27e Paracha : Tazriâ - "Elle ensemencera"
Vayiqra (Lévitique) 12, 1 - 13, 59

Commentaire par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basé sur les livres de nos Sages

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En cette étude de la paracha Tazriâ, 
on découvrira la splendeur juive de la femme
et la beauté d'une vie de pureté interne et externe.

 

Ne pas oublier : chaque étude de la Torah sur Modia est, en même temps, un cours d'hébreu. Mémorisez le vocabulaire.
 

Plan
Premier niveau : le travail juif sur le pur et l'impur
  • Thèmes et mitsvotes
  • Conception juive du pur, du non-pur, et de la purification
  • Sexe et pureté
  • Rabbéinou Bé'hayé : l'ordre juste
  • Le Chla : la lumière surgit des ténèbres
  • Conclusion
  • Le vêtement.
Le 2e niveau suppose l'acquisition du premier niveau et concerne les personnes qui connaissent les règles utilisées dans l'étude traditionnelle.

Deuxième niveau : L'être de la femme, selon la Torah
   (En hommage à celles qui mettent au monde le monde, 
        avec nous les hommes, de mois en mois et d'âges en âges).


Ecoute de la paracha Tazria (ORT), téâmim askénaziim
et de la haftara
Ecoute de la paracha Tazria (Alliance),téâmim séfaradiim

Le couple juif et le mariage juif

Les qualités juives  à développer dans la relation de couple
La relation véritable

Le cycle féminin et la période de nidda

Le sens et la pratique du miqvé

Vocabulaire d'hébreu sur le cycle féminin

Le jour du nouveau mois, Roche 'Hoddéche, jour féminin.

Découvrir le mois de Iyar qui commence cette semaine beaucoup chaque jour.

Une mitsva de la paracha: la circoncision. Tout pour la comprendre, ici.

 

Premier niveau : le travail sur le pur et l'impur

Sans les commentaires de nos Sages, cette paracha nous serait incompréhensible. Nous allons les présenter.

Thèmes et mitsvotes 
La paracha Tazriâ comporte les mitsvotes 167 à 173 et la paracha Métsorâ ensuite comportera les mitsvotes 174 à 184 sur les 613 mitsvotes de la Torah.  Ces deux parachotes sont fréquemment lues ensemble le même Chabbate mais elles sont séparées quand l'année comprend un mois de Adar II.
Elles traitent de l'impureté dans des cas différents : après une naissance, lors de repas liés aux sacrifices, dans certaines tumeurs de la peau, plaies, brûlures, la "lèpre" des étoffes et des murs, le cas de perte de flux séminal chez l'homme et le cas des règles féminines.
Elles précisent les procédures de purification pour chacun, en particulier pour le pauvre, et le rôle des Cohanim dans ces différents cas.

Conception juive du pur, du non-pur, et de la purification
Ce qui apparait immédiatement, c'est que la conception juive du pur et du non-pur, est particulière dans le judaïsme puisqu'il n'y s'agit pas de saleté, ni de matière répugnante. 
On y parle d'impur "chaque fois que s'arrête le processus qui développe la vie". Or la vie n'est pas toujours en développement : ainsi, après la grossesse et la naissance, il y a un arrêt de ce développement dans le corps de la mère et il y aura alors une période de "non-pur" et de purification.
On parle aussi d'impureté quand un processus comportant une finalité de vie n'y aboutit pas (perte séminale, chez l'homme). La pureté et l'impureté sont donc liés à la finalité de vie, et au temps. Cela ne concerne pas uniquement la femme, mais l'homme également. Cela devait être nettement clarifié.

Sexe et pureté
Puisque le rapport de l'homme et celui de la femme au temps qui scande le processus de vie sont très différents, il s'ensuivra des régulations différentes pour l'un et pour l'autre; en effet, la liaison directe du père à la vie du foetus est très brève tant que la mère accompagne toute la gestation; la femme vit biologiquement un rythme temporel, qui de plus est lunaire, tandis que l'homme ne dispose pas de cette richesse cosmique du rythme de la vie.
A partir de là, mais sans que nous comprenions encore la précision du "pourquoi", nous pouvons admettre le principe que nous dit la paracha : les périodes de pureté ou de non pureté seront donc différentes selon les sexes (période de sept jours d'impureté pour la naissance d'un garçon et du double pour la naissance d'une fille, puis une période dite des sangs de purification qui dure trente trois jours pour la naissance d'un garçon et le double pour une fille). Il faudra étudier beaucoup plus pour le comprendre davantage.
L'intervention du Cohen et des sacrifices, en tous ces phénomènes, nous enseigne que ces processus ne concernent pas seulement la vie matérielle et biologique, mais le processus général de proximité avec la vie divine qui peut s'expanser ou non.

