30e Paracha : Qéddochim "Soyez saints"
Vayiqra (Lévitique) 19, 1 - 29, 27

Commentaire par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basé sur les livres de nos Sages

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(on y étudie le 1e chapitre des Pirqéï Avote)

 

Ce qu'est l'humanisme du Juif et sa mission,
une sainteté au nom :  qédoucha


Plan
  • Lecture du début de la paracha
  • Thèmes et mitsvotes
  • Méthode pour atteindre le sens 
  • Le haqhel
  • Qédochim
  • Futur et impératif
  • L'examen de chaque mitsva
  • Intégration : le vécu personnel et la qédoucha. 
  • Lecture et audition de la paracha (Ort)
    (askénazes)

    Lecture et audition de la Haftara (Ort)
    (askénazes)

    Ecouter la paracha
    téâmim sépharades (Alliance)

    Lecture du début de la paracha

    (Transcription)

    vayédabbér Hachém el Moshé llémor
    dabbér el kol âdate béné Yisrael véamarta aléhém qédochim tiyou
    ki qadoch ani Hachém Élohékhém
    ich immo véaviv tiraou 
    vééte chabbétotaï tichmorou
    ani Hachém Élohékhém
     

    Traduction
    Hachém parla à Moché en ces termes :
    "Parle à toute la communauté des enfants d'Yisrael et dis-leur : Soyez saints ! 
    car Je suis saint, Moi Hachém votre D.ieu.
    Chacun, sa mère et son père, qu'ils les révèrent   et observez mes chabbates, 
    Je suis Hachém votre D.ieu."

     

    Thèmes et mitsvotes
    Cette paracha est très courte mais elle comprend 49 mitsvotes (212 à 262). 
    Selon la méthode d'étude du Chla qui commence à nous être familière, nous devons donc chercher leur point commun qui sera le message essentiel ; pour cela nous allons considérer leur ordre, leurs liens et leur ligne directrice. Voyons en quelques unes :

    - le respect dû à la mère et au père (Vayiqra 19, 3),
    - de nombreuses interdictions : l'interdiction de pensées idolâtres, de se construire des idoles, 
    - l'interdiction de manger des restes des sacrifices en dehors du temps prescrit (voir aussi Chémote 29, 33-34),
    - l'interdiction de récolter sur le dernier angle du champ, de la vigne (19, 9-10),
    - le devoir de veiller au pauvre (19, 10),
    - l'interdiction de fausser les mesures, de manquer à la parole, de ne pas payer à temps, de voler, de prononcer des verdicts injustes, de porter tort à autrui, de donner de mauvais conseils, de maudire, de ne pas porter aide aux victimes ni aux frères dans le besoin,
    - le devoir d'exhorter autrui (19, 17), d'aimer tout membre d'Israël comme soi-même (19, 18),
    - l'interdiction de se venger (19, 18),
    - de manger des fruits avant plusieurs années de croissance, de boire et manger avec gloutonnerie (19, 18-24),
    - de pratiquer la divination (19, 26), de se coiffer comme les adeptes d'autres cultes, d'imiter leurs pratiques et leurs usages (20, 23),
    - le devoir d'honorer les Sages et ses parents (19, 32);
    - le devoir d'avoir des balances justes (19, 36) et le devoir exécuter les décisions de justice qui concernent toutes ces fautes.

    Tout cela se résume en deux indications :
    - soyez saints, qédochim,
    - ne vivez pas selon les règles et usages des autres peuples.

    Le sens global en est que
    - le judaïsme a une morale qui s'étend à toutes les dimensions des relations, de l'action, du temps et de l'espace (un humanisme),
    - cette morale de vie humaniste a une source qui lui donne son être et c'est l'être même du Créateur en ce qu'Il est qadoche, saint.

    La haftara le développera (la  lire en Amos 9, 7-15 et Ezéchiel 20, 1-20 ; précisons qu'elle n'est pas lue quand ce Chabbate est aussi Roche 'Hoddéche et a donc une haftara spéciale, Isaïe chapitre 66.).
    La source de la morale juive, même si elle semble être la morale apportée au monde et la morale des droits de tous les hommes, ne relève pas d'une idéologie du moment, ni de l'accord des esprits d'une époque qui définiraient démocratiquement la morale qui leur semble la plus belle, la plus juste et la plus généreuse. La morale juive a une unique source : la qédoucha de Celui qui est Qadoche, saint.
    Celui qui veut approfondir le sens de ces mistvotes doit se reporter au Séfér hammitsvotes (30), au Traité Avoda Zara du Rambam (11, 10), au Traité Yoré  Déâ du Choulkhane Aroukh (178,1).

