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26e Paracha : Chémini
"Au huitième jour"
Vayiqra (Lévitique) 9, 1 - 11, 47
Commentaire
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos
Sages.
© Les textes de Modia sont mis gratuitement à votre disposition
par l'auteur, selon la mitsva obligatoire pour tout Juif qui est d'étudier
et d'enseigner simultanément. Vous pouvez donc imprimer
et dupliquer ces textes pour l'étude personnelle et de groupe,
ou pour l'enseignement. Bien entendu, selon la Torah, en ne supprimant
pas le nom de l'auteur ni l'adresse du site. Les sites ne peuvent
faire qu'un lien vers ces textes sans les capter. Chacun pourra ainsi
accomplir la mitsva : véchinnantam lé vanéikha
(et tu l'enseigneras à tes enfants) et l'autre mitsva : védibbarta
bam (et tu leur parleras dans les mots de la Torah. Dévarim
6, 7).
Voyez les
règles du Copyright.
Ne pas oublier que, sur votre version imprimée
ou polycopiée, vous perdez tous les liens qui renvoient aux autres
textes de Modia. Or, ils sont indispensables dans l'étude.
Site Modia http://www.modia.org
La haftara habituelle est II Samuel 6,1 - 7, 17
et II Samuel 6,1 - 6, 19 chez les Séfarades.
Aller au coeur des choses pour bien les gérer
La paracha se déroule le 8e (Chémini) jour
de la dédicace du sanctuaire. C'est un grand jour, celui
de la dédicace d'une maison et de celle de Hachém
dans son peuple (voyez le psaume 30 ; I Rois ch. 8 ; et Dévarim
20, 5).
C'est ce jour qui est décrit en Chémote 40, 2 et 17 (lire)
comme un jour suprême bénéficiant de 10 distinctions
décrites dans le Traité Chabbate 87 b : premier jour de
la Création, des offrandes des chefs des tribus, du début
du service des Cohanim, du service divin, de la descente du feu sur
l'autel depuis le Ciel, de la participation des Cohanim au repas des
sacrifices, de la manifestation de la présence divine, de la
réception de la bénédiction par les enfants d'Israël,
de l'interdiction des autres autels, et le premier jour du premier mois.
Chaque individu a vécu un peu cette expérience d'un
premier jour de bonheur, d'amour, d'une naissance, l'entrée
dans un travail, dans une maison, sur la terre d'Israël. Que cela
nous rende sensible à ce jour particulier dont il va nous être
parlé pour notre enseignement.
Il faut toujours
étudier avec le coeur (lien ici), cela veut dire ne pas
comprendre seulement logiquement, mais avec nos membres car ils sont
les sentiments et l'action, donc la véritable vérité.
Pour cela, je place cette photo montrant une dizaine de beautés
en structure épanouie.

Sens global de la paracha
à travers les thèmes principaux et les mitsvotes
La paracha Chémini continue à
mettre en oeuvre la restauration de l’univers et des humains à
travers l'ordonnancement de la vie du Temple. C'est bien notre
préoccupation à tous, à l'époque
que nous traversons où les peuples veulent réorganiser
le monde pour ce qu'ils croyent être le bien (hier les bienfaits
de la "civilisation occidentale" par le colonialisme, puis
le communisme, puis l'existentialisme, puis le tiers-mondisme, pour
aujourd'hui le mondialisme, puis l'islamisme, etc.) et toujours par
un moyen: la dd*omination, l'intolérance, la cruauté des
armes et de l'extermination économique. La Torah assume ce besoin
de l'homme d'atteindre "le grand soir" (le Zohar en parle
de ce mythe pour en déjouer l'illusion) et parvenir, au delà
de la semaine, au 8e jour du bonheur absolu. Le judaïsme a sa réponse
aussi, mais non pas par la force des armées. Mais il s'agira
bien, cependant, d'assumer nos pulsions sanguinaires car elles existent
chez tous les humains sans exception.
Pour cela, la paracha comporte les mitsvotes 150 à 166 qui concernent
la réglementation des Cohanim dans le sanctuaire : nous savons
que le Cohen sont, parmi les Juifs,
- le prototype de l'homme rénové;
- celui qui meut le service désintéressé de la
rénovation du monde dans l'ordre bénéfique de la
bénédiction ;
Ainsi est, à son image, le peuple juif au milieu des nations,
comme une lumière et comme un Cohen.
Que
le Ciel nous rende vite ce lieu et sa fonction, comme Il nous l'a promis,
pour le bonheur d'Israël et de toutes les nations (lien ici).
Justement avec tout cela, et ce n'est pas un hasard, cette paracha-ci
est le centre des mots de la Torah. Ce qui est encore plus merveilleux,
c'est que ce centre des mots se situe entre deux mots identiques, au
verset 10, 16 : daroche / darache.

Chacun de ces mots indique l'étude, étude vers la droite
et étude vers la gauche : Moché étudia/il étudia.