Rabbénou Bé'hayé (lien ici)
Il situe ces questions par une longue introduction à la paracha : il s'y appuie alors sur le verset des Proverbes 15, 23 : 
sim'ha la iche bé maâné fiv "joie pour l'homme une réponse dans sa bouche", 
vé davar bé îto ma-tov "et une chose/parole en son temps combien c'est bon". 
Il nous y fait découvrir que la Création est organisée, spécialement dans les rythmes du temps et, alors, parvenir à vivre selon les rythmes optimaux de la Création et de son Créateur, est une source de bonheur


Pour faire réussir la vie, l'homme doit parvenir à discerner l'ordre bon, parvenir à y discerner ce qui vient avant et ce qui vient après; la question est la même dans l'ordre de la pensée, de la parole, et des niveaux de l'être.
A partir de là, tout ce qui vient altérer cet ordre a besoin d'une procédure réparatrice et, surtout, éducative à notre endroit, afin de nous remettre dans l'ordre optimal; il n'est pas seulement naturel, il est soumis à la sainteté. C'est cet ensemble qui permet de situer ce qui est pur ou impur.
Nous avons vu, dans les chapitres précédents, que le rôle du Temple et des prêtres (les Cohanim) est de permettre aux membres du peuple d'Israël de rectifier ce qui se serait abîmé dans cet ordonnancement de vie. Les Cohanim étaient des exemples de ce que doit être l'homme, afin qu'il atteigne le niveau de beauté où il est à l'image du Créateur. Leur rôle s'exercera donc dans ce contexte.

Le Chla (lien ici)

Il ouvre son commentaire sur le verset 13, 2 de Vayiqra : adam ki yiyé véôr béssaro (un homme, s'il y a sur la peau de sa chair une tumeur...). En parallèle par rapport à cette peau (ôr), et en contrepartie, il nous explique que les vêtements des Cohanim avaient une fonction d'honneur (cavod) et de beauté (tiférét).
Ils correspondent au vêtement dont le Créateur a revêtu Adam et Eve après la faute : un vêtement de peau (koutonét ôr) en remplacement du vêtement constitué de lumière (or) dont ils bénéficiaient avant. L'analogie des deux mots (ôr-or) renforce encore le rôle réparateur et lumineux des Cohanim. Car l'hébreu est toujours significatif, même graphiquement.
C'est le motif pour lequel, en Béréchite 3, 21, Onqélos traduit "vêtement de peau" (koutonét ôr) en aramén par "vêtement de gloire" (lévouchine diqar). Et le Chla fait remarquer que Onqélos met en liaison les trois expressions : vêtement de lumière, vêtement de peau, vêtement du Cohen.
(Note - En Béréchite 3, 21 Rachi (lien ici) ne fait pas allusion à cette traduction d'Onqélos ; pour comprendre le sens des réactions de Rachi aux traductions d'Onqélos, se reporter à notre commentaire de la paracha Ki Tissa, 2e niveau).
Le Chla cite alors Qohélet 2, 13 : kiterone haor mine ha'hochékh, "la lumière est supérieure aux ténèbres". Il nous incite à le lire dans un sens sur lequel il revient souvent : Hachém fait que la pureté sorte de l'impureté. Il a développé longuement ce thème dans son étude du Chabbate haggadol inséré dans Massékhète Pessa'him.

Conclusion
Dans sa conclusion, le Chla nous fait comprendre que la paracha, à travers ces cas d'impureté qui nous semblaient étranges au départ, traite en fait de la remise en ordre nécessaire qui doit atteindre aussi bien nos actes que notre parole et nos pensées. Le travail à faire sur nous-mêmes pendant la période de purification de la préparation de Pessa'h et pendant la période de l'Ômer en est la conséquence logique.

Le vêtement
Le Chla tire toujours les conclusions de chaque paracha dans une troisième partie -après l'analyse du sens littéral, le pchate (1) et après l'analyse du sens intérieur (2)- par une application à la vie extérieure et à la relation humaine, ce qu'il nomme dérékh ha 'hayim, le chemin de vie (3). Sur notre paracha, nous trouvons particulièrement cette analyse dans un chapitre (Chaâr ha otiyotes) de son livre Chéné lou'hote ha bérite où il traite du vêtement, dans le paragraphe consacré au dérékh érets, le bon comportement. 
La sainteté de l'homme, dit-il,  passe par la sainteté de trois plans: de son corps, de son argent et de sa personne.
Et la sainteté de son corps passe par un rapport noble envers soi-même, envers sa maison et envers autrui.
Le vêtement du juif devra traduire tout ce que nous avons dit, donc être beau, propre, sans tâches, soigné, pudique
.
Il ne s'agit pas ici d'une précision sociologique, anthropologique ou ethnologique mais c'est le sens nécessaire où la réalité de l'être juif dans son rapport au Créateur qui est vie et pureté doit se manifeste dans le réel visible et concret, en toute conscience et par des choix de vie.
On ne s'habillera donc pas avec des vêtements qui ne traduisent pas cette dignité.
A partir de là, on comprend toute l'insistance du judaïsme sur la pudeur dans le vêtement féminin ou masculin, éloignée de toute exhibition de l'intimité corporelle, ou de toute prostitution où l'intimité glorieuse est proposée au regard de n'importe qui.

Questions d'intégration personnelle
- comparer la conception a priori que j'avais de l'impureté et du corps et du vêtement, et les ajuster à la conception de la Torah décrite ci-dessus.
- mémoriser les étapes de cette définition pour que cette acquisition par l'étude de la Torah puisse tenir dans notre pensée et dans nos choix de vie.

