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30e Paracha : Qéddochim
"Soyez saints"
Vayiqra (Lévitique) 19, 1 - 29, 27
Commentaire par
le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos
Sages
Site Modia http://www.modia.org
(on y étudie le 1e chapitre des Pirqéï
Avote).
Ce qu'est l'humanisme du Juif et sa mission,
une sainteté au nom : qédoucha
© Cette page peut etre imprimee et reproduite pour l'etude gratuite, mais non placee sur un autre site, aux conditions du copyright
Lecture du début de la paracha
(Transcription)
vayédabbér Hachém el Moshé llémor
dabbér el kol âdate béné Yisrael véamarta
aléhém qédochim tiyou
ki qadoch ani Hachém Élohékhém
ich immo véaviv tiraou
vééte chabbétotaï tichmorou
ani Hachém Élohékhém
Traduction
Hachém parla à Moché en ces termes :
"Parle à toute la communauté des enfants d'Yisrael et
dis-leur : Soyez saints !
car Je suis saint, Moi Hachém votre D.ieu.
Chacun, sa mère et son père, qu'ils les révèrent
et observez mes chabbates,
Je suis Hachém votre D.ieu."
Thèmes et mitsvotes
Cette paracha est très courte mais elle comprend 49 mitsvotes
(212 à 262).
Selon la méthode d'étude du Chla qui commence à nous
être familière, nous devons donc chercher leur point commun
qui sera le message essentiel ; pour cela nous allons considérer
leur ordre, leurs liens et leur ligne directrice.
Voyons en quelques unes :
- le respect dû à la mère et au père (Vayiqra
19, 3),
- de nombreuses interdictions : l'interdiction de pensées idolâtres,
de se construire des idoles,
- l'interdiction de manger des restes des sacrifices en dehors du temps
prescrit (voir aussi Chémote 29, 33-34),
- l'interdiction de récolter sur le dernier angle du champ, de
la vigne (19, 9-10),
- le devoir de veiller au pauvre (19, 10),
- l'interdiction de fausser les mesures, de manquer à la parole,
de ne pas payer à temps, de voler, de prononcer des verdicts injustes,
de porter tort à autrui, de donner de mauvais conseils, de maudire,
de ne pas porter aide aux victimes ni aux frères dans le besoin,
- le devoir d'exhorter autrui (19, 17), d'aimer tout membre d'Israël
comme soi-même (19, 18),
- l'interdiction de se venger (19, 18),
- de manger des fruits avant plusieurs années de croissance, de
boire et manger avec gloutonnerie (19, 18-24),
- de pratiquer la divination (19, 26), de se coiffer comme les adeptes
d'autres cultes, d'imiter leurs pratiques et leurs usages (20, 23),
- le devoir d'honorer les Sages et ses parents (19, 32);
- le devoir d'avoir des balances justes (19, 36) et le devoir exécuter
les décisions de justice qui concernent toutes ces fautes.
Tout cela se résume en deux indications :
- soyez saints, qédochim,
- ne vivez pas selon les règles et usages des autres peuples.
Le sens global en est que
- le judaïsme a une morale qui s'étend à toutes les
dimensions des relations, de l'action, du temps et de l'espace (un humanisme),
- cette morale de vie humaniste a une source qui lui donne son être
et c'est l'être même du Créateur en ce qu'Il est qadoche,
saint.
La haftara le développera (la lire en Amos 9, 7-15
et Ezéchiel 20, 1-20 ; précisons qu'elle n'est pas lue quand
ce Chabbate est aussi Roche
'Hoddéche et a donc une haftara spéciale, Isaïe
chapitre 66.).
La source de la morale juive, même si elle semble être la
morale apportée au monde et la morale des droits de tous les hommes,
ne relève pas d'une idéologie du moment, ni de l'accord
des esprits d'une époque qui définiraient démocratiquement
la morale qui leur semble la plus belle, la plus juste et la plus généreuse.
La morale juive a une unique source : la qédoucha de
Celui qui est Qadoche, saint.
Celui qui veut approfondir le sens de ces mistvotes doit se reporter au
Séfér hammitsvotes (30), au Traité Avoda Zara
du Rambam (11, 10), au Traité Yoré Déâ
du Choulkhane Aroukh (178,1).
Méthode pour atteindre le sens
- Après cette recherche du fil directeur, voici une seconde
règle :
- dans l'étude juive, le sens de la Torah est trouvé
par l'observation sur la forme du texte,
- puis par les questions (troisième règle).