Ce mot veut dire aussi exiger. Effectivement, l'exigence impulsive et
impétueuse est ce qui caractérise les humains et ils poursuivent
l'objet de leur pulsion jusqu'à tuer l'autre sans hésitation,
pour atteindre cela. Cela est le fait le plus constant sur la planète.
Le judaïsme saisit cette pulsion et l'investit dans l'étude
mais non pas dans la mort de l'autre.
Cet enseignement de la Torah dans notre paracha n'est pas seulement dans
le niveau des symboles abstraits, mais il passe par le concret qui
est une réalité motrice. Ainsi, les prescriptions à
mettre en oeuvre portent sur la chevelure des Cohanim, leurs vêtements,
les périodes où ils peuvent entrer dans le Sanctuaire et
dans quel état corporel, ainsi que sur le déroulement de
la cérémonie des sacrifices.
Ensuite, dans cette ligne, sont données les prescriptions alimentaires
pour tous les Juifs, la liste des animaux que l'on peut ou non consommer
en raison de la pureté ou de l'impureté :
- bestiaux, poissons et animaux marins, oiseaux, contact avec des reptiles
et autres bêtes rampantes,
- impureté due à des imperfections des animaux consommables,
- impureté due au contact d'animaux impurs ou des carcasses d'animaux
morts en dehors du rite prescrit pour leur abattage.
La paracha décrit également la mort des enfants d'Aaron.
Tous ces thèmes sont unifiés dans la parole de Moché
à Aharone : "c'est là ce qu'avait déclaré
Hachém en disant : Je veux être sanctifié
par ceux qui m'approchent (10, 3).

Il faut absolument lire ici la paracha avant de
continuer.
Difficulté, pour nous, de comprendre
Pourquoi la gestion de ces pulsions si importantes de l'idéal
deviennent-t'elles destructrices chez l'homme et pourquoi le remède
proposé par la Torah consiste-t'il dans ces rites du Sanctuaire.
Soyons patients dans l'avancée. Ne nous étonnons pas de
ne pas comprendre le sens global ni le sens des détails de tout
cela qui se déroulait dans le Sanctuaire, en particulier la répartition
entre catégories d'animaux purs et cachers ou non! Les commentateurs
nous montrent que Moché lui-même ne comprenait pas toutes
ces prescriptions.
Nous allons nous attarder sur cette difficulté de Moché.
Ce qu’il éprouvait contraste d'abord avec ceux qui, rationnellement,
pensent trouver avec facilité des interprétations à
tout texte de la Torah en bâtissant des théories psychologiques,
historiques, médicales, sociologiques ou politiques sur chaque
dimension. C’est un fait que les moins intelligents comprennent
toujours tout, sont sûrs d'eux-mêmes et tranchent de tout
car ils ne perçoivent pas les différentes composantes
complexes qui sont incluses dans chaque point.
La difficulté de comprendre, chez nos Sages
Au contraire, les plus grands Sages comme Ribbi Chimeône bar Yo'haï
disent toujours qu'ils ne parviennent à toucher que quelques
étincelles de la lumière de la Torah, particulièrement
en ces domaines du livre de Vayiqra. Ils emploient toujours des formules
prudentes comme "il est possible, éfchar", ou comme "il
me semble selon la pauvreté de mon entendement, que... niré
léfi ânioute déâti ché...". Il
importe donc, a fortiori, de prendre notre propre mesure sans en être
déprimés!
Même après tous les niveaux d'explications des qorbanotes
(sacrifices) que nous avons rencontrés dans la paracha Tsav,
et qui sont chacun exacts et reçoivent une longue démonstration
dans les textes, il reste le fait que, lui, Moché ne comprenait
pas. Alors, nous! Le Traité 'Houline page 42 nous dit que Haqqaddoche
baroukh Hou a pris chaque espèce animale et l’a montrée
à Moché qui vit et comprit alors la dynamique de chaque
chose qui existe ici-bas, en particulier comment la consommation
d'animaux interdits altérait la circulation de la bénédiction
qui se fait dans le monde. A son tour, Moché fit la même
chose pour le peuple : il prit chaque espèce animale, la lui
montra avec précision, et lui dit qu’il
pouvait manger de celle-ci et non de celle-là (11, 2).
Il y a d'autres sujets que Moché lui-même, dans son
intelligence suprême et si proche qu’il était du divin,
ne parvenait pas à comprendre, comme nous le dit le Traité
Ména’hote 29 a. Qque ceux qui lisent l'hébreu et l'araméen
aillent voir ces textes. Il en existe aussi une traduction en français
(Aggadoth du Talmud de Babylone, chez Verdier). Il s’agissait également
de la construction du chandelier, de la détermination du premier
jour du mois (et cela concerne éminemment le rapport à
la femme), de l’impureté des reptiles par rapport à la
qéddoucha. A chaque fois, il lui a été dit
avec précision ce qu'il fallait faire et pourquoi (lire Chémote
12, 2 et 29, 38 ; Vayiqra 11, 2). Combien alors il est surprenant de
voir des simples humains jongler dans des conférences en prétendant
exposer avec brio les secrets de tout cela.