 

2e niveau dans l'étude - L'être de la femme

Ayant situé le cadre de ce que signifie l'impur et le processus de purification, nous comprenons maintenant que, à travers ces questions des périodes par lesquelles passe la femme, la paracha nous enseigne comment nous sanctifier en ce qui concerne le temps

Trois dimensions de la sanctification
En effet, il y a trois dimensions de la sanctification qui correspondent aux trois cadeaux que nous fait le Créateur : elles concernent
- la dimension de la Torah
,
- la dimension du temps
qui est orientée vers le "monde qui vient" (ôlam habba),
- la dimension de l'espace qui concerne la terre d'Israël puisque la "lèpre des maisons" concerne les maisons de la terre d'Israël.
A contrario de ce beau progammme, il importe de remarquer que, généralement, le passage du début de la paracha est souvent cité -à tort- comme traitant uniquement de "l'impureté" de la femme; cela est contraire à ce que dit le texte qui parle à la fois des temps de l'impureté et des temps des sangs de "purification". Notre erreur reposerait sur une attitude sociologique généralisée qui pose comme un fait naturel de minimiser et de distordre tout ce qui concerne la femme. Il est important de mettre le doigt sur ce processus de distorsion et d’en trouver la signification car cela ouvrira la voie à des améliorations importantes. Sans cela, il y aura blocage continu de l’évolution humaine et, surtout, souffrance continue de la femme.
Nous devons donc développer ce thème car il touche à la base des choses.

Le cycle du temps de la femme
Remarquons d’abord le cycle du temps dont parle la paracha :

a) sept jours d’impureté après la naissance (et les commentaires les réfèrent non pas à une impureté de la femme mais au fait qu’elle expulse, en même temps que l’enfant, ce qui peut rester de la phase précédente; en effet, Rachi spécifie que cela ne concerne pas le sang féminin car des naissances peuvent se dérouler sans flux sanguin, mais un état de malaise et de maladie, ‘holi, dû à une réorganisation ;
b) la circoncision au huitième jour, et nous avons déjà vu le sens de ce huit (la femme a donc la capacité d'amener à ce niveau) ; précisons: chaque fois que vous voulez retrouver des notions sur le site Modia, inscrivez ce mot dans le cadre du moteur de recherche de Google, en haut de la page d'accueil ou de cette page.
c) ensuite, la femme continue dans la période des "sangs de purification". L’expression est mal traduite par ce mot qui véhicule un sens de "souillure" à expurger. En fait, et Rachi le précise, il faut dire "les sangs de pureté" (toar) et il dit, pour être bien compris: "elle est pure, même s’il y a flux sanguin" (af âl pi chéroa téhora) et il prend le soin de donner un cours de grammaire pour bien le prouver. 
C’est donc, comprenons-le définitivement, une période de pureté ; un temps y est consacré et il dure jusqu'à ce que cette pureté ait atteint son degré de "plein, de plénitude, malé" (âd mélote yéméi tahora). La période se termine par le rite du miqvé. (Reportez-vous ici au sens et à la pratique du miqvé).

La femme et le sanctuaire

Note importante, concernant la femme, pour ceux qui connaissent les règles linguistiques de l'étude : nous retrouvons ce même terme malé employé par Rachi quand il parle de l’inauguration du sanctuaire dans la paracha Tsav, lien ici (Vayiqra 8, 2); il parle des jours de plénitude, yéméi hammilouyim, sept jours avant le début du mois de Nissane, en notre période actuelle. Dans le même sens, nous devons lire dans la paracha Nasso (Bamidbar 7, 1) : "ce fut dans le jour de l’accomplissement de Moché d’édifier le sanctuaire" (va yéhi béyom kalote Moché léaqim été hammichkane); le mot kalote signifie "tout", mais son sens passe mieux dans la sonorité qui fait allusion à l'épousée (kala), et c’est en cette ligne que Rachi le commente: "kalote kétiv, yom haqamate hammichkane hayou Yisrael kékala hanikhnésséte la’houpa", ("kalote, accomplissement est-il écrit : le jour de l’édification du sanctuaire, Yisrael était comme une kala, une fiancée, qui entre sous le dais nuptial, la ‘houpa").

La démarche de l'imparfait au parfait
Nous saisissons à travers ces précisions nécessaires de Rachi tout le processus très beau de purification ou d'élévation progressive qui décrit la démarche de construction de la vie par la femme; il est progressif comme un imparfait qui avance vers le parfait ; nous diagnostiquons alors combien est mauvais le regard qui ne voit pas la démarche, ni la personne qui marche et construit, ni le but, et qualifie cette personne d’impure, négativement.
En fait, dans ce mauvais regard sur la femme, c'est un regard mauvais qui qualifie celui qui regarde: come dit le proverbe du Talmud: kol ha possel, bémoumo possel (lui qui disqualifie quelqu'un, c'est son impureté qu'il projette sur lui)". Le Talmud connaissait cela 2000 ans avant la découverte de la projection par la psychanalyse! Et ce regard dévoile qu'il voit la femme seulement comme un ustensile médiocre à utiliser. Rien du judaïsme là-dedans.

