Traduction de Eikha (Les Lamentations)
texte lu et médité spécialement le jour du 9 av;
Ticheâ bé av.
(ici, retour aux Fêtes, et aux commentaires de la Torah)
 

Introduction : Le Temple

ICI, Texte de Eikha, les lamentations.


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Le Temple, le bien du monde et l'étude de la Torah


Rabbi 'Hayim de Volozhyne écrit que serait un non-sens d'être dans une étude abstraite et coupée de son action sur le monde et qui ne serait pas accompagnée de sa pratique. 

En effet, il n'y a aucune différence entre la sainteté tournée vers l'homme et la sainteté tournée vers Dieu à ces niveaux. C'est ainsi qu'il est écrit :
guédola Torah ché hi noténéte 'hayim léôsséya elle est grande la Torah qui donne la vie à ceux qui la réalisent (ch. VI des Pirqé avote, Principes des Pères), 

et il n'est pas écrit, dit-il, "à ceux qui l'étudient". 

Et il va plus loin encore en citant deux passages qui marquent avec force égale l'importance de l'étude et de la pratique : 

- un passage du traité Avoda Zara 17 b :
kol haôsséq ba Torah bilvad domé kémi ché éïn lo éloha
tout celui qui s'occupe uniquement de Torah est semblable à celui qui n'a pas de Dieu ; 

- un passage du Middrache Tan'houma sur Bé'houqotaï :
af im hou tsadik vé eino ôsséq ba Torah éïn béyado kloum
même s'il est un juste, s'il ne fait pas de la Torah sa tâche, il n'a absolument rien en main. 

Nous voyons toujours, dans les rubriques Torah et Prière du site, comment cet ensemble structurel des forces qui agissent dans le monde est constamment recréé et vivifié par la Torah dans la prière et l'étude.

L'accès aux richesses de la Torah par la connaissance des méthodes de l'étude permet de développer cette dynamique d'ensemble. L'étudiant de la Torah construit le monde

Dans ce contexte de l'enseignement de nos maîtres, nous comprenons mieux toutes ces phrases des Sages du talmud : 

afilou kol haôlam koulo éino chavé afilou lédavar é'had mine hatTorah
même l'ensemble de tout l'univers n'égale pas un seul mot de la Torah. Péa Yérouchalmi 1

afilou kol mitsvotéya chél Torah éinane chavote lédavar é'had mine hatTorah
même l'ensemble de toutes les mitsvotes n'égale pas un seul mot de la Torah. Péa Yérouchalmi 1 

ilmalé Torah lo nitqayémou chamayim va arets
sans la Torah ne pourraient subsister les cieux et la terre. Pessa'him 69 

gadol talmoud Torah yotér méatsalate néfachote
l'étude est plus grande que de sauver des humains. Meguila 16 

kol hahôsséq batTorah lichma... méssaméa'h éte hammaqom méssaméa'h éte habbériote
chacun de ceux qui étudient la Torah réjouit Celui qui est le lieu du monde et réjouit les créatures. Pirqéï Avote VI, 1 

kévane ché loméd éte hatTorah haréi mévi tova laôlam
c'est dans la mesure où il étudie la Torah qu'il apporte le bien au monde.
Tana devéi Éliyahou Raba 18 

Cette volonté de construction du monde en s'adonnant pleinement à l'étude de la Torah est parfaitement rendue par cette illustration représentant le Temple de Jérusalem ; c'est une belle gravure placée en fin de l'édition justinienne de Venise, an 1551, des cinq livres de la Torah en hébreu avec traduction en latin. Il est d'autant plus remarquable que des non-juifs aient ainsi été sensibles à ces dimensions exprimées par les versets qu'ils ont placé dans les oriflammes qui entourent le Temple : 

à l'image de ce que nous venons de dire, le Temple y est l'image du plan du monde à venir et sa centrale fondatrice, par son harmonie, par la présence divine, par les mitsvotes et par l'unité du peuple et des nations ; c'est l'étude de la Torah qui en révèle l'essence et en assurera l'avènement et le fonctionnement dans la création rénovée. 

Voici la traduction des versets inscrits autour du bâtiment du Temple : 

à droite : "la vérité germera de la terre et la justice brillera depuis les cieux", Psaume 85, 12 ; 

en haut : "la Torah de ta bouche est meilleure pour moi que des monceaux d'or et d'argent", Psaume 119, 72 ; 

à gauche : "c'est pourquoi j'ai aimé tes mitsvotes plus que l'or et le métal fin", Psaume 119, 127. 

La représentation du bâtiment actuel placé sur l'esplanade du Temple sous cette guirlande et les mots écrits sur ce bâtiment ("Béit hammiqdache") nous en disent long sur la volonté de ces étudiants de la Torah en l'an 1551 ! 