Quand un Juif étudiant en Torah (notre lecteur) a accompli ce
travail en trois points, il peut alors comprendre les commentaires et recevoir
la transmission de la tradition depuis Moché Rabénou.
1 - Première remarque textuelle
Comme le remarque le Yalkoute Chimoni, c'est la seule paracha qui
commence par l'indication d'un rassemblement ("parle à toute
la communauté des enfants d'Israël", 19, 2). Elle était
lue pour cela à tout le peuple qui était rassemblé,
ce que l'on appelle le haqhel : Rachi dit mélamméd
chénéémera faracha zo béhaqhél,
"ce verset nous enseigne que ce chapitre fut dit en assemblée".
Il reprend là le Middrache Vayiqra Rabba 24, 5.
C'est que la paracha est comme un ensemble qui concrétise les
dix commandements et même toute la Torah. Rachi dit : mipné
ché rov gouféi tora telouyim ba, "parce que la
plupart des lois fondamentales de la Torah en dépendent".
2 - Deuxième remarque textuelle
La paracha commence (en Vayiqra 19, 2) par l'injonction particulière
qui lui donne son nom : "saints, qédochim, vous serez".
Qu'est-ce que cela veut dire ?
Rachi, comme chaque fois, va apporter simplement la solution et ouvrir
des horizons. Il dit :
qédochim tiyou (soyez saints) ;
hévou férouchim min haârayote... (soyez
à l'écart des rapports sexuels interdits et des fautes),
ché kol maqom chéata motsé ghédér
êrva, ata motsé qéddoucha, (car en tout endroit
dans la Torah où tu trouves une barrière devant les rapports
sexuels interdits, tu trouves "sainteté, qéddoucha").
Et il donne un exemple : "une prostituée ou déshonorée
tu n'épouseras pas... Je suis Hachém qui vous sanctifie".
Nous apprenons donc par là que
- la sainteté n'est pas une qualité morale vague, spiritualiste,
- la sainteté est liée à une limite posée,
- elle sépare de ce qui est impur, particulièrement dans
le domaine sexuel.
- elle a une analogie avec la relation de couple insatisfaisante.
Le Chla dit que la paracha précédente mettait en garde afin
de ne pas faire le mal, mais celle-ci place des limites pour
que l'on fasse le bien.
3 - Troisième remarque textuelle
La paracha commence par un futur (saints vous serez, qédochim
tiyou) au lieu de dire à l'impératif "soyez saints".
Par contre, elle termine (20, 26) par un impératif : "soyez pour
moi saints, vihéyitém li qédochim". Par ce
doublet, nos Sages tirent de beaux enseignements sur le fait que se préserver
en ce monde et agir bien en ce monde assure également la participation
à la sainteté du monde d'En-haut. En cela se manifeste le
privilège de l'homme sur les autres créatures et par rapport
aux anges. L'homme est un être qui participe des deux mondes, il
a deux couronnes. Et lui seul peut décider.
Cette grandeur de l'homme explique les commentaires disant qu'Israël
existait avant la Création du monde. Cela explique également
le premier commentaire de Rachi dans toute la Torah
- qui donne à Israël une place centrale,
- la gratuité du don par Dieu à ce peuple de la terre
nommée Israël,
- le don même si les autres peuples veulent l'accaparer.
En effet, dit le Chla, les deux premières lettres d'Israël
(youd, chine) correspondent à l'émergence de "l'être,
yéche" essentiel. Cela n'est pas un privilège, c'est
une exigence, et une exigence terrible qui a sa source en Haut. Voilà
pourquoi il est dit : "soyez saints parce que Je suis saint".
Tout est dit là avec précision : non pas "vous
êtes saints ou les meilleurs", mais "c'est parce que Je suis saint
que vous l'êtes".
Les trois saintetés
Nous comprenons maintenant pourquoi le Chla organise les mitsvotes
de la paracha et les répartit selon la sainteté du corps,
de l'espace, du temps.