La femme, l'univers et le sanctuaire
Maintenant que nous avons un regard bien situé et bien-veillant, nous pouvons replacer la dynamique de cette femme dans le processus d’amélioration de l’univers qui se joue dans le Sanctuaire. 
En effet, Moché a bâti le temple comme Hachém avait bâti le monde: en plénitude (voyez le commentaire de Rabbénou Bé’hayé sur Chémote 38, 21 où il indique le parallélisme complet des versets entre les mots de la Création du monde et ceux de la construction du Sanctuaire par Moché, en particulier sur ces termes de plénitude : va yékhoulou en Béréchite 2, 1, "ainsi furent accomplis les cieux et la terre" et en Chémote 39, 32 vatékhél, "ainsi fut accompli tout le travail de l’édification du Sanctuaire").
Ainsi donc, nous comprenons maintenant pourquoi, après avoir dépeint la beauté du personnage de l’homme Aharone comme renouvellement de la splendeur de Adame harichone, notre paracha présente ensuite, comme dans le récit de la Création, la femme accomplissant son parcours d’apparition puis d’enfantement idéal. C'est une règle de compréhension de la Torah que de prendre en compte la succession des séquences; on appelle cette règle d'interprétation: sémikoute parachiyotes.

La femme qui ensemence
La circoncision, qui rythme ce temps, enlèvera tout ce qui aurait encore pu subsister de ‘orlâ, d’emprise de l’imperfection qui s’est joué en Eve ; voilà pourquoi il est dit maintenant : "femme quand elle ensemence un enfant mâle", icha ki tazriâ. On est loin de la conception occidentale de la femme passive.


Rabbénou Bé’hayé rassemble très longuement sur ce verset l’enseignement de la tradition qu’il a reçu de la meilleure source, la torah orale reçue de Moché rabbénou: dès la Création, ‘Hava (Eve) était la puissance cachée (koa’h ganouz) dans Adam; dans Eve, il y a la puissance de l’image et du désir et des forces de son époux (ce koa’h ganouz).
La tradition veut dire que c’est la puissance de cette forme structurante, ce tsiour qui, lorsqu’il devance celui de l’époux, "ensemence" l’enfant masculin ; réciproquement, si c’est la puissance ou tsiour de l’homme orientée vers son épouse, qui devance, alors l’enfant féminin est conçu. C'est toujours la complétude réciproque qui est ainsi préservée. Et, pour cela, la Torah va jusqu'à dire cette expression étonnante :"si la femme ensemence dans la relation sexuelle"; on est vraiment ici très loin de tous les poncifs culturels sur la passivité de la femme comme récipient matériel dans la culture occidentale.
Cette force cachée de la femme est nommée dam hannéqéva, "sang de la femme". Et tout cela a sa source dans le désir de Hachém pour l’homme-double et dans son tsiour qui le crée (Béréchite 2, 7). Car tout était conçu doublement dès le départ, il n’y a pas d’antériorité chronologique ou ontologique du masculin sur le féminin.

Beauté de la conception juive de la femme
Ainsi, contrairement à l’image sociologique et humiliante qui est encore généralisée concernant la femme (enjolivée sexuellement pour en faire un objet utilisé et méprisé et rejeté), la conception juive est exprimée en quelques concepts précis : similitude et réciprocité dans la force, dans l’initiative, dans le rapport du caché et du dévoilé, dans la force de révélation de l’autre. Tout cela en situant ce rapport à ces niveaux élevés. Rien en dehors de cela.  
Tout est exprimé avec clarté dans le fait que le mot "femme" (icha) est mis en évidence dans la phrase qui ouvre la paracha, disent les commentateurs; et ils soulignent: en ce cas, cette forme de construction exprime le secret de l’être.



Sculpture de notre amie Anna Waisman, zal. (lien ici)

Comme toute son oeuvre, centrée sur les lettres hébraïques, cette photo qu'elle a  réalisée pour nous
montre bien ce que la femme apporte dans la lecture de la Torah : elle y voit la lumière, la dynamique entre les lettres, ce qui propulse la vie. Et la beauté ne peut venir que du Créateur, non de l'objet. Il n'y a pas de hasard ni de force  susceptible de révéler la beauté. La femme porte ces dimensions. La femme juive les porte officiellement, en reconnaissance. En enseignement. On comprend qu'il fallait Myriam fécondante pour aider les hommes et Moché à sortir de la gangue de Mitsraïm.