La ânava (humilité, modestie, crainte)
Pour nous aider à nous mettre dans leur attitude de ânava
qui correspond à notre position réelle face au Créateur,
la Torah et le Talmud nous éduquent encore davantage sur ce point
:
- la Torah ouvre le passage sur les animaux permis et interdits par
la phrase au pluriel dabberou el bnei Yisrael ("parlez aux
fils d’Israel") et Rachi nous explique le sens de ce pluriel. Il
dit que Aharone et ses fils Elâzar et Itamar ont été
rendus dignes de recevoir et d’enseigner la Torah au peuple à
égalité avec Moché pour trois motifs :
- ils ont été égaux dans la qualité du silence
lors de la mort des deux autres fils, leurs frères,
- ils ont tous également accepté le verdict divin,
- ils l’ont fait en attitude d'amour.
Le Talmud (Ména’hote, 29 b) nous montre encore que Moché
ne comprenait pas non plus l’importance de nombreux détails:
quand il vit Haqqaddoche baroukh Hou bâtir des ornements
au dessus des lettres (les taguim ou ces petites ornementations
au dessus des lettres dans le manuscrit du rouleau de la Torah)

- il lui dit “Maître du monde, est-ce bien utile de s’attarder
à de telles choses”?
- Il lui répondit : "viendra un homme, Ribbi Aqiva, qui
tirera des enseignements de chacun de ces plus petits signes".
- Moché reprit : "Si c’est ainsi, c’est à lui et non à
moi que tu devais remettre la Torah".
- Haqqaddoche baroukh Hou lui répondit : "chétoq,
tais-toi".
- Moché insista : "S’il est ainsi dans l’enseignement, montre-moi
aussi la récompense qu’il recevra".
Et il lui montra (ce qui n’est pas étranger au sujet des sacrifices)
que le corps de Ribbi Aqiva serait dépecé et vendu sur
le marché.
- Moché s’indigna et dit "zo Torah vé zo sarkha,
c’est cela la Torah! et c’est cela sa récompense !"
- Haqqaddoche baroukh Hou lui dit encore : "chetoq, tais-toi,
c’est ainsi que cela est devant ma pensée".
Vous le voyez, la Torah va très loin dans la réflexion,
par l'intermédiaire des histoires du middrache, pour aller au
fond du problème.
Les limites à notre raisonnement
L'enseignement de ce récit est de nous faire comprendre qu'il
est des limites à notre raisonnement, des incapacités
même et, dans les questions les plus profondes, il serait facile
mais léger de bâtir ou de s'offusquer ; ce serait simplement
le signe que nous n'avons ni perçu ni compris les véritables
dynamiques et les composantes du problème, et que nous le posons
mal.
C'est le motif pour lequel nous a été donné tout
le livre de Job : plus de quarante chapitres de malheurs, de discussions
oiseuses ou trop intelligentes qui n’emportent jamais la conviction
jusqu’à ce que Hachém éclaire Job sur la
grandeur de ce qu’Il fait et que l’homme ne peut pas saisir : en cinq
versets du chapitre 42, Job parvient à trouver la position judicieuse
et exacte et l’histoire se termine au mieux ; il faut relire en ce
sens les chapitres 38 à 42 du Livre de Job.
Le commentaire de Rachi
On peut alors revenir à la lecture des commentaires de Rachi
sur le verset 11, 2 :
- "zote ha’haya, c’est celle-ci la bête"... Nous pouvons
maintenant comprendre le commentaire de Rachi, en réunissant
tous les sens vus précédemment (pédagogie des sacrifices,
proximité, lien de l’animal à l’homme, sacrifice tant
de l’animal que de l’homme): “bête, ‘haya, veut dire la
vie ‘hayim, car Israël adhère au Créateur
et mérite de vivre ; en conséquence Il l’a séparé
des autres nations, lui a prescrit des mitsvotes", etc. Rachi reprend
ainsi le commentaire du Middrache Tan’houma qui fait allusion
au verset de Dévarim 4, 4 :
atem haddévaqim baHachém Eloqékhem
("vous qui adhérez à Hachém votre D.ieu)
‘hayim koulekhem hayyom
(vivants vous tous êtes aujourd'hui").
Rachi veut dire par là que le sacrifice comporte deux éléments
qu'il nous est difficile de relier:
1) il est adhésion et rapprochement et proximité ; ce
verset de Dévarim 4, 4 est celui que l’homme juif dit
chaque matin en tournant sept fois la courroie des téfillines
autour de son avant-bras, se rappelant par là l’amour de Hachém
dans cet acte qui entoure de très près. Cliquez:
Pour cela, juste après le livre de Job, commence le Chir hachirim,
le Cantique
des Cantiques (lien).
2) pourtant, s'il est adhésion et rapprochement et proximité,
il est cependant sacrifice. Le lien du livre de Job et du Chir hachirim
est à double sens.