- La sainteté du corps comprend elle-même tout ce
qui est récipient et outils et ce qui l'anime, l'âme et le
coeur. "Les devoirs des coeurs" sont décrits dans le livre de Rabbénou
Ba'hya ben Yossef ibn Paqouda qui porte ce nom ('hovote hallévavote)
et on l'étudie spécialement avant le début de l'année,
dans la période de redressement de soi-même avant Roche
Hachanna, pendant le mois de Eloul. L'importance de la sainteté
du corps est grande dans le judaïsme à travers tout ce qui
concerne la nourriture, la vie sexuelle, le lavage des mains, et la conception
de la peau qui peut être lumière ou blindage, les vêtements,
les bijoux, les parfums.
- La sainteté de l'espace concerne particulièrement
tout ce qui est mis en jeu dans le Temple et qui se fait "devant Hachém".
C'est Avraham qui a développé la sanctification de l'espace
; on peut relire sa vie selon cet axe.
- La sainteté du temps est englobée dans le concept
de chabbate qui n'est pas seulement l'un des jours de la semaine ; en
effet, dans le judaisme, les jours de la semaine n'ont pas de nom de planètes
ou de dieux comme dans le calendrier occidental usuel (mardi = le dieu
mars, etc) mais chaque jour juif a un chiffre qui le nomme "premier jour
dans le chabbate", etc. Ainsi chaque jour, en sa nature est coparticipant
de la sainteté du chabbate et doit être vécu en
conséquence.
En ce sens, le Chla indique même dans un autre passage que "l'âme
supplémentaire" (néchama yétéra), dont
nous bénéficions le Chabbate, est faite pour en prendre usage
pendant la semaine.
L'examen de chaque mitsva
Maintenant, chacune des mitsvotes de la paracha peut être revue,
étudiée et située selon ces différents axes.
On peut penser aussi que cette pratique de sainteté dans la vie qui
est proposée par notre paracha, se comprend après ce qui
a été dit de la mort dans la paracha précédente.
La mort y était vue comme une processus et une étape
dans le développement ; cette conscience de notre participation
à deux mondes simultanés dont l'invisible est celui de la
qédoucha doit nous permettre de vivre les actes les plus
concrets dans cette sainteté. C'est pour cela que cet paracha-ci
détaille tant d'exemples et nous les organise selon ces trois grands
dimensions de la sainteté : le corps, l'espace et le temps.
Questions d'intégration personnelle
1) Examiner comment nous passons le chabbate, et en quoi le temps et
l'espace qui s'y trouvent sont sanctifiés avec conscience par nous
dans le concret ; par la beauté que l'on dispose, par le vêtement,
par la tenue de soi, par le changement des conversations, par des échanges
sur la Torah.
2) Comment se manifeste notre sanctification du corps individuel ou
dans le couple ou dans la relation sociale ?
3) Le vêtement est-il envisagé comme une manifestation de
la beauté de cette Qédoucha, ou simplement comme
un plaisir personnel ou comme une obligation de la mode, ou simplement
comme une enveloppe utilitaire ?
4) Organisons-nous les limites de déplacement du chabbate comme
reliés à ce qui vient d'être décrit de la qédoucha,
comme une condensation de la sainteté que nous défendons
?
5) Echanger à plusieurs pour trouver ainsi d'autres questions
qui émergent de cette étude de la paracha.
Ensuite, lire la paracha.
Le vocabulaire de la qédoucha
Maintenant que nous comprenons bien la conception juive de l'humanisme,
de l'être juif, de la nation juive et de la qédoucha
qui la caractérise, nous devons assimiler les termes qui servent
à penser cette réalité ainsi délimitée.
Ils sont employés constamment dans la vie juive et dans l'étude
ou la prière.
Ainsi, ils ne deviendront pas des mots de routine mais des locutions
situées avec précision.