Le désir (ratsone) dans le lien de la femme et de l'homme
Ce qui est important de comprendre, c’est que la force cachée et le désir (ratsone) de l’autre qui est caché ainsi en soi dans le rapport du couple, ce tsiour ganouz malé koa’h, est lui-même relié au Créateur.
C’est pour cela que la femme est reliée éminemment au désir de Hachém Lui-même : motif pour lequel elle dit dans la prière du matin : "Béni es-Tu Toi Hachém notre D.ieu Roi du monde de m’avoir fait selon Ton désir, baroukh ata Hachém Eloqénou mélékh haôlam ché âssani kirétsono".
Même sur ce point, la distorsion humiliante est également fréquente chez les ignorants qui, à l'image de ce qu'ils sont, taxent le judaïsme de misogynie, par le fait que la bénédiction du matin dite par la femme remercie "d'avoir été faite selon le ratsone (désir-volonté) du Créateur" tandis que l'homme remercie "de n'avoir pas été fait femme". Après tout ce que nous en avons dit, le sens simple et exact du texte de ces bénédictions est pour nous clair concernant la femme. Il le devient clair également en ce qui concerne l’homme s’il se vit en face à face avec la femme et a la joie de voir en elle cette présence élevée qu'il n'est pas lui-même  mais à laquelle il est relié par elle.
La femme est reliée par là à ce que la tradition dit être le niveau le plus élevé des noms du Créateur lui-même, le ratsone (désir, volonté); alors, la femme, par le texte de la bénédiction, elle exprime la reconnaissance et la satisfaction de ce qu'elle se sait être ainsi dans l'éminence suprême.
L'homme, qui n'est pas du même niveau, remercie également en trouvant sa valorisation par ce qu'il lui a été donné de devoir accomplir de nombreuses mitsvotes supplémentaires
.
La signification se situe sur ces plans et assure de cette manière la valeur de chacun et l'acceptation nécessaire de la différence. La méconnaissance technique des termes du texte (ratsone) peut faire interpréter le mot selon des préjugés extérieurs à la langue hébraïque (la femme serait l’objet, soumise à la "volonté"). Si les hommes étaient conscients de cette "supériorité" de la femme envers le Créateur et que cela est situé ainsi dans la relation, ils comprendraient et accepteraient la dignité de la femme (en plus des qualités égales d'intelligence) mais qu'elle a aussi une proximité plus grande avec la création de vie, et les hommes accepteraient leur limitation sans aggressivité, ni sans repousser la femme, toutes conduites négatives qui sont courantes et constituent le macho. Elles sont le résultat d'une infériorité reposant sur l'ignorance, mal digérée et qui se venge.

Les trente-trois jours de pureté
Cela nous permet de comprendre le commentaire de Rabbénou Bé’hayé sur le verset 4 de notre paracha qui parle des trente-trois jours de pureté.
Au niveau de l’extériorité du pchate, cela réfère aux quarante jours de formation du foetus (33+7 jours après la naissance = 40).
Au niveau du sens profond et intérieur des choses, à propos de ces 33 jours, Rabbénou Bé’hayé dit qu’il a été donné à la femme 32 jours de pureté correspondant aux 32 sentiers de ‘hokhma (sagesse d'En-Haut) en liaison avec la fiancée du Cantique des Cantiques qui est rendue parfaite par ces sentiers et, en ces sentiers, elle a l’union ; c’est pour cela que ses 33 jours correspondent à ces 32 et non à 33 car elle s’unit au "un" de la Sagesse (‘hokhma) qui l’épouse. Il ne peut pas avoir de plus haute conception inscrite dans l’être même de l’homme face à la femme et en union avec elle. Le silence est exigé à ce niveau. C'est celui de ce nom de "ratsone". Aviez-vous conscience de cette grandeur de la femme dans le judaïsme?

Autre exemple : la légèreté
On pourrait donner un autre exemple qui va dans le même sens. Il est fréquent d'entendre citer (par des personnes ignorantes, et qui ne sont pas bien intentionnées) le dit d'un Sage du Talmud parlant de la qaloute roche, la "légèreté d'esprit" des femmes; et de se gausser avec ricanements d'un soi-disant antiféminisme normal et justifié de la tradition enseignée par le judaïsme. Je l'ai vu souvent.
Le Chla cite à leur égard le proverbe juif que je répète disant, bien avant la découverte de la projection par la psychanalyse : kol happossél, bémoumo possél ("qui dévalorise autrui, il ne le fait qu'en parlant du mal qui est en lui-même", Traité Qiddouchine; page 70).
En effet, ce concept de "légèreté" (qal), quand il est connu dans sa technicité est, comme le ratsone, un concept très élevé; dans son introduction au siddour (le livre des prières), le Chla cite les Noms de D.ieu qui s'expriment en ce concept de "qal"; il démontre aussi qu'ils sont situés et résumés dans le verset du prophète Isaïe 19, 1 : hiné Hachém rokhév âl âv qal, "voici Hachém réside sur un nuage léger, qal".
Le Chla démontre que ce verset parle des niveaux les plus élevés de la merkava êliona (le char d'En-Haut) d'où descend la bénédiction car le mot rokhev est composé des lettres de la "bénédiction baroukh"; de plus, le mot "nuage (av)" est formé des lettres du grand Nom de Dieu qui comporte 72 lettres. Il va de soi que nous ne décrivons pas ici la technique de la démonstration qui demande des connaissances supplémentaires sur les profondeurs de la Torah qui ne peuvent s'acquérir que dans la relation directe à des maîtres après avoir franchi bien des étapes dans l'étude et la prière.
Il suffisait de faire allusion brièvement à ces exemples pour montrer combien les meilleurs enseignements peuvent être pervertis quand l'ignorance s'ajoute à la bêtise envers la femme et à la haine envers la tradition juive. Des siècles de dénigrement et de persécution ont fait que, parfois, des Juifs eux-mêmes ont assimilé ces mécanismes et utilisent leur intelligence pour le manifester. Ils sont alors des victimes d'une choa culturelle qui en viennent à se retourner contre leur propre tradition. Mais, finalement, c'est toujours la femme concrète qui en est la véritable victime.