Le sens et le rôle du Sanctuaire
Le Sanctuaire et ce qui s'y déroule sont, justement, au point
de jonction de ces deux dimensions inconciliables pour notre regard.
Et pourtant, c'est cette jonction qui assure la vie. De façon
imagée, nous pourrions dire que ce qu'il y a d'inconciliable
et d'incompréhension et de différence dans ce que sont
la femme et l'homme, est aussi la source du sentiment de vie
et d'amour, et la source la plus matérielle de la vie florissante.
Il est possible de vivre dans ce point de jonction double et irréductible.
C'est le point de vie.
Le commentaire de Rabbénou
Bé’hayé : le huitième jour
Munis progressivement de tous ces outils d'analyse, nous pouvons comprendre
maintenant le commentaire de Rabbénou Bé’hayé.
Il s’interroge sur le titre de la paracha, tiré du premier verset
:

"Vayéhi ba yom hachémini, quand on fut au huitième
jour".
Il s’agit du huitième jour du mois de Nissane, celui où
a été inauguré le Sanctuaire. Expliquons pourquoi
il a été inauguré le 8e jour et non pas un autre.
Le chiffre 7 (semaine) est de l’ordre des mitsvotes du chabbate
(lien) et du yovél et de l’année de
chémita (lien), des sept jours de Pessa'h
(lien) et de la fête de Souccote
(lien), et du deuil
de 7 jours ou chiveâ (lien) ou les 7 jours de fête
de la joie du mariage (les chévâ
bérakhotes, lien), et tout cet ensemble n’est qu’un
seul sujet qui réfère aux sept jours de la Création.
Par contre, le chiffre 8 concerne ici le Cohen Gadol,
le Grand Prêtre, qui est au service de Celui qui est au delà
de tout cela, et qui est 1 ; et D.ieu Lui seul est 1. Aucun
homme n'est D.ieu et ne peut se prendre pour D.ieu dans un délire.
C'est pourtant fréquent, mais ce n'est pas Juif. C’est ce UN
là qui est concerné par le terme de huitième jour,
le 1 au delà du sept qui caractérise au mieux notre
monde.
Ajoutons, à partir de là, que lorsque nous assistons,
dans le livre de Vayiqra, à la rénovation de la Création,
à la restauration de l’homme dans l’ordre idéal et premier,
ce n’est pas seulement une vision humaniste et révolutionnaire
qui organise un monde nouveau et meilleur autour d’un système
de régulation optimale. Tout ce système ne fonctionne
que parce qu’il est orienté vers sa SOURCE qui est au delà
de lui ("lé âvodate él é’had
vé’hechbone chémona a’har chiveâ, vers le service
de El, D.ieu Un, et son nombre est huit après sept").
Le Sanctuaire et l'homme : importance de ces rites régulateurs
Ainsi, le même mouvement qui nous fait passer de la réalité
matérielle et laborieuse du sept vers le service de D.ieu
Un, cette vectorisation dynamique qui porte l'homme dans la prière
et plus encore dans les actes posés dans le Sanctuaire, cela
nous enseigne également qu’il y a une source en nous
à cette orientation, c’est le cœur, le lév.
- Sans ces deux pôles, le divin et notre coeur (lév,
El), l’organisation du Sanctuaire n’aurait pas de “sens” :
si le monde se prive de ce sens bipolaire, tout s’écroule comme
le disent sans cesse les prophètes et la Torah.
- Bien plus, notre tradition nous a remis les actes historiques nombreux
de cette dynamique qui sera ou bénéfique ou catastophique
suivant le comportement de l'homme, comme la destruction du Temple l’a
prouvé, et comme le prouvent les meilleurs idéaux humains
qui, s'ils en restent à l’horizontalité de l’homme, s'effondrent
en tragédies destructrices : le libéralisme économique,
le laïcisme du matérialisme historique ; il faut en dire
autant des idéaux qui construisent sans cesse de nouvelles religions
en croyant s'accaparer la Torah, mais chaque fois ils la dépouillent
d'une des dimensions de son équilibre complexe pour en
faire une voiture belle et idéale mais folle, dépourvue
de moteur ou de frein, et qui, au nom du ciel et de l'amour, construit
des bûchers, extermine de siècles en siècles, a
préparé le cadre idéologique de l'antisémitisme
nazi, et pactise toujours avec les nouveaux ennemis d'Israël sous
la forme renouvelée de chaque époque, tout en demandant
chaque fois hypocritement à l'infini pardon pour les crimes...
"passés".
Nos Sages, par leur modestie, nous supplient d'éviter ces pathologies
de la gestion de l'idéal par l'homme. Pour cela, le Temple centré
sur la source divine est le lieu de l'ordonnancement juste des pulsions
et de l'idéal, de l'individuel et du collectif. Sans ce lieu régulateur,
le désastre guette les hommes et pas seulement les Juifs.