    Méthode pour atteindre le sens 
    - Après cette recherche du fil directeur, voici une seconde règle
    - dans l'étude juive, le sens de la Torah est trouvé par l'observation sur la forme du texte, 
    - puis par les questions (troisième règle). 
    Quand un Juif étudiant en Torah (notre lecteur) a accompli ce travail en trois points, il peut alors comprendre les commentaires et recevoir la transmission de la tradition depuis Moché Rabénou.

    1 - Première remarque textuelle
    Comme le remarque le Yalkoute Chimoni, c'est la seule paracha qui commence par l'indication d'un rassemblement ("parle à toute la communauté des enfants d'Israël", 19, 2). Elle était lue pour cela à tout le peuple qui était rassemblé, ce que l'on appelle le haqhel : Rachi dit mélamméd chénéémera faracha zo béhaqhél,  "ce verset nous enseigne que ce chapitre fut dit en assemblée". Il reprend là le Middrache Vayiqra Rabba 24, 5.
    C'est que la paracha est comme un ensemble qui concrétise les dix commandements et même toute la Torah. Rachi dit : mipné ché rov gouféi tora telouyim ba,  "parce que la plupart des lois fondamentales de la Torah en dépendent". 

    2 -  Deuxième remarque textuelle
    La paracha commence (en Vayiqra 19, 2) par l'injonction particulière qui lui donne son nom : "saints, qédochim, vous serez". Qu'est-ce que cela veut dire ?
    Rachi, comme chaque fois, va apporter simplement la solution et ouvrir des horizons. Il dit : 
    qédochim tiyou (soyez saints)
    hévou férouchim min haârayote... (soyez à l'écart des rapports sexuels interdits et des fautes), 
    ché kol maqom chéata motsé ghédér êrva, ata motsé qéddoucha, (car en tout endroit dans la Torah où tu trouves une barrière devant les rapports sexuels interdits, tu trouves "sainteté, qéddoucha"). Et il donne un exemple : "une prostituée ou déshonorée tu n'épouseras pas... Je suis Hachém qui vous sanctifie".

    Nous apprenons donc par là que 
    - la sainteté n'est pas une qualité morale vague, spiritualiste,
    - la sainteté est liée à une limite posée,
    - elle sépare de ce qui est impur, particulièrement dans le domaine sexuel. 
    - elle a une analogie avec la relation de couple insatisfaisante.
    Le Chla dit que la paracha précédente mettait en garde afin de ne pas faire le mal, mais celle-ci place des limites pour que l'on fasse le bien.

    3 - Troisième remarque textuelle
    La paracha commence par un futur (saints vous serez, qédochim tiyou) au lieu de dire à l'impératif "soyez saints". Par contre, elle termine (20, 26) par un impératif : "soyez pour moi saints, vihéyitém li qédochim". Par ce doublet, nos Sages tirent de beaux enseignements sur le fait que se préserver en ce monde et agir bien en ce monde assure également la participation à la sainteté du monde d'En-haut. En cela se manifeste le privilège de l'homme sur les autres créatures et par rapport aux anges. L'homme est un être qui participe des deux mondes, il a deux couronnes. Et lui seul peut décider.
    Cette grandeur de l'homme explique les commentaires disant qu'Israël existait avant la Création du monde. Cela explique également le premier commentaire de Rachi dans toute la Torah 
    - qui donne à Israël une place centrale,
    - la gratuité du don par Dieu à ce peuple de la terre nommée Israël, 
    - le don même si les autres peuples veulent l'accaparer.
    En effet, dit le Chla, les deux premières lettres d'Israël (youd, chine) correspondent à l'émergence de "l'être, yéche" essentiel. Cela n'est pas un privilège, c'est une exigence, et une exigence terrible qui a sa source en Haut. Voilà pourquoi il est dit : "soyez saints parce que Je suis saint".
     Tout est dit là avec précision : non pas "vous êtes saints ou les meilleurs", mais "c'est parce que Je suis saint que vous l'êtes".