Dans la guirlande, l'affirmation est encore plus explicite : "plus grande sera la splendeur de ce Temple à venir que celle du premier, dit Hachém tsévaote, et en ce lieu je donnerai la paix...", Haggaï 2, 9.

Texte de Eikha, les Lamentations
(traduction Yehoshua Ra'hamim Dufour)

Aujourd'hui, à Tichea bé av,
anniversaire de la destruction du Temple,
on doit lire et, surtout ressentir profondement,
le livre de Eikha (Les lamentations).
Pour ceux qui ne les auraient pas lues à la synagogue,
voici le debut du texte
dont la suite sera placée ici.

 Chapitre 1
1
Hélas! Comme elle est assise solitaire,
la ville si peuplée autrefois,
et maintenant comme une veuve !
Immense parmi les nations,
princesse parmi les Etats,
elle est réduite à payer tribut !
2
Elle pleure sans cesse la nuit,
et ses larmes couvrent ses joues.
Elle n'a pas de consolateur
parmi tous ceux qui l'aimaient.
Tous ses amis l'ont trahie
et sont devenus ses ennemis.
3
Yéhouda est allée en exil,
victime de la pauvreté et d'une grande servitude ;
elle habite au milieu des nations,
et elle n'y trouve pas de repos ;
tous ses persécuteurs l'ont surpris
dans l'angoisse de défilés ressérés.
4
Les chemins de Sion sont dans le deuil,
car personne ne va plus aux fêtes ;
toutes ses portes sont en ruine et désertes,
ses cohanim (ses prêtres) gémissent,
ses vierges sont dans la douleur,
et elle est toute amertume.
5
Ses oppresseurs la dominent,
ses ennemis sont en paix ;
car Hachém l'a frappée
à cause de la multitude de ses péchés ;
Ses jeunes enfants ont marché
prisonniers devant l'oppresseur.
6
La fille de Sion a fait partir toute sa beauté ;
Ses princes, sont comme des cerfs
qui ne trouvent pas de paturage,
et ils vont sans force devant celui qui les pourchasse.
7
Elle s'est souvenue, Jérusalem,
aux jours de sa misère et de son accablement,
de toutes les délices qui étaient siennes
aux jours d'antan.
Quand son peuple est tombé dans la main de l'oppresseur,
et que personne n'est là pour l'aider,
ses oppresseurs l'ont vue et ils riaient de sa ruine.
8
Elle a péché lourdement Jérusalem,
c'est pour cela qu'elle est devenue rejetée.
Tous ceux qui lui accordaient de l'honneur
la bafouent car ils ont vu qu'elle est nue.
Elle-même soupire et recule.
9
Sa souillure sur les pans (de son vêtement),
elle ne se souciait pas de ce qui adviendrait.
Et elle est tombée de façon dramatique,
il n'est personne pour la consoler.
Vois, Hachém, sa misère,
car il est devenu puissant l'ennemi.
10
L'ennemi a fait main basse sur tous ses trésors ;
elle a vu des peuples entrer dans sn sanctuaire,
ceux-là même pour qui  Tu avais ordonné
qu'ils ne pénètrent pas dans Ta sainte assemblée.
11
Tout son peuple gémit, ils quémandent du pain.
Ils ont donné leurs biens les plus chers
pour quelque aliment qui redonne un peu de vie.
Vois, Hachém et regarde comme je suis devenue insignifiante.
12
Que cela ne vous advienne pas
vous qui passez par là,
regardez et voyez s'il est une souffrance
comparable à ma souffrance,
celle dont Hachém m'a frappée au jour de Sa colère.
13
D'en haut, Il a envoyé un feu
dans mes os et il s'y enfonce.
Il a étendu un filet sous mes pas et m'a retiré vers l'arrière.
Il a fait de moi une ruine, tout le jour en souffrances.
14
Il a rassemblé mes péchés dans Sa main,
Il les a noués et attachés à mon cou,
Il a anéanti mes forces.
Il m'a livrée, le Seigneur, à des mains contre lesquelles je ne pourrai pas me rebeller.
15
Il a anéanti tous mes héros, le Seigneur, dans mon propre camp.
Il a proclamé contre moi une date pour briser mes jeunes gens.
Il a martelé le pas au pressoir sur la vierge, fille de Yéhouda.
16
Sur tout cela je pleure ;
mes yeux, mes yeux ruissellent d'eau
car s'est éloigné de moi tout consolateur qui me rendrait mon âme.
Mes enfants sont devenus des ruines car l'ennemis l'a emporté.

(Lire la suite dans toute traduction de la Bible. Lien ici) Cliquer Hagiographes puis Lamentations.


Le plus important commentaire de la tradition : le Middrache Eikha