Voilà pourquoi, depuis toujours et plusieurs fois par jour,
les Juifs du monde entier se tournent vers ce coeur de tout le judaisme
: la montagne
du Temple et récitent plusieurs fois par jour le texte
de ces rites régulateurs qui doivent s'y dérouler, le
pitoum ha qétoréte et le récit des sacrifices
comme dans la prière de chaque matin.
Quand les nations le comprendront, au lieu de détruire le
Temple, puis de l'accaparer pour supprimer cette centrale nécessaire
au bien de l'humanité, elles feront comme le sage Roi de
la Perse à l'époque : elles donneront l'ordre de rebâtir
le Temple pour le bien de tous. Elles auront retrouvé le sens
de la fraternité
humaine (lien ici), et comprendront le rôle du peuple juif
: un peuple qui a reçu une fonction de service, serviteurs, "Cohanim"
pour le bien de toute la Création. Les Juifs oublient souvent
ce rôle concernant la Création et l'expriment sur un plan
bien plus simpliste et bas: ils courent dans le monde et y font des
affaires. Ce n'est qu'un succédanné de cette haute fonction
du Cohen. Le monde sent bien qu'il y a quelque chose de particulier
dans cette capacité mais que c'est en même temps tordu.
Il a raison. La richesse dont les Juifs ont a manifester la présence
est celle de la bénédiction créatrice qui régule
en bien tout. Que de temps perdu, que de vies se perdent en se trompant
dans la qualité seconde, sans comprendre ce qu'elle recouvre.
Le Temple n'est donc pas une sorte de super-organisation des Nations
Unies. Il a ce rôle de régulation parce que le Créateur
a choisi d'en faire le lieu prototypique du projet de Sa Création,
un lieu de rencontre du divin et de l'humain dans l'ordre de tous les
niveaux, là où il sera possible non seulement de cohabiter
entre hommes, mais entre les hommes et leur Créateur dans la
paix :
"faites-moi un Sanctuaire et J'habiterai parmi eux",
âssou li miqdache vé chakhanti bé tokham (Chémote
25, 8).
Le peuple juif est, par là, le peuple du service et de l'humilité
obéissante.
Lisez ici, pour comprendre comment quelqu'un a bien intégré
cela, le psaume
16 du Roi David, dont je donne le texte et le commentaire, ici.
Réflexion de nos Sages sur la ânava, l'humilité
Cette qualité, qui correspond si peu a ce qui est prôné
aujourd'hui, est considérée par Nos Sages comme LA
qualité majeure de l'homme. Nous en avons tous besoin, spécialement
lors du travail que nous devons faire sur nous même pendant la
seconde
période du Ômer.
Suivons le commentaire de Rabbi Eliahou ben Moché Di-Vidas dans
Réchite 'Hohma. Au 16e siècle, il est un disciple
et l'ami de R. Moché Cordovéro, et on a ajouté
à son livre un abrégé de R. Yisrael Alankawa intitulé
: Ménorate hammaor. Voici quelques extraits sur ce thème:
- Avraham était assis et la Chékhina se tenait
debout devant lui.
- Hachém parle et ensuite Il se nomme seulement, voilà
ce qu'est la ânava.
- celui qui est modeste et humble, c'est le signe qu'il est un adam
tsaddiq et proche de D.ieu.
- l'homme doit fuir l'ambition.
- l'homme ne doit pas marcher avec un port arrogant, ni parler sur un
ton élevé si ce n'est dans l'étude et la prière.
- il faut apprendre de tout homme, même du plus petit.
- que tout homme soit grand à tes yeux.
- l'homme doit revêtir des habits propres et modestes.
- furent loués pour leur ânava : Avraham, Yit'haq,
Yaâqov, Moché, Aharone, Chmouel, David, Mordekhaï,
les Lévi, Eliêzer, etc.
- c'est la ânava qui fait mériter la résurrection,
qui prolonge les jours.
- etc.
Vocabulaire hébraïque de la ânava
Les synonymes qui indiquent l'humilité et la modestie sont :
tsénioute, chifloute-roua'h, 'hossér gaava (manque
d'orgueil).
Quelqu'un de modeste et humble est ânav, tsanouâ, chéfal
roua'h.
Etude de ce vocabulaire dans le Tanakh
Etre ânav, c'est la définition même de Moché
(voyez Bémidbar 12, 3). Voyez les Proverbes 14, 21 et 15, 33
et 16, 19 et 18, 12 et 22, 4 et 50, 34.
C'est une condition pour la prière, et le dialogue entre nous
et D.ieu se fait dans cette seule dimension. Voyez pour cela les psaumes
: 9, verset 13 ; 10, verset 12 ; 10, 16 ; 18, 36 ; 22, 27 ; 25, 9 ;
34, 3 ; 37, 11 ; 45, 5 ; 69, 33 ; 76, 10 , 147, 6 ; 149, 4.
Les prophètes nous rappellent à cette qualité qui
doit être la caractéristique du Juif en même temps
qu'il doit être conscient de la grandeur et de l'immensité
du don qu'il a reçu : Isaïe 11, 4; 29, 19 et 61, 1. Tséphania
2, 3.