L'imparfait et la sainteté
Revenons donc au début de la paracha qui parle des phases par lesquelles passe la femme après avoir eu des bouleversements dans son intégrité par un accouchement. La qéddoucha, sainteté, se caractérise par la plénitude; or, tout ce qu'elle vit alors est de l'ordre du partiel dans la vie, d'un arrêt, de l'inachevé, et c'est cela qui sort temporairement de la qéddoucha; une procédure de réparation concrète ou de réparation symbolique est alors demandée. Cela ne concerne nullement des questions d'impureté phobique au sujet de la saleté. 
On comprend qu'une procédure progressive soit proposée à la femme après ces moments bouleversants de la grossesse et de l'accouchement qui modifient sa plénitude et son être. De plus, cette procédure se réalise par étapes et elle est différente quand elle se rapporte au bébé garçon ou au bébé fille car ces deux enfants ne sont pas situés identiquement dans leur rapport à la vie et à la production de vie, ni dans leur rapport à leur mère

Ces orientations et ces nuances que nous avons comprises maintenant nous enseignent que nous devons 
- étudier lentement et longuement face au texte de la Torah,
- apprendre la technicité du langage de la Torah et ses règles,
- ne jamais projeter des préjugés simplistes qui ne sont pas en leur lieu face à la complexité de la Torah et à sa sagesse. Ceux qui voient en ces textes qu'ils ignorent des reliquats d'époques primitives sont, encore fois, des esprits d'ignorance crasse. Ils n'auraient pas cette outrecuidance en aucun secteur de leur vie professionnelle ou scientifique.
- avancer dans l'étude en étant sûrs de la grandeur et splendeur divines de notre tradition.

Une question pertinente sur le rapport de la femme au temps
Cela acquis, on pourra se demander par exemple, pourquoi la femme n'est pas soumise à de nombreuses mitsvotes liées au temps (mitsva ché ha zémane guérama), alors que, par contre, elle est inscrite fortement dans le temps par les règles ou par les phases de la naissance, et que de nombreuses procédures lui sont alors demandées par rapport à la "sainteté-complétude".

Examinons plusieurs dimensions de la réponse
1. Le Chla, dans son commentaire du verset 7, 6 du Chir hachirim rabba, cite les Sages qui soulignent que la femme est déjà dans l'ordre parfait de la vie et du Chabbate ; elle vivifie notre vie et la donne comme le Chabbate vivifie toute la semaine. Comme le Créateur, elle donne aussi la vie dans l'invisible de sa grossesse. 
2. La femme, ainsi insérée dans le réalisme des rythmes de création, nous apprend dans ce début de paracha à nous développer par étapes progressives et non pas seulement en fonction de principes et d'idées. Abraham, lui aussi, a vu tout son développement se réaliser par étapes, dans les 10 épreuves et il ne pouvait pas anticiper. La femme nous enseigne sur le devenir possible, par son seul être.
Tous les développements humains importants sont progressifs et lents ; au contraire, les développements rapides et en quelques étapes seulement caractérisent les espèces et les gens dont la trajectoire ne porte pas loin.
3. Le Traité Bérakhote, page 57, le décrit et montre jusqu'où doit aller cette prise en compte du développement : "une belle maison, une femme belle, des meubles agréables élargissent la connaissance de l'homme" (chlocha mar'hivine deâto chel adam, éllou héne : dira naa, véicha naa, vékhékim naim). Il faut à ce sujet, souligner que le terme en hébreu qui parle de "connaissance" (daate) concerne l'union la plus élevée, la plus totale et la plus complète entre les deux sexes et non la seule connaissance intellectuelle; le terme de adam également, là encore, concerne l'unité humaine complète, aujourd'hui détériorée entre l'homme et la femme et ce qui doit être ramenée à sa plénitude dans les relations entre les deux sexes. 

Le risque
Si tout ce renouvellement proposé dans la paracha n'est pas entrepris en l'insérant dans le plan du Créateur, toute cette relation entre l'homme et la femme s'effondre dans le feu comme le dit la composition structurale du nom hébraïque de l'homme (iche) et de la femme (icha) : il n'y reste que le mot hébraïque éche (feu) quand on enlève de leurs noms les lettres youd et du nom de Dieu dont chacun ne possède que la moitié ; alors, non référés à leur source de vie, le couple et tout l'humain s'effondrent dans la poussière comme le dit le verset décrit par le Ari, zal et rapporté par le Chla : tachév énoche âd daka (Psaume 90, 3). Le mot daka est constitué des initiales des mots hébraïques dira, kélim, icha signifiants "maison, meubles, femme", cités dans la phrase du Talmud.
Cet exemple nous montre encore comment la Torah demande pour être comprise: une connaissance de sa technicité qu'une personne cultivée accorde aisément à tout autre texte; à l'heure où les Juifs, en Israël, pensent et étudient dans leur langue, l'hébreu, il est temps que tous les Juifs quittent l'exil culturel et ne plaquent plus sur la Torah des projections culturelles autres, philosophiques ou psychologiques qui ne relèvent pas de leur texte; ces interrogations peuvent être fondées, mais seulement quand elles s'appuient sur la connaissance du texte dans ses règles internes.