Les voici :
1) La seule source de sainteté
Haqqadoche baroukh Hou,Le Saint béni soit-Il
Qédoche Yisrael, le Saint d'Israël, Le Saint béni
soit-Il
2) Ce qui est participant de la sainteté, de la qédoucha
éréts haqqodéche, la terre
de la qédoucha, la terre d'Israël
admate haqqodéche, la terre de la qédoucha,
la terre d'Israël
îr haqqodéche, la ville de la qédoucha,
Jérusalem
har haqqodéche, la montagne de la qédoucha,
le mont du Temple à Jérusalem
chabbate haqqodéche, la chabbate de la qédoucha,
nom du Chabbate
arone haqqodéche, l'armoire de la qédoucha,
l'armoire dans laquelle sont placés les rouleaux de la Torah
qodéche haqqodachim, le Saint des Saints, le coeur
du Sanctuaire (et, au figuré, tout ce qui est véritablement
sacré pour le coeur, même des personnes)
roua'h haqqodéche, le souffle de la qédoucha,
la chékhina qui inspire les prophètes
bérite qodéche, alliance de la qédoucha,
la circoncision qui délimite et inscrit le Juif dans l'ordre de
la qédoucha
héikhal haqqodéche, le sanctuaire
de la qédoucha
bigdé haqqodéche, les vêtements
de la qédoucha, ceux du Cohen Gadol, le Grand Prêtre
zérâ haqqodéche, la semence
de la qédoucha, les fils d'Israël, les Juifs
âm haqqodéche, le peuple de la qédoucha,
le peuple d'Israël, les Juifs
qéhilate haqqodéche, le rassemblement
de la qédoucha, un public de Juifs
yom qodéche, jour de la qédoucha,
un jour de fête
divré qodéche, des paroles de sainteté,
des paroles centrées sur la Torah
3) ce qui est dénommé saint, par participation, qadoche,
qédochim au pluriel
Rabbénou haqqadoche, nom donné à celui
qui a écrit la Michna, Ribbi Yéhouda Hannassi
un qadoche, un tsaddiq, un homme de grande
valeur juive. On dit aussi Pé qadoche, une bouche sainte.
âm qédochim, le peuple des saints, le peuple
juif
qahal qadoche, assemblée de saints, nom par lequel
on s'adresse à un groupe de Juifs qui sont réunis pour la
Torah.
mote qédochim, une mort de saints (qualifie une mort
par dévouement)
En araméen, on dit qaddiche, d'où le nom de la
prière dite qaddiche.
4) l'acte d'affirmer publiquement la sainteté est un qiddouche
Qiddouche haChem, mort d'un martyr
Qiddouche lévana, bénédiction à
l'occasion du renouvellement de la lune ; on parle de otiote qiddouche
lévana, pour parler de lettres (otiote)de grandes
tailles comme celles dont on a besoin pour lire la nuit quand on prononce
la bénédiction de la lune
Qiddouche ha'hoddéche, bénédiction du nouveau
mois
Qiddouche, bénédiction sur le vin à l'occasion
du Chabbate ou d'une fête
Les qiddouchim ou qiddouchine, au pluriel, sont la manifestation
de la sainteté par excellence, l'acte d'épouser.
Le méssaddér qiddouchim est le rabbin intervenant
pour le mariage.
'Houpote ou qiddouchim, c'est le mariage.
Voyez les
pages consacrées
à cela dans Etapes de vie.
Voir ici les autres pages de vocabulaire
hébreu.
5) la différence béin qodéche lé 'hol,
entre la sainteté et le profane
Ribbi Yaâqov
Abou'hatséra et la qédoucha
Il nous aide à concrétiser la vision d'ensemble du judaïsme
autour de la qédoucha, mais aussi il nous incite à
le faire en sorte que cette conception s'incarne dans les sentiments,
dans la prière et dans l'action précise. Cela en trois points:
1. l'homme, dit-il, dès qu'il se réveille est soumis au
yétsér ha râ qui l'incite à rechercher
une relation appartenant au corps caractérisée par l'immédiat.
2. il y a aussi dans l'homme une force qui lui permet d'atteindre à
la qédoucha,
3. l'homme doit trouver le moyen de ne pas écouter la seule revendication
corporelle.
Cela est possible,
et pour plusieurs motifs :
- Hachém est qadoche,
- Sa sainteté peut résider sur nous
- Il nous donne la force qui nous permet d'être qédochim,
saints, en agissant sur notre néfèche (personnalité),
notre roua'h (esprit) et notre néchama (âme).
- Ce travail qui nous est demandé va plus loin que nous concerner
seuls car la Chékhina (présence de D.ieu) nous accompagne
et elle est, pour ainsi dire, désarticulée si nous ne sommes
pas saints.
- Le travail de reprise des risques vient uniquement de notre capacité
à prier la prière de cha'harite. En effet, elle
est ainsi construite dans les moindres détails du texte rédigé
par nos Sages, que nous y recevons la lumière d'En-Haut nous permettant
de nous élever de niveaux en niveaux. Alors, nous élevons
les mondes et c'est comme si D.ieu avait besoin de nous pour recréer
le monde chaque matin. La tradition dit de façon audacieuse que
c'est comme si nous élevions D.ieu Lui-même, comme si nous
le "qadichisions" : c'est le premier terme de la prière du qaddiche
(yitqaddache).