Méthode de vérification des connaissances de la paracha,
selon la méthode
de l'étude traditionnelle
1. Relire le texte précédent jusqu'à pouvoir se
répéter de mémoire le plan et les grandes lignes
du contenu. Sortir les principales questions logiques et personnelles,
et tenter d'y répondre.
2. Aller lire les références citées dans le texte.
3. Noter les mots et phrases en hébreu et les apprendre,
selon la méthode d'apprentissage de l'hébreu expérimentée
personnellement et que je continue.
4. Réviser périodiquement le texte étudié
- pour ne pas l'oublier,
- pour être capable de se le redire avec clarté avec le
plan et le contenu, sans notes,
- pour qu'il continue d'être une source de méditation,
de questions, avec retour aux textes pour approfondir.
C'est cela l'étude juive.
5. Relire le texte de la paracha, même en français, avec
le commentaire de Rachi.
Deuxième niveau, avec Rachi, pour étudiants avancés
Au deuxième verset de la paracha il est écrit :

"qa'h-lékha êguél ben-baqar lé'hatate véayil,
prends un veau (êguél), fils de la vache (baqar),
pour le sacrifice d'expiation ('hatate) et un bélier
(ayil) (pour le sacrifice de ôla)".
Rachi commente :
lé hodiâ ché mmékhappér lo Haqqadoche
Baroukh Hou âl yédé êguél zé âl
maâssé haêguél ché âssa.
"pour faire connaître que Haqqadoche Baroukh Hou lui pardonnait
par ce veau (êguél) pour ce qui a été
fait par ce veau (d'or, là-bas)".
Etude de la source de Rachi
Rachi se base sur le Middrache Tan'houma qui dit :
vélama lo amar lo par élla êguel,
pourquoi il n'est pas dit "taureau (par)" mais veau,
léfi ché âl yédé ha êguél
nitepaqpéqa ha kéhouna bé yadékha,
parce que c'est par le veau qu'a été ébranlée
et mise en doute la fonction de Cohen dans tes mains
ou va êguél hi mit bassésséte béyadékha.
et par le veau elle a été réassurée".
Explication de ce que Rachi et le middrache ont voulu dire par là
Cela fait allusion à la responsabilité partielle de Aharone
dans la faute du veau d'or car il n'a pas réussi à empêcher
le peuple, et sa fonction de Cohen a failli être annulée à
cause de cela.
Aussi, c'est par un veau également qu'il lui est indiqué
qu'il est intégralement maintenu en fonctions.
Cette argumentation s'appuie sur le fait que, uniquement dans ce cas,
il est fait état d'un sacrifice de veau, lors de cette érection
du Sanctuaire.
Sens profond atteint par le rémez (allusion)
Nous trouvons cet enseignement transmis depuis Moché Rabbénou
jusqu'à nous, et retransmis par de nombreux maîtres dont
Ribbi Yaâqov Abou'hatséra.
Tous les sacrifices, dit-il, cherchent à réparer la faute
du rite du veau d'or. Bien entendu, il faut entendre par là, non
seulement l'acte, mais aussi toute la démission morale, culturelle
et nationale que cela impliquait.
Et le dit sacrifice de Yits'haq dans la âqéda (où
un bélier le remplaça en sacrifice de ôla)
fut le tiqqoune (réparation) de la faute du veau d'or.
L'objection s'élève tout-de-suite en vous : comment cela
est-il possible puis Yits'haq est bien avant le veau d'or !
La réponse est dans le Traité Méguila 13b :
Haqqadoche Baroukh Hou maqdim réfoua la maka,
Haqqadoche Baroukh Hou envoie le remède avant le coup (traduction
littérale pour dire : avant le mal).
(Une précision : il n'est pas d'étude sans aller aux sources
comme vous le voyez envers Tan'houma ci-dessus, ou ici ; en effet
les références n'étaient pas données dans
le texte de Ribbi Yaâqov Abou'hatséra, c'est en les recherchant
que j'ai étudié, ainsi que font tous les Juifs au milieu
de leurs nombreux livres autour d'eux et présents sur la table
pendant l'étude).
Nous trouvons la source de cet enseignement dans le rémez
qui éclaire ce que dit le middrache à partir des particularités
mêmes du texte, dans les lettres et chiffres. Lors de la âqéda
(sacrifice de ligature) de Yits'haq il est dit que Avraham a vu "derrière
un bélier pris dans la broussaille" (ah'ar néé'haz
bassévakh) . Les particularités graphiques de ces deux
textes se relient par le rémez pour éclairer sur
le fait que l'antériorité du sacrifice de Yits'haq avait
un effet réparateur de la faute du veau qui aurait pu annuler la
fonction du Cohen et la fonction des sacrifices ; en effet,
- les lettres du mot sovékh, broussaille, sont chacune suivies
dans l'alphabet par chaque lettre du mot êguél,
- le mot a'har, qui indique "en arrière dans l'espace" indique
aussi "postérieur dans le temps".