La Torah, dans les sections précédentes, nous avait montré Aharone comme prototype rénovateur des failles humaines qui s'étaient produites depuis Adam. Ici la femme a été positionnée. L’histoire va continuer dans les exemples d’hommes et de femmes données pour l’enseignement : au milieu, le phare du Cantique des Cantiques, le Chir hacchirim, et les cantiques des femmes Myriam (Chémote 15, 21) et Devora (Chofetim, les Juges 5)..., le cantique de Echète ‘Hayil (Michlé, Proverbes 31). Lisez ces textes.
Une fois respectés dans leur nature propre, ces textes bien entendu informent aussi la psychologie car nous sommes un même être en toutes nos dimensions.

Chacun des grands personnages joue ainsi une fonction dans cette récupération de la sainteté commune entre l'homme et son Créateur, jusqu'à atteindre le niveau du machia'h, le messie
Le roi David nous montre, dans ses psaumes et dans son histoire, le combat nécessaire contre soi-même et contre les autres pour parvenir à rectifier sans cesse ce développement. En ce sens, le psaume 103, dit le Talmud dans le Traité Bérakhote page 57, nous fait remarquer que David emploie 5 fois le verbe "bénir" (barékhi) car il parvient à faire chanter tout son être dans ses 5 niveaux de l'âme (néphéche, roua'h, néchama, 'haya, yé'hida). Il fonctionne alors, en son âme, comme Dieu lui-même meut l'univers : son âme emplit le corps, elle le soutient, elle est pure, elle est résidence intérieure, elle voit sans être vue.
La lutte et la sagesse du temps sont les deux armes que David a particulièrement travaillées; et, dans l'épisode de la rencontre de Bat Chévâ, sa future épouse, il a anticipé en désir et rencontre mais il n'a pas péché et il avait su alors réaliser ce que le Créateur avait fait pour elle et lui dès la Création en un seul "adam". Le projet n'a pas été annulé par l'imperfection première (regrettée ensuite) qui est normale en notre monde imparfait.

Nous avons dit tout ceci pour nous rendre sensible au travail que la femme, moitié de l'univers et de l'être, a à réaliser dans sa particularité de créatrice de vie pour se sanctifier à travers les rythmes du temps.
A l’homme de connaître ce qu'en dit la Torah pour, dans le face à face,  l’aimer, la vénérer et l’aider.

Il est aussi demandé à l'homme de respecter les phases d'abstinence qui sont nécessaires pour que sa femme puisse intégrer au mieux ces liaisons avec la qéddoucha au cours des processus de développement de la vie qui comportent des phases, douloureuses parfois, qui mettent en fragilité la plénitude de l'être. Cela, de même qu’il y avait entre Moché et Hachém des silences reproduits par les intervalles entre paracha et paracha. 
Ce sont les silences qui rendent possibles les mots ou la musique. Ils sont donc nécessaires aussi entre les humains. C'est la question de nidda (lien ici).

Le rapport sexuel et la sainteté
Toutes ces dimensions qui situent la femme a son niveau d'excellence étaient nécessaires à dire par la Torah. Ce n'est pas romantisme, c'est la Torah:
après tout ce que nous avons vu plus haut, nous comprenons pourquoi c'est le féminin qui a été choisi pour désigner "la" Torah, c'est le féminin qui a été choisi pour désigner le peuple d'Israël "aimée" de D.ieu, c'est le féminin qui a été choisi pour désigner "la" Chékhina, présence divine dans le monde...
cela devrait suffire pour que le féminin que représente la femme soit l'objet d'un respect constant et au niveau de ce qu'est cet être féminin. (Si l'homme a besoin d'éloigner la femme pour se protéger lui-même de son manque de capacité de contrôle du regard, des pensées et des actes impulsifs, le problème est de son côté à lui; la femme, consciente de la vulnérabilité et fragilité de l'homme, n'a certes pas à les provoquer).

Le Tour (pilier) ou le Baâl hattourim, lien ici (R. Yaâqov ben Achér, 1270-1343), auteur du plus grand ouvrage de base de la halakha sur lequel s'est appuyé R. Yossef Caro pour en présenter un résumé commenté qui fut le Choulkhane Âroukh), concrétise tout l'enseignement que nous avons transmis, par cette observation : 
- le premier enseignement de la paracha Tazriâ (Vayiqra 12, 1) est mis à proximité du paragraphe (Vayiqra 11, 44) qui traite de la sainteté que Hachém va transmettre à l'homme. (Note - on appelle cela des "parachiyote sémoukhote" ou la règle de "sémikhoute happarachiyote", jonction de deux parachotes, que décrit Rachi en Dévarim 21, 22. Cela veut dire qu'il faut interpréter le second passage d'après le sens du premier).
- le Tour en conclut : ché tsarikh léqaddéche âtsmo bichéâte hattachmiche, qu'il faut se sanctifier, se faire qadoche, être dans la qédoucha à l'heure de la relation sexuelle. 