    Les trois saintetés
    Nous comprenons maintenant pourquoi le Chla organise les mitsvotes de la paracha et les répartit selon la sainteté du corps, de l'espace, du temps
    - La sainteté du corps comprend elle-même tout ce qui est récipient et outils et ce qui l'anime, l'âme et le coeur. "Les devoirs des coeurs" sont décrits dans le livre de Rabbénou Ba'hya ben Yossef ibn Paqouda qui porte ce nom ('hovote hallévavote) et on l'étudie spécialement avant le début de l'année, dans la période de redressement de soi-même avant Roche Hachanna, pendant le mois de Eloul. L'importance de la sainteté du corps est grande dans le judaïsme à travers tout ce qui concerne la nourriture, la vie sexuelle, le lavage des mains, et la conception de la peau qui peut être lumière ou blindage, les vêtements, les bijoux, les parfums.
    - La sainteté de l'espace concerne particulièrement tout ce qui est mis en jeu dans le Temple et qui se fait "devant Hachém". C'est Avraham qui a développé la sanctification de l'espace ; on peut relire sa vie selon cet axe.
    - La sainteté du temps est englobée dans le concept de chabbate qui n'est pas seulement l'un des jours de la semaine ; en effet, dans le judaisme, les jours de la semaine n'ont pas de nom de planètes ou de dieux comme dans le calendrier occidental usuel (mardi = le dieu mars, etc) mais chaque jour juif a un chiffre qui le nomme "premier jour dans le chabbate", etc. Ainsi chaque jour, en sa nature est coparticipant de la sainteté du chabbate et doit être vécu en conséquence.
    En ce sens, le Chla indique même dans un autre passage que "l'âme supplémentaire" (néchama yétéra), dont nous bénéficions le Chabbate, est faite pour en prendre usage pendant la semaine.

    L'examen de chaque mitsva
    Maintenant, chacune des mitsvotes de la paracha peut être revue, étudiée et située selon ces différents axes.

    On peut penser aussi que cette pratique de sainteté dans la vie qui est proposée par notre paracha, se comprend après ce qui a été dit de la mort dans la paracha précédente. La mort y était vue comme une processus et une étape dans le développement ; cette conscience de notre participation à deux mondes simultanés dont l'invisible est celui de la qédoucha doit nous permettre de vivre les actes les plus concrets dans cette sainteté. C'est pour cela que cet paracha-ci détaille tant d'exemples et nous les organise selon ces trois grands dimensions de la sainteté : le corps, l'espace et le temps.
     

    Questions d'intégration personnelle
    1) Examiner comment nous passons le chabbate, et en quoi le temps et l'espace qui s'y trouvent sont sanctifiés avec conscience par nous dans le concret ; par la beauté que l'on dispose, par le vêtement, par la tenue de soi, par le changement des conversations, par des échanges sur la Torah.
    2) Comment se manifeste notre sanctification du corps individuel ou dans le couple ou dans la relation sociale ?
    3) Le vêtement est-il envisagé comme une manifestation de la beauté de cette Qédoucha, ou simplement comme un plaisir personnel ou comme une obligation de  la mode, ou simplement comme une enveloppe utilitaire ?
    4) Organisons-nous les limites de déplacement du chabbate comme reliés à ce qui vient d'être décrit de la qédoucha, comme une condensation de la sainteté que nous défendons ?
    5) Echanger à plusieurs pour trouver ainsi d'autres questions qui émergent de cette étude de la paracha.
    Ensuite, lire la paracha.

     

    Le vocabulaire de la qédoucha
    Maintenant que nous comprenons bien la conception juive de l'humanisme, de l'être juif, de la nation juive et de la qédoucha qui la caractérise, nous devons assimiler les  termes qui servent à penser cette réalité ainsi délimitée. Ils sont employés constamment dans la vie juive et dans l'étude ou la prière. 
    Ainsi, ils ne deviendront pas des mots de routine mais des locutions situées avec précision.

    Les voici : 
    1) La seule source de sainteté
    Haqqadoche baroukh Hou,Le Saint béni soit-Il
    Qédoche Yisrael, le Saint d'Israël, Le Saint béni soit-Il