Il y a un autre principe, c'est que pendant la montée de quelqu'un
dans la qédoucha, il ne se sépare jamais du plus
profond et du plus matériel qui est sa racine, son choréche.
Et, de plus, ce niveau de la base ne parvient plus à l'enfermer.
Ce devrait être l'état du peuple d'Israël :
- relié à sa source de sainteté,
- reliant le plus concret au plus élevé en sainteté,
- ne redescendant jamais de la qédoucha : ba qédoucha,
lo yoredim bé darga ("dans la qédoucha, on ne
redescend pas de niveau"). Vous voyez toutes les rectifications qu'il
y a à faire dans notre projet de construction denotre pays. Vous
voyez aussi où, pourquoi et comment veulent vivre ces centaines
et centaines de familles qui montent vivre sur la terre de la qédoucha,
la terre de la Chékhina, la terre d'Israël. Ceux qui y voient
un problème politique à régler par les nations qui
n'ont aucun de ces critères sont en dehors de la réalité.
Nous la connaissons depuis près de 4000 ans. La première
alyah ne date pas de la fin du 19e siècle mais de 1800 ans avant
le compte actuel avec Avraham! La notion de Palestine était un
concept bâti par les Romains pour tenter de nous humilier et de
remettre cette terre du peuple de la qédoucha dans les mains d'un
autre peuple les Philistins, ennemis cruels du peuple juif. Les Occidentaux
prennent la suite de Rome dans le même projet. Ils sont un peu jeunes.
Nous connaissons toutes ces ficelles. Et ils se basent sur la force de
deux idéologies et religions qui, chacune, a tenté de se
substituer au judaïsme, comme peuple de la Torah et de la parole
de D.ieu. Les langages changent un peu mais la réalité est
la même.
Nous vivons depuis près de 4000 ans dans cette qedoucha et sur
cette terre-labortoire de cette qédoucha, selon sa morale. Nous
ne changerons pas et notre problème n'est pas la plateforme politique
de tel ou tel parti qui ne prend nullement en compte ces dimensions.
Alors, nous enseignent Rachi et tous les Sages, sur le verset 34, 24
de Chémote si nous montons ainsi dans la qédoucha,
il se produira un phénomène étonnant,
- nous retrouverons nos frontières qui seront ipso facto défendues
par le foyer central de la qédoucha,
- les peuples ne pourront plus désirer notre terre :
" Je déposséderai des peuples à cause de toi
et je reculerai ta frontière, nul ne convoitera ton territoire
béâlotékha léraote éte péné-Hachém
dans ta montée vers la face de Hachém".
C'est de là que peut venir notre salut. Et notre optimisme,
et notre action pour le peuple.
Il est clair que si le peuple d'Israël consacrait ses ressources à l'éducation de chacun selon la Torah, cette mobilisation sauverait Israël, au lieu de ne compter en priorité que sur l'amélioration des armes et la négociation politique. Nos ennemis ne changent pas, ils se renouvellent, plus vite que nos armes, et si nous ne changeons pas on se retrouve ennemis humains contre ennemis humains. Le seul programme de "la paix maintenant" est la Torah, pas le jeu politique ni militaire. C'est cela le vrai sionisme. |
Nous devons méditer ces avertissements de la parole divine transmise
par Moché à Yéhoshua
(se reporter à ce lien ici). Il l'avait médité
dans la tente et fut capable d'y croire avec force ; pour cela, jusqu'à
la fin de sa vie, alors qu'il devenait possesseur de la terre avec le
peuple, il est dit que "tout le peuple a gardé toute la Torah"
(Livre de Yehoshua 24, 31). Ce texte-ci a été rédigé
le 26 Nissane, jour anniversaire de la hiloula (décès
et montée en gloire) de Yehoshua bine Noune, disciple de Moché
Rabbénou.
Que son mérite nous apporte cette lumière
- pour revenir à la source de notre être, ensemble,
mêmes fils de la même lumière de sainteté, sur
la terre qui est le Sanctuaire de la présence divine au milieu
de Son peuple qu'Il s'est choisi,
- pour monter vers la terre de cette qédoucha pour la vivre
et la faire vivre à nos enfants, et le leur enseigner,
- pour parvenir à arrêter ainsi la dynamique de la convoitise
des peuples sur cette terre d'Israël qui veulent en expulser ce peuple
saint,
- pour parvenir à arrêter dans notre peuple et parmi nos
dirigeants cette frénésie de dépeçage
de la terre du Saint et de sa destruction, lambeaux après lambeaux,
afin de complaire aux nations.