Arrivons au sens
Prolongeons encore cet enseignement pour mieux le comprendre car le sujet est d'importance. Nous avons vu maintes fois que, pour atteindre le sens, nous sommes contraints de continuer la méthode du jeu de piste qui est celle de l'étude juive, et qui seule donne la beauté du trésor, alors que ceux qui vont pas jusque là s'arrêtent, fatigués, se sentent floués, n'ont rien atteint, critiquent et vont vers d'autres maîtres et satisfactions. 
Cet enseignement sur la relation sexuelle comme sanctification (qédoucha) et exigence de s'y sanctifier (léqaddéche âtsmo bichéâte hattachmiche) est puisé du Traité Chévouôte 18 b. 
Il y est dit au nom du grand Ribbi Chimeône bar Yo'haï que celui qui ne respecte pas les temps de nidda et des périodes menstruelles verra ses enfants mourir! Au contraire, celui qui respecte ces rythmes aura des enfants mâles! Encore une fois, celui qui réagit superficiellement, criera au scandale face à la menace et à la promesse magique de telles récompenses qui, de plus, seraient méprisantes pour les enfants non mâles, et face à la souffrance des parents. L'absurdité de la réaction ne vaut même pas une réponse car il faut comprendre ce que veut dire par là le texte. Le judaïsme ne mise que sur l'intelligence qu'a reçu l'homme et s'exprime en ces termes pour que le mal intentionné n'abîme pas le don, car il ne l'atteindra pas.
Le trésor atteint une nouvelle fois est celui-ci : le talmud utilise à nouveau la règle de "sémikhoute happarachiyote" et constate que cette paracha Tazriâ qui traite de la relation sexuelle et de la pureté est à proximité immédiate du verset précédent qui dit de "distinguer" (léhavdil) entre l'impur et le pur (béine hattamé ouvéine hattaor), entre la bête cachér que l'on peut manger (ouvéine ha'haya hanéékhéléte) et la bête non cachér  que l'on ne doit pas manger (ouvéin ha'haya achér lo téakhél).
Cela veut dit que ceux qui se comporteront dans la relation sexuelle selon ces enseignements de la Torah qui "distinguent" les périodes et "distinguent" ce qui est qédoucha et ce qui ne l'est pas, et vivent ainsi la relation sexuelle et le couple selon tout cet enseignement rapporté ci-dessus, ceux-là auront alors des enfants qui leur ressembleront dans la sainteté (qédoucha) et qui seront des maîtres véritables capables de "distinguer" (léhavdil) dans l'étude de la Torah, de l'analyser, de la comprendre jusqu'à la halakha, et d'enseigner. Il ne s'agissait pas du sexe des enfants mis au monde. Ribbi Yehoshua ben Lévi le dit explicitement dans le talmud. Et Ribbi Yo'hanane continue en disant que celui qui fait la "havdala" à la sortie du Chabbate sera dans le même cas, car c'est le même mot et, donc, il parle de la même réalité ; mais le sens profond de la havdala est un autre sujet que, si D.ieu veut, nous aborderons une autre fois.
 

(Note - Le Tour ne parlait pas là de "morale" au sens étroit, mais il nous indique la nature de l'être et du moment; c'est seulement à cause de cela que découle une morale, une façon de se comporter que l'on appelle moussar, en hébreu).
On comprend alors, d'après ces enseignements, pourquoi le Cantique des Cantiques utilise ces images sexuelles; ce n'est pas du symbolisme, ni de l'anthropomorphisme; il est parlé en ces termes parce que c'est l'expression la plus juste et la plus reliée à la qéddoucha dont il est traité alors. Et c'est pour ce motif que le Cantique des Cantiques est, en sa brièveté, central ; il porte, disent nos Sages, tous les secrets de la Torah.
Cet axe, en tous les points exposés ici par le judaïsme, n'est pas du tout celui de la société occidentale actuelle envers la femme et envers la relation sexuelle.


 
(Collier juif yéménite respectueux exprimant la légèreté et la spiritualité de la femme)

Pour intégrer précisément ces enseignements avec la précision de la Torah.
- relire la paracha, dans cet axe .
- faire le relevé des questions que cela pose à nos concepts et à notre vie concrète.
- en échanger.
- apprendre les concepts et définitions.
- apprendre le vocabulaire.

Un voeu:
même s'il ne l'applique pas beaucoup, le monde a compris la valeur des 10 commandements apportés par le judaïsme. Combien s'élèverait le niveau de l'humanité si la conception juive de la femme était entendue: pudeur de la beauté intérieure et divine à respecter, cohabitation dans la lumière où c'est le spirituel qui éclate et non pas l'exhibition grossière et utilitaire, indispensable réciprocité respectueuse des différences.
Cette image de cette semaine sous le soleil de Jérusalem nous montre que la beauté divine parle sur notre terre.


  Ce que je n'ai pas dit dans ce commentaire serait l'essentiel: ce que Hachém a révélé de Lui-même à travers cette relation des deux sexes qu'Il a créés. Je vous laisse en méditation sur ce thème, et découvrir dans la Torah et dans les psaumes, quel est cet amour qu'Il envoie ainsi envers les humains et dont le meilleur de la relation entre les deux sexes pourrait donner quelques bribes de pistes. Son respect et Son amour envers nous, sont au-delà de toute intensité par rapport au respect et à l'amour que le meilleur des humains pourrait lui adresser. Réfléchissons. Sans nous laisser dévier par les horreurs qui se passent dans le monde.
Chiviti Hachém lé negdi tamid, Je me représente Hachém sans cesse devant moi, dit le psaume. Un peu de cela peut se passer dans le couple. A son image.