Ces enseignements sont transmis depuis Moché rabbénou (notre
maître enseignant), et ce ne sont pas des codes découverts
aujourd'hui.
Ainsi le sacrifice du bélier protège et répare à
l'avance pour ce qui sera commis plus tard par la faute du veau d'or.
Et comme il est écrit dans le texte que Avraham a vu "le lieu"
de loin (lieu = maqom, nom de D.ieu), cela indique que lorsque
le peuple péchera, Haqqadoche Baroukh Hou se souviendra
de la âqéda de Yits'haq, dans Sa bonté.
Et Ribbi Yaâqov Abou'hatséra apporte encore de nombreuses
autres formes linguistiques du texte qui prouvent la même idée.
Le second apport du rémez porte sur le point suivant qui prolonge
cette ouverture.
Dans la phrase de notre paracha que nous commentons, au verset 2,
- le ayil (bélier) fait allusion à Yits'haq comme
nous venons de le voir,
- le par (taureau) fait allusion à Avraham,
- et kévéss, la brebis, à Yaâqov.
Ce n'est pas le lieu, ici, de montrer les particularités du textes
qui le transmettent ; l'étude guidée auprès d'un
rabbin vous l'apprendra.
Cela nous enseigne
- que le mérite de nos ancêtres aidera pour que les sacrifices
soient acceptables et acceptés,
- que chaque sorte de sacrifice est nécessaire comme chaque ancêtre
est nécessaire dans sa singularité ainsi que le montre le
début de la prière de la âmida, prière.
- qu'il faut ces trois sacrifices comme il faut ces trois patriarches.
Nous voici très loin de la conception affligeante de ceux qui
parlent de la pratique des sacrifices comme d'une étape primitive
dépassée. Rien n'est plus dangereux et prétentieux
que l'ignorance.
Les prophètes fustigeaient déjà cette attitude quand
ils reprenaient le titre de la paracha tsav : tsav la tsav, tsav la
tsav, qav la qav, qav la qav, zéîr cham zéîr
cham (Isaïe 28, 13), "tsav la tsav, prescription sur prescription,
tsav la tsav, ordre sur ordre, qav la qav, règle
sur règle, qav la qav, règle sur règle,
zéîr cham vétille ici et zéîr
cham vétille là, ils ne voient que cela dans la Torah".
Même ceux qui ne sont pas avancés dans l'hébreu verront
dans ce texte la répétition des formes des lettres:
Ceux qui n'ont pas étudié ainsi la Torah, aussi sérieusement
qu'ils étudient les matières profanes, lui reprochent souvent
de n'être que détails alors que, au contraire, tout y est
lumière éclairant une autre lumière.
Ce vide qu'ils voient ne reflète que le vide de leur ignorance,
mais ils l'ignorent, par manque d'humilité.
C'est le rôle de ceux qui ont étudié que de leur transmettre
leur propre tradition, leur propre héritage. Le problème
est souvent que ces ignorants prétendent définir ce qu'il
est bon de penser ; ils ne se le permettraient pas face à toute
discipline scientifique qu'ils ignorent mais, curieusement, leur contestation
et leur haine se déchaînent toujours contre la Torah.
Le prophète les appelle des "railleurs", anché latsone
(verset 14)

et, dans les versets suivants, il les met en garde contre leur auto-assurance
qui s'effondrera.
Puis il les invite à écouter et à découvrir
la lumière de la Torah.
Le même reproche des prophètes s'applique également
à tous ceux qui, ignorants, veulent... rénover le judaïsme
pour un nouveau testament qui leur semble plus spirituel et parler d'eux-mêmes
comme proposition suprême. Cette erreur est répétée
sans fin dans l'histoire et, partant d'une noble intention, simplement
elle ignore d'ignorance la parole de D.ieu et y substitue celle
d'hommes qui se croient prophètes.
Le mérite des Pères (zékhoute
avote).
Dans notre faiblesse, et dans la nécessité pour nous d'accomplir
des améliorations et réparations dans le monde, les tiqqounim,
- nous n'y parviendrions pas sans ce mérite des pères rappelé
par les Cohanim,
- leur mérite jouera en notre faveur de façon permanente
: zékhoute avote léôlam qayéméte
(Chabbate 58a ; Chémote Rabba 74, 9 ; Vayiqra Rabba 36, 5 et
Yérouchalmi Sanhédrine 10, 1).
Sommes-nous garantis en tout pour toujours ?
Non, dit Baba Qama 91a :
zékhoute avote éina ômédéte léadam
"le mérite des Pères ne subsiste pas pour l'homme
ché yotsé mé érets lé 'houts la
arets.
qui sort de la terre d'Israël et s'en va vivre en dehors d'elle".
Il s'agit là du Juif qui s'écarte lui-même de la source
de vie.
Cette page 91 me rappelle qu'il y a 91 versets dans notre paracha Chémini
et ce chiffre de 91 est un très beau nombre car il est l'union
de la guématria du nom Hachém et du nom Adonoute...
