Le scénario du livre de Routh
Il
est simple et en 4 chapitres seulement, de 85 versets seulement, de
1286 mots seulement et de 4800 lettres seulement:
un couple, Elimélékh et Naomi et leurs deux enfants
quittent la terre d'Israël parce qu'il y a la famine et s'exilent
en Moav (Jordanie aujourd'hui). Ils se marient avec des non juives.
Le père et les deux fils meurent (nous pourrions dire: en meurent
de cet exil, comme nous le verront plus loin). Naomi veut rentrer
sur la terre d'Israël à Beit Lé'hem, et conseille
à ses brus de la quitter et de retourner vers leurs dieux.
Routh refuse.
Sur la terre d'Israël, elle doit vivre et va glaner, rencontre
Boaz et prend l'initiative, sur le conseil de Naomi, de lui demander
de l'épouser, en raison de son droit éventuel à
cela selon la Torah (Dévarim 25,1-10) car il est un proche
parent, en seconde position après un autre homme. Boaz apprécie
et essaie et réussit à faire renoncer le prétendant
ayant le plus de droits. De cela est né une descendance dont
le Roi David et on donne sa généalogie (tolédote).
(Admont Bible 12e s.)
Les partenaires du livre de Routh
Ils sont nécessaires pour comprendre le scénario car
ils ont chacun des significations à des niveaux multiples.
que ce soient les personnages, les époques, les actions, les
sentiments, les nombres, les décors, les objets, etc. Chacun
est une vibration qui porte des sens. A vous de les ressentir et de
vous interroger quand vous lirez et relirez le texte original après
cette page. Apprendre le vocabulaire d'hébreu, il permettra
de lire facilement le livre de Routh.
L'enjeu qui se joue derrière le symbolisme de Routh et Boâz:
Il est à comprendre comme étant ce que le peuple juif
a à vivre, ses défis, ses solutions. Le tout dans le
symbolisme du couple. Ce qui fait comprendre que c'est collectif,
c'est le grand nombre de personnages, alors qu'on aurait pensé
qu'il s'agissait simplement d'une relation entre deux ou trois personnages.
Le problème apparent où cela se joue symboliquement:
- dans la misère, rebrousser chemin (chouv), abandonner
la mère veuve et retourner au peuple non juif et à ses
cultes.
- ou devenir juive
et trouver un mari, et comment.
Les époques
Celle des Juges (chofétim) qui dure environ 4 siècles
après l'entrée en terre d'Israël. Voyez le Livre
des Juges qui enseigne à propos des chefs d'Israël après
Yehoshua (-1250 environ), hommes et femmes que furent : Otniel (3,7-11)
Ehoud (3,12-30) Chamgar (3,31) Dévorah et Baraq (4-5) Gideone
et Avimélekh (6-9) Tola (10,1-2) Yair (10,3-5) Jephté
(10,6-12,7) Ivtsane (12,8-10) Elone (12,11-12) Avdone (12,13-15) Chimchone
ou Samson (13-16).
La situation
famine (raâv) en Moav
mort des 3 maris
exil puis retour sur la terre d'Israël
initiative, mariage, naissance
Les personnages
Hachém
Le mari (ich) Elimélékh (décèdera),
et sa femme Naomie
Les enfants (yéladim), leur fils Makhlone (décèdera),
et sa femme la Moabite Orpa
Leur autre fils Kilione (décèdera), et sa femme la Moabite
Routh
Boâz, qui épousera ensuite Routh
La mariée (kala) ou les brues (kalotes)
La belle-soeur (yévima)
La famille (michpa'ha)
Les serviteurs (néarim); les servantes (néârotes)
La jeune fille (néâra)
L'étrangère (nokhria)
Ta belle-mère ('hamotékh)
La patrie (arets)
Les servantes (chifrotes)
Le proche-parent qui peut épouser la veuve, le sauveur (goel)
Les jeunes gens (ba'hourim)
Ma fille (biti)
Mon peuple (âmi)
Un proche (qarov)
Une femme (icha), les femmes (nachim)
Les anciens (zéqénim)
Les témoins (êdim)
Les frères (a'him)
Ra'hel et Léa
La maison d'Israël
Tamar et Yéhouda
Les enfants (yéladim)
Les voisines (chékhénote)
Le fils de Routh et de Boâz: Ôvéd (père
de Ichaï, père de David)
Les ancêtres de Boâz (Péréts, 'Hétsrone,
Ram, Âminadav, Na'hchone, Salma père de Boâz).
Les objets
- le pain (lé'hém)
- les robes (simlaotes)
- la zone des pieds sur le lit (marguélote)
- le voile (mitpa'hate)
Les nombres
- un épha d'orge
- six mesures d'orge
- dix hommes (âssara anachim)
- sept fils (chiveâ banim)
Les pays
Beit lé'hém sur la terre de Yéhouda
Les plaines de Moav (Jordanie actuelle)
Le décor
- la moisson (qatir) des orges (séîrim)
- glaner (lilqote) les épis (chibalim)
- le champ (sadé)
- les moissonneurs (qotsérim)
- les tas de gerbes (âmarim)
- les cruches (kélim)
- la zone de moisson (gorén)
- la porte (chaâr) de la ville
Les appartenances
- ton peuple (âmékha, âmékh), ton D.ieu
(Elohaïkh)
- ta servante (amatékha)
- l'héritage, le patrimoine (na'hala)
Les sentiments
- embrasser (lénachéq)
- pleurer (livkote)
- la peine (mar)
- adhérer (lédavéq)
- mourir (lamoute)
- séparer (léhafrid)
- éprouver (laânote)
- consoler (léna'hém)
- le coeur (lév)
- repos, refuge (manoa'h)
- ressentir frayeur (lé'hared)
- bénir (lévarékh)
- la bonté, générosité ('héssed)
- ne crains pas (al-tiréi)
- ête satisfait, paisible (lichkote)
- consoler (léhachiv néféch)
- placer sur le sein ('héq)
- adopter (oménét)
Les actions
- tremper (litbol)
- manger (léékhol)
- coucher (lichkqv)
- s'asseoir (lachévéte)
- acheter (linqote)
- devenir enceinte (hérayone)
- accoucher (lalédéte) d'un fils (ben)
- entretenir (lékalkél)
Le temps (êt)
- le temps de manger (léékhol)
- milieu de la nuit ('hetsi ha laila)
- le matin (boqér)
- la vieillesse (chéva)
Les procédures
- de sauvetage (guéoula)
- d'échange (témoura)
- retirer (chalaf) sa chaussure (naâlo)
- la règle (téouda)
- maintenir (léhaqim) le nom (ha chem) du défunt (mét)
- épouser (laqa'hat icha)
- devenir épouse (liyote icha)
L'approche du livre de Routh selon
le Zohar
Il ne faut jamais oublier qu'il y a les quatre niveaux de lecture
dans nos textes, indiqués par les lettres du mot "pardés,
paradis": le pchate ou sens littéral strict que
Rachi fait comprendre exactement et qui reste toujours la base essentielle
comme les fondations d'un bâtiment, le rémez ou
allusion qui développe le sens symbolique, le drache
ou niveau qui utilise la réflexion logique, le sod ou
secret qui fait atteindre quelque peu l'intimité du texte au
niveau des sens les plus spirituels. On "doit" étudier
la Torah selon les 4 niveaux, mais avec cette prudence de privilégier
toujours la base du pchate. Ceux qui pensent être capables d'aller
comprendre le sod sans cette base ne feront que des erreurs.
