme le font
les autres peuples et, ainsi, rester parmi ces autres peuples
en nous fermant les yeux et les oreilles et le coeur à l'amour
manifeste du Créateur
qui nous appelle, nous, Son peuple là où nous avons
à être avec Lui.
L'amour du Ciel envers nous est évident comme ce coeur géant
de fleur à Jérusalem donné par le Créateur
à Ses créatures.

Il faut "sentir" tout cela, comme le texte du Chir ha Chirim
essaie de nous le faire ressentir.
Je tente aussi de l'intensifier par ces photos qui sont un regard
comme celui que l'on doit avoir sur les mots du texte.
béahava âzza
par un amour puissant et violent

léhodia ki lo millibbo înna
pour faire savoir que ce n'est pas de son propre coeur qu'il afflige
(Eikha, Les lamentations 3,33);
(remarquons bien ici que c'est le mot Modia que nous avons choisi
pour le site: cette volonté du Créateur de faire connaître
Ses oeuvres et Ses enseignements)

vélo chillou'héya chillou'him
et que je ne l'ai pas répudiée (Isaïe 50,1)
ki hi ichto véhou ichah
car elle est Son épouse et Lui est son époux.
Sommes-nous prêt à tout entendre comme nous le demande
Rachi?
Comme cette feuille immense de nénuphar (un mètre) au
Jardin botanique, toute réception de la lumière du soleil,
jusqu'à l'infini du possible.

A son image, il est des îles, comme l'Ile aux Aigrettes, dans
l'Océan indien, qui n'ont pas refusé un millimètre
de fécondité
à l'eau et à la lumière, dons directs.
Ainsi devons-nous être, selon Rachi, devant chaque lettre concrète
du Cantique des Cantiques:
ce qui est dit, est vraiment dit, et nous est vraiment dit. Toute
réception.
Vous avez étudié avec précision toute l'introduction
de Rachi au Cantique des Cantiques. Tout y est.
C'est cela, Chir ha Chirim
Maintenant que nous savons regarder avec précision la force
du texte, nous remarquons aussi
- cette première grande lettre, le chine,
- que chaque mot comporte cette même lettre, ce même son,
et qu'il se poursuit dans la suite:
Yéchakéni minéchiqote piou...
Nous continuerons ce cours sur le Chir ha Chirim
(si D.ieu veut), avec le commentaire des Sages de tous les
siècles.
Nous avons compris que ce Cantique des Cantiques nous est,
à tous, indispensable. |
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Retour à la première leçon.
Allez aux splendeurs du cours 3.
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