Que par le mérite de notre étude, chacun obtienne des unions
de ces qualités.
Applications de cette étude
Nous avons déjà vu de multiples réfléxions
sur la violence, sur sa gestion, sur la valorisation de notre héritage,
sur la richesse de sa pensée. A ces niveaux, nous devons poursuivre
notre formation si elle est insuffisante. Nous devons aussi nous interroger
sur l'expression de notre violence, est-elle gérée selon
les règles de la vie juive?
Mais, dirions-nous, aujourd'hui nous n'avons plus ce dispositif de traitement
de la violence, alors que pouvons-nous faire?
D'abord, jusque là nous prions pour la reconstruction du Temple
qui ne viendra que lorsque la fraterternité régnera parmi
nous (voir ici la
page sur ce thème).
Ensuite, chaque matin dans la prière, et dans celle de min'ha,
nous lisons le texte sur les sacrifices et il tient lieu de sacrifice
si nous le disons avec toutes les dimensions de notre être qui
y sont impliquées comme nous venons de le voir.
Ensuite encore, il est un sacrifice qui est parfaitement dans la ligne
de tout ce que nous avons dit, car le sacrifice ne fonctionne que si notre
intérieur y est impliqué et la situation la plus intense
de cela, c'est la participation du coeur chez celui qui a le coeur
brisé dans ses affections ou dans ses malheurs de vie brisée
ou incomplète.
Quand le sacrifice n'est plus ainsi par l'intermédiaire d'un substitut
animal auquel on joint l'intention pure et le souci de s'orienter vers
Hachém, mais que ce qui est brisé est l'individu
lui-même, alors avant toute chose Hachém accepte d'abord
ce sacrifice et sa prière accompagnée de larmes passe avant
toutes les autres prières disent nos textes, même avant celles
des tsaddiqim.
Le psaume 51 le dit clairement :
"Les sacrifices envers Eloqim, c'est un esprit brisé;
un coeur brisé et déprimé Eloqim ne le méprise
pas". Psaume 51,19.
Et, puisque le mot sacrifice vient de qarov, rapprocher, on comprend
maintenant le verset: du psaume 37,19:
"qarov Hachém lé nichbéré-lev, vé
éte dakeé-roua'h yochiâ
Proche est Hachém des coeurs brisés; et ceux
qui ont l'esprit déprimé, Il les sauvera".
Chacun vit cela dans la vie parfois.
Alors, c'est l'heure de la Aqéda, car Avraham et Yits'haq,
à l'heure du sacrifice demandé, y étaient touchés
dans leurs affections les plus riches. C'est une traversée de ces
niveaux, il est difficile d'y voir alors une épreuve de ces niveaux,
et pourtant c'est la réalité. Cela est à méditer.
La civilisation actuelle est basée sur une psychologie simpliste
selon laquelle on doit résoudre des complexes et franchir des stades
et parvenir au bonheur et à la jouissance. La consommation propose
cela sans cesse. Et on perd de vue qu'il y a d'autres dynamiques (pas
contradictoires) qui comportent des épreuves d'un autre ordre,
à d'autres niveaux et qui réparent autre chose, et mènent
vers des unions de bonheurs qui ne sont pas si simplistes. Et elles se
jouent aussi en relation avec Hachém, et dans des unions
des êtres qui sont beaucoup plus complexes.
Heureux ceux qui peuvent prendre en compte tous ces niveaux en même
temps, pour comprendre peu à peu la trajectoire de vie que mène
pour eux Haqadoche Baroukh hou, et pour leur néchama
qu'il a créée une fois complète, masculine et féminine.
A méditer.

(dessin de l'auteur)
J'ai rendu cet optimisme juif dans ce poème:
" Un jour, il se peut que je meure.
La vie m'aura frappé, coupé, rapé,
mais elle n'aura pas touché mon coeur.
Je resterai lyre d'Israël, lettre shine
aux triples cordes bandées de vigueur,
et jusqu'à ma dernière heure
je T'offrirai encore Tes fleurs.
Baisers de beauté, bonté, douceur,
et l'éternelle soeur.
J'aurai vécu en bonheur
et je continuerai le voyage
en d'autres lieux en d'autres heures.
Il nous sera infini Ton bonheur".
Un autre point: comment apprendre tout cela aux enfants dans l'éducation
quotidienne? Cela demande d'abord de notre part une étude prolongée
et une réflexion continue entre la Torah et notre vie. Alors un
éclairage surgit de soi-même dans la relation quand cela
est nécessaire.
Alors, il se produit d'emblée ce que l'on dit dans le texte du
Chémâ
Yisrael (lien ici): "vé dibata bam, "et
tu parleras à tes enfants dans les mots de la Torah".
Alors se réalise le psaume 128 et le chant de Echéte
'hayim (Proverbes 31).
Et le psaume 27 qui
touche cette harmonie de vie (lien ici).
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