Il ne dort pas le gardien d'Israël, Il nous a donné les
règles du bonheur pour nous-mêmes individuellement, pour
le couple, pour le peuple, pour la nation, pour la terre, pour la fonction
de bénédiction envers les nations.
Ce n'est pas par les armes, ni par les assassinats, ni par les règles
politiques, ni par les alliances internationales que tout cela sera assuré
pour ce peuple spécial : les règles du jeu nous ont
été décrites en détail et les actes de l'Histoire
ont prouvé (hélas) maintes fois la réalité
des mises en garde. Nous avons tout reçu, y compris le pouvoir
de retourner l'histoire vers le bonheur. Juifs, nous n'avons qu'un
humanisme et qu'une démocratie, la qédoucha commune.
Cela est infiniment réaliste, parce que vrai. Le reste, en
ce qui concerne le peuple juif, n'est tellement que la répétition
des erreurs tragiques maintes fois répétées et 1000
fois analysées dans notre Histoire.
Etudions un peu plus, diffusons la Torah par tous nos moyens humains
et financiers, aidons ceux qui ne connaissent pas ce mode d'emploi de
la terre, ni sa nature de sainteté et de bonheur, éclairons
ceux qui participent de la volonté auto-destructrice qui caractérise
une partie du peuple juif depuis le temps des explorateurs, ces leaders
de notre peuple autour de Moché qui voulaient détourner
le peuple de sa montée en terre d'Israël pour y vivre selon
la Torah. D'âges en âges, ses dynamiques diverses et ces rôles
divers continuent. Et, même si nous montons tous vers la terre d'Israël,
tout cela ne sera efficace que si la justice sociale existe en Israël
(ce n'est pas encore le cas), et si les mots de la prière où
chacun demande d'être rassemblé sur cette terre sont pris
en vérité et sincérité. Alors, rien ne pourra
arrêter la réalisation des promesses.
Ah ! si le bonheur vous venait
de Jérusalem !
Plusieurs questions éducatives importantes.
- Comment les leaders spirituels peuvent-ils parler pour transmettre
cette Torah au peuple qui ne l'a pas reçue et qui, en conséquence
et avec la meilleure bonne volonté, prend les critères idéologiques
des autres nations pour se gérer et appelle "religion laissée
à l'appréciation personnelle" la Torah?
- Sur le plan personnel ou familial, il ne suffit pas de monter vivre
sur la qédoucha de la terre d'Israël, il faut encore travailler
pour trouver les mots qui nous permettront d'éduquer les enfants
de façon quotidienne dans cette ligne. C'est en ce sens que nous
avons placé sur Modia ces pages où l'on passe de la réalité
visuelle concrète au sens intérieur qui s'y joue. Les photos
donnent le support pour étudier cet exercice sur la réalité
dont il est question dans cette paracha. Ces photos ne sont donc pas un
hobby personnel, ni une sorte d'agence pour le tourisme. Ce sont des études
au même titre que les mots. Voilà pourquoi il y a un scénario
de mots qui expriment cette rencontre de la qéddoucha. Et afin que
chacun trouve les siens pour soi , et pour parler aux enfants, afin de les
y rendre sensibles.
Alors, le travail
que l'on se propose pendant le Ômer prend son sens, de même
que la lecture
des Principes des Pères.
Reportez
vous à la page suivante pour organiser cette pédagogie. Et
travaillez sur cette page-là en couple.
Beaucoup de jeunes Juifs et Israéliens sont en crise de valeur et
refusent à un certain âge un judaïsme de pratiques et
d'habitudes, car ils sont à l'âge où on a besoin de
sens, de ressenti vrai, de cohérence, d'échange sur ces questions.
Beaucoup de parents sont en désarroi alors, au lieu de comprendre
que cette crise est une aubaine pour refonder le sens des choses, et le
refonder ensemble. Toute cette paracha et les liens ci-dessus peuvent y
aider grandement. Ouvrez des heures de discussion sur cela en famille, et
des groupes de discussion sur ce thème entre parents, avec ce commentaire
en mains, et la paracha de l'autre.
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