    2) Ce qui est participant de la sainteté, de la qédoucha
    éréts  haqqodéche,  la terre de la qédoucha, la terre d'Israël
    admate haqqodéche,  la terre de la qédoucha, la terre d'Israël 
    îr  haqqodéche,  la ville de la qédoucha, Jérusalem
    har  haqqodéche,  la montagne de la qédoucha, le mont du Temple à Jérusalem
    chabbate haqqodéche,  la chabbate de la qédoucha, nom du Chabbate
    arone  haqqodéche,  l'armoire de la qédoucha, l'armoire dans laquelle sont placés les rouleaux de la Torah
    qodéche  haqqodachim, le Saint des Saints, le coeur du Sanctuaire (et, au figuré, tout ce qui est véritablement sacré pour le coeur, même des personnes)
    roua'h  haqqodéche,  le souffle de la qédoucha, la chékhina qui inspire les prophètes
    bérite qodéche,  alliance de la qédoucha, la circoncision qui délimite et inscrit le Juif dans l'ordre de la qédoucha
    héikhal  haqqodéche,  le sanctuaire de la qédoucha
    bigdé  haqqodéche,  les vêtements  de la qédoucha, ceux du Cohen Gadol, le Grand Prêtre
    zérâ  haqqodéche,  la semence de la qédoucha, les fils d'Israël, les Juifs
    âm  haqqodéche,  le peuple de la qédoucha, le peuple d'Israël, les Juifs
    qéhilate  haqqodéche,  le rassemblement de la qédoucha, un public de Juifs
    yom qodéche,  jour de la qédoucha, un jour  de fête
    divré qodéche,  des paroles de sainteté, des paroles centrées sur la Torah 

    3) ce qui est dénommé saint, par participation, qadoche, qédochim au pluriel
    Rabbénou haqqadoche, nom donné à celui qui a écrit la Michna, Ribbi Yéhouda Hannassi
    un qadoche,  un tsaddiq,  un homme de grande valeur juive. On dit aussi Pé qadoche, une bouche sainte.
    âm  qédochim, le peuple des saints, le peuple juif
    qahal  qadoche, assemblée de saints, nom par lequel on s'adresse à un groupe de Juifs qui sont réunis pour la Torah. 
    mote qédochim, une mort de saints (qualifie une mort par dévouement)
    En araméen, on dit qaddiche, d'où le nom de la prière dite qaddiche.

    4) l'acte d'affirmer publiquement la sainteté est un qiddouche
    Qiddouche haChem, mort d'un martyr
    Qiddouche lévana, bénédiction à l'occasion du renouvellement de la lune ; on parle de otiote qiddouche lévana,  pour parler de lettres (otiote)de grandes tailles comme celles dont on a besoin pour lire la nuit quand on prononce la bénédiction de la lune
    Qiddouche ha'hoddéche, bénédiction du nouveau mois
    Qiddouche, bénédiction sur le vin à l'occasion du Chabbate ou d'une fête
    Les qiddouchim ou qiddouchine, au pluriel, sont la manifestation de la sainteté par excellence, l'acte d'épouser. 
    Le méssaddér qiddouchim est le rabbin intervenant pour le mariage.
    'Houpote ou qiddouchim, c'est le mariage.
    Voyez les pages consacrées à cela dans Etapes de vie.
    Voir ici les autres pages de vocabulaire hébreu.

    5) la différence béin qodéche lé 'hol, entre la sainteté et le profane

     

    Ribbi Yaâqov Abou'hatséra et la qédoucha
    Il nous aide à concrétiser la vision d'ensemble du judaïsme autour de la qédoucha, mais aussi il nous incite à le faire en sorte que cette conception s'incarne dans les sentiments, dans la prière et dans l'action précise. Cela en trois points:
    1. l'homme, dit-il, dès qu'il se réveille est soumis au yétsér ha râ  qui l'incite à rechercher une relation appartenant au corps caractérisée par l'immédiat.
    2. il y a aussi dans l'homme une force qui lui permet d'atteindre à la qédoucha,
    3. l'homme doit trouver le moyen de ne pas écouter la seule revendication corporelle. 