La base est toujours le commentaire de Rachi. Comme nous le présentons
continuellement sur le site, nous allons prendre une autre approche.
Le commentaire du Gaone de Vilna sur le Cantique des Cantiques est
aussi essentiel. Nous allons nous base cette fois sur le commentaire
du Zohar.
Par exemple, quand le Zohar (Tiqoun 31, page 75b) nous indique que,
dans notre être, ce qui est dit de Orpa concerne plus le niveau
du crops, Routh le niveau du néphéche ou personnalité,
Naomie le niveau de la néchama (Zohar I 80b et Zohar Routh
92a et 95b), on n'est pas plus avancé quand on n'a pas étudié
comment ces niveaux sont articulés entre eux dans le judaïsme.
Ou que les principaux personnages réfèrent aux lettres
du Nom de D.ieu. Mais le Zohar comporte de nombreux commentaires qui
sont de l'ordre du nigla, de l'apparent compréhensible.
Par exemple, il nous indique qu'il faut chercher à comprendre
ce qu'est David à travers cette histoire généalogique
(Zohar Hadach Routh 95b).
Ou que le projet dont Elimélékh et Naomie étaient
porteurs a échoué temporairement par la mort corporelle
de leurs fils, parce qu'ils avaient épousé des non-juives
s'adonnant à l'idôlatrie et sortaient donc de la possibilité
d'engendrer ce dont ils étaient porteurs (Zohar Hadach Routh
99a-b).Cela nous permet de comprendre comment la suite de l'histoire
va récupérer cet égarement jusqu'à être
capable d'enfanter David. Là, nous pouvons mieux nous interroger.
Et comprendre que c'est un retour total à la Torah, si bien
qu'on lit Routh lors de la Fête du don de la Torah, Chavouôte
(ibid. 104b).
- Quelles sont les qualités que nous dépeint le texte
qui ont permis l'accession à ce niveau (pudeur, tsédaqa...).
A vous d'y réfléchir.
Exemples dans le Zohar:
- Elimélékh
Il était un des grands de la Torah dans sa génération
aurait pu faire aboutir le projet. Cherchez pourquoi. Il ne l'a pas
réussi parce qu'il a fui tout de suite devant la difficulté
de la famine (ibid. 92a-95a) au lieu d'affronter la situation pour
le peuple. Il avait les capacités pour cela et pour protéger
et sauver la génération (dor) des rigueurs du
jugement (dine). Nombreux sommes-nous à faire cela devant
les difficultés d'Israël et partons à l'étranger
(lagour bein ha oumotes, habiter parmi les nations) ibid. 94a.
Il n'a pas évité le drame, et ses enfants sont morts.
Et il est nommé et eux comme responsables.En effet, ils étaient
le niveau le plus élevé de la génération
et pouvaient donc la sauver (Zohar 1, 80b). Mais devant les besoins
du peuple affamé, il préféra sauvegarder son
capital et partir à l'étranger. Comme me disaient quelqu'un
en cette situation: "je gagne tellement d'argent que j'en ai
honte. Et pourquoi irai-je en Israël? C'est le pays où
on devient millionnaire facilement, ce qui veut dire que tu arrives
milliardaire et tu te retrouves en un rien de temps seulement millionaire".
Voilà un enseignement profond: est-on ou non serviteur du peuple?
- Boaz
C'est un grand du peuple, un juge selon la Torah, un dayane. Et son
regard était droit et bon (tov ayine), et il n'utilisait
pas la force contraignante qu'il aurait pu utiliser. II Zohar 218b.C'est
bien le souvenir que tous ont du dayane le Rav Chalom Messas qui se
fatiguait dans ses sentences pour aimer et sauver le peuple.
Sa force (car son nom bo âz signifie "la force en
lui"), le texte nous montre qu'il l'utilisait pour dominer ses
propres tendances (I Zohar 93b et II Zohar 91b et III Zohar 280b)
et pour cela il est nommé tsaddiq.
Le couple de Boaz et Routh fut tellement pur et beau qu'ils ont mérité
7 bénédictions dans le texte (Routh 4,11); comptez-les.
Ce sont les 7 bénédictions, les Chévâ
bérakhotes du mariage (Zohar Routh 108a).
Orpa
Elle fut une convertie (guiyoréte) pendant une petite
période puis elle a abandonné et est repartie. Elle
ne se réadapta pas, déchut (Zohar Routh 99b) et ses
enfants s'opposèrent à David qui les vainquit. Leçon.
Elle était donc proche du peuple d'Israël comme le êrev
rav qui a suivi les Hébreux dans le désert, pour
le malheur d'Israël alors et depuis (Tiqouné Zohar 31
page 75b). Elle y était mais dans la dureté, on retrouve
encore parfois ces tendances (Zohar Routh 95b).
Routh
Elle s'appelait d'abord Guilite et était la fille du roi Eglone
de Moav ((Zohar Routh 95b et III Zohar 190a) et prit le nom de Routh
quand elle épousa Ma'hlone, le Juif, et se convertit (Zohar
Routh 96b). Et quand son mari juif mourut, elle resta fidèle
à la Torah totalement par elle-même. Pour cela on dit
qu'elle se convertit vraiment quand elle alla seule avec Naomie vers
la terre d'Israël (leçon pour les convertis). Zohar III
190a.
Naomie a vu cette qualité de Routh et lui recommande de se
marier avec quelqu'un qui vit vraiment dans la Torah, un tsaddiq,
pour enfanter des enfants de leur qualité, et elle lui indique
où elle peut en rencontrer (Zohar II 218a). Et c'est seulement
alors quand elle fut unie à un tel homme, et non pas seulement
par sa conversion, que sa qualité parfaite de juive (kéchéra)
fut manifeste (Zohar Routh 104b). Et en cela, elle a réussit
aussi le tiqqoune, la correction positive de l'âme de
son mari Ma'hlone (Zohar I 188b). Et, pour atteindre ce but, elle
garda sa pureté totale car elle alla avec les femmes, les néârotes,
et non pas avec les néârim, les jeunes gens, comme
on le lui disait pourtant pour l'éprouver. Pourtant, quand
elle comprit qui était son époux, elle n'hésita
pas et y alla directement vers lui avec audace.
Elle a démontré une capacité remarquable de gestion
personnelle et le Zohar dit qu'elle personnalise la personnalité
intellectuelle et de réflexion (néféche sikhlite),
(Zohar Routh 95b).
Pour toutes ces qualités, on dit qu'elle est nommée
Routh par un jeu des lettres (reiche, vav, tav) de son nom
qui forme les lettres Tor, ce qui veut dire la Torah (Zohar
Routh 95a).
Mais, ainsi que nous l'avons vu pour Boaz, elle mena toute son affaire
non pas seulement intelligemment, mais avec un regard pur, droit et
bon, ce que l'on appelle le bon oeil (ayine tova). Et cette
capacité unique et rare permit la descente de la bénédiction
car c'est cela la vraie modestie et humilité (ânava)
sans aucune effronterie ni arrogance ni prétention personnelle
(II Zohar 217b-218a). On voit que c'était la qualité
de Moché rabbénou. Et, pour cela, elle mérita
non seulement la bénédiction pour elle mais aussi pour
sa descendance. Et de cela naquit David. Plus encore, elle mérita
d'enfanter dans sa descendance le roi Chélomo qui écrivit
le Cantique des Cantiques où il est dit à propos d'elle
: comme une rose au milieu des épines (ké chochana
bein ha 'hohim, ch 2); en effet, le parfum de la rose parvient
à sortir même des épines qui l'entourent, et ces
épines étaient les nations du monde qui enfermaient
cette perle (Zohar Ruth 96b).
On comprend maintenant que le Livre de Ruth soit situé dans
le Tanakh, immédiatement après le Cantique des Cantiques
(Chir ha Chirim) qui lui-même est une résurrection
après le Livre de Job (Yov). Il est situé dans la 3e
partie du Tanakh (les Ecrits ou Kétouvim, après
la Torah et les Prophètes, Néviim). C'est le
29e livre sur les 41 du Tanakh.
Réflexion personnelle
Nous avons ici le pendant féminin de l'aventure d'Avraham qui
émergea des autres peuples, alla vers soi-même (sens
du Lékh
lékha, lien ici avec cette paracha), fit le tiqoune de
la création qui s'égarait dans les idolatries et découvrir
le couple (premier "toi" dit d'un homme à une femme)
et réussit à engendra une descendance sainte. C'est
un peu le rebondissement du courage qu'avait eu Tamar envers Yéhouda
(Béréchite ch 38). Les hommes juifs ne peuvent être
vraiment des hommes que s'ils apprennent de ces qualités des
femmes de la Torah.
En fait, cela nous montre la recherche à laquelle les humains
sont soumis de la part de D.ieu qui cherche leur coeur.
Les hommes y étant insensibles, ou n'allant pas jusqu'à
la source divine mais s'arrêtant dans les idoles, c'est le rôle
des Juifs de devenir les convertis à cette relation de couple.
Ils sont des guérim, des convertis, fils de guérim,
tous, fils d'Avraham tous.
Et cette recherche et rencontre est tellement grande, liée
à l'essentiel, que le Ari zal tient à montrer
que le mot guér (le converti) constitue la guématria
203 de l'union du Nom Hachém avec Eloqim et aussi
avec Adonoute. Double perfection.
Le retour continu des guérim depuis la création
jusqu'à l'intérieur du peuple vers Hachém et
Sa Torah, maintient la vigueur de cette conscience et de cet amour.
Voir la page sur la conversion.
Mais c'est une aventure qui traverse la faim, les morts, les pays,
les sentiments, les émotions, les séparations, les unions
et tous les problèmes des avatars des couples. Dans un immense
chant qui dépasse la seule génération dans laquelle
chacun vit, et donc dont il ne peut pas être conscient. Seul
Hachém sait ce qui se joue vraiment dans le parcours sincère
de chacun, dans les douleurs, dans les bonheurs. Un jour nous le saurons
totalement et nous verrons tout ce que dit le Cantique des Cantiques:
karmi chéli léfanaï, mon champ à
moi est devant moi.
Mais tout ce parcours personnel est accompagné par Hachém
et Sa Torah. Et il y a toujours des Naomi et des Boaz et des Routh
pour ceux qui aiment Hachém. Au milieu de tous les autres avatars.
Et tout cela est l'histoire de notre peuple Israël qui est, pour
Hachém, la plus belle des femmes (ha yafa ba nachim):
Demandons que chaque membre du peuple d'Israël, retrouve et garde
sa jeunesse de guér, fils d'Avraham et de Routh, et ne se pense
jamais installé.
Dieu garde les guérim, cela veut dire qu'Il est proche
d'eux, les accompagne tout le temps et les protège (psaume
146,9) et ce texte est repris dans la prière du matin. Et il
est bien dit: car nous sommes des guérim devant Toi
(ki guérim anahnou léfanékha, I Chronique
29,15). Et le peuple d'Israël est un passager de ce type qui
marche avec Hachém (guér anokhi imakh, psaume
39,13).
C'est donc une Torah de vie, de sentiments, d'actions, de changements
qui nous est proposée, et non pas une Torah installée
dans une communauté qui ronronne de semaine en semaines dans
le même lieu, sur les mêmes textes avec routine. Hachém
est un aventurier qui cherche le coeur des hommes, pour cela il a
choisi un peuple en mouvement, les Juifs. Et ce n'est pas un théoricien
ni un philosophe, il est obsédé par le couple comme
il a dit dan le Middrash Rabba: "hakol barati zougote,
tout Je l'ai créé en couples".
Voilà pourquoi, lorsque chaque membre du peuple juif reçoit
la Torah dans la Fête de Chavouôte, on nous demande de
relire le Livre de Routh. C'est ce que nous venons de faire ici.
Texte du Livre (traduction et commentaires
de Rachi)
J'insère ici les commentaires de Rachi et quelques insistances
de ma part qui viennent de l'hébreu. Je donne les termes hébraïques
pour les apprendre mais, surtout, parce qu'ils ont des nuances très
sensibles qui transmettent mieux le message que la traduction. Même
les débutants en hébreu le comprendront facilement.
Soyez attentifs à la répétition du verbe "revenir",
aux mots "mort".
Chapitre 1
1 Et ce fut dans les jours où gouvernaient les "Juges"
(hachofétim) , il y eut une famine (raâv) dans le pays
d'Israël (haaréts). Un homme de Beth lé'hem en
Yéhouda partit, pour aller séjourner (lagour) dans les
plaines de Moav, lui et sa femme (ichto) et ses deux fils.
(cliquez chaque fois sur l'image pour arriver au site qui l'expose)
Midrache rabba Routh: ce fut l'une des 10 famines sur le monde (cela
indique que l'ensemble de la création est concernée
par l'enjeu).
2 Le nom (chem) de cet homme (ich) était Elimélekh,
celui de sa femme (ichto) Naomi, et ses deux fils s'appelaient Machlone
et Kilione; ils étaient Ephratites, de Beth lé'hem en
Yéhouda. Arrivés au pays de Moav, ils s'y fixèrent
là (cham).
Rachi: c'était le plus riche de la génération
en Israël et tous subsistaient par lui, et il quitta la terre
d'Israël. Commentaire: on imagine la crise que cela représente
pour Israël quand de tels grands abandonnent, et les responsabilités
sont réciproques chez tous.
3 Elimélekh, mari de Naomi, mourut, et elle resta (vatichaér)
avec ses deux fils.
Rachi: on le nomme "mari de Naomi" car il est dit qu'un
homme ne meurt vraiment que pour son épouse (cf Traité
Bérakhote 17a).
4 Ils se marièrent (vayissou) avec des femmes Moabites, et
le nom de l'une était Orpa, et le nom de l'autre Routh, et
ils habitèrent là environ dix ans.
Midrache rabba Routh: son nom Routh vient de ce qu'elle prenait en
bien (raata) les paroles de sa belle-mère.
5 Puis Makhlone et Kilione moururent aussi (gam) tous les deux (chénéhem),
et Naomi resta privée de ses deux fils et de son mari.
Rachi: quel est le sens de ce "aussi, gam"?

6 Puis elle se leva (vataqom), elle et ses belles-filles, et elle
revint (vatachov) du pays de Moav, car elle apprit au pays de Moav
que Hachém avait manifesté sa bonté (paqad) envers
Son peuple et lui avait donné du pain (lé'hem).
7 Elle sortit du lieu (mine ha maqom) qu'elle habitait, et ses deux
brues avec elle, et elles se mirent en route pour revenir dans le
pays de Yéhouda.
Rachi: pourquoi dire qu'elle sortit alors qu'au verset précédent
on l'a déjà dit? Cela fait allusion à la perte
qu'est pour une ville quand un tsaddiq en part car il y maintenait
la bénédiction. (cf Midrache rabba Routh 2,12)/
8 Naomi dit (vatomér) à ses deux brues: Allez, retournez
chacune à la maison de sa mère (imah)! Que Hachém
use de bonté- affection ('héssed) envers vous, comme
(kaachér) vous l'avez fait envers les défunts (hamétim)
et envers moi!
Midrache rabba Routh 2,16: cela correspond à la procédure
envers ceux qui demandent la conversion, on doit les repousser trois
fois et s'ils persistent on les accepte.
9 Qu'à chacune Hachém vous fasse trouver du repos (ménou'ha)
dans la maison d'un mari! Et elle les embrassa (vatichaq). Elles élevèrent
la voix, et pleurèrent (vatifkéna);
10 et lui dirent: Non, car (ki) avec toi (itakh) nous reviendrons
(nachouv) vers ton peuple (léâmékh).
11 Naomi, dit: Retournez, mes filles (bénotaï)! Pourquoi
viendriez-vous avec moi? Ai-je encore des fils dans mes entrailles
(béméaï) qui puissent devenir vos hommes (la anachim)?

12 Retournez (chovéna), mes filles, allez! Car je suis devenue
trop âgée (zaqaneti) pour être avec un homme. Et
même si je disais: J'ai encore de l'espérance (tiqva);
et quand même cette nuit (halaïla) je serais avec un homme
(ich), et que j'enfanterais des enfants,
13 attendriez-vous pour cela qu'ils eussent grandi (yigdalou), refuseriez-vous
pour cela toute autre homme (ich)? Non, mes filles! à cause
de vous je serais profondément (méod) peinée
(mar li) car la main (yad) de Hachém s'est appesantie contre
moi (bi).
14 Et à nouveau elles élevèrent la voix, et
pleurèrent encore (od). Puis Orpa embrassa (vatichaq) sa belle-mère
('hamotah),
mais Ruth s'attacha (davéqa) à elle (ba).
15 Naomi lui dit : Voici (hiné), ta belle-soeur est retournée
(chava) vers son peuple et vers ses dieux (élohéya);
retourne (chouvi) aussi, et suis ta belle-soeur.
16 Mais Ruth répondit: N'insiste pas pour que je te quitte,
et m'en retourne (lachouv) loin de toi! Où tu iras j'irai (élékhà)
, où tu demeureras je demeurerai (aline); ton peuple sera mon
peuple (âmékh âmi), et ton Dieu sera mon Dieu (Elohaïkh
Elohaï);
Rachi: de là on apprend comment on doit se comporter envers
ceux qui demandent la conversion, on les met en garde sur la gravité
d'un abandon éventuel. Et Routh l'apprend de Naomi.
17 où tu mourras je mourrai (tamouti amoute), et j'y serai
enterrée (éqavér). Que Hachém me traite
dans toute sa rigueur autant et plus, si autre chose que la mort (ha
mavét) vient à me séparer (yafrid) de toi!
Rachi: et si D.ieu me sépare de toi je mourrai.
18 Naomi, la voyant fermement décidée à aller
avec elle, cessa d'insister en parlant envers elle.
Rachi: de là on sait qu'il ne faut pas continuer à examiner
le candidat à la conversion quand on a les assurances de base.
Midrache rabba Routh 3,5: de là, dit R. Yéhouda ben
Chiméone, combien sont précieux aux yeux de D.ieu les
convertis. Et une fois qu'elle est convertie, elle est égale
à Naomi.

Ruth et Naomi sur la route par Arthur Szyk (1894-1951).
19 Elles marchèrent ensemble (chétéhém)
jusqu'à leur arrivée à Beth lé'hem. Et
quand elles entrèrent dans Beth lé'hem, toute la ville
fut en émoi (téhom) à cause d'elles, et les femmes
disaient: N'est-elle pas (hazote) Naomi?
Rachi: de là on voit combien les convertis sont chers au coeur
d'Israël (kama 'havivim ha guérim). Et toute la ville
fut aussi en émoi de la mort de la femme de Boaz qui mourut
ce jour même.
20 Elle leur dit: Ne m'appelez pas Naomi; appelez-moi Mara, car le
Tout-Puissant (chadaï) m'a abreuvée d'amertume énormément
(méod).
Rachi: car de partir de la terre d'Israël fut une grande faute.
21 Je suis partie d'ici pleine (méléa), et Hachém
me ramène vide (réqam). Pourquoi me nommeriez-vous Naomi,
alors que Hachém a agi (âna) contre moi, et que le Tout-Puissant
m'a affligée?
22 Ainsi revinrent (tachév) Naomi et sa belle-fille, Ruth
la Moabite, revenant (hachava) du pays de Moav . Et elles arrivèrent
à Beth lé'hem au début (bit'hilate) de la moisson
(qétsir) des orges (séôrim).
Les mots hébraïques vous permettent de voir l'insistance
sur le mot chouv, revenir. C'est une téchouva, un retour plénier
vers la source de soi, et une repentance. Cherchez aussi toutes les
formes qui indique le sens de "ensemble". Ce sont des caractéristiques
du peuple juif. Ainsi que les épreuves continues et les bontés
miraculeuses continues.
Chapitre 2
1 Naomi se connaissait un parent de son mari. C'était un homme
puissant (guibor) par son excellence ('haïl), de la famille d'Elimélekh,
et son nom (chémo) était Boaz.
Rachi: Ils se connaissaient car ils étaient tous de la descendance
de Na'hchone, mais le mérite de cette ascendance ne leur a
pas été compté en mérite à partir
du moment où ils sortirent de la terre d'Israël
Commentaire: que l'on prenne conscience de cette insistance de Rachi
qui, pourtant, ne pouvait imaginer qu'un jour nous serions dans les
mêmes conditions de choisir librement d'être sur la terre
d'Israël ou de ne pas y être. Et il nous averti de la gravité
de ce choix quand il est possible.
2 Ruth la Moabite (ha moaviya) dit à Naomi: J'irai, je te
prie (na), et je glanerai (vaalaqta) des épis (chébalim)
dans le champ à la suite de celui aux yeux duquel je trouverai
grâce (émtsa 'héne). Elle lui répondit:
Va (lékhi), ma fille (viti).
Midrache rabba Routh 4,4: bien qu'elle avait 40 ans elle l'appelait
"ma fille" car elle avait la beauté d'une fille de
14 ans. Ribbi Yo'hanane dit qu'elle voyait qu'elle avait besoin d'un
homme.
3 Elle s'en alla glaner dans un champ (sadé), derrière
les moissonneurs (qotsérim). Et il se trouva par hasard (miqréa)
que le champ (sadé) appartenait à Boaz, qui était
de la famille (michpa'ha) d'Elimélekh.
Rachi: il insiste sur le soin que mettait Routh à prendre des
repères pour être sûre de pouvoir rentrer à
la maison et ne pas se perdre.
4 Et voici, Boaz vint de Beth lé'hem, et il dit aux moissonneurs:
Que Hachém soit avec vous (îmakhém)! Ils lui répondirent:
Que Hachém te bénisse (yévarékhékha)!
5 Et Boaz dit à son serviteur (lé naâro) chargé
(nitsav) de surveiller les moissonneurs: A qui (lé mi) est
cette jeune femme (ha naâra ha zote)?
Rachi: il insiste sur la tsénioute (pudeur) de Boaz qui se
renseigne sur cette femme auprès des autres femmes.
6 Le serviteur chargé de surveiller les moissonneurs répondit:
C'est une jeune femme Moabite, qui est revenue (ha chava) avec Naomi
du pays de Moav.
7 Elle a dit: Permettez-moi de glaner et de ramasser des épis
entre les gerbes, derrière les moissonneurs. Et depuis (mé
az) ce matin (ha boqér) qu'elle est venue, elle a été
debout jusqu'à présent, et ne s'est reposée (chivta)
que très peu (méâte) dans la maison.
8 Boaz dit à Ruth: n'as-tu pas compris (ha lo chamâte),
ma fille (biti), ne va pas glaner dans un autre (a'hér) champ
(sadé); et de plus ne t'éloigne pas d'ici, et reste
près (tidbaqine) de mes servantes.
9 Que tes yeux (ênayikh) voient où l'on moissonne dans
le champ, et va après elles. N'ai-je pas ordonné (tsiviti)
à mes serviteurs de ne pas te toucher. Et quand tu auras soif,
tu iras aux vases (kélim), et tu boiras de ce que les serviteurs
auront puisé. (réfléchissez à tout le
symbolisme de ces mots).
10 Alors elle tomba sur sa face (panéya) et se prosterna contre
terre (artsa), et elle lui dit: Pourquoi (madouâ) ai-je trouvé
grâce à tes yeux, pour que tu me connaisses (lé
haqiréni), à moi (vé anokhi) qui suis une étrangère
(nokhria)?
Midrache rabba Routh 5,2: elle prophétisa qu'elle deviendrait
sa femme.
11 Boaz répondit (vayaâne): On m'a longuement rapporté
(houguéd houguad) tout ce que tu as fait envers (éte)
ta belle-mère après la mort (mote) de ton mari (ichékh),
et comment tu as quitté (vataâzévi) ton père
(avikh) et ta mère (imékh) et la terre (éréts)
de ta naissance (moladtékh) , pour aller vers un peuple (âm)
que tu ne connaissais point (lo yadaâte) l'avant-veille (chilchom).
12 Que Hachém te rende complètement (yéchalem)
ce que tu as fait (paôlékh), et que ta récompense
(maskourtékh) soit entière (chéléma) de
la part de Hachém, le Dieu d'Israël, sous (ta'hate) ses
ailes (kénafav) duquel tu es venue te réfugier (la'hassote)!
Midrache rabba Routh 5,4: le mot chalem fait allusion au fait que
le Roi Chélomo sera sa descendance.
13 Et elle dit: Oh! que je trouve grâce à tes yeux,
mon seigneur (adoni)! Car tu m'as consolée (ni'hamtani), et
tu as parlé (dibbarta) sur le coeur (âl-lév) de
ta servante (chif'hatékha). Et pourtant je ne serai (lo éyé)
pas, moi (anokhi), comme l'une (ké a'hate) de tes servantes.
(Observez comme les mots sont nobles, aussi bien pour se nommer soi-même,
que pour nommer l'autre, comme la Torah nomme D.ieu Lui-même;
cela montre la qualité des êtres et de leur relation,
dans la connaissance qu'ils en ont, qu'ils se le disent et dévoilent
leur relation unie en D.ieu et dévoilée par Lui comme
étant de ces niveaux. Ces personnes se parlent dans les versets
mêmes de la Torah, car elles sont de cette nature, individuellement
et entre elles).
Rachi: l'humilité de Routh qui ne se croit pas à la
hauteur de la dernière des servantes.
14 Boaz dit à Ruth au moment du repas (lé ête
ha okhél): Approche (gochi halom) davantage, mange du pain,
et trempe (vatavalte) ton morceau (pitékh) dans le vinaigre
('hométs). Elle s'assit (vatachév) du côté
(mitsad) des moissonneurs. On lui donna du grain rôti; elle
mangea et se rassasia (tichbâ) , et elle garda le reste (vatotar).
(Lé'hém, le pain est relié au sens de l'épouse
comme Yitro le dit à ses filles: "peut-être cet
homme Moché veut-il du pain", sous-entendu: une épouse).
Midrache rabba Routh 5,6: l'expression approche et les autres font
allusion aux textes des versets qui parlent de David et Chélomo.
15 Puis elle se leva pour glaner. Boaz donna cet ordre à ses
serviteurs: Qu'elle glane aussi entre les gerbes, et ne l'inquiétez
pas (vé lo takhlimouha),
16 et même vous jetterez (tacholou) pour elle des gerbes quelques
épis, que vous la laisserez glaner, sans lui faire de reproches
(vé lo tiguarou va).
17 Elle glana dans le champ jusqu'au soir (âd ha êrev),
et elle battit (vaté'hbote) ce qu'elle avait glané.
Il y eut environ un épha d'orge.
18 Elle l'emporta et rentra dans la ville (ha îr), et sa belle-mère
('hamotah) vit ce qu'elle avait glané. Elle sortit aussi et
lui donna les restes de son repas abondant (misaveâh).
19 Sa belle-mère lui dit: Où (éifo) as-tu glané
aujourd'hui (ha yom), et où (véana) as-tu travaillé?
Béni (baroukh) soit celui qui a fait ta connaissance (makirékh)
! Et Ruth fit connaître à sa belle-mère ce qu'elle
avait fait (âsseta) avec lui (îmo): Le nom de l'homme
(ha ich) avec qui (îmo) j'ai fait (âssiti) aujourd'hui
(ha yom), dit-elle, Boaz.
20 Naomi dit à sa belle-fille (kalatah): Qu'il soit béni
de Hachém, qui n'a pas abandonné (lo âzav) sa
bonté ('hassdo) pour les vivants (éte ha 'hayim) comme
pour ceux qui sont morts (ha métim)! Cet homme est proche (qarov)
de nous (lanou), lui dit encore Naomi, il est de ceux qui ont sur
nous droit de rachat (mi goalénou).
Rachi: D.ieu s'occupe autant des besoins des vivant et des morts.
21 Ruth la Moabite ajouta: Il a dit aussi (gam) vers moi (élaï):
avec (îm) mes serviteurs qui sont à moi reste proche
(tidbéqine), jusqu'à ce qu'ils aient achevé (kilou)
toute la moisson qui est à moi (achér li).
Commentaire: importance de la dévéqoute, la proximité
avec Hachém et avec ceux qui sont conscients de Sa sainteté.
Midrache rabba Routh 5,12: le fait qu'on la nomme encore Moabite indique
qu'elle avait encore des pensées impures de cette époque.
22 Et Naomi dit à Ruth, sa belle-fille: Il est bon (tov),
ma fille (biti), que tu sortes (tétséi) avec ses servantes
(naârotav), et qu'on ne te porte pas atteinte (vé lo
ifguéou bakh) dans un autre (a'her) champ.
Commentaire: on retrouve toujours le thème du malheur qui consiste
à s'éloigner de la présence de vie.
23 Elle resta donc collée (vatidbaq) aux servantes de Boaz,
pour glaner, jusqu'à la fin (âd kélote) de la
moisson des orges et de la moisson des blés (ha 'hitim). Et
elle demeurait (vatéchev) avec (éte) sa belle-mère
('hamotah).
Chapitre 3
1 Et Naomi, sa belle-mère, lui dit: Ma fille (biti), est-ce
que je ne voudrais pas t'assurer ton repos (manoa'h), afin que tu
sois heureuse (yitav-lakh).
2 Et maintenant (âta) Boaz, avec (éte) les servantes
duquel tu as été (hayite), ne savons-nous pas qu'il
est notre parent? Voici (hiné), il doit vanner cette nuit (halaila)
les orges qui sont dans l'aire.
3 Lave-toi (vé ra'hatse) et oins-toi, puis mets tes robes
(simlotaïkh), et descends à l'aire (gorén). Tu
ne te feras pas connaître à lui, jusqu'à ce qu'il
ait achevé (âd kaloto) de manger (léékhol)
et de boire (lichtote).
Rachi: lave-toi des souillures de l'idolatrie (cf sa source dans le
Midrache rabba Routh 5,12). Oins-toi: des mitsvotes. Mets tes robes:
tes robes de Chabbate.
4 Et quand il ira se coucher, tu t'informeras du lieu (maqom) où
il se couche (yichkav cham). Ensuite va (ouvate), découvre
(guilite) ses pieds (marguélotav), et couche-toi. Et lui-même
te dira (yaguid) ce que tu as à faire (taâssine).
Midrache rabba Routh 5,13: Routh dit que peut-être un de ses
mauvais serviteurs viendra alors mais elle assura qu'elle ferait quand
même ce que Naomi lui disait et en trouverait le moyen.
5 Elle lui répondit: tout ce que tu diras, je le ferai (éêssé).
6 Elle descendit à l'aire, et fit tout ce qu'avait ordonné
sa belle-mère.
7 Boaz mangea et but, et son coeur était bien (va yitav libo).
Il alla se coucher à l'extrémité (biqetsé)
d'un tas de gerbes (haâréma). Ruth vint alors tout doucement,
découvrit (vatégal) ses pieds, et se coucha (va tichkav).
Rachi: Etait bien, car il étudiait la Torah. Midrache rabba
Routh 5,15: et aussi car il avait fait la bénédiction
après le repas. Et il pensait à sa femme.
8 Au milieu de la nuit (ba 'hatsi ha laïla), cet homme eut une
frayeur (vayé'hérad); il se pencha (vayilafféte),
et voici (hinné), une femme (icha) est couchée (chokhévéte)
à l'endroit de ses pieds (marguélotav).

Rachi: Il eut peur que ce soit une hallucination, un esprit mauvais
et il allait crier mais elle le toucha de son bras. Il posa sa main
sur sa tête et il vit que c'était vraiment une femme.Midrache
rabba Routh 6,1: Il le demanda et elle le confirma, il lui demanda
si elle était pure et confirma.
9 Il dit: Qui es-tu (mi ate)? Elle répondit: Moi (anokhi),
je suis Routh, ta servante (amatékha); étends (ou farasta)
ton aile (khénafékha) sur ta servante, car tu as droit
de rachat (ki goél atta).
Commentaire: elle se nomme par le terme très noble de anokhi,
par lequel Hachém se nomme, par exemple, au début des
dix commandements. Elle ose dire très clairement la situation
et faire valoir ses droits devant Hachém, car elle sait que
Boâz vit à ce niveau.
Rachi: elle lui demande de placer son tallit sur elle comme dans un
mariage.
10 Et il dit: bénie (béroukha) tu es (ate) par Hachém,
ma fille (biti)! Tu as encore amélioré (hétavte)
ta bonté ('hassdékh) par ce dernier acte (ha a'harone)
que par le premier (min ha richone), car tu n'as absolument pas (bilti)
allé (lékhéte) après des jeunes gens (ha
ba'hourim), qu'ils soient pauvres (im dal) ou riches (im achir).
Rachi: le premier acte est ce qu'elle avait fait envers sa belle-mère.
Midrache rabba Routh 6,2: Boaz avait 80 ans et n'avait pas été
gratifié d'enfants mais quand une femme tsadéqéte,
juste, pria pour lui, il en fut gratifié. De même, elle
avait 40 ans et sans enfants et il l'en gratifia par ses qualités
de tsaddiq. Seulement par la puissance des bénédictions.
11 Maintenant (âta), ma fille, ne crains point (al tiréi);
tout ce que tu diras (kol achér toméri) je le ferai
pour toi (éêssé lakh); car toute la porte de mon
peuple (chaâr âmi) sait (yodéâ) que tu es
une femme de la sainteté (échéte 'haïl).
12 Et maintenant, bien qu'il est bien exact (ki omnam) que je suis
celui qui a droit de rachat (goél), mais il en existe un autre
plus proche (qarov) que moi (mimménni).
Rachi: je ne suis que le neveu de Elimélékh tandis qu'un
autre est son frère.
13 Dors (lini) cette nuit (ha laïla). Et au matin, s'il veut
user envers toi du droit de rachat (im yigalékh), très
bien (tov) qu'il le fasse (yigal); mais s'il ne le désire pas
(im lo ya'hpots) de te racheter, je te rachèterai, moi (anokhi),
par Hachém vivant ('Haï Hachém) Reste couchée
(chikhvi) jusqu'au matin (âd ha boqér).
Rachi: Dors, sans être avec un homme cette nuit. Elle lui dit:
pour que ce ne soient pas des mots, jure-le par Hachém. Et,
surmontant l'instinct, que ce ne soit que par mariage et non pas en
étant ensemble.
Midrache rabba Routh 6,4: sans homme cette nuit mais tu en auras ensuite.
Il résista au besoin de se rapprocher d'elle.
14 Elle resta couchée à ses pieds jusqu'au matin, et
elle se leva (vataqom) avant qu'on pût se reconnaître
(yakir) l'un l'autre (ich éte réêhou). Et il dit:
Qu'on ne sache pas (al yivadâ) que la femme est venue (ki vaa
ha icha) dans l'aire (ha gorén).
Rachi: il s'empressa de régler la situation car il ne voulait
pas qu'on le soupçonne d'avoir une relation avec une femme.
Midrache rabba Routh 7,1: il y a un vav (valeur 6) en trop dans le
mot bétérem (avant que), ce qui indique qu'elle passa
l) 6 heures.
15 Et il dit: Donne le voile (havi ha mitpa'hate) qui est sur toi
(âlaïkh), et tiens-le fermement (vé é'hazi
va). Elle le tint (va to'héz ba), et il mesura six mesures
d'orge, qu'il chargea sur elle (va yachét âléya).
Puis il rentra (va yavo) dans la ville (ha îr).
Rachi: ces 6 mesures faisaient allusion à 6 bénédictions
et Rachi en donne la liste qui montre, comme en de nombreux autres
passages, qu'il connait les traditions profondes également.
Midrache rabba Routh 7,2: Ces 6 font allusion aux 6 Sages qui sortiront
d'elle: David, Hézékiah, Josias, 'Hanania, Mickhael-Azariah,
Daniel.
16 Ruth revint auprès de sa belle-mère, et Naomi dit:
qui es-tu, ma fille (mi ate biti)? Et elle lui raconta (va taguéd
la) tout ce que cet homme avait fait pour elle (éte kol achér
âssa la ha ich).
Midrache rabba Routh 7,4: elle lui demande si elle est encore vierge
ou femme, et elle répondit: vierge.
17 Elle dit: Il m'a donné (natane li) ces six mesures d'orge,
car il a dit (ki amar): Tu ne retourneras pas (al tavoï) à
vide (réiqam) vers ta belle-mère.
Midrache rabba Routh 7,6: le oui d'un tsaddiq est oui, et son non
est non.
18 Et Naomi dit: Sois apaisée (chévi), ma fille, jusqu'à
ce que tu saches (âd achér tédéîne)
comment (éikh) finira la chose (yipol davar), car il ne sera
pas tranquille (ki lo yichqote) cet homme (ha ich) qu'il n'ait terminé
(ki im killa) cette affaire aujourd'hui (ha davar ha yom).
Chapitre 4 et fin du Livre Le mariage et la descendance.
Remarquez le sens des sons qui reviennent sans cesse: chev, chouv
et vé zote.
1 Boaz monta (âla) à la porte, et s'y installa (vayéchév).
Or voici, celui qui avait droit de rachat (ha goel), et dont Boaz
avait parlé, passe (ôvér). Il lui dit: Approche,
reste ici (chéva po), toi un tel (péloni). Et il s'approcha,
et s'arrêta (vayéchév).
Midrache rabba Routh 7,7: c'était un ignorant dans la Torah,
un anonyme (ploni-almoni).
2 Il prit (vayiqar) dix hommes (âssara anachim) parmi les anciens
(mi ziqné) de la ville (ha îr), et il dit: Asseyez-vous
(chévou) ici. Et ils s'assirent (vayéchévou).
Midrache rabba Routh 7,8: De là on apprend que les bénédictions
de tout type de mariage exigent la présence d'au moins dix
hommes.
3 Puis il dit au goél (celui qui avait le droit de rachat):
la pièce de terre ('hélqate ha sadé) qui appartenait
à notre frère (a'hénou) Elimélekh, la
vend Naomi, qui revient (chava) du pays de Moab.
4 Et moi je me suis dit, je le découvrirai à ton oreille
(églé lé oznékha) pour te dire: Achète-la
(qéné), en présence des habitants (ha yochévim)
et en présence des anciens de mon peuple (ziqné âmi).
Si tu veux racheter (im tigal), rachète (géal); mais
si tu ne veux pas, dis-le-moi (haguida li), afin que je le sache (vé
édâ). Car il n'y a personne avant toi (éin zoulatékha)
qui ait le droit de rachat, et moi (anokhi) je l'ai après toi
(a'harékha). Et il dit: moi (anokhi) je rachèterai (égal).
5 Boaz dit: Le jour (bé yom) où tu achèteras
(qénotékha) le champ de la main de Naomi, tu achèteras
(qanita) en même temps Ruth la Moabite, à qui le défunt
était marié, pour relever (léhaqim) le nom du
défunt (chém ha mét) dans son héritage
(âl-na'halato).
Midrache rabba Routh 7,10: on voit par ces précisions que c'était
un ignorant dans la Torah car il a fallu le lui préciser.
6 Et il dit le goél (celui qui avait le droit de rachat):
Je ne pourrai pas (lo oukhal) racheter pour mon compte (ligol- li),
par crainte (pén) de détruire (ach'hite) mon héritage;
prends pour toi mon droit de rachat (guéoulati), car je ne
pourrai pas racheter.
7 Et cela, autrefois (vé zot léfanim) en Israël,
pour valider (léqayem) une affaire quelconque relative à
un rachat (ha guéoula) ou à un échange (ha témoura),
l'un ôtait (chalaf) son soulier (naâlo) et le donnait
à l'autre (lé réêhou): cela (vé
zote) servait de témoignage (ha téouda) en Israël.
8 Celui qui avait le droit de rachat dit donc à Boaz: Acquiers
pour ton compte (qéné lakh)! Et il ôta (va yichlof)
son soulier (naâlo).
9 Alors Boaz dit aux anciens (lazqénim) et à tout le
peuple: Vous êtes témoins (êdim atem) aujourd'hui
(ha yom) que j'ai acheté (qaniti) tout ce qui appartenait à
Elimélekh, à Kilione et à Makhlone, de la main
de Naomi
10 et que Ruth la Moabite, femme (échét) de Makhlone,
je l'ai achetée (qaniti) pour moi (li) pour femme (lé
icha) pour relever le nom du défunt dans son héritage,
et afin que le nom du défunt ne soit point retranché
(yiqarét) d'entre ses frères (é'hav) et de la
porte de son lieu (méqomo). Témoins, aujourd'hui!
11 Et ils dirent (va yomérou) tout le peuple qui était
à la porte et les anciens : témoins (êdim)! Qu'il
rende (yitén), Hachém, la femme qui vient vers ta maison
semblable à Rachel et à Léa, qui toutes les deux
(chétéhém) ont bâti (banou) la maison d'Israël!
Manifeste ta force (va âssé 'haïl) dans Ephrata,
et fais-toi un nom dans Beth lé'hem!
12 Et que ta maison soit semblable à la maison de Pérets,
qui fut enfanté à Yéhouda par Tamar, de la descendance
que te donnera Hachém par cette jeune femme (ha naâra
ha zote)!
13 Et Boaz prit (va yiqa'h) Ruth, et elle devint sa femme, et il
alla vers elle (éléya). Hachém donna (va yitén)
à Ruth d'être enceinte (hérayone), et elle enfanta
(va téléd) un fils (bén).
14 Les femmes (ha nachim) dirent (va tomarna) à Naomi: Béni
soit Hachém, qui ne t'a point laissé manquer (hichbite)
aujourd'hui d'un homme ayant droit de rachat, et son nom sera célébré
(va yiqaré) en Israël!
Midrache rabba Routh 7,15: ce fut la conséquence des bénédictions
de ces femmes que la lignée de David ne fut pas interrompue
à l'époque d'Athalie (II Rois 11).
15 Cet enfant sera pour toi celui qui te rend (méchiv) ta
vie (néféche), et il subviendra (oulékhalkél)
pendant ta vieillesse (chévatékha); car ta belle-fille
(kalatékh), qui t'aime (ahévatékh), l'a enfanté
(yéladati), elle qui vaut mieux pour toi que sept fils (chiveâ
banim).
16 Naomi prit (vatiqa'h) l'enfant (ha yéléd) et le
mit (vatéchitéhou) dans son sein (va'héqah),
et elle fut sa gardienne qui en prit soin (oménéte).
17 Les voisines (ha chékhénote) lui donnèrent
(va tiqréna) un nom (chém), en disant: est né
(youlad un fils (bén) à Naomi! Et elles l'appelèrent
Ovéd. Ce fut le père d'Ichaï père (avi)
de David.
18 Voici la postérité (éllé tolédote)
de Pérets. Pérets engendra (holid) Hetsrone;
19 Hetsrone engendra (holid) Ram; Ram engendra (holid) Amminadab;
20 Amminadab engendra (holid) Nakhchone; Nakhchone engendra (holid)
Salma;
21 Salma engendra (holid) Boaz; Boaz engendra (holid) Ovéd;
22 Ovéd engendra (holid) Ichaï; et Ichaï engendra
(holid) David.
Poème:
Routh
Il est venu en hébreu. Sa traduction est donnée
ensuite.

Poème:
Routh
(Version de traduction en français)
Routh,
c'est la confiance totale, en grand et en détails.
Et il n'y a pas de conflit, pas d'échec, pas de victoire.
C'est calme, en se faisant, simple et doux, un régal.
C'est un amour complet sans "peut-être", sans "c'est à voir".
Le
mot hébreu "késsef" (argent-désir) n'est pas dehors,
c'est tout l'être qui désire comme dit le psaume 84.
C'est le retour à l'instant où D.ieu est tout don
et les créatures se donnent et sont réception.
C'est l'unique Création, hors d'elle tout est folie.
Et
chacun est semblable à cela,
il n'y a pas de différence selon la généalogie ou la situation
sociale,
chacun est égal à l'autre selon la simplicité et la droiture
entière.
Et c'est tellement évident qu'on n'y ajoute même aucun chant
de victoire.
Routh,
c'est 606 en guématria, tout est uniformément bien réglé.
Les 6 premiers versets commencent par la lettre 6,
jusqu'à la séfira la sixième, dans la descente de la bénédiction:
c'est yéssod, l'union du couple, finalement après tous les essais
et errements, maintenant.
C'est l'arrivée au royaume, celui de David le fils, et
bientôt Ton Temple.
Bientôt
le Jardin d'Eden sur terre, immédiatement,
depuis la tête, le coeur, jusqu'à la plante des pieds
entre Routh et Boaz tout est saint, c'est le retour à l'ordre
initial.
Et sans erreur cette fois, sans briser aucune règle nécessaire,
avec l'accord interne de l'individuel et du communautaire,
la sagesse de la vie réellement, cela aurait dû être déjà entre
Eve et Adam.
Tout revient à la source et tout est réparé
car Routh fut droiture, bonne, pure, divine présence, merveille
du monde.
C'est joie uniquement.
Hachém est notre berger, nous ne manquerons de rien.