    Cela est possible,
    et pour plusieurs motifs :
    - Hachém est qadoche,
    - Sa sainteté peut résider sur nous
    - Il nous donne la force qui nous permet d'être qédochim, saints, en agissant sur notre néfèche (personnalité), notre roua'h (esprit) et notre néchama (âme).
    - Ce travail qui nous est demandé va plus loin que nous concerner seuls car la Chékhina (présence de D.ieu) nous accompagne et elle est, pour ainsi dire, désarticulée si nous ne sommes pas saints.
    - Le travail de reprise des risques vient uniquement de notre capacité à prier la prière de cha'harite. En effet, elle est ainsi construite dans les moindres détails du texte rédigé par nos Sages, que nous y recevons la lumière d'En-Haut nous permettant de nous élever de niveaux en niveaux. Alors, nous élevons les mondes et c'est comme si D.ieu avait besoin de nous pour recréer le monde chaque matin. La tradition dit de façon audacieuse que c'est comme si nous élevions D.ieu Lui-même, comme si nous le "qadichisions" : c'est le premier terme de la prière du qaddiche (yitqaddache).
    Il y a un autre principe, c'est que pendant la montée de quelqu'un dans la qédoucha, il ne se sépare jamais du plus profond et du plus matériel qui est sa racine, son choréche. Et, de plus, ce niveau de la base ne parvient plus à l'enfermer.  Ce devrait être l'état du peuple d'Israël :
    - relié à sa source de sainteté,
    - reliant le plus concret au plus élevé en sainteté,
    - ne redescendant jamais de la qédoucha : ba qédoucha, lo yoredim bé darga ("dans la qédoucha, on ne redescend pas de niveau"). Vous voyez toutes les rectifications qu'il y a à faire dans notre projet de construction denotre pays. Vous voyez aussi où, pourquoi et comment veulent vivre ces centaines et centaines de familles qui montent vivre sur la terre de la qédoucha, la terre de la Chékhina, la terre d'Israël. Ceux qui y voient un problème politique à régler par les nations qui n'ont aucun de ces critères sont en dehors de la réalité. Nous la connaissons depuis près de 4000 ans. La première alyah ne date pas de la fin du 19e siècle mais de 1800 ans avant le compte actuel avec Avraham! La notion de Palestine était un concept bâti par les Romains pour tenter de nous humilier et de remettre cette terre du peuple de la qédoucha dans les mains d'un autre peuple les Philistins, ennemis cruels du peuple juif. Les Occidentaux prennent la suite de Rome dans le même projet. Ils sont un peu jeunes. Nous connaissons toutes ces ficelles. Et ils se basent sur la force de deux idéologies et religions qui, chacune, a tenté de se substituer au judaïsme, comme peuple de la Torah et de la parole de D.ieu. Les langages changent un peu mais la réalité est la même.
    Nous vivons depuis près de 4000 ans dans cette qedoucha et sur cette terre-labortoire de cette qédoucha, selon sa morale. Nous ne changerons pas et notre problème n'est pas la plateforme politique de tel ou tel parti qui ne prend nullement en compte ces dimensions.
     
     

    Alors, nous enseignent Rachi et tous les Sages, sur le verset 34, 24 de Chémote si nous montons ainsi dans la qédoucha, il se produira un phénomène étonnant, 
    - nous retrouverons nos frontières qui seront ipso facto défendues par le foyer central de la qédoucha,
    - les peuples ne pourront plus désirer notre terre :
    " Je déposséderai des peuples à cause de toi et je reculerai ta frontière, nul ne convoitera ton territoire béâlotékha léraote éte péné-Hachém dans ta montée vers la face de Hachém".
    C'est de là que peut venir notre salut. Et notre optimisme, et notre action pour le peuple.
    Il est clair que si le peuple d'Israël consacrait ses ressources à l'éducation de chacun selon la Torah, cette mobilisation sauverait Israël, au lieu de ne compter en priorité que sur l'amélioration des armes et la négociation politique. Nos ennemis ne changent pas, ils se renouvellent, plus vite que nos armes, et si nous ne changeons pas on se retrouve ennemis humains contre ennemis humains. Le seul programme de "la paix maintenant" est la Torah, pas le jeu politique ni militaire. C'est cela le vrai sionisme.

    Nous devons méditer ces avertissements de la parole divine transmise par Moché à Yéhoshua (se reporter à ce lien ici). Il l'avait médité dans la tente et fut capable d'y croire avec force ; pour cela, jusqu'à la fin de sa vie, alors qu'il devenait possesseur de la terre avec le peuple, il est dit que "tout le peuple a gardé toute la Torah" (Livre de Yehoshua 24, 31). Ce texte-ci a été rédigé le 26 Nissane, jour anniversaire de la hiloula (décès et montée en gloire) de Yehoshua bine Noune, disciple de Moché Rabbénou. 
    Que son mérite nous apporte cette lumière
    - pour revenir à la source de notre être, ensemble, mêmes fils de la même lumière de sainteté, sur la terre qui est le Sanctuaire de la présence divine au milieu de Son peuple qu'Il s'est choisi,
    - pour monter vers la terre de cette qédoucha pour la vivre et la faire vivre à nos enfants, et le leur enseigner,
    - pour parvenir à arrêter ainsi la dynamique de la convoitise des peuples sur cette terre d'Israël qui veulent en expulser ce peuple saint,
    - pour parvenir à arrêter dans notre peuple et parmi nos dirigeants cette frénésie de dépeçage de la terre du Saint et de sa destruction, lambeaux après lambeaux, afin de complaire aux nations.

    Il ne dort pas le gardien d'Israël, Il nous a donné les règles du bonheur pour nous-mêmes individuellement, pour le couple, pour le peuple, pour la nation, pour la terre, pour la fonction de bénédiction envers les nations.

    Ce n'est pas par les armes, ni par les assassinats, ni par les règles politiques, ni par les alliances internationales que tout cela sera assuré pour ce peuple spécial : les règles du jeu nous ont été décrites en détail et les actes de l'Histoire ont prouvé (hélas) maintes fois la réalité des mises en garde. Nous avons tout reçu, y compris le pouvoir de retourner l'histoire vers le bonheur. Juifs, nous n'avons qu'un humanisme et qu'une démocratie, la qédoucha commune. Cela est infiniment réaliste, parce que vrai. Le reste, en ce qui concerne le peuple juif,  n'est tellement que la répétition des erreurs tragiques maintes fois répétées et 1000 fois analysées dans notre Histoire.

    Etudions un peu plus, diffusons la Torah par tous nos moyens humains et financiers, aidons ceux qui ne connaissent pas ce mode d'emploi de la terre, ni sa nature de sainteté et de bonheur, éclairons ceux qui participent de la volonté auto-destructrice qui caractérise une partie du peuple juif depuis le temps des explorateurs, ces leaders de notre peuple autour de Moché qui voulaient détourner le peuple de sa montée en terre d'Israël pour y vivre selon la Torah. D'âges en âges, ses dynamiques diverses et ces rôles divers continuent. Et, même si nous montons tous vers la terre d'Israël, tout cela ne sera efficace que si la justice sociale existe en Israël (ce n'est pas encore le cas), et si les mots de la prière où chacun demande d'être rassemblé sur cette terre sont pris en vérité et sincérité. Alors, rien ne pourra arrêter la réalisation des promesses.

    Ah ! si le bonheur vous venait de Jérusalem !

     

    Plusieurs questions éducatives importantes.
    - Comment les leaders spirituels
    peuvent-ils parler pour transmettre cette Torah au peuple qui ne l'a pas reçue et qui, en conséquence et avec la meilleure bonne volonté, prend les critères idéologiques des autres nations pour se gérer et appelle "religion laissée à l'appréciation personnelle" la Torah?
    - Sur le plan personnel ou familial, il ne suffit pas de monter vivre sur la qédoucha de la terre d'Israël, il faut encore travailler pour trouver les mots qui nous permettront d'éduquer les enfants de façon quotidienne dans cette ligne. C'est en ce sens que nous avons placé sur Modia ces pages où l'on passe de la réalité visuelle concrète au sens intérieur qui s'y joue. Les photos donnent le support pour étudier cet exercice sur la réalité dont il est question dans cette paracha. Ces photos ne sont donc pas un hobby personnel, ni une sorte d'agence pour le tourisme. Ce sont des études au même titre que les mots. Voilà pourquoi il y a un scénario de mots qui expriment cette rencontre de la qéddoucha. Et afin que chacun trouve les siens pour soi , et pour parler aux enfants, afin de les y rendre sensibles.
    Alors, le travail que l'on se propose pendant le Ômer prend son sens, de même que la lecture des Principes des Pères.

    Reportez vous à la page suivante pour organiser cette pédagogie. Et travaillez sur cette page-là en couple.


    Beaucoup de jeunes Juifs et Israéliens sont en crise de valeur et refusent à un certain âge un judaïsme de pratiques et d'habitudes, car ils sont à l'âge où on a besoin de sens, de ressenti vrai, de cohérence, d'échange sur ces questions. Beaucoup de parents sont en désarroi alors, au lieu de comprendre que cette crise est une aubaine pour refonder le sens des choses, et le refonder ensemble. Toute cette paracha et les liens ci-dessus peuvent y aider grandement. Ouvrez des heures de discussion sur cela en famille, et des groupes de discussion sur ce thème entre parents, avec ce commentaire en mains, et la paracha